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M, BERGIN : La plainte faite par mon honorable ami, le député d'Hantingdon (M. Scriver), que les honorables députés appartenant à la milice n'ont pas pris part à ce débat, n'est certainement pas fondée. Nous avons voulu parler, à plusieurs reprises, depuis le commencement de ce débat; mais nos collègues qui ne font point partie de la force nous ont devancés, Ils étaient anxieux de prendro part à ce combat, bien qu'ils n’aient pas été aussi pressés do prendre part à l’autre combat qui s’est livré il y a quelques années,
M. SCRIVER : Nous formions la réserve, et nous avons aussi pris la carabine,
M. BERGIN : Je ne prétends pas que le bill de l'honorable ministre de la Milice soit parfait, Il a sans doute, comme d’autres bills, des imperfections ; mais il a un bon but, et je crois qu'aucun membre de la milice activo, qui comprend parfaitement le besoin de celle-ci, et sait de quelle façon on l’a traitée dans le passé, ne cherchera à le contester, D'après moi, M. l'Orateur, l'honorable ministre de la Milice mérite qu'on lui soit reconnaissant d’avoir entrepris de refondre les lois relatives à la milice, et de réunir toutes les obligations que la loi exige des volontaires de façon à en rendre l'intelligence facile, En faisant cotte refonte, il a fait quelques additions À la loi, et P regrette de voir que, sous quelques rapports, il n’a pas enlevé de l’ancienne loi quelques-unes de ces clauses que les militaires regardent, je crois, comme les plus repréhensibles. Cependant, je crois qu’il a beaucoup fait dans les circonstances, et lorsque, comme ce soir, j'entends des députés qui n’appartionnent pas À la milice et qui, réellement, n’en connaissent rien, dire que notre système militaire a rétrogradé, je ne puis m'empècher d'exprimer mon étonnement. J'appartiens à la milice depuis plus de vingt ans; j'ai l'honneur de commander un régiment aussi beau, je crois, que tous ceux que l’on trouve dans la Confédération, un régiment qui, d’après moi, fait honneur aux vieux et glorieux comtés de Stormont et de Glengarry, et qui n’a pas rétrogradé. Sa tenue est aussi bonne, ses mœurs aussi pures et ses rangs aussi remplis que lorsqu'il a été reconnu officiellement et admis dans la milice active. Si nos corps militaires ont rétrogradé, pourquoi ce régiment ferait-il exception? Si, M. l’Orateur, il y a eu quelque changement—et j'espère qu'il y en a eu—il a eu l'effet de rendre ce régiment meilleur qu'il n’y a quinze ans.
M. SCRIV ER : Il a un meilleur colonel,
M. BERGIN : J'accepte le compliment. L'âge m'a rendu meilleur, et je ne doute pas que l'honorable député suit aussi fort en cette matière qu’il l'a été dans quelques-unes des observations qu’il a faites ce soir. Cependant, que je sois bon ou mauvais colonel, j'ai à cœur l'intérêt du service, et j'ai fait tout ce qu'il était en mon pouvoir de faire pour améliorer, non-seulement ce régiment, mais aussi la force entière.
Il est vrai, comme on l’a dit, que les militaires, lorsqu'ils sont au camp, ne reçoivent que 50 cents par jour et des rations. Ce n’est
as une sc nme très considérable. Je serais heureux qu'on la portât
75 cents vu $1. J'admets que ce montant n’est pas suffisant pour indemniser les volontaires du temps qu'ils perdent ; mais je sais que les volontaires du pays regardent leur campement annuel comme un congé, ot qu’ils sont beureux do faire l'exercice pendant sept jours de l’année, car ils voient que la solde que leur accorde le gouverne-
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nt au n’est portât pour s que me un jours verne-
ment n'est pas tant pour les rémi:nérer de leurs sexvices que pour
les indemniser du temps qu'ils pordent et pour leur fournir de l'ar-
gent pendant les jours qu'ils passent au service de leur pays,
Les officiers, nous le savons, ne reçoivent qu'une légère somme; mais ils vont gaiement au camp, bien qu'ils aient souvent à faire pour cela de grands sacrifices. En réalité, les soldate qui appartiennent à la milice volontaire et désirent remplir leur devoir, ne se plaignent pas de ce qu'ils sont insuffisamment payés en no recevant que 50 cents par jour, mais ils se plaignent de ce qu'on ne leur permet pas de passer, tous les ans, seize jours À l'exercice, et cela à 50 cents par jour,
ÆEt cela m'amène à parler d’une des dispositions les plus ropréhensibles du bill. Elle limite le terme d'engagement à trois ans seuloment, Quel résultat l'honorable ministre espère-t-il obtenir en fixant À trois ans seulement le terme d'engagement des volontaires s'ils ne doivent faire l'exercice que pendant huit jours tous les deux ans? Quelle connaissance le volontaire acquerra-t-il de ses devoirs pendant cetto période? A l'expiration de ses huit jours d'exercice, le volontaire en saura juste assez pour s’astiquer, ou, comme un brave officier le disait un jour, il aura seulement appris à endosser son uniforme. Mais s’il y avait seize jours d'exercice, il pourrait apprendre, dans les premiers huit jours, non la manière de s'habiller, comme l'honorable député de Middlesex-Ouest l'a dit, mais comment remplir ses devoirs de soldat. Il apprendrait à prendre soin de son uniforme, à s'accoutrer convenablement, et le resto. L'honorable député de Middlesex-Ouest préfère-t-il le soldat qui passe par les rues le casque rabattu sur les yeux, regardant à ses pieds et marchant d’un pas lourd comme un homme qui a honte du service, à l’élégant jeune
homme qui porte le casque sur l'oreille, le regard en avant, qui ne craint rien, pas même les critiques de la gauche, et qui est heureux de servir Sa Majesté et de porter l'uniforme ?
S'il est une chose au sujet de laquelle nous devons surtout féliciter l'honorable ministre de la Milice—car depuis qu'il est ministre il s’est montré chef de département laborieux et incustrieux—si, dis-je, il est une chose pour laquelle il mérite des éloges, c'est bien de n’avoir pas eu honte d’aller à l'étranger et de montrer qu'il appartenait à la milice; c’est bien le fait d’avoir donner: de l’encouragement aux officiers, qui n’ont pas hésité à délier les cordons de leurs bourses pour acheter des uniformes dispendieux et autres choses nécessaires, afin de donner un bon exempie à leurs soldats. Si vous parcourez l’histoire de l’armée anglaise, vous vorrez que ceux qui apportaient le plus de soin à s'habiller, comme Wellington et le brave Picton, ont été les hommes les plus aimés de leurs soldats; ils ont maintenu la meilleure discipline et ont eu les meilleures troupos. Ainsi, l'honorable ministre de la Milice a montré aux officiers et aux soldats un bon exemple, et je ne doute pas que ses visites aient contribué à inspirer un moilleur esprit de corps et à renouveler lo courage.
On a dit que les dépenses faites pour l'école militaire étaient de l'argent gaspillé. ÆEh bien! je crois que ce n'est pas nous qui avons créé cette école. Mais il n'y a aucun doute qu'elle a fait et fait encore beaucoup de bien.
Puisque l’on a adopté ce soir la méthode de donner des conseils à l'honorable ministre de la Milice, je me permettrai de lui faire une suggestion relativement à la façon dont il pourrait employer les jeunes gens qui ont suivi les cours du collége militaire, En 1866, le
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général Macdougall disait qu’au nombre des choses dont le pays avait le plus besoin, se trouvait le relevé topographique du pays. Nous n'avons pas une seule bonne carte topographique du Canada, On enseigne avec beaucoup d'habileté dans ce collége, et le gouvernement pourrait, lorsqu'ils en sont sortis, récompenser ceux qui se sont distingués en les employant à faire un relevé topographique du pays. De cette façon nous utiliserions les talonts de ces jeunes gens, dans leur propre intérêt et celui du pags.
On me permettra d'attirer l'attention de l'honorable ministre au sujet d’une ou doux objections que le bill présente, d'après moi, et qu'il pourra peut-être faire disparaître. Dans fune des clauses de ce bill, je crois que si une compagnie de la milico active, appelée en service actif, n’est pas au complet, l'officier-commandant pourra remplir ces vacances au moyen du scrutin. Je crois que c'est là une
erreur ; dans tous les cas c'est une orreur pour le service d'une com-
pagnie,
M. CARON : Ce n’est que lorsqu'il s'agit de service actif, et c'est une ancienne loi.
M. BERGEVIN : Je suis heureux que l’on me corrige, si j'ai mal interprété la clause, car je crois que ce serait une grave erreur,
J'attirerai aussi l'attention de l'honorable ministre de la Milice au sujet de ce que jo crois être une omission dans le bill,
Je sais, d’après l'expérience que j'ai acquise dans les différents camps où je me suis trouvé, que, quelquefois, dans une escouado de soldats de première classe, il se rencontrera un homme de mauvais caractère, un ivrogne, un misérable, qui fait le tapage toute la nuit et trouble tout le camp. En vertu de la loi actuelle, l'officier commandant la compagnie, ni l'officier commandant lo régiment, n'ont le droit de le renvoyer.
Je pense que si l’on donnait ce pouvoir à l'officier commandant à à" gl après enquête, on contribucrait À faire respecter la
iscipline.
Si l'honorable ministre peut trouver moyen d'augmenter la solde que l’on paie pour l'exercice annuel et pour que les volontaires
uissent s’exorcer pendant seize jours, chaque année, il rendra un immense service à la milice, T1 est évident, comme je l'ai déjà dit, qu'une période de huit jours est tout à fait insuffisante, et qu’un homme ne peut pas apprendre l'exercice pendant ce laps de temps ; et, réellement, si vous espérez lui en apprendre beaucoup en seize jours, vous serez désappointés; mais vous lui apprendrez ce qui est encore plus nécessaiie que l'exercice, c'est-à-dire, la discipline, ct c'est tout ce que vous pouvez espérer apprendre à des soldats, mêmo en seize jours.
Pour atteindre ce but, il est nécessaire qu’ils soient exercés pendant cette période, et la durée de l’engagement n'étant que de trois ans, vous devez les faire exercer tous les ans, sinon, pour me servir de l'expression d’un orateur précédent, l'argent que vous dépensorez pour ces camps annuels, sera de l'argent perdu.
elativement au projet de nommer un quartier-maître général, je no vois pas que l'acte exprime cette intention; mais, d’après ce que je comprends, l'honorable ministre de la Milice se réserve simplement le pouvoir, dans le cas où il jugerait la chose nécessaire, de nommer un quartior-maîsre général,
Quant à l’enrôlement des corps supplémontaires, je ne suis pas prêt à donner mon opinion dans le moment. L’honorable ministro
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de la Milico et le gouvernement ont dû examiner attontivomont la uestion, et ont sans doute do bonnes raisons d'insérer cette clause ans le bill ot d'établir en pormanence dos corps de troupe supplémontriros. S'ils doivent former le noyau d'une armée régulière, si l'on a l'intention de les employer pour dos fins de police, ainsi quo pour des fins d'instruction, jo no crois pas que le nombre qui sera
onrôlé soit trop grand; dans tous los cas, je crois que l'éprouve qu'on on fora vaudra les déponses.
M, WILLIAMS: On a tellement prolongé lo débat sur cette question, que j'hésite. à prendre la parole, même pendant quelques instants; mais, comme jo fais partie de la milice active depuis longtemps, je me crois obligé do dire un mot.
Jo dois faliciter l'honorable ministre de la Milico du soin qu'il a apporté à lu préparation de ce bill, Ja loi actuelle était disséminéo duns différents statuts, et los officiers do la milice active ne pouvaient en prondre connaissance, Je puis dire quo l'honorable ministre a augmenté la confiance que tous ceux qui, dans co pays, appartiennont à la milice, lui ont toujours montrée, Il sentent qu'ils ont en lui un chef qui prend un immense intérêt à lour bien-être, au déveluppemont de la milice, et à co sentiment loyal qui seul les porte à venir s’onrôler pour défendre lour pays.
Je crains que le point de vue auquel se sont placés plusieurs honorables députés pour discuter cetto question, no soit peut-être trop étroit, J’envisage lo bill, non comme se rapportant à la milice activo ou volontaire soulement, mais comme comprenant tous les corps de la défenso du pays, la réserve, là milice active et la marine. L'honorable député do Middlosex (M. Ross) a, je crois, cherché à tromper la Chambre ot à faire croire que le but que se proposent los Canadions en s’enrôlant dans la milice active, est simplement de parader, D'après ce que j'on sais, ce n'ost pas du tout le can. | Je crois qu'ils sont poussés par un motif plus élevé. Je crois que nous nous sommes onrôlés surtout dans le but do défendro notre pays par tous los’moyens possibles,
L'honorable député de Richmond et Wolfe, au,cours de ses observations, s’est objecté fortement à la formation des batteries A et B, car, d’après lui, ce sont des corps permanents. Je les considère soûs un jour tout à fait différent, Je les considère simplement comme dos écoles d'instruction pour la milice active, et si on les laisse comme elles sont, les dépenses que l’on fait pour les maintenir ne contribuoront nullement à diminuer les dépenses faites pour la milice active en général. Il est bien évident qu'il est tout à fait impossible qu'un corps de troupes puisse avoir quelque efficacité, si nous ne l’appelons en service actif qu’une fois en deux ans. Ce dont nous avons le plus bosoin, ce sont des écoles d'instruction, que les sous-officiers des différents régiments, ainsi que les officiers, pourraient fréquenter quolquefois, afin de ne pas oublier los connaissances militaires qu'ils
possèdent déjà. Si chaque anñée, alternativement, l’on formait des camps pour los sous-officiers et les officicrs des corps qui ne font pas d'exercices, l’on contribuerait beaucoup à rendre la milice plus efficace.
Pendant une discussion qui a ou lieu dans cette Chambre, il y a quelques jours, un honorable député a demandé certains documents so rattachant au rappel des troupes anglaises de Halifax. :
J'ai été heureux d'apprendre qu'il n’y avait eu aucune correspondance à ce sujet. J'espère que l'honorable ministre de la Milice,
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