‹ Milice et défense du Canada [microforme]Chapitre 5 sur 40 · RS TS · texte numérisé non relu

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ainsi que lo très honorable chef du gouvernement, résisteront À toute tentative de ce genre. Il me semble qu’une station à Halifax ot uno autre à Victoria, Colombie britannique, dovraient être des stations impériales, et que nous, Canadiens, devrious nous enrôler ot fairo ou s4 en notre pouvoir pour défendre l'espace qui sépare les doux océans.

Mon honorable ami, le député de Huntingdon (M. Soriver) a fuit aur los services que rendent actuellement les volontaires, uno réflexion que, comme député, je ne puis laissor passor inaperçue, Je sais, par expérience, que la milice rend aujourd’hui tout autant do services qu'il y a plusieurs années. 11 est vrai quo nous n'avons pas aujourd'hui, pour porter les jeunes gens à s’onrôler dans la milice, ce que nous avions alors; mais l& milice est composée d'hommes rospectables, et les officiers, À ma connaissance, remplissont très bion leurs devoirs.

L'honorable député de Richmond et Wolfe (M. Ives), au cours do ses observations, a demandé si le ministre do la Milice avait l’intention d’enrôler des corps pour la protection intérioure du pays, ou pour lo défendre contre les invasions.

Eh bien! M.lOratour, il mo semble qu'en, vertu de l'acte que l'honorable ministre « présenté, il ne serait pas difficile do mettre la milice de résorve dans une position telle qu'elle pourrait être enrôlée pour des fins de défense, et qu’elle serait toujours prête.

Noue voyons que les gradués des écoles militaires d'artillorio sor- {ent tous de la milice active ; ils no restont pas dan, l’armée ; tandis qu'on pourrait utiliser leur services avec avantage en les ajoutant à la milice de réserve, afin qu'on pût les trouver chaque fois qu'on aurait besoin d'eux,

M. DAWSON : J'ai écouté avec beaucoup d'attention le discours de l'honorable ministre de la Milice et do h Défense. D'après tout ce que je puis en comprendre, je dois dire que c'est un pas dans la bonne voie, Je ne crois pas que les changements proposés méritent les critiques sévères que se gont permises l'honorable député-de Richmond et Wolfe et plusieurs autres honorables députés. Naturellement, dans un pays aussi grand que le nôtre, nous ne pouvons pas avoir un systèms parfait pour tout le monde,

Cependant on ‘ait quelque chose de bien, et je n’on doute pas, les changements prevosés seront à l'avantage du pays en général. 11 est certainement nécessaire que nous ayons uno organisation militaire quelconque, car tout imparfuites qu'elles peuvent être, ces compagnies, dans les cas de nécossité, serviraient do noyau à uno armée beaucoup. plus considérable.

Quoi qu'il en soit, je me suis seulement levé dans le but d'attirer l'attention de l'honorable ministre de la Milice et de la Défense sur la division que j'ai l'honneur de représenter, Or, je crois que, puisque l'on doit dépenser une certaine somme pour la milice ot l’organisation de compagnies de volontaires, on dovruit l'étendre à touto'a Confédération. Je pense que l’on devrait adopter un système par lequel chaque partie de la Confédération pourrait participer à cette somme, La division que je représente a 900 milles “e long, de l’est à l’ouest, et la population en est de 40,000 âmes ; cepondant, nous n'avons que la moitié d’une compagnie dans toute cette division. Au Sault-Sainte-Marie, à Prince-Arthur's-Landing, qui, aujourd’hui, pros de devenir une localité importante, sur le lac Huron, aux

les Manitoulines, et en d’autres endroits, on désiro beaucoup former des compagnies de volgntaires, mais on n'en a encore rien fait,

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J'espère que le ministre do la Milico ot do la Défense trouvera moyon de faire pour ootte division ce qu'il a fait pour d'antros, après ce que je puis on juger, jo crois que lo bill est un pas de fait dans la bonne voie, ot je serai très heureux do l'appuyer.

M. MITCHELL: J'ai écouté avec attention ot boaucoup de plaiair l’intéressant débat dont ont favorisé la Chambre plusieurs députés qui appartiennent à l’armée, ot j'aimorais À demander à l'honorable ministre do la Milice combien devront coûter au pays ces grandes réformes ot ce bill de refonte de mon honorable ami ?

M. CARON: Il me somble évidont, après la discussion qui a ou liou ce soir, que tous les honorables membros de cette Chambro portont un vif intérêt À la milice du Canada, Jo m'en réjouis, Nous ne saurions trop, en effet, dans un pays comme le nôtro, her au do jour en jour sa force et sa prospérité, porter trop d'intérêt à notro milice, Il nous faut une organisation—non pour des fins agressivos tant s'en faut—mais pour être utiliséo par le gouvornement, quel qu'il soit, qui préside à nos destinées, pour fuiro respecter la loi, pour

>rotéger la propriété ot pour ropousser tonte attaquo qui pourrait tre dirigée contre nous,

Je suis heureux, en particulier, d'avoir entendu mon prédécesseur, l'honorable député de Digby (M. Vail), exprimor ses vues au sujet de ce bill, Si jo l'ai bien compris, il considère que le collége militaire peut donner toute l'instruction que nous nous proposons de donner à notre milico canadienne par le bill actuellement soumis à la Chambre,

Eh bien ! je puis dire que le collége militaire donne une instruction qui sera toujours utile au Canada et aux intérêts canadiens, Je me pormettrai à ce sujet de communiquer à la Chambre certaines données statistiques compilées dans le département que j'ai l'honneur de diriger, et que j'ai recueillies dans le but de montrer ce que sont devonus jusqu'aujourd'hui les cadets ot les gradués do co collégo,

Comme jo l'ai déjà dit, l'établissement du collége militaire royal n'est pas un acte du gouvernement actuel, pas plus qu’il n'est l'œuvre du parti auquel j'ai l'honneur d’appartenir. Maintenant qu'elle est organisée, cette institution no saurait être dépréciée et traitéo dédaignousement comme elle l’a été ce soir par quelques honorables députés, Elle a fuit, jo crois, boaucoup de Sion à notre pays; elle en a fait beaucoup en prouvant que l'instruction que le Canada donne à ses soldats peut être comparée à celle donnée en Angleterre à coux qui veulent occuper des positions éminentes dans l’armée,

Je considère que lo fait seul que des cadets canadiens ont obtenu des commissions dans l’armée anglaise prouve beaucoup pour notre pays. Il pourrait se faire que certains députés ne voient pas les chosos comme je les vois moi-même; je n’en soutiens pu moins que ces cadets, qui ont quitté le Canada pour entrer dans l’armée britannique demeurent canadiens, et après uno expérience des plus utilos qu’ils acquerront ainsi, ils reviendront en Canada, où lours services pourront être utilisés, de mème que leur expérience, devenue pour nous d’une si grande valour.

Le nombre des cadets gradués au collége militaire royal jusqu’en juillet 1882 est de cinquante-quatre. Voici comment ils ont été empers: onze sont entrés dans l’armée, trente-quatre sont restés en

anada et y ont été employés sur les chemins de fer et à d’autres administrations, les eorvices de tous ayant été utilisés en Canada ;

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un autre ost allé dans la Nouvelle-Zélande, et huit sont maintonsnt aux Etate-Unis,

Un DÉPUTÉ: ŒEcoutez! écoutez !

M. CARON: J'entends un honorablo député qui dit: “ Ecoutez! écoutez!” Il ne doit pas oublier quo des huit cadets en question deux sont employés par la compagnie du Grand-Tronc. Je considèro que si des ba compagnies do chomin do fer, comme celles du Grand-Tronc et du Pacifique, utilisout les services do ces gradués sur leurs voics ferrées, soit en Canada ou ailleurs, olles se trouvent à employer des Canadiens dans des compagnies canadiennes.

M.IVES: L'honorablo ministre voudra:t-il nous dire combien de gradués ont dos commissions dans l'arméo volontaire du Canada, :

M. CARON: L'honorable député, qui, évidemmeni, porte un vif intérêt aux affaires do la milice, s'est laissé entraîner par lo bill actuel sans considérer la question qui en est l'objot, Il devrait savoir que tous les cadots so Font enrôlés et lo sont encore dans quelques compagnies de milice, et qu'il n’y a pas un serl des gradués du collége militaire royal qui no soit membre dola milice canadienne. Cola prouve bion que cette institution n'ost pas uno do cellos qui peuvent être dédaignées par nos milicions.

Comme je l'ai déjà dit, tous les cadets qui sortent du collégo sont

ortés aux cadres de la milice, et on ne saurait douter que leur haute instruction y soit d'uno grande utilité. J'en appelle à quiconque connaît quelque chose de l'armée. T/'honorable député de Cornwall et Stormont (M. Bergin) a déclaré que les services des gradués dans les différentes branches du service sont réellement des plus précieux, tant à cause de lecons de discipline prises dans l'institution que do l'expérience et des connaissances acquises.

Je me suis quelque peu amusé d'une prétention paradoxale échappée à mon prédécesseur, l'honorable député de Digby (M, Vail). Il a déclaré que sous son administration comme chof du département que j'ai l'honneur de diriger, on n'a p«s8 acheté pour une seule piastro

e drap qui n’eût été fabriqué on Canada. C’est bien cela qu'il a

prétendu. Après avoir consulté les archives du département, je puis dire que sa prétention n’est pas appuyée sur des faits, L’honorable député était {rès-désireux, comme nous le sommes nous-mêmes, d’obtenir en Canada tous les draps dont nous avons besoin, bien qu'il no croie pas à l’efficacité.de la politiquo nationale comme moyen de dévelvpper nos industries indigènes. Néanmoins, depuis qu'il a quitté lo département on a acheté en Canada plus d’habillements et de produits manufacturés do toute sorte qu'il n'eût jamais espéré de pouvoir s'en procurer sous son administration.

C'est un fait qui ne saurait êtro contredit, parce qu'il est appuyé au-delà de tout dubte par les archives du département, à savoir: que l'honorable député, lorsqu'il administrait ce département, loin de trouver en Canada toutes les marchandises dont il a parlé, a dû au contraire les importer de l'étranger. Depuis l'inauguration de la politique qui est maintenant la loi économique du pays, le département de la Milice etde la Défonse a profité de toutes les occasions pour acheter des articles de provenance canadienne. Comme on peut le voir par les comptes publics, nos importations de l'étranger vont diminuant de plus en plus.

Les honorables membres de cette Chambre so rappelleront, comme

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