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jo l'ai dit cette après-midi on proposant la deuxièmo lecture du bill, que j'ai mentionné différents articles manufacturés au Canada qu'il nous fallait importer il y a quelques années. Je ne puis qu'ajouter que chaque jour nous trouvons maintenant on Canada des articles qu’il nous fallait auparavant importer d'Angleterre, On doit comprendre cependant qu’il y en a encore quelques-uns requis dans notre département qui, malgré le développement de nos industries ot l’établissement de nombreuses manufactures nouvelles dans les différentes parties du Canada, ne sauraient être fabriqués dans lo pays d'ici à quelques années.
Jo l'ai déjà établi, pour diverses’ raisons quo les fabricants m'ont expliquées, il est impossible do manufacturer à des prix raisonnables lo drap écarlato dont on 8e sert pour l’uniformo d'une grande partie des troupes ; et cela parce que dans les pays où ce drap est fabriqué —on Angleterre par exemple —non-seulement il est utilisé dans l'armée, mais il trouve un marché considérable sur lo continent, 11 exige presque exclusivement, si j'ai bien compris, une fabrique à lui seul, Les difficultés qu'offre sa confection se rencontrent surtout dans la teinturcrie, qui requiert l'usage exclusif dela fabrique. Avant que le drap soit teint, il est blanc. Durant l'opération de !1 teinture, les ouvriers doivent être habillés de toile, afin qu'aucun article de nature étrangère ne tombe sur le drap. L'opération est des plus coûteuses, vu le fait surtout que tout autre doit être abandonnée pour le moment, A l’oxception des draps écarlates, les autres grosses étoffes —la bleue notamment—sont manufacturées en Canada,
J'ai entendu dire bien des choses ce soir au sujet des dépenses énormes qu'entraînora ce bill. Il se pourrait que les honorables députés n’eussent pas examiné à fond le coût de notre organization militaire, qui est aussi parfaito que celle qui existe dans n’importp quel autre pays du monde, pour ses fins propres, du moins, Ce n'est pas d’une armée permanente que nous avons besoin ; aussi les honorables députés qui ont ‘’aissé échapper ce mot so sont grandement mépris sur l'esprit du bill Sur ce continent, heureusement, nous n'avons pas besoin d'armées permanentes, mais seulement d’une orgauisation— appelez-la Poe militaire ou quoi que cesoit—‘dans leseul but de renforcer le gouvernement civil, de faire exécuter les lois, do prèvenir les troubles à l’intérieur, et de repousser, comme nous l'avons déjà fait, les incursions des maraudeurs.
£a milice du Canada coûte 19 cts. par tête. Je communiquerai à la Chambre des données statistiques, établissant qu'en réalité, je ne suis pas aussi extravagant que l'honorable député de Middlesox vout bien le faire croire. Je ne veux pas obtenir pour les fins militaires plus d'argent qu'il n’est réellement nécessaire. Je sais que dans notre pays; qui grandit, on éprouve tous les jours le besoin de travaux publics sur différents points ; ce serait donc manquer de patriotisme de distraire de ces dépenses indispensablos des sommes d'argent pour des étalages pompeux—ce qui serait suivant l'expression de mon honorable ami le député de Middlesex, le trait caractéristique de l'honorable ministre de la Milice et de la Défense. Eh bien ! je dois dire que parmi les défauts que j'ai et que j'avoue, je no me suis jamais reconnu celui-là,
A la vérité, l'honorable député doit savoir mieux que moi si c’est le cas, et je ne suppose pas qu’il puisse re tromper. Néanmoins, quand on considère les faits, qui, après tou, devraient être los seuls arguments capables d'influencer et de guider cette Chambre ; quand, dis-je, on considère les faits comme jo le fais moi-mème, dans cetto
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importante quostion, on voit que l'accusation n’a pas lo moindre fondement,.
fl Comparons les déponses actuelles de la milice avec celles qu'on ll faisait avant la Confédération, alors qu’elles étaient pour Ontario et ; Québec de 35 cts. par tête, , À cette époque nous avions de plus des troupes régulières en ce pays, une armée permanente considérable, : (1 par l'autorité impériale, dans les villes importantes et dans les prin- L cipaux points stratégiques où on en avait besoin: Chacune des autres il provinces avait sa propre milice, qui coûtait également de fortes 1: sommes d'argent.
Je crois devoir communiquer à cette Chambre un état comparatif des dépenses faites au Canada, aux Etats-Unis et en Angleterre'en 1881-82 ; car pour un certain nombre de membres, que l'honorable A député de Cornwall a appelés laïques, la question peut sembler n’ètre |A pas très importante, et sa véritable nature ne peut être bien connue
l que par la comparaison. Je n’ai pas le moindre doute que ces honorables messieurs n’ont eu quo de bon motifs en prenant la parole pour critiquer le bill, Je crois, j'en suis même certain, que si, avant de prendre part à la discussion, ils avaiont étudié les chiffres et s'étaiont assurés des dépenses exactes de la milice, ils en seraient venus à la conclusion que le département de la Milice et de la Défense n’est pas administré d'une manière extravagante, mais qu’il ne coûte que très pou d'argent, si l'ont tient compte des grands services que rend la milice à notre pays.
| . Nous voyons donc qu’en Canada, où la population se chiffre par 4,500,000 âmes, et où les impôts sont de $7.41 per capita, les dépenses pour les forces de terre et de mer sont de 19 cts. par tête. Aux Etats-Unis, ces dépenses sont de $1.12 par tête pour le gouvernewent fédéral, sans compter celles des différents Etats, dont quelques- | uns entretionnent des armées coûteuses pour leurs propres affairos. En Angleterre, les dépenses, tant pour l’armée de torre que pour celle | de mer, s'élèvent à $4.69 par tête. Maintenant on devrait comqi prendre que si notre milico doit être abolie, elle doit l'être complètoment, Si d’un autre côté on la considère utile, indispensable même au pays, on ne devra pas murmurer contre la faible dépense de 19 cts. par tête requise pour son entretien. | | À la vérité, je ne saurais trop me plaindre de cos murmures: La critique faite par les honorables députés a été très bienveillante et elle m’a valu des informations importantes par la voix de certains messieurs qui, Comme mes honorablos amis les députés do Cornwall ot de Muskoka, portent un si vif intérêt à notre milice. Cet honorable monsieur a déclaré qu'il pouvait en parler on connaissance de causo, ayant étè attaché lui-mômo durant plusieurs années à la milico. Je puis lui rendre ce témoignage que durant le temps qu'il a été attaché à la milice, personne n’a eu de meillours | états de service que lui, il L'honorable député de Middlesex (M. Ross) a critiqué ce bill, | comme il fait d'habitude de toute affaire militaire. Comme d’habi- : tude aussi, je crois, il n’a même pas pris la peine de lire le bill avant de le critiquer. Je n’ai pas le moindre doute que ce monsieur a été | amené dans ces critiques, par les meilleurs motifs possible, mais d’un l 1 autre cuté je ne crois pas qu'il était aussi bien préparé sur cette | question que devrait l'être un deputé qui occupe comme lui une posif Al tion aussi importante dans l'opposition.
Cet honorable monsieur prétend que tont l'ensoignement requis
est donné par les batterios “ A” et“ B”, Je lui demandorai en
consieurs ant le Hours
bill, ’habiavant a été 8 d'un cette o posi-
requis ai en
vortu de quel principe l'infanterie devrait ètre privée des avantages accordés à l'artillerie dans les batteries ‘ À ” et ‘“ B,” N'est-ce pas le cas que ces batteries ont ædmirablement réussi à former des sujets ? Lo seul fait que nos artilleurs se sont mesurés avec ceux d'Angleterre et ont emporté l'un des plus beaux prix du concours, prouve au-delà de tout doute que les batteries “ A” et“ B” sont des écoles où l'instruction a acquis un haut degré de supériorité.
J'en appello à tous ceux qui se sont intéressés à la question et qui savent ce que c’est que le concours de Shoeburyness ; qu’ils disent, si, Oui on non, j'exagère quand je soutiens que le fait que notre détachement canadien a concouru avec succès contre un détachement choisien Angleterre, constitue le moillour témoignage en faveur do l'instruction que donnent ces batterios,.
Si cette instruction a été d’une si grande valeur pour l'artillerie, pourquoi serait-elle refusée à l’infm.terie, maintenant que le Canada a les moyens d'en fournir à l’une comme à l’autre ?
On a préterñdu que nous avions tous les moyens nécessaires d’instruction et que nous devrions consacrer tout l'argent aux soldats. En réponse à cela je suis prèt à laisser dès demain aux compagnies elles-mêmes rassemblées pour une grande revue, de déclarer si elles ne préfèrent pas avoir des officiers et des sous-officiers d'infanterie experts, si elles ne préfèrent pas devenir par l'exercice ot “ l’ontrainement,” un corps parfaitement organisé au lieu de n’êtro qu'un corps désorganisé. :
: Qu’avons-nous en vue dans ce bill? Nous voulons que les dépenses soient faites de telle sorte qu'elles rendent les plus grands services possibles au pays. Nous ne voulons pas que l’argent soit
dépensé en parades pompeuses, comme il a‘plu à un honorable député
de le dire.
Il s’agit bien vraiment de parades pompeuses. Quand cet honorablo monsieur était tranquillement assis chez lui, cos mêmes troupes qu’il a accusécs de parader pour le simple plaisir de faire voir leur uniforme, défendaient sa propriété ot protégeaient la patrie contro les envahissours. L'honorable monsieur ne disait rien alors, et il ne considérait pas que la milice canadienne était uno chose d'apparat ; simple parade pompeuse, dit-il, aujourd’hui.
Au sujet du nouveau quartier-maître dont la nomination n’est pas encore faite, et ne le sera que si elle est jugéo nécessaire, nous avons entendu bien des critiques de la part de l'honorable monsieur. Je lui demanderai à lui, qui a critiqué le bill avant de l'avoir vu, s’il n’était pas juste, on refondant les lois de la milice eten les modifiant suivant les changements survenus dar: la position même du pays, do pourvoir à la nomination d’un officier de ce genre. :
Quiconque a pris la peine d'étudier les affaires militaires, sait quo l'intendant général est l’un des principaux officiers d'état-major qui entrent dans la composition de toute organisation militaire. Il n'était que juste et convenable de pourvoir dans ce bill à la nomination de cet officier pour le cas où ses services seraient roquis. Avant d'exprimer leur opinion à ce sujot, les honorables députés devraient attendre que les crédits soient soumis ; car Ceux qui ont été soumis déjà ne s’y pee point, etil se pourrait faire qu'il en fût do même des crédits supplémentaires. Jusque là il est impossible à aucun ces bonorables députés de diro s’il y a où non extravaganco de la part du gouvernement.
En tout cas, quiconque a suivi dans la presse d'Angloterre on d’autres puissances militaires, les dernières transformations, doit
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