PRÉFACE. IX
toire dans les collèges, et lagrégalion historique ne fut a ccordée que liés tard. On \it en elle une conquête de la révolution de Juillet.
La révolution se lit réellement dans la manière d'enseigner. Jusqu'en 1831, cette chaire avait été occupée au collège de Rouen par un descendant du grand Corneille, honnête hcmme s'il en fut, professeur détestable, sans a ucune autoi ité. Je lai connu dans sa vieillesse, inspecteur d'académie. (Jn l'avait chargé, je ne sais pourquoi, d'interroger en histoire naturelle, ce qui n'était pas sa partie. Aussi, touslesans, se tornait-il invariablement à demander quelles étaient les mœurs delà taupe. C'est, je crois, le seul point sur lequel il était un peu ferré.
Avec Chéruel le ton changea et l'on vit se relever le niveau. Ses débuts, à ce que raconte un biographe bien informé (1), lurcnttrèsbrillantsettranchèrentsingulièrement sur la routine scolaire. Sorti tout fraîchement de l'École normale, où déjeunes maîtres faisaient une rude guerre aux formules surannées ccmme au.\ traditions suspectes, il aborda résolument la philosophie de l'histoire. Au grand bénéfice et au vif plaisir de tous, il dégagea des faits impartialement enseignés les idées qu'ils contenaient ou suggéraient.
Cet hcn me de mérite n'était pas destiné à languir indéfiniment
Dans les honneurs obscurs de quelque légion
Sa réputation, rapidement étendue, lui attira la confiance d'un grand éditeur parisien, M. Hachette, en même temps que celle du gouvernement. La publication des Carnets, et Lettres deMazarin, continuée aujourd'hui avec tant de soin et de compétence par M. Georges d'Avenel, lui fut confiée olfjciellement tandis que M. Hachette l'appelait à diriger une édition véritablement magistrale de Saint-
(1) F. Bouquet, Notice iwr Adolphe Chéruel. — Souvenirs du Collège de Rouen.