GANTS — GARÇONS ET DEMOISELLES D'HONNEUR — GOLF — GOUVERNANTES
GANTS - Q. — Quel cest l'historique du gant ?
R. — Dans l'antiquité on a connu l'usage des gants pour préserver les mains du froid. 1ls devinrent peu à peu un objet de luxe, si bien que les Gallo-Romains devenus chrétiens s'engageaicnt à renoncer aux gants quand ils entraient dans les ordres, toute parure étant incompatible avec la sévérité du sacerdoce.
Le cérémonial ne permettait pas de garder ses gants en présence d'un supérieur ou dans un lieu imposant le respect. Les légendes du moyen âge menaçaient de la vengeance divine celui qui entrait ganté dans une église.
Au XVIIe et au XVIIIe siècle, une bizarre coutume vottais ue lon Giât ses gants pour pénétrer dans Îles écuries royales, et si l'on ne se conformait pas à cette formalité, on s’exposait aux plaisanteries des valets d’écurie.
Les habitants de nos pays froids pratiquent, sans doute. l'usage des gants depuis Île temps où ils ont songé à se garantir des rigueurs du climat en se couvrant de peaux de bêtes ; même dans les pays tempérés comme en Italie, la coutume en est très ancienne ; mais c’est la France qui a toujours donné le ton à la mode en cette matière.
Sous Louis XIV ‘*s dames portent des mitaines, mais les hommes n'ont de. gants qu'en tenue d'ordonnance ou de campagne. Les règnes de Louis XV et Louis XVI sont caractérisés par le luxe et la coquetterie ; à cette époque on a la vanité des belles mains, aussi prend-on bien garde à negas les cacher.
Le Directoire fait reparaître la mode des gants et des mitaines, ct sous le second Empire (1850-70) on se gante dans toutes les cérémonies : les dames de la cour portent de très longs gants à cause de leurs robes à manches courtes.
Depuis, l'usage s'en est généralisé et en toute occasion dames et messieurs se gantent.
Q.— Quelle sorte et quelle couleur de gants doit-on dans les diverses circonstances ?
R.—En principe on doit toujours mettre des gants quand on est hors de la maison. A la campagne, on néglige trop souvent de s'en parer sous prétexte que personne ne vous voit, mais, hélas ! le soleil n'est pas absent et il brunit la peau, ce qu'il faut éviter autant que possible.
Il ne faut pas se croire obligée de mettre constamment des gants de peau. Pour faire des promenades, les gants de fil où encore mieux de coton sont suffisants ; d’abord, ils sont beaucoup moins chauds et ensuite ils possèdent la qualité de se laver.
Les gants de soie sont plus habillés que ces derniers, mais beaucoup de femmes, dont l’épiderme est assez sensible, ne peuvent en porter à cause de leur frottement désagréable.
Les gants de peau se portent principalement en hiver, mais il est bien entendu qu'ils sont exigés à toute époque de l’année, pour les cérémonies. Si vous désirez qu'ils fassent un long usage, n'hésitez pas à y mettre le prix Pour cet accessoire de toilettre plus que tout le reste peut-être, c'est le cas de dire que l'on en a toujours pour son argent. Quelques personnes se contentent de gants noirs, pour la bonne raison qu'ils se salissent moins vite que les autres.
Les gants noirs ne sont jamais déplacés : ils sont distingués et s'accommodent avec n'importe quelle robe.
Il en est des gants comme des souliers ; on cherche toujours à les rapprocher de la couleur de la robe ; mais les gants de teinte neutre vont toujours bien et ne se remarquent pas.
La peau de Suède est très “chic” pour les gants habillés : les jolies femmes sont toujours gantées en Suède, car cette pean réunit toutes les qualités: sonplesse, finesse ct de plus elle est moins tachante que le chevreau glacé.
Les gants blancs entraînent forcément ‘à une grande dépense, car on ne peut imais le” porter plus d'une fois ou deux fois sans Îles nettoyer ; cit le cas de toutes Îes femmes qui tiennent à être gant.es d’une façon irréprochable. .
Q.— Peut-on mettre ses gants dans la rue, en -ortant de la maison ?
R.— Non, c'est de très mauvais ton.
Q. — Une femme peut-elle retirer ses gants en société ?
R. — Par la chaleur, les gants sont quelquefois génants. Cependant il est impossible de s’en passer. Beaucoup de femmes Gétestent le gant tricoté de fil ou de soie — et peu de femmes élégantes l'acceptent. Ces dernières. du reste, à l'aise en toute circonstance, savent très bien s'arranger de la ganterie de peau — en n'ignorant pas l’art de se ganter ct de se déganter à propos. On connaît mal cette question du gant. Primitivement on ne demandait à celui-ci que la protection ‘de la main contre les intempéries et les malpropretés de hasard. Chacun sait qu'on devait l’enlever en approchant le souverain, en prétant serment, en s'agenouillant à la Sainte Table. En réalité, le gant cs donc un objet d'utilité, que l’on choisit aussi joli que possible, par coquetterie, mais que nous ne sommes pas teurs de conserver quand il ne nous plait pas de le garder. Les souveraines vont presque toujours au théâtre sans gants. A l'Opéra de Paris, il est fréquent de voir sur le rchord de velours d'une loge de longs gants que leur propriétaire ne mettra que pour sortir. En somme, On ne peut se séparer de ses gants, mais il re faut pas croire qu'on doive sans répit s'emprisonner dans leur enveloppe.
Q. — Quand doit-on se déganter ?
R.—On se dégante pour être marraine. pour signer un acte quelconque, parce que c'est plus commode, mais on ne se dégante pas pour denner la main.
Q. — Que fait-on de ses gants dans un diner de gala ?
R.—On doit faire disparaître ses gants sur soi, c’està-dire sur ses genoux et faire en sorte qu’ils ne tombent pas par terre. Il est toujours ennuyeux de forcer les gens par politesse à se baisser pour ramasser ces petits objets.
O — Peut-on danser sans gants ?
F -Nous tenons à protester contre une habitude des