‹ Mille questions d'étiquette [microforme]Chapitre 57 sur 65 · TENUE · texte numérisé non relu

TENUE

Q. — En quoi consiste l'élégance morale ?

R.— 11 serait difficile d'énumérer tout ce qui constitue l'élégance morale.

Un homme qui n'accomplit pas ses devoirs envers les siens manque complètement de cette élégance morale qu'il est si essentiel d'acquérir pour être estimé et aimé.

À l'égard de sa femme, un mari doit tenir les promesses, les serments qu'il a faits. Cette fidélité est de l'honneur, au même titre et plus encore que l'exactitude du négociant aux échéances souscrites.

Un homme qui s'éloigne de son foyer, qui dépense illicitement l'argent qu'il doit rapporter dans sa famille, qui fait souffrir sa femme par une indifférence imméritée, qui méconnait son rôle de père au point de négliger l’éducation de ses enfants en vivant loin d'eux le plus souvent et le plus longtemps possible, cet homme n’est pas honnétc : il ignore donc l'élégance morale.

Pour la femme, en ces circonstances, l'élégance morale consiste à subir son mauvais sort avec toute la dignité possible. Si elle a des enfants, elle se sacrificra, elle continuera à vivre auprès du mari saris foi.

Les rapports entre eux peuvent être très froids, ils doivent rester corrects pour l'amour des petits êtres qui les entourent. C’est déjà assez malheureux pour ces enfants de deviner — car ils le devinent — qu'il n’y a pas d'affection entre leur père et leur mère.

Toutefois, la jeune femme a le droit, presque le devoir envers elle-même, de se renfermer dans un silence fier. Si ses représentations tendres et ses premières larmes n'ont fait qu'endurcir son mari dans ses torts, qu'elle sv taise maintenant, qu’elle ne s’abaisse plus aux récriminations, aux supplications. Qu'elle garde religieusement ses serments. Quant à son cœur passionné, qu’elle Ie répande tout entier sur ses enfants qui vont devemr toute sa vie.

Q. — En quoi consiste la distinction ?

R.— Ia distinction nait des qualités les plus charmantes de l'être intime, intérieur. Elle ne s'aperçoit pas de loin comme Île chic. Tel homme, qui passe dans la rue, attire

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tous les regards, il est chic. Pour juger de la distinction des gens, il est nécessaire de les voir de près, chez eux.

Pas de distinction sans une véritable noblesse de cœur et une certaine douceur de caractère. Aussi y a-t-il des gens distingués dans toutes les classes de la société. L'aménité des manières, la grace et la finesse de l'esprit, le goût sür, le tact parfait, la dignité sans raideur, voilà les signes auxquels on reconnaît les personnes douces de distinction. Une intelligence transcendante ne leur est nullement indispensable. Les grands savants, les a-vistes, les poêtes se plairont auprès d'une femme distinguée, alors mème qu’elle sera inférieure au point de vue intelleciuel.

On peut être distingué sans ètre absolument chic; L‘st-àdire en manquant de beauté physique, de richesse, ctc. Mais il se rencontre fort bien qu'on soit, à la fois chic ct distingué. Et alors, on est le filleul des fées, car on a des chances pour réussir en toutes occasions dans la vie, parce qu’on est sympathique à tous : à ceux qui prisent l'apparence et à ceux qui recherchent la grâce morale. Mais, enfin, si on ne possédait que la distinction, on serait déjà très bien partagé, on serait même classé par les bons esprits parmi les personnes chic. Il faut donc vouloir acquérir cette délicieuse façon d'être, quand elle n'est pas innée,.

La distinction est un charme puissant, elle sert beaucoup ceux que la nature en a gratifiés. Fouillez vos souvenirs, voyez si vous n'avez pas été toujours prévenue en faveur de ceux qui étaient dotés de ce très précieux don ?

Etre “ comme il faut ”, ainsi qu'on disait vers le milieu du siècle dernier, c'est accomplir tous ces devoirs de politesse et autres, se conduire d'une façon irréprochable, au moins en apparence ; ne pas faire parler de soi, redouter plutôt le chic. On peut ètre bien, très comme il faut, et manquer de distinction, mème ignorer certaines grâces. Mais c'est déjà quelque chose d'etre déclaré ‘un homme comme ïl faut”. C'est faire dire de soi qu'on est exempt de grossièreté et d'une foule de vilains défauts.

Tâchons toujours d'être distingués ; en même temps, nous aurons sürement “ijair comme il faut”. Et nous pourrons, par surcroît, à force de goût, atteindre au chic extérieur, à un chic allégé de quelques-uns des traits que nous avons tracés, en en donnant la définition vulgaire.

Q. — En quoi consiste la courtoisie ?

R. — Parmi les qualités qui nous font réussir dans le monde, il n’en est pas de plus négligée par les jeunes gens modernes, que la plus importante de toutes : cette courtoisie, qui est un sentiment de bienveillance ct d'amour pour notre semblable, et qui s'exprime par les manières obligeantes.

La politesse a été définie : la bonté dans les petites circonstances. Un vrai gentilhomme a le respect des droits, des sentiments d'autrui, mème dans les toutes petites et les plus ordinaires occasions.

Dans le monde, il est calme :; il n'accapare ni la première place, ni l'attention. Jamais il ne parait croire que «41 position sociale, ses dons naturels où sa fortune l'élèvent au-dessus des autres. Il ne se courbe pas non plus devant ceux qui affectent ces prétentions, fussent-clles réelles. Il ne tient pas du tout à paraitre ce qu'il n'est pas, mais cherche à être un brave homme.

Il n'est pas absolument silencieux, mais il est encore moins bavard. Il agit surtout plus qu'il ne parle. Ce qui le distingue encore davantage, c'est l'attention qu'il apporte à ne pas causer de peine aux autres et à leur ctre agréable autant qu'il le peut : ct il profite des cas les plus insignifiants pour faire plaisir où épargner un ennui.

Un tel gentilhomme est si franc, si cordial, qu'on cit tout de suite à l'aise avec lui, que le destin lui ait assigné un rang élevé ou une humble condition.

C'est un courageux. Tous les hommes courtois sont braves. Rares sont les gentilshommes ; mais très aimé: et considérés ceux qu’on rencontre. Tous les jeunes gens devraient avoir l'ambition d'obtenir ce titre, Île meilleur brevet social.

Q. — Que faut-il penser des “ snobs ”?

R.—En ce qui concerne les bonnes manières, les snobs ont un idéal tout particulier. L'un d'eux disait, un jour, que du matin au soir, il faut tenir la tête haute, composer son visage, n'y laisser lire aucune de ses impressions. \c jamais rire, jamais pleurer, jamais applaudir, jamais plui- Santer, de peur de se faire des ennemis ou de se rendre ridicule. Jamais répéter aux gens un éloge entendu <ur leur compte, ct soi-méme, jamais ne leur faire de compliments. Ils ne veulent pas davantage qu'on blâme ou s'indigne : en toutes circonstances, on doit rester calme, indifférent.

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Is accordent qu'on ait une bonne nature, mais il faut craindre de mériter l'épithète de “bon garçon” ou de “bonne fille”, laquelle désigne, en général, des êtres vulgares,

Éntin, il est recommandé de ne rien laisser soupçonner de son vrai caractère, non par esprit de dissimulation, mais pare que l'expansion, l'excès de confiance entament toujours la distinction. Passer dans la vie inconnu, incompréhensible, tel un sphinx, voilà le ton supréme.

Nous ne disons pas qu'il n'y ait pas parmi toutes ces prescriptions quelques indications dues au bon sens, mais elles ont besoin d’étre mitigées et beaucoup d'elles doivent etre réfutées.

Assurément, il est bon de veiller sur son maintien, de ne pas courber la tête, de redresser son corps. Mais on n'ira pas jusqu'à la raideur et l'on pourra méme s’accorder quelque détente. 11 peut étre imprudent ou impoli de laisser lire toutes ses impressions sur son visage. Il Y à des étonnements qu’on doit cacher par courtoisie et des impatiences, par charité.

Mais pourquoi dissimulerait-on les impressions agréables, qui peuvent mettre à l'aise, rendre heureux ceux qui nous entourent ?

Une gaieté bruyante manque certainement d'élégance : rire largement à tout propos, hors de propos, n'indique pas qu'on sache envisager les côtés sérieux de l'existence, dénote parfois qu’on est porté à la moquerie. Il est impossible de rire de tout, à celui qui a dépassé l'enfance: mais il est permis aux plus graves, de se dérider quelquefois, avec mesure et convenance

C'est absurde de pleurer sur soi-méme hors de la solitude et, peut-être aussi dans la solitude. En ces circonstances, ce qu’il y a de mieux à faire d’une larme, c'est de l1 boire, a dit quelqu'un. Dans les autres cas, pourquoi ne pas laisser voir son émotion, pourvu qu'on la contienne ?

La plaisanterie, si elle n'est pas méchante, ne nous fera pas d'ennemis, si elle est spirituelle ne nous rendra pas ridicules. Mais il ne faut pas en abuser, füt-elle fine, füt-elle innocente.

Nous ne disons pas qu'on doive faire “la bonne iemme”, “le brave homme”; mais beaucoup de gens élégants sont bienveillants et montrent de la sympathie pour leurs semblables.

On doit répéter aux gens les éloges qu'on a entendu faire d'eux. C'est de la probité. A peu près comme si on leur rapportait un objet leur appartenant, trouvé sur la voie publique. Pourquoi, également, retiendrait-on un compliment sincère qui vient aux lèvres ? Pourquoi n'applaudirait-on pas au bien, au beau ?

Quant à blâmer, on est parfois obligé, par moralité, de convenir qu'une chose est odieuse, injuste. Il n'y a qu'à mettre de la douceur dans la condamnation qu'on prononce. Certaine indifférence peut encourager le mal.

Enfin, l'expansion contenue dans les limites raisonnables, la confiance sans excès imprudent, n'ont rien qui soit inesthétique. Trop fermé, on impose à autrui le supplice d'une énigme à deviner.

Q. — Quelle différence y a-t-il entre la politesse et la galanterie ?

R.—Un homme peut être poli sans être galant ct galant sans ètre poli ; il y a là une nuance qu'il faut saisir et tâcher de concilier le tout. L'homme doit à la femme l'hommage de son respect qui se manifeste par une politesse qui ne sera jamais trop exagérée. On a, il est vrai. un peu démoli tout cela à notre époque ; on ne croit pas devoir témoigner à la femme toutes les subtilités de la politesse, et c'est un tort. Aussi voit-on des hommes, des jeunes gens aborder une femme dans la rue en conservant leur chapeau sur la tête, ou en le soulevant à peine. C'est une allure de très mauvaise éducation ; on doit se découvrir profondément et attendre que la femme vous invite à vous couvrir, ce qu'elle fera si elle-même est hien élevée.

On peut lorsqu'on est seul ou avec un homme, conserver son cliapeau sur la tête dans un magasin, mais on doit saluer en entrant et en sortant. Si c'est une femme qui vous sert, on doit lui parler avec politesse et la saluer. Mais lorsqu'on accompagne une femme dans un magasin on ne reste pas couvert à moins d’une invitation à le faire de sa part.

On garde son chapeau dans un café, chez le pâtissier alors que l’on reste debout avec une femme ; dans es couloirs d'un théâtre, durant les entractes, mais jamais dans une loge ou lorsque le rideau est levé. On nc doit pas rester découvert dans une synagogue alors qu'à

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l'église, au temple protestant on se découvre. On n'entre pas dans une maison avec un chapeau sur la téte, fut-ce chez soi, à moins d'être garçon ; où ne conserve pas son chapeau en présence de sa: femme ; c'est évidemment Île symbole de l'autorité conjugale, mais c'est aussi le signe que l'on est fort mal élevé.

Si l'on conduit une femme au restaurant on ouvre la porte, on entre et l’on s'efface pour laisser passer la femme en se découvrant ; puis on remet son chapeau, on suit la femme et dès que l'on à choisi sa table on quitte son chapeau. La situation est parfaitement nette pour le public ; il sait que la personne que vous accompagnez est sous votre sauvegarde.

Lorsqu'un homme met une femme en voiture il l'aide à monter en la soutenant sous le bras, il a quitté son chapeau qu'il tient de l'autre main, puis il transmet l'ordre au cocher et ne remet son chapeau que lorsque la voiture est partie.

Ceci est pour la politesse et lascorrection. En ce qui concerne la galanterie, il y a beaucoup de cas où elle doit s'exercer civilement et, de plus nombreux encore, où l'on fera bien de s'en algstenir.

La galanterie permise et mème conscillée est le baisemain, dernier vestige d'anc époque disparue qui revient en honneur. On prend respectucusement la main d'une femme, on s'incline, on effleure d'un baiser respectueux et rapide la main qui ne doit pas étre retenue trop longtemps. C'est un hommage et rien de plus, sinon cela devient inconvenant. Cette pratique ne doit pas se renouveler excepté au départ et encore est-il mieux de saluer simplement. Les vieillards peuvent être plus privilégiés, l'âge a ses prérogatives mais il faut éviter toute allure de galanterie.

. Un homme âgé peut émbrasser sur le front une fillette jusqu'à sa première communion, c'est une caresse paternolle ; après il fera mieux de s'abstenir.

Certaines galanteries doivent être exclues de la bonne société ; le véritable homme du monde, évoluant dans un milieu respectable, saura se conformer aux traditions de bienséance et ne jamais se laisser aller à certaines libertés ‘dépassant les limites autorisées.

Q. — En quoi consiste la beauté de la voix ?

R.— Le charme de la voix consiste essentiellement dans la beauté du timbre. 11 faut craindre ces accents voilés que lui infligent les refroidissement réitérés auxquels on s'expose. Un excès de chant ou de parole la surmène : en parlant où en chantant, on peut la faire sortir de son diapason, en la forçant dans le haut ou dans le bas, et on lui cause souvent ainsi un tort irréparable... On peut prendre tous ces soins sans se donner beaucoup de peine, sans affecter non plus, comme on voit faire à quelque: personnes de parler sur un ton qui n'est pas leur ton naturel. [n'y a qu'à maintenir les cordes vocrles dans leur état cristallin, velouté ou métallique (voix argentine, voix d'or). Ce n'est pas de l'affectation de s'observer pour bien prononcer, pour détruire les sons nasillards ou Sutturaux, pour diminuer le volume de la voix, pour lui donner une certaine élasticité. Une femme ne pourrait ètre absolument gracieuse avec une voix brève et rude.

On dit que le régime carné est désastreux pour la voix, il la tue. Les personnes qui ne mangent presque jamais de viande conservent une voix charmante et modulée jusqu'au jour où celles changent de régime.

Le poisson est aussi très défavorable à la voix Mais l'alcool lui est encore plus funeste. Les chanteurs, ceux qui tiennent à la pureté de leur organe, devraient renoncer à toutes boissons fermentées.

La fatigue physique, les longues marches sont nuisibles à l'organe.

Il y a parmi les jeunes toute une école qui se gate à plaisir la voix. On parle d'un ton bref, on martéle les mots, on Se garde de toute inflexion, c'est un débit saccadé tout à fait agacant, on se croirait déshonorée “i l'on avait une voix moelleuse, on fait tout pour la perdre, Si on en est douée. Affectation sptte, mode absurde.

Q. — Quelles sont les règles générales de tenue ?

R.—Une femme bien élevée ne doit jamais se tenir les bras croisés ni pendants. Cest un indice de mauvaise éducation de faire danser ses mains ou ses pieds, de joucr ‘avec sa chaine de montre, de lancer ses gants et de les attraper ; de sucer la tète d'une canne ou la poignée de son parapluie ; de tripoter son col ou sa cravate.

Le meilleur signe d’une bonne tenue est d'etre tranquille, sans affectation ni sans raideur. Se balancer les

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pieds, les faire résonner d'une façon monotone, jouer du tambour sur les vitres ou sur une table sont des signes dè mauvaise éducation.

Q.— Dans quelle mesure est-il permis d'insister dans ses attentions ou politesses ?

R.— Tout a une limite et quand l'amabilité dépasse celles que lui assigne la bienveillance réelle, elle devient insupportable.

L'amabilité doit être inspirée par le désir d'obliger ceux à qui elle s'adresse, et non pas celui de se rendre néces- “aire ou indispensable ; elle doit étre de la politesse souriante, elle ne doit jamais devenir de l’obséquiosité, ni de l'insistance.

Ne vous est-il pas arrivé, n’ayant qu'un appétit médiocre, de diner chez des gens bien intentiounés, certes, mais soucieux de vous voir apprécier les frais « r'ils ont faits en votre honneur ? Un plat passe, vous \ous servez avec mesure, vous déclarez que “c'est absolument délicieux ”. Aussitot double insistance de vos hôtes. “ Ne vous gènez donc pas, reprenez-en, oui : oui : cette cuillérée seuicment”: Avant que vous ayez pu vous dérober, une portion terriblement abondante s'est abattue dans votre assiette, et vous voilà obligée de faire des efforts surhumains pour vaincre les répugnances de votre estomac ct pour lui faire accepter la profusion d'un mets qui, d'exquis qu'il vous semblait tout à l'heure, vous parait odic maintenant.

Excès d'amabilité : insistance importune et que condamne le tact véritable bienveillant et discret.

Encore cette insistance n'est-elle pas comme celle qui intervient parfois dans la recherche des relations, particulièrement à la campagne, aux bains de mer et en villégiature. Combien de fois ne vous est-il pas arrivé de rencontrer alors de ces personnes trop polies. Ce n'est pas que leurs intentions soient mauvaises, ce ne sont guère, l: plus souvent, que des gens qui s'ennuient : il leur faut une société, des distractions. Avisent-ils quelqu'un qui puisse les distraire, ils en font le siège : avances aimables, gâteries aux enfants, Gffre d'une partie en voiture, au theatre, etc. Refuse-t-on, par désir de garder son indépendance, sa tranquillité ? ils insistent. Refuse-t-on encore ? Ils redoublent de prévenances, d’ingéniosité, en

sorte qu'il faut, pour décourager leur affabilité accablante, opposer une froideur qui risque, par comparaison, de paraitre impolie,

Alors ces gens trop aimables doivent parfois trouver que leur bonne grâce cest bien mal payée de retour. Qu'ils ne s'en étonnent pas trop. Si le sage nous con scille de redouter nos amis, peut-ctre ajoute-t-il qu'il faut que nous redoutions nos vertus. Soyons sociables avec mesure ct rappelons-nous que la véritable amabilité est celle qui n'importune pas notre prochain.

Q. —Quelle est l'étiquette à suivre en chemin de fer à l'égard de ses amis ct des étrangers ?

R.—‘ Du tramway au chemin de fer, dit un homme: d'esprit, il n'y à que l'épaisseur du rail et c'est là surtout qu'on à mille occasions de montrer qu'on est bien éle peut-être parce qu'il y a vingt chances contre une de rencontrer des gens mal élevés”, Et il ajoute, comme leçon pratique :

“ Le coin est la place d'honneur cet la plus commode : offrez-la toujours à une dame ou à une personne âgée ct infirme. Certes, on n'est pas obligé de faire des politesses à tous :. si l'on est en famille, il est inutile de céder une bonne place à des étrangères. Mais, comme entre voyageurs on se doit des petites concessions mutuelles, il faut s’efforcer de s'incommoder le moins possible les uns les autres,

“N'oubliez pas que les banquettes sont faites pour s'asseoir et non pour s'y coucher ou y étendre ses pieds. Défiez-vous de ces poses à l'américaine qu'adopte la mode. Elles sont une preuve d'une grande liberté d'allure. Les jeunes gens surtout ne doivent pas se les permettre.

“ Soyez toujours poli avec vos compagnons de voyage, mais ne vous liez pas trop vite avec eux. Si l’on vou: parle, répondez. Il est facile de ne pas soutenir une conversation tout en restant poli. Si la personne vous plait ct que Sa conversation vous intéresse, le plaisir que vous éprouverez sera déjà une grande politesse ”,

Q. — Une demoiselle d'âge déjà sérieux rencontre. à l'étranger, une dame un peu plus âgée qu'elle, qu'elle à fort peu connue, et dont elle craint de n'être pas reconnu. Doit-elle on non l'aborder dans la rue ?

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R. — Tout dépend du cas. Si elle a des chances de la retrouver ailleurs, mieux vaut, simplement, en la saluant, préparer une autre rencontre. Si clle croit, au contraire, ne pas laisser échapper unc occasion unique, il n'y a aucun mal à se conduire franchement. Les raisons d'agir justifient les actes.

Si la dame abordée par la demoiselle reconnait cette dernière et l'invite à la venir voir, sans parler des parents de la jeune fille. Celle-ci doit dire adroitement qu'elle est en famille. En ce cas, son interlocutrice lui répondra : “ Je serai charmée de connaître aussi madame votre mère (ou cette personne naturellement)”.

Mais il y a des cas ou une demoiselle, intentionnellement, ne méle pas ses parents à sa vie. Elle est seule juge. Si elle accepte 1'invitation pour elle seule, elle n’a pas besoin de demander le retour de la visite, à moins qu'elle ait une vie assez “ particulière ” (quoique chez ses parents) pour recevoir.

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lout est affaire de circonstances, de tact. Les raisons qu'on a de se conduire excusent tout, si elles sont justes. De plus la discrétion, la mesure dans tous les rapports, permettent toujours d'avancer ou de reculer selon la tournure que prennent les choses, et sans aucune offense pour personne.

Q. —En quoi consistent les gestes ? Quels sont ceux qu'il faut éviter ? L

R. — Parmi les gestes, il en est d'instinctifs, d'autres consacrés par les habitudes ; ils constituent une manifestation de la politesse. Ces derniers diffèrent un peu ou beaucoup chez les divers peuples de la terre.

Le geste instinctif est celui qui accompagne naturellement l'expression parlée de la pensée.

Il est impossible, tandis que l'on s'exprime, que le corps le visage restent immobiles et inexpressifs, mais toute personne bien élevée et soucieuse de n'être point ridicule ou inconvenante s'interdira tout geste excessif, ou mème répété, toute attitude exagérée, toute mimique qui toujours prète à la moquerie des auditeurs.

Il est nécessaire de veiller attentivement sur ses enfants, afin qu'ils ne prennent pas l'habitude de gesticuler ; et l'an doit s'examiner sévèrement soi-même, questionner ses proches à son égard et accepter avec patience leurs observations à ce sujet.

Imiter les bruits, mimer les personnes dont on parle, grimacer, cligner de l'œil, faire la moue, rire à gorge dé: ployée, pousser de bruyantes exclamations, hausser les épaules, tout cela est du dernier mauvais goût, comme de frapper sur le bras, sur l'épaule, ou de s'accrocher an bouton de l’habit de la personne avec qui l’on cause. Lever les bras au ciel, taper du pied, se renverser sur ‘son siège, cogner du poing ou du doigt sur une table, «c gonfler les joues, se courber parce que l'on parle d'un vieillard, ou d'un bossu, piaffer en racontant les haut: faits—ou les méfaits d'un cheval.—siffler comme le train : et mille autres mimiques exubérantes sont du domaine exclusif des gens dépourvus de savoir-vivre, ct l’on doit sévèrement s’interdire ces manières.

Du reste, celui qui s'exprimera correctement, sans passion, sans chaleur exagérée, qui ne se laissera aller ni à la colère, ni à la joie, ui à des chagrins immodérés, aura des gestts convenables. C’est l'insubordination du lan-

gage et de la pensée qui excitent à la gesticulation excc-- Sive.

Q.— Peut-on en société faire un signe pour appeler l'attention d’une personne à qui l'on veut parler ?

KR. — Il est inconvenant de chercher à appeler l'attention de quelqu'un au moyen de signes, signaux, en simulant une petite toux, en poussant le coude ou le pied. Tout indice d'intimité, toute privauté, tout air de mystère est de mauvais ton.

Q. — Est-il encore de mode de baiser la main ?

R.—La mode de baiser la main, mode chevaleresque française, est, avons-nous dit, en train de réapparaitre pour remplacer la poignée de mains où “ shake hand ”.

Cette mode, toute galante ct gracieuse, date de plusieurs siècles. Elle à toujours été en grand honneur à la Cour de France, où elle symbolisait le respect. Comprenant tout ce que cette action avait de charme, les artistes ont fait perpétuer cette mode sur la scène française, En effct, quoi de plus joli, de plus gracieux et de plus respectueux aussi, que de voir un homme baiser la petite main blanche d'une jolie femme.

Les Parisiennes, dit-on. ont décidé à l'unanimité et

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encore plus les Parisiens, d'abandonner le * shake-hand ” trop froid pour raviver l'antique mode, Bravo ! petites Parisiennes, c’est gentil ! ça ! et nous allons essayer de suivre votre exemple — ce sont les hommes surtout qui le disent.

Q. — Que faut-il éviter en entrant dans une pièce ?

R.—On doit éviter de claquer la porte et de frapper du pied.

Q. — Qu’appelle-t-on des tics, quels sont les principaux ?

R.— Les tics sont des mouvements automatiques involontaires, indices de dégénérescence et insupportables pour les voisins de ceux qui en sont atteints. Voici les prin- CIPAUX !:

Nous trouvons d’abord le “ Mistakrostrepsomane ”, qui a une manie dont il est pris au moment de la puberté, «lors qu'un léger duvet s'estompe sur sa lèvre supéricure. Il tire inconsciennnent les poils naissants de sa future ioustache avec les ongles.

Le “ Madomanc ” qui a la manie de s'épiler, qui le tient comme une teigne nerveuse, et que les objurgations les mieux senties ne parviennent pas à combattre.

Le “ Strepsorabdomance ”, qui a la manie de faire le moulinet avec une canne où un parapluie. C'est la terreur des myopes et des gens pressés.

Les enfants en naissants sont “ Stomadactylomanes ” cest-à-dire se mettent les doigts dans la bouche.

Le “ Kratopodomane” a l'habitude de se croiser les jambes et de tirer ses chaussures en parlant. Les gens atteints de cette manie sont capables d'attention soutenue, ils s'absorbent même dans la contemplation de leur interlocuteur.

L'* Oxynophage ” est celui qui ronge ses ongles.

L'* Otodactylomane” c'est celui qui contracte l'habitude de se mettre un do'gt dans l'orcille en l'agitant nerveusement.

Le “ Synophryomane” est bien celui qui est atteint de li plus assommante des manies : imaginez-vous un monsicur qui, sans raison, alors que vous l'entretenez de choses «bsolument banales, éprouve le besoin de froncer le -ourcif, de creuser sur son front d'énormes sillons comme sl apprenait des choses stupéfiantes.

Le “Sphingomane” est un étre incompréhensible. Saisit-il un journal ? il l’'empoigne, le froisse, le déchire.

Le “ Sphingomanc” trépigne sans raison, fait claquer les portes, abat son poing fermé sur tous les meubles qui sont à sa portée ; brise sa plume s’il écrit, et se livre à une mimique désordonnée, qui provoquera l’hilarité de ceux qui l’observent.

Nous bornerons à ces cas la liste des petites manies qui nous semblent si désagréables chez nos voisins et dont les noms seuls devraient nous inspirer une horreur salutaire.

Q. — Comment s’y prendre pour se rendre populaire en société ?

R.—On n'éprouve aucune difficulté à se rendre populaire si l'on veut tout simplement se donner là peine de porter son attention sur la personne qui & trouve la plus rapprochée de s- Il est de bon goût de ne pas s'occuper des autres f nmes quand on parle à l'une d’entre elles. Des yeux qui se promènent autour de la chambre comme pour chercher quelqu'un d'autre, un manque d'attention aux efforts de votre compagne du moment pour entretenir la conversation sont des indicede tenue. Apprenez à montrer de la sincérité et à porter ‘de l’intérêt ; si vous n'avez pas ces qualités naturellement Une femme reçoit toujours une impression favorable si la personne qui lui est présentée paraît prendre de lintérèt à sa conversation dans une soirée ou dans un bal. La popularité ne s’acquiert pas seulement en se rendant aimable envers les femmes les plus jolies et les plus élé gantes. Une jeune fille timide, peu remarquée, ménx d'un visage ordinaire est plus disposée à chanter Îles loyanges de l'homme qui a été aimable à son égard, qui : eu pour elle des attentions, que l'enfant gâtée qui croit que tous les honneurs et les hommages lui sont dus.

Q.—EÆEst-on tenu à certaine précaution d'alimentation avant d'aller en société ?

R.. — Certainement, la propreté stricte de la bouche n suffit pas. Il faut éviter les al ments qui donnent : haleine par exemple un fumet spécial, comme : l'ail, le: oignons, le fromage.

Inutile de dire qu'on doit s'abstenir de boisson forte avant d'aller en société.

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Q.— Un trut jeune homme est-il tenu d’avoir l'habit de soirée pour se rendre à une réunion ?

R.— Il y a beaucoup de jeunes gens qui ne portent pas l'habit complet de soirée avant leur vingt-ct-unième année. Rien ne les y oblige : leur développement physique n’est pas encore atteint et ce serait une erreur d’encourir cette dépense considérable pour un vêtement qu'on ne pourrait porter que peu de temps.

Q. — Un air absorbé est-il de bon ton en société ?

R.— C'est une faute d’étiquette. Si réellement on est trop absorbé pour s'intéresser à ce qui se passe autour de soi, le mieux qu’on a à faire, c'est de rester à la maison.

Q.—Que doit-on faire si l’on est dans une réunion d'inconnus ? =

R.—Si vous rencontrez chez un ami, où vous faites visite, tout un cercle de personnes qui vous sont étrangères, n'oubliez pas que, comme amis mutuels du maître et de la maîtresse de maison, vous êtes tenus, tant que vous vous trouvez sous leur toit de vous considérer comme des connaissances, ct il n’y a rien, pas même la timidité ni le goût de la solitude, qui excuse de se retirer dans un coin ou de se coller à un ami isolé, même dans un cercle de ce genre.

Q. — Comment doit se tenir un homme qui est ennuyé de la compagnie où il se trouve ?

R. — La seule tenue qu’un homme ait le droit d'observer à l'égard d’une femme jeune ou vieille qu’il rencontre dans la société consiste dans une politesse irréprochable.

Traiter une femme cavalièrement, ou en protecteur, discuter avec elle — sauf en plaisanterie — ou ce qui est pire, la blesser, l’offenser est une marque de mauvaise éducation. Un homme bien élevé, s’il est ennuyé par une lemme ou s’il a quelque sujet de se plaindre d’elle, n’a pas d'autre ressource que de l'éviter absolument, comme ne femme n’a pas d’autres armes contre l’impolitesse ou l'iiconvenance que le silence ou la fuite,

Q. — Si un homme escorte deux dames pour entrer dans un salon, que doit-il faire ?

R. — Si l’une des deux dames est mariée, il n’y a pas de choix, c’est à celle-là qu’il doit offrir le bras.

Il peut faire le geste d'offrir son bras à l’autre dame, mais celle-ci ne doit pas accepter et remercie simplement en disant : “ Je vous remercie, je vais vous suivre” ct elle marche à côté du couple.

Q. — Une femme peut-elle aller voir son mari à son bureau ?

R.—A moins de nécessité pressante, ce n’est pas la coutume et il n’est pas convenable qu'une femme fréquente les bureaux de son mari en ville Un homme occupé n'aime pas les visites et, dans une certaine mesure, une femme perd de son prestige à être vue trop souvent dans le quartier des affaires. Les femmes d'hommes de profession ou de grands négociants pénètrent rarement, si même elles y vont jamais, dans le bureau particulier de leur mari. Leur présence est considérée comme un empiètement, absolument au même titre que le serait l’apparition soudaine de leur mari à une réunion du Conseil de< ‘Femmes ou à un Cours de cuisine. L'idée qu’une femme a le droit de connaître les membres du personnel de son mari est une idée entièrement erronée. Le plus léger soupçon d'espionnage ou d'intervention de sa part servirait qu’à rendre mari et femme ridicules aux yeux des employés. Si les femmes qui commettent cette erreur pouvaient entendre les commentaires que provoque leur conduite, dans la rue et dans les bureaux, elles compren draient que ce qu’elles ont de mieux à faire, c’est de rester chez elle. 2

Q. — Un jeune homme de trente ans se retrouve apr une absence de huit ou dix années en relation avec un: jeune femme de son âge qui a été, durant toute so enfance la compagne de ses jeux, et ensuite la tendre camarade de sa jeunesse. Les nécessités de la vie ont séparé les deux amis vers leur vingtième année. L'un e:t resté célibataire, l’autre est maintenant mariée et mère de famiiie...

“Quelle doit être leur attitude réciproque ? Pourront-

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ils continuer entre eux la douce familiarité du tutoiement d'autrefois ? Devront-ils y substituer le “vous” cérémonieux ? ou même s'en tenir au glacial “cher monsieur, chère madame ”’? En un mot, quelle formule adopter pour observer les convenances, sans toutefois ‘faire litière de l'amitié d’antan ?

R. — Même si le jeune homme ne s'était pas absenté, il doit, par bienséance cesser de tutoyer son ancienne petite camarade à l’époque où elle est devenue jeune fille (à la première robe longue), à moins que le consentement des deux familles ne continue à autoriser cette privauté.

A plus forte raison, retrouvant, après une absence de plusieurs années, la jeune fille mariée ne peut-il continuer ou reprendre le tutoiement permis seulement entre enfants ct entre parents ct incompatible avec le respect que tout homme bien élevé doit à une femme mariée.

Autre considération, non négligeable :

Sans être jaloux, et l’on est toujours jaloux de ce que T’on aime, le mari ne verrait pas avec plaisir un célibataire de trente ans, un étranger, tutoyer sa femme... Il y a «déjà bien assez des cousins...

Q.—Que doit-on penser du tutoiement entre enfants ?

R.— Le tutoiement entre enfants devrait étre proscrit des couvents, collèges et pensionnats parce qu’il favorise le ton vulgaire et s'oppose aux formes délicates du langage que Ja jeunesse a tant de mal à adopter. Il y a encore un autre inconvénient : c’est que lorsque deux camarades d’études se retrouvent après de longues années dans des positions sociales différentes, ils éprouvent de l'embarras à se traiter comme ils faisaient sur ‘les bancs de l'école et s'ils ne se tutoient pas alors, l’un deux, celui qui est inférieur à l’autre en éprouvera de l’humiliation. Cette humiliation serait au comble, si les circonstances € la vie font de l’un de ces camarades l'employé de l’autre.

Q. — Quelle attitude doit-on prendre à l'égard du professeur d’un de ses enfants qu’on invite en cette qualité ?

R. — Dans quelque position qu'on se trouve, on peut sans arrière-pensée inviter quelquefois un professeu: à diner. Comme on n'a pu choisir que des gens recommandables pour leur confier la direction de ce qu’on a de plus

cher, il ne peut y avoir d'inconvénient à les fréquenter. Parfois, même on invite le professeur à passer quelques jours à la campagne.

Mais, dans l'un ou l’autre cas, on sera discret enver. cet hôte, comine envers tous, ne prenant pas prétexte de la politesse qu'on lui a faite pour l'obliger à payer de sa personne, s'il possède quelque talent personnel. Par exemple on ne demandera ni chant, ni musique à un professeur dans cet art. Si lui-même a quelque éducation, il saura bien proposer son concours, sans qu'on le sollicite, en voyant qu’il peut être agréable.

Q. — Comment les professeurs ct institutrices doiventils appeler leurs élèves ? 5

R.— Les professeurs, les institutrices, les répétiteur< donnent tout simplement le prénom à l'enfant qui reçoit leurs leçons. Il n'y a d'exception que dans le cas où le professeur aurait affaire à une jeune fille de seize à dixhuit ans, sans avoir, lui-même, la cinquantaine.

Q.— Les hommes doivent-ils se lever quand une dame entre dans un salon ou pénètre dans un groupe déjà formé ?

R. — Certainement, les hommes doivent se lever.

Q. — Dans un tramway un monsieur doit-il s'asseoir à droite ou à gauche de la dame qu'il accompagne ?

R. — Toujours à droite.

Q. — De quel côté doit se tenir un homme qui se promene avec une dame dans la rue ?

R. — L'homme qui se présente avec une dame en public devient son protecteur attitré et doit agir comme tel Par suite, sa place en général est du côté de la rue. S'il y a une foule, un rassemblement du côté intérieur, ou si le passage est boueux ou difficile, ou s’il y a une bâtis en construction, ou quelqu'un de ces inconvénients qu'oi rencontre fréquemment en ville, l'homme peut prendre ic côté où il se trouvera mieux à même de protéger sa comipagne. Le soir, un homme donne Ic bras à la dame qui accompagne. Dans le jour l'étiquette ne permet cela que

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si le trottoir est inégal, S'il y à des escaliers à monter, un rassemblement à traverser. Dans ee cas, on doit offrir son bras, ainsi : “Je crois qu'il vaudrait mieux que vs preniez mon bras ”. :

Q. — Un homme doit-il se promener entre deux dames?

R.—1I1est de très mauvais goût pour un homme de se promener sandwiché entre deux dames.

Q. — Peut-on s'arrêter sur le trottoir pour causer un instant ?

R.— Quand une femme <e promène seule cet rencontre une personne de sa connaissance, un monsieur, elle peut causer avec lui quelques instants ou, si cela lui plait, l'inviter à l'accompagner quelqu:s pas. Elle ne doit pas barrer le trottoir cet si la personne avec laquelle elle cause ne fait aucun mouvement pour se déranger, elle doit ni conseiller de se mettre un peu de côté pour ne pas gener Ja circulation.

Q. — Existe-t-il des règles pour la marche que doit observer une femme comme il faut ?

R.—La marche, ne doit ètre ni lourde ni sautillante, ni trainante, mais posée ct gracieuse, mème si l'on doit aller vite. Un pas égal et mesuré est le meilleur et le moins fatiguant, c'est aussi le plus convenable. On ne doit courir en marchant, la femme surtout, que dan: des circonstances exceptionnelles.

De méme une femme ne laissera pas ses bras pendre le long de son corps, toutefois l'un peut servir à se retre‘sser et prend alors la position nécessaire à ce détail ; mais l'autre se repliera à la hauteur de la ceinture ; c'est d'ailleurs le mouvement exigé pour porter soit le manchon, soit l'ombrelle, soit les petits paquets ou objets dont elle est généralement munie.

Le corps sera droit aussi pendant la marche, c'est-à-dire qu'on tendra le jarrèt et qu'on redressera le buste et la tete. Celle-ci ne fera pas l'office d'une girouette, tournant à droite et à gauche, avec des airs inquisiteurs à l'égard des passants ou des habitations ouvertes. T1 oct acanrément permis de porter les yeux sur ce qui se présente devant soi (quoiqu'il existe des choses dont on détourne

la vue par considération pour sa propre personne) : mai. on gardera toujours une certaine discrétion, sans cherche: à voir au-delà.

De plus, le regard doit être franc, se porter à quelque: pas en avant et non rester tourné en l'air ou obstinément baissé, ce qui, dans l'un ou l'autre cas, vous expose heurter les passants.

Q.— Une femme peut-elle sans être déplacée faire de: efforts pour rehausser sa beauté ?

R.— L'art de rehausser la beauté féminine par le: moyens physiologiques constitue une branche important: de l'hygiène, un complément trop négligé parfois chez 1: femmes.

Plaire représente, pour la femme, une manière de sacer doce ; le charme est sa loi et la parure son armure. Mai les traits ne sont jamais fixes ; ils ne se ressemblent pi tous les jours. Les femmes, dit Mme Roland, sont aus: mobiles en leur physique que l'air qu'elles respirent. Mir heureusement, dans l'hygiène de la beauté, on attach toujours trop d'importance aux agréments et jamais ast à l'attitude. Ta femme a le grand tort d'oublier que ! geste fixé, c'est la pose, de mème que le sourire figé, c'e la grimace.

La mauvaise humeur est l'ennemie de la beauté. El durcit les traits, ankylose le regard, pince l'expres-ic buccale et raïdit l'ensemble de l'attitude. La coiffur possède sur l'expression une incontestable influence : uw: figure enjouée devient <éricuse sous des bandeaux, figure jeune vieillit et se chiffonne sous d'excessives fri sures. L'art décoratif de la parure doit s’efforcer d'et: en harmoñie avec celle qui la revèt ; faire partie int: grante de la femme ; lui être, en quelque sorte, assim! comme parfum, où comme une partie physiologique de « attitude corporelle, tout est là.

Q.—Que doit faire une dame qui, se voyant vieil plus précocement que son mari, ressent une tristesse crète de l'altération de sa beauté qui pourra peut-C1 nuire à l'attachement du ménage ?

R.—Qu'eiie se soigne. qu'elle évite surtout le chaer de son état qui la vicillirait encore plus vite en lui donna:

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l'air morose. Toutes les femmes qui m'ont plus vingtcinq ans ont des petites déchéances à dissimuler. Elles les dissimulent, voilà tout.

Q. — Pourrait-on tracer un portrait de la femme parfaite ?

R.— Le voici à peu près :

# C'est celle qui, étant habillée avec gout, ne craint pas de donner l'adresse de sa couturière.

“ Celle qui devine les qualités d'un: personne timide ct l'admet dans ses relations, alors que tout le monde déclare due cette femme ou cet homme est * assommant <

* Celle qui ne dit jamais des gens des choses désobligeantes, et si elle a une mauvaise opinion de quelqu'un, se borne à répondre — lorsqu'on la force dans ses retranchements : — “II ou elle ne me plait pas”, sans donner d'autres et superflues explications.

“ Celle qui, lorsqu'elle vous offre l'hospitalité, sait vous convaincre qu'elle est heureuse de vous recevoir et qu'elle vous cogsidère comme un hôte distingué et aimé.

“ Celle dont les cheveux ne se détachent pas et les vetements ne se déchirent jamais, en des lieux où il est dificile de réparer le dommage.

‘Celle qui sait qu'on à le droit de porter de grands chapeaux à la rue, mais qu'au théâtre les coiffures modérées devraient seules étre admises.

" Celle qui agit loyalement à l'égard de ses amis, ignore «es ennemis, et afme son mari et ses enfants ”

Q.— Le sourire est-il la seule expression du charme et de la douceur ?

R.—II est fatigant de sourire sans cesse. On peut etre aimable sans garder, du matin au soir, le sourire sur les lèvres, ce sourire stéréotypé, qui indique, parfois, la vulgarité ou la nullité de la nature. Il suffit que le visage soit serein, animé d'une expression de douceur et de bienveillance. Certaines pensées qui nous viennent à l'esprit répandent sur nos traits une teinte de gravité, les tendent un peu. Dans ces moments, si l'on se forçait au ourire, on ne parviendrait qu'à faire une grimace. [La “litesse n'exige pas qu'on aille jusque-là. Ce qu’elle

proscrit, c'est l'air dur, renfrogné, qu'on se laisserait

aller à prendre, parfois, sous l'étreinte de la douleur ph sique ou morale, Les autres n'y peuvent, mais cependant

souvent, cet air morose ou désagréable les attristerair. les encolèrerait ou les dééoncerterait, selon leur caractèr:

S'il est absurde ct difficile de toujours sourire, il est un autre excès dans lequel il ne faut pas tomber. Quelque: personnes, qui prétendent à Ja qualification de gens chic, croient devoir se faire un visage sérieux, réprimer |: vivacité de leur regard, porter haut la tête, et travaille: à ne pas conserver l'air bon garçon : “On ne doit pas plu laisser apercevoir qu'on est un brave homme qu'on ne mrt sécher ses habits à la fenêtre ”.

Nous voulons bien, nous disions tout à l'heure, qu'on ne rie pas, même qu'on ne sourie pas à tout propos. Mai. il ne faut jamais empécher ses traits de se détendre, s: bouche de sourire sous une impression joyeuse, gaie, heu reuse qu'il n'y a pas à cacher. Le regard n'a pas à s'éteindre non plus, c’est voiler l'intelligence ; l'œil n’est jamais aussi beau que lorsqu'il brille sous l'influence d'un noble sentiment du cœur ou de l’âme.

La stature est plus élégante, si on ne courbe pas la tète. si on la tient bien droite, permettant toutefois au cou de fléchir à l'occasion. Mais la “ porter haut” indique assela présomption, l'orgucil, la sottise.

La bonhomie, la bienveillance, n'ont rien de trivial. ne donnent nullement un aspect commun ; il n'y a donc pas à dissimuler ces qualités, quand on les posséde, sou: un masque d'indifférence et de froideur.

Q. — Comment doit-on rire ?

R.—Les personnes qui rient en A—ah! ah! ah!

sont ordinairement loyales, honnètes, mais souvent inconstantes,

Celles qui rient en E—ch! eh! ch! sont d'un carac tère mélancolique.

Celles qui rient en I—hi! hi! hi ! sont obligeante-. simples, un peu timorées peut-être.

Celles qui rient en O— oh ! oh! oh ! ont de la har diesse, du courage, de la ficrté.

Celles qui rient en U—uh ! uh !'uh ! sont des misan thropes.

Et celles qui ne rient pas du tout — sont des ennuyantc-

Et voilà !

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Q.— Un monsieur qui accompagne une dame dans la rue peut-il fumer ?

R. — Mille fois non.

Q.— Que doit-on penser des personnes qui s'exposent de chez celles aux regards du public ?

R.- C'est un manque ce tenue d'appeler les regards des personnes qui passent et de s'exposer à l'inspection du premier venu. Les jeunes personnes mal élevées y trouvent beaucoup de plaisir et d'excitation à bon inarché : mais une femme de tact et de goût déteste une publicité de ce genre ct préfère prendre l'air plus à l'écart.

Q. — Peut-on sal:er dans l'église une personne qu'on connaît ?

R. — On peut à . rigueur dans l'église saluer une connaissance, mais cela doit se faire discrètement.

Q.—Une femme peut-elle envoyer sa photograph: un homme marié de ses amis ?

R.— Ce n'est pas de bon ton. Pourquoi ne pas adresser cette photographie à la femme de cet ami ?

Q. — Quelle réserve doit-on tenir à l'égard d'une personne qui lit ou qui écrit ?

R.—On ne doit jamais regarder par dessus l'épaule d'une personne qui lit ou qui écrit, ni en aucune fiçon chercher à savoir ce qu'elle lit ou écrit à moins qu'el': ne nous y invite ; ni, d’une façon quelconque, cherche- des yeux des renseignements au milieu des papiers étalés sur un bureau pendant qu'une personne vous parle. Retenons toujours ce principe que si “La Dame Blanche nous regarde” suivant l'air célèbre, les affaires des autres ne nous regardent pas.

Q. — Peut-on ouvrir une lettre en présence d’autres personne ?

R.— Non, une lettre reçue en présence d’autres personnes ne doit être ouverte que quand on est seule. Cependant on peut être priée d’en prendre connaissance si

on le désire. Dans ce cas, on remercie et on se retire à l'écart pour lire sa lettre. Ou bien entre intimes, on demande la permission et on lit sa lettre. Mais il faut, dans tous les cas, une excuse, soit demandée, soit offerte pour lire une lettre en société.

Q. — Quelle doit être la tenue d’une jeune fille dans ses rapports avec ses amies ?

R. — Si elle est plus privilégiée qu'elles physiquement, elle fera preuve de bonté et de charité en l'oubliant ; elle ne cherchera pas non plus briller à leurs dépens, elle s'abstiendra de faire ressortir ses avantages à leur” 1"11.; imais, tous ces petits détails seront omis par elle s1 lle est sèche, égoïste et personnelle ; il y a de ces délicatusses qui ne s’apprennent pas et que le cœur dicte seul,

Q.— Quelle doit être la tenue d’une jeune fille en public ?

R. — Une jeune fille bien ‘levée ne se retourne pas dans la rue, sous aucun prétexte, pour regarder quelqu'un qui vient de passer près d'elle. Elle ne braque jamais son lorgnon sur une personne qui lui est inconnue, ni même sa lorgnette au théâtre, et se dispense de regarder trop fixément qui que ce soit, et dans n'importe quel endroit : ce qui lui donnerait un air effronté.

Q.—Que doit faire une jeune fille invitée à faire montre de ses talents dans une réunion ?

R. — Si une jeune fille est priée de chanter ou de jouer du piano dans une réunion, elle ne se fera pas solliciter à plusieurs reprises pour finir par céder ensuite. Elle s’exécutera simplement et de bonne grâce, à moins qu’elle ne soit pas süre de sa voix ou du morceau demandé : elle accuserait alors humblement et aimablement son incapacité, de façon à faire cesser toute instance ; Car on ne doit jamais se produire avec l'arrière-pensée que l'on peut blesser et importuner des orcilles musiciennes.

Q. — Une jeune fille qui descend où monte un escalier avec sa mère doit-elle la suivre ou la précéder ?

R. — La suivre en montant, la précéder en descendant.

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Q. — Une jeune fille doit-elle tendre la main la première à une personne qu'elle rencontre dans la rue vu en entrant dans un salon ?

R. — Elle ne peut tendre la main la première qu'à une amie de son âge, elle doit attendre qu'une personne âgée commence ; quant à un jeune homme il ne doit se permettre la poignée de main que s'il y a intimité et camaraderie avec une jeune personne.

Q. — Quelle tenue une jeune fille doit-clle observer en cas de mécontentement ?

R,. — Une femme bien élevée ne doit jamais élever la voix plus qu'il ne faut pour se faire remarquer en public. Sa seule alternative, si elle est ennuyée par quelqu'un, est de se renfermer dans un silence digne ou de se retirer. Faire preuve de colère ou d’excitation, ou faire du tapage est un indice de mauvaise éducation.

Q. — Quelle est la tenue la plus correcte à observer dans la rue pour une jeune fille ?

R.— Elle bannira de sa toilette tout ce qui attire le regard ; elle marchera sans se retourner.

Q. — Si une jeune fille s’adonne aux sports, quelle sera son attitude vis-à-vis de ses camarades de jeux ?

R. — La bicyclette, le tennis, le croquet, le golf exigent le concours des deux sexes. Une jeune fille bien élevée sait se renfermer dans une sage réserve qui n'exclut pas une aimable familiarité.

Elle s’appliquera à fuir les allures masculines, le ton cavalier, le geste libre, qui sont insupportahles chez une femme ; certaines jeunes filles ne savent pas assez combien la grâce féminine a d’attraits et ce qu’elles perdent à s’en dépouiller.

Q. — Comment un jeune homm peui-il s'assurer qu’il ne déplait pas à une jeune fille ?

R.—Le gentilhomme parfait est, par définition, celui qui n'oblige jamais, en rien, une femme à prendre l’initiative. Quelquefois, par modestie ou timidité, une jeune fille bien élevée hésite à accorder aucune marque de faveur

à un homme à moins qu’il n'ait montré qu'il lui porte un intérét particulier. La façon de voir si une jeune fille s'intéresse à vous ou se plait dans votre société, c’est de bien montrer que vous désirez qu’elle vous accorde ses faveurs. Si elle ne répond pas à votre désir ainsi démontré, vous aurez toujours l'avantage de savoir à quoi vous en tenir.

Q. — Quelle est la marque distinctive du parfait gentilhomme ?

R.-— Le véritable gentilhomme va, armé seulement de la conscience du droit et du bien :; il subjugue ses appétits, raffine ses goûts et ses habitudes, dompte ses défauts et estime les altres autant et plus que lui-même. Personne n'est plus attentif que lui à remplir les petites obligations de la vie. Avec son désir de rendre heureux, sa crainte de blesser, il n'oublie rien, n'omet rien. Il est plein de respect et de douceur pour les femmes. Pour leur parler, il assouplit sa forte voix ; pour ne pas les effaroucher, il modère la brusquerie des façons masculines ; dans la discussion avec une femme, comme dans la conversation, il introduit toute sorte de termes mesurés et une courtoisie inaltérable. Il se laisse attaquer, taquiner sans montrer d’impatience ; il ne répond jamais grossièrement à la parole inconsidérée, maladroite ou vive qui peut échapper à la femme. C’est dans ce commerce avec elle, avec ses ménagements pour sa faiblesse, qu'il acquiert ses dons les meilleurs et les plus charmants. Il parle d’ellemême, hors de sa présence, avec un respect infini > ilne la compromet jamais et, au besoin, la défend de sa parole et de son bras.

Ce respect de la femme est, en effet, pour l’homme, le critérium du savoir-vivre. Celui qui le comprend saura conserver toujours cette retenue et cette indulgence qui empêchent ses lèvres de proférer devant elle une parole inconvenante ou une réponse grossière, même 3il en recevait une insulte, car, ce qu’on ne peut pas quelquefois accorder à la femme pour elle-même, est toujours dû à son sexe ; et c’est ce qu’il ne faut pas oublier.

Q. — Quelles doivent être pour un homme bien élevé les règles de vigilance ?

R.—En particulier, il doit surveiller ses pensées ; en

famille, surveiller son caractère ; en société, surveiller sa langue.

Q.— Quelle réserve doit-on garder à l'égard des parfums ?

R. — Hommes et femmes doivent à cet égard se montrer tres Circonspects ; on prétend que l'on peut définir le

caractère d’une femme d'après son parfum favori ; cc

qui revient à dire qu'en cela comme en toute autre chose la modération révèle une organisation saine et sage. Le bon goût, ct meme la politesse conscilleront toujours de n'employer que des odeurs discrètes ; telles que l'iris avec son arome de violette où les roses séchées qui donnent aux vêtements qu'elles approchent un parfum si délicat.

Nous voyons d'ici certaines gens se récrier sur le mot de politesse que nous venons de leur servir à propos de parfums. [l est cependant fort exact ; car c’est manquer à sa loi que de gèner et d'incommoder ses voisins ; ct c'est presque toujours ce qui arrive lorsqu'on répand autour de soi une odeur trop capiteuse, quelquefois méme un mélange encore plus insupportable.

[Il existe des gens, de santé pourtant robuste, qu'un parfum un peu violent fait tomber en défaillance. I nous semble que cet exemple, qui certes n'est pas étrange, doit suffire à la proscription de ces derniers, sans que nous ayons besoin d'ajouter qu'on ne les rencontrera jamais sur une femme parfaitement distinguée. Is sont généralement le privilège de celles qu'on ne veut pas nommer.

Q.— Quand on suit la mode anglaise de laisser son chapeau et sa canne dans l'antichambre, que fait-on de son pardessus ct de ses caoutchoucs ?

R,—On laisse sa canne ct son chapeau dans le vestibulc, ainsi que son pardessus, S'il est en fourrure où en étoffe très épaisse. Quand on fait visite à l'heure du thé, on retire également ses caoutchoucs ou ses ‘overshoes dans le vestibule si l'on connait bien la maitresse de maison, Un visiteur qui n'est pas dans des relations d'intimité doit attendre que la maîtresse de maison lui dise de retirer son manteau.

Q. — Quand peut-on porter la cravate noiïre et l'habit ?

R. — On peut porter une cravate noire avec l’habit, au thé, à une petite fète improvisée ct à un petit diner.

La cravate blanche est de rigueur à un grand diner et à un bal. .

Q —Y at-il des cérémonies pour lesquelles on pe: venir à l'église en robe décollctée ?

R.— Jamais, aucune, sous aucun prétexte.

Q. — Quelle est la tenue oour sauterie d'après-midi ?

R.—Pour toute ‘“ sauterie” dans la journée, quil qu'en soit le motif, il faut la robe montante et méme le chapeau. *

Q. — L'ombrelle fait-elle partie d'une toilette de cérc monie, grande toilette ?

R.— Non. Cependant on peut prendre une ombrelle, méme pour ‘aire des visites de cérémonie.

Q. — Comment doit-on tenir une canne ou un parapluie:

R.—1i1s doivent Ctre tenus par la poignée où un mu au-dessous de la poïgnée et, toujours, la pointe en bas. Q.— Peut-on à une soirée porter une médaîlle de

diplomée ?

R.—Les médailles que l’on reçoit dans les couvents ou les grandes écoles ne se portent pas dans le monde. 4° sont des bijoux de pensionnaires. Cependant, cette pro:cription ne s'étend pas aux agrafes universitaires, appelti< “class pins ” qui se portent discrétement ct constituent des talismans de reconnaissance, dont ïa s'gnification n'e:t remarquée que des initiés et qui n’attirent pas l'attention.

Q. — Une plus jeune sœur peut-elle parfois prendre la préséance sur son ainée ?

R.—Lorsque deux sœurs assistent à la même fer. c'est toujours l’ainée qui doit passer la première. Si, dans une circonstance spéciale on désire mettre en avant la pius jeune, il vaut mieux que l’aînée reste à la maison plutot que d’ètre reléguée au second plan. C'est seuic-

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ment dans certains milieux qu'on laisse les plus jeunes enfants prendre le pas sur les ainées. Jamais on n'entend parler de cela dans la bonne société. L’ancienneté est un titre qu'il n’est pas convenable d'ignorer. Contrevenir à ces règles dénote de mauvaises façons et fait le plus grand tort au coupable.

Q. — Deux frères doivent-ils toujours être invités ensemble ?

R.— Il doit être bien entendu que deux frères doivent toujours être considérés comme deux personnalités absolument distinctes, indépendantes l'une de l’autre, quant aux relat-ns, aux amis, aux invitations. Dans beaucoup de cas, « ailleurs, ils préfèrent faire partie de groupes différents. Le frère aîné naturellement ne se gène pas pour demander à ses amis intimes une invitation pour son plus jeune frère our un bal ou pour une réception. Mais il ne doit pas cn demander pour un diner où pour une partie de cartes. Dans tous les cas, il ne doit jamais en demander pour une maison dont la maîtresse a déjà fait la connaissance de son frère. Les membres d’une famille ne doivent jamais s'imposer les uns les autres en société.

Q. — Mari et femme doivent-ils se donner le bras sur la ruc ?

R.— La mode, le chic, n’est plus de se donner le bras, entre époux, dans la ruc. Mais il n’est aucunement interdit de le faire. Et le soir, ou bien dans les quartiers déserts, je mari doit même cette protection à sa femme.

Q.—Une personne souffrante ne peut-elle pas, en société, prendre une attitude plus facile qu'une autre ?

R.—En aucune façon, toute tenue nonchalante ou relâchée est proscrite. Si une personne est trop malade pour se tenir droite assise ou pour garder une attitude correcte, elle n’a qu’à rester chez elle jusqu'à ce qu’elle soit en meilleure santé. Rien n'oblige à aller dans le monde si l'on n'est pas bien ; quand on y va, on doit se tenir comme l’exigent les règles admises.

Q.— Quels égards doit-on aux malades et aux inva-

lides chez eux ?

R. —Un malade, un vicillard, une dame doivent toujours avoir le meilleur siège de la pièce ; on doit leur permettre de choisir la lumière et la température qui leur conviennent, aucune personne ne peut trouver à redire à ce que ce privilège leur soit largement accordé.

Q. — Comment peut-on tousser en société ?

R.—II est des malades atteints de toux chronique qui en prennent philosophiquement leur parti en toussant en sourdine, ce qui est fort louable. D'autres, au contraire, et, tout en maugréant du matin au soir, semblent trouver un àpre plaisir À :usser avec violence et avec fracas : ce faisant, ils ne son“ pas seulement peu aimables pour leurs proches et leurs amis, mais encore très imprudents pour eux-mêmes.

Cette petite satisfaction d'un plaisir maladif leur coûte souvent plus cher qu'ils ne le pensent.

La raison en est bien simple : ils enflamment et déchirent tout simplement leurs poumons. Ces organes, en effet, sont formés d'un tissu spongieux ct délicat qui parfois s'obstrue ct s’irrite par l'accumulation de mucosités, et on tousse pour essayer de s'en débarrasser. Or il est évident que si on arrache violement ces substance: encombrantes, on endommage le délicat tissu pulmonaire.

Il faut donc s'accoutumer, s'entrainer à tousser aussi doucement que possible, Cela est beaucoup moins difficile que l’on ne pourrait croire tout d'abord. On y réussit très bien avec un peu de persévérance. C'est un moyen excellent pour prolonger son existence souvent de bien des années.

Q. — Quelle cest la prescription la plus sérieuse à l'égard des rendez-vous ?

R. — Un gentilhomme ne manque jamais à un engagement, ni à un rendez-vous de plaisir ni d’affaires, ni avec un monsieur ni avec une dame. Si l'on n'a pas bonne mémoire on doit porter un carnet et inscrire tous ses rendez-vous, en ayant bien soin de n’en pas donner plusieurs pour le même jour, à la mème heure. Marquer à une rencontre avec une dame est une offense grave propre à eréer un ressentiment bien justifiable.

Q. — Comment peut-on rompre une connaissance sans attrait ?

R.—La politesse la plus stricte dot présider à la rencontre : un jour simplement courtois, sans cordialité, un air préoccupé ct qui s'arrête à peine sur la personne sont tout ce qu'autorise la bonne éducation ct la courtoisie indispensable même envers une personne désagréable. La stricte courtoisie élève quelquefois des barrières beaucoup plus difficiles à franchir que l'impolitesse même.

Q. — Que Goit-on faire en cas de différend ?

R.—La pierre de touche de la bonne éducation se trouve sürement dans l'attitude que prennent deux personnes du méme cercle ou de cercles différents en cas de différend sérieux Il existe un art délicat de sc quereller gracieusement Sans sacrifier sa dignité ni franchir les bornes du bon goût. Perdre son calme est une faute capitale. On doit pouvoir exposer son avis et sa cause sans chaleur ni colère, avec calme et’ clarté. S'il faut écrire une lettre, les termes doivent en être posés soigneusement et poliment. On doit éviter les allusions personnelles et tout ce qui n'a pas trait au sujet en dispute. Autant que possible, se faire conseiller par un homme d'affaires. L'étiquette rigide des lettres d'affaires À laquelle on est accoutumée est souvent le meilleur guide pour des lettres particulières de cette nature. Une femme est plus exposée qu'un homme à se laisser entrainer par l1 colère dans ces circonstances. É

Q. — Doit-on toujours accepter des excuses ?

R.—Un gentilhomme ne refuse jamais d'accepter des excuses. Si grande qu'ait été l'insulte, si profond que soit le ressentiment, on ne repousse jamais une excuse. Cela n'a pas pour effet de faire renaître l'amitié, mais cela doit empecher la querelle.

Q.— Peut-on en passant regarder par une porte e :ouverte ou par une fenètre basse ?

R.— Si ja porte d'une chambre où d'un bureau particulier est ouverte, les personnes qui passent ne doivent

pas y regarder. UÜne personne bien élevée ne regarde

jamais par les fenêtres des maisons assez basses pour permettre de voir de la rue à l'intérieur.

Q. — Comment doit-on s’y prendre pour régler l'addition dans un restaurant où l’on a des invités ?

R.— Quand on a invité quelqu'un, surtout des dann à un diner ou souper impromptu il faut quelquefois paver sur-le-champ. Dans ce cas on doit sortir un gros billet et jamais une poignée de menue monnaie. On ne doit jamais refaire l'addition ni disputer les articles. Si on a un compte dans l'établissement, on signe le chèque : sinon on donne le pourboire au garçon ct on va payer à la caisse pendant que les dames mettent leurs manteaux.

Q. — Une personne veuve, de bonne éducation, vit à l: campagne, très isolée, mais dans une situation qui l'oblie: à une certaine tenue, à un peu de toilette, non pas campagnarde, mais bourgeoise. Elle a de très faibles re.sources. Comment doit-elle procéder pour faire le mieux possible avec économie ?

R.— D'abord, elle doit fixer un budget de toilette. Tant qu'on ne s'accorde pas un “chiffre”, on se lais:e entrainer, ou bien, au contraire, on lésine trop.

Ensuite : acheter toujours des choses de très bonn: qualité.

Puis, s'intéresser à son habillement : ne pas le cons: dérer comme chose négligeable : puisque la fonction exige une mise convenable, cultiver son goût.

Porter toujours des choses très simples, avec le moin: de garnitures possible. La garniture n’est jolie qu': condition d'être très fraîche, très nouvelle.

Se coiffer gentiment ne coûte pas un sou. C’est affaire de regarder les personnes bien coiffées, de les imiter, leur demander au besoin un petit conseil, une leçon qu'ur:: femme ne refuse jamais, à moins qu’elle ne soit envieu.e et malveillante.

La personne en question ne renouvellera pas sa gardrobe, mais ia réformera peu à peu, à mesure que s’useront les effets qu'elle possède. Elle la ramènera de la sorte à une composition bien comprise et pratique dont voici !: bases :

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En général, vêtements de demi-saison, en petit nombre, de façon à user sans avoir besoin de faire “ arranger ”.

Adoption de couleurs neutres : noir, gris, brun, pour la robe et le manteau.

S'en tenir au genre “ costume ” jupe et jaquette tailleur, avec chemisette à volonté.

Le costume, dans son neuf, sert pour s'habiller. Il permet un corsage clair, en soie, en petit velours, selon la saison.

Quand il est défraichi, on le finit avec des blouses de flanelle ou de coton, très modestes, bien attachées à la tuille avec une ceinture solde. L'encolure fermée par un nœud ou une broche, selon sa forme.

On sort parfaitement en taille quand la saison le permet.

L'hiver naturellement il faut se conformer au climat. Une grande pèlerine, en l'absence de fourrures, est encore le plus confortable des vêtements.

Le chapeau de paille, l'été, de feutre, l'hiver, orné de ruban de soie ou de velours et d’une plume solide.

Tout cela, bien soigné, bien entretenu, se reporte d'une année sur l’autre. Il ne faut pas croire qu'on soit obligée de renouveler toute sa toilette aux changements de saison, il faut faire marcher les choses tant qu'elles durent ct ne laisser au rebut que les objets d’extréme été et d'extrème hiver. En doublant, en dédoublant, en ajoutant ou en enlevant des vêtements de dessous, on s’accommode à toutes Îles températures des époques moyennes.

Pas.er quelques-unes des longues soirées d'hiver à ctudier un peu cet “art de s'habiller ”, si précieux pour la femme, n'est pas futile, mais sage. Et, vraiment, c'est presque toujours quand on a de fort modestes ressources que l'on se met le mieux, parce qu'on se donne la peine nécessaire dans ce but.

Q. — Quand doit-on renoncer à la société ?

R.—S; vous avez abi des infortunes, ce que vous avez de mieux à faire, c'est de quitter la société avant qu'elle ne vous quitte.

Le 2 THES —

Q. — Comment doit-on choisir les jeunes filles destinées a servir le thé dans une réception de cérémonie ?

R.— Servir le thé dans une réception de l'après-midi est une occasion exceptionnelle pour une jeune fille de faire preuve de grâce, de tact ct d'attention. Beaucoup, cependant, échouent par suite d'ignorance, de maladresse. de timidité et quelquefois aussi de prétention et d'arrogance. Comme ne grande partie du succès de la réception doit dépendre de l'habileté et du charme des ser veuses, on conçoit que la maitresse de maison ne peut pas apporter trop de soin à leur choix. En règle générale, les jeunes filles qui sortent déjà depuis une on deux saisons sont beaucoup plus aptes que Îles autres à rempjir ces fonctions, elles sont plus posées et ont plus de tête. Une au moins des jeunes filles qui servent doit ètre par faitement expérimentée. Si une maitresse de maison laissait le soin de son thé à deux où trois débutantes, celles-ci sont tellement occupées d'elles-mêèmes ct de leur< amis qu'elles pourraient laisser tout le reste de la société dans une regrettable négligence. Les jeunes filles qui servent doivent s'occuper spécialement des personnes qui sont seules et qui paraissent ne pas connaitre les autre: invités. Elles doivent s'approcher des i-vités d'un air amical ct plein d'attentions, sans raide et- surtout en évitant tout air protecteur qui rappelle les demoiselles de magasin. Une jeune fille affectueuse, intelligente, réussit toujours, mais celles qui sont hautaines, affectées et qui jouent au snob sont invariablement désagréables quels que soient leur charme et leur beauté. Le moyen de plaire dans ces délicates fonctions est de paraître y prendre un intérèt réellement personnel, d'avoir l'air de recevoir pour son propre compte, de faire preuve d'égards pour les personnes craintives ou embarrassées. Une jeune fille qui n'a pas peur de sc prodiguer, même dans une pièce chaude et encombrée est toujours plus attrayante que celles qui ont peur de se déranger ou de se fatiguer ou de chiffonner leur toilette, ct qui ne sont ni intéressées ni intéressantes dans la récer ion.

Trois serv.ases ne sont pas de trop dans un petit thé Dans un grand thé, . vaut mieux avoir deux jeun: femmees mariées pour verser le thé et le café et cinq ou six jeunes filles pour servir,

Q. — À quelie heure doit-on se rendre Pour un thé ? R.—En ville l'invitation “ Venez prendre thé”

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signifie généralement le thé de cinq heures qui se sert dans le salon sans cérémonie ; cependant si la personne qui vous invite reçoit à l'ancienne mode, où n'est pas à la mode, cela peut signifier le grand thé de six heures. En cas de doute le mieux à faire est de demander l'heure.

Q.— Une dame peut-elle demander à une autre dame de l'accompagner à la table des rafraichissements ?

R.— Jnee dame peut parfaitement demander à une autre dame, avec laquelle elle cause, de l'accompagner à la table des rafraichissements, méme s'il y a là des messieurs ; il n'y a aucun motif d'éprouver de la timidité où de la gene à cet égard. Tous les invités ont le méme droit ct sont sur Île même pied pour le moment, Si l'on ne s'attend pas à connaitre beaucoup de personnes à la réunion, il vaut autant arriver tard ct ne pas rester longicmps.

Q. — Doit-on enlever ses gants pour prendre le thé ct que doit-on faire de sa tasse quand elle est vide ?

R.—On ne retire généralement pas ses gants. On pose Sa tas:e ct sa soucoupe sur la première table qui se trouve à portée, si un des messieurs présents où une des jeunes filles qui servent ne viennent pas vous en débarrasser.

Q. — Doit-on tenir une table à thé mise au salon ?

R. — C'est ëne erreur grave d'avoir en permanence des tasses à thé exposées en ordre de cérémonie sur une table, au salon. C'est absurde d'ailleurs, car personne ne voudrait surement tremper ses lèvres dans des tasses qui sont pe. "étueilement exposées à la poussière de l'appartement. Si cles ne sont pas destinées à servir réellement, à quoi scrt-il de ies mettre sur une table au salon, Dans une maison où l'on sert toutes les après-midi régulièrement le thé, c'est à quatre heures ct demie qu'on dispose la table à thé. S'il n'y à que deux ou trois personnes, le thé est apporté par la servante sur un plateau à cinq heures généralement.

Une fois la collation terminée tout ce qui a servi an thé est desservi du salon. La table à thé est repliée et remise à sa place dans le salon, on y pose une jardinière, où des

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livres, mais on fait disparaitre tout ce qui dénote son usage utilitaire.

Les Chinois et les Japonais prennent le thé dans de petites tasses, mais dans ce pays-ci on préfère des tasses de dimension plus sérieuse. Ce sont généralement des tasses demi sphériques. Pour bien servir le thé, il faut que la maitresse de la maison veille que 1 thé soit fraichement infusé, qu'il soit c’ ud, que la crème soit fraîche, que les petites tartines ou les gâteaux beurré:. sortent du four. Il ne faut pas offrir de gâteau, à moins qu'il ne soit particulièrement bon et frais. Beaucoup de gens préfèrent de petits biscuits ou des gaufrettes qui valent sûrement mieux que certains gâteaux d'apparence plus somptueuse.

Q. — Comment offre-t-on une tasse de thé ?

R.— C'est généralement la jeune fille de la maison, assistée d'une amie, qui fait le service du five o'clock. Il faut d’abord donner aux visiteurs le temps d'entrer, de saluer ct dire quelques mots de bienvenue aux maitres de céans. Au bout de q: lques minutes, la maitresse de maison propose une tasse de thé ; dès qu’elle est acceptée, la jeune fille préposée à cette besogne présente la soucoupe posée sur une petite serviette à thé pliée en quatre (cette serviette ne se déplie pas, on la laisse sous la soucoupe, elle offre en même temps le sucrier contenant la pince à sucre ; ceci fait, elle présente les gâteaux.

Les jeunes gens à qui l’on offre une tasse de thé doivent aller au devant de la personne chargée du service et non l'attendre à leur place. Quand une jeune fille est seule pour servir les visiteurs, le devoir des jeuncs filles présentes est de l'aider : à défaut de jeunes filles, un jeune homme fait preuve de bonne éducation en passant les gàtceaux, ou bien en débarrassant les assistants de leur tasse vide.

Q. — Comment prend-on le thé, sans cérémonie ?

R.— Quand le plateau avec le thé est apporté, il doit ètre placé sur une table basse, débarrassée au préalable de tout ce qui lencombre ct posée auprès de la maîtresse de maison qui peut dire alors à ses invités : “ Voulez-vous avancer vos chaises un peu”. Les messieurs avancent

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les chaises des dames ct offrent les tasses, les gâteaux, les tartines dans l'ordre convenable. Ê

Q. — Peut-on reprendre une seconde tasse de thé ?

R.— Dans l'intimité, cette licence est permise. Elle est déplacée quand le salon est plein de visiteurs. Il faut ménager la jeune fille chargée du service et ne pas l'accaparer au détriment des autres. On ne doit pas s'essuyer la bouche avec la serviette à thé, elle est exclusivement destinée à recevoir les quelques gouttes de liquide qui pourraient déborder de la tasse. On doit hoire et grignoter les gâteaux de telle sorte et avec tant de soin qu'on n'ait pas besoin de s'essuyer les lèvres. En tout cas, il est toujours facile de passer furtivement sur sa bouche le fin carré de batiste qu'une femme élégante glisse dans la poche de sa jaquette, à sa ceinture ou entre deux boutons de son corsage, mais ce geste doit passer inaperçu.

Q. — Comment doit-on offrir une seconde tasse de thé à un invité ?

R.—On doit éviter par dessus tout une formule qui paraïisse rappeler à la personne à qui l'on s'adresse qu'elle a déjà pris du thé, toute formule qui serait indiscrète, comme par exemple : Voulez-vous une autre tasse de thé”, où “ Voulez-vous encore du thé"? où “ Voulezvous une deuxième tasse de thé”? Dans chacun de ces cas, on rappelle à la personne qu'elle en a déjà pris, ce qui est indiscret. On doit offrir purement et simplement du thé sans allusion au fait que c'est la seconde ou la troisième tasse.

Q. — Quelle est l'étiquette en France pour les thés de ?

l'après-midi ?

R. — L'usage d'offrir le thé est maintenant si répandu en France que l’on ne peut aller nulle part, même dans un coin fort reculé à la campagne, sans que, de quatre à cinq, on ne voit entrer au salon la femme de chambre porteuse du légendaire plateau.

Ceci est bien pour les imprévus. Mais, lorsqu'on a un jour, le thé, c'est-à-dire le service pour Îe thé, est dressé, en France, d'avance sur une table spéciale, placée dans un

coin du salon, où à l'eatrée du petit salon, lorsque l'appart tement comporte deux pièces de réception,

La table est recouverte d'une nappe brodée et bordée di telle ; les tasses y sont alignées ayant, sous chacun iles, la petite serviette pour laquelle a fantaisie a libre COUrS, On y a aussi dressé le samovar (ou bouilloire russe) la théière, le pot au lait, la chocolatière, les gâteaux le plateau aux vins de dessert qu'il est d'usage d'offrir aux personnes qui ne prennent mi chocolat, n° thé, car oc prend artant de l'un que de l'autre,

Lorsqu'on donne une petite soirée où matinée privée, thé devient presque un lunch. On y ajoute de la biere, des sirops, de l'orangeade, des sandwichs, du vin di Bordeaux, des bonbons et des gâteaux variés. Mais pou les jours de réceptions ordinaires, on se contente presqu toujours de la brioche, du plum-cake et des gateaux secs

C'est la maitresse de la maison qui offre le thé. Mi si elle a une fille, où une nièce, où méme une jeune ami près d'elle, elle laisse à la jeunesse le soin de faire « service tout à fait simple, mais charmant, quand la per

anne qui sert est gracieuse et aimable.

Q.— Que doivent faire les messieurs ansstôt que : maitresse de maison se dispose à servir le thé ?

R. — Aussitôt que la maitresss de maison se dispose à servir le thé, les messieurs s'avancent, lui prennent les tasses des mains et les portent aux dames. Si la réunion est pas très nombreuse, la maitresse de maison CTTTAUUR généralement de rapprocher les chaises. Naturellement. les messieurs s'empressent d'approcher les chaises pour le dames. Lorsque la maitresse de maison offre une tas de thé à une des personnes assises et qu'elle a la tasse à la main, le monsieur qui se trouve le plus rapproché s'avance et prend la tasse pour la passer. Il ne faut pas oublier qu'il est assez difficile dans les commencement: surtout de circuler parmi les groupes avec des tasses di thé à la main et au milieu des traînes de robes, aussi doit on agir avec la plus grande circonspection, surtout dar: les débuts.

Q. — Comment se sert le sucre en morcenux ?

R.— Le sucre en morceaux se sert et se prend toujour: avec une pince à sucre.

‘appaur Q. — Peut-on prendre une sandwich dans ses doigts pour la manger ?

dée di R. — Certainement, une sandwich où un morceau de bac gateau se portent à la bouche avec la main droite. a libre de: Q. — Comment doit-on boire dans une tasse ? AUX à d'offrir R.— On doit enlever la cuillère et boire en tenant la car di tasse au-dessus de la soucoupe.

vée, | +++ bière, THEATRE — ain di Î À : - .

S pour Q. — Comment organise-t-on une partie de théâtre ? TesqU R.— Une partie de théâtre ne doit pas comprendre plus X Sees î de huit à dix personnes. La vrac parte est la partie Mu : carrée où de quatre personnes. Les invitations peuvent em etre écrites au verbales. Dans la saison des fetes, il vaut ure ci mieux écrire pour étre sûr de l'acceptation. Prendre soin & per d'indiquer clairement la date de la soirée, la pièce et le théâtre.

1: rendez-vous doit été pris chez le chaperon. Pour 11 une partie à quatre, on peut se rencontrer dans le vestibule du théatre. En arrivant au théâtre l'amphytrion pose ! s'assure que tout le monde a des programmes, il remet les nt les : billets au placier et précède ses invités dans l'allée, HN union Î indique l'ordre des sièges. Ce doit étre d'abord un Igor 1 monsieur, puis la dame qui doit s'asseoir à coté de lui ct ement. EL tout le reste se place alternativement jusqu'à l'amphytrion ur le ; qui prend le siège extrèéme au bord de l'allée si l'on a pris tass des fauteuils d'orchestre. Les messieurs ne doivent pas asse À 3 sortir pendant les entr'actes ; cependant s'il Va ansun >rochi “lle des personnes de connaissance qui désirent venir ut pis saluer les dames, ils peuvent sortir afin de leur permettre ment- de s'asseoir. Pour passer dans un rang de sièges, on doit ses ch toujours garder la face tournée vers la scène. L'ami doit phytrion ne quitte jamais ses invités.

dan Après le théatre 5! prend un pen d'avance pour retenir des voitures.

Les parties de théâtre ont invariablement suivies d'un souper, généralement a restaurant, 1jour: Le souper doit étre commandé d'avance et tout doit être

payé d'avance en réglant le menu, tout ju qu'au pour boire du garçon. 11 doit y avoir des fleurs q 1: 1:35 domi. pourront se partager et des boutonnière: pour je. messieurs.

Un souper de ce genre ne se donne jamais dans un salon particulier, mais dans la grande salle du restaurant. Le: dames viennent pour voir et pour être vucs.

Le chaperon s'assied à la droite de lamphytrion, à moins que la parte ne se donne en l'honneur d’une dam: en particulier qui prend la droite et le chaperor la gauche.

Les manteaux sont déposés au vestiaire et il n'y a pas d'ordre d'entrée dans la salle du restaurant, sauf que l'amphytrion prend la tète et entre le premier.

Après le souper le: dames retournent chez le hp qui a charge de les faire reconduire. L'amphytrion <eul les accompagne, les autres messieurs prennent congé au restaurant.

Quelquefois le chaperon s'arrange pour qu'il y ait un: danse au retour et, dans ce cas, tout le monde revient ensemble chez elle.

Q. — Comment entre-t-on au théâtre ?

R. — En entrant au théâtre, les dimes pénètrent les premières dans l'édifice, les messieurs les rejoignent. prennent la tête et remetterit les billets au contrôleur, ils prennent aussi les programmes et remettent les coupon: au placier. Celui-c! prend la tête, les dames suivent «1 les messieurs viennent ensuite. S'il n'y a pas de placicr à l'entrée, alors c'est toujours un des messieurs qui pre cède les dames jusqu'à leur place.

Q. — Quelle est la règle de tenue au théâtre ?

R.— Etre tout au théâtre quand le rideau est levt : tout à la personne qu'on accompagne quand le rien est baissé.

Q. — Une dame salue-t-elle ses amies au théâtre ?

R. — Une dame n’est pas tenue de reconnaître une amie à travers une salle de spectacle ou de concert, mais un nonsieur peut reconnaître et saluer les dames qui sont ae <es amies,

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MILLE QUESTIONS D'ÉTIQUEITE 315

Q.— Deux jeunes femmes peuvent-elles aller le soir au théatre sans étre accompagnées ?

R.—I1 est parfaitement convenable pour deux jeunes femmes d'aller seules au théâtre, mème le soir, si elles n'ont personne pour les accompagner. Cependant il serait peut-être préférable pour elles de se faire conduire où au moins rechercher à la porte du théâtre par une personne de nature à inspirer le respect. En tout cas, dans nos grandes villes deux femmes peuvent sortir le soir sans escorte et ne pas provoquer de commentaires pourvu qu'elles se tiennent avec dignité.

Q.— Quelles sont les règles de tenue pour une femme qui va au théâtre dans une loge ?

R.— Les femmes qui vont au théâtre ne doivent pas se faire de visites entre elles de loge à loge ou de place à place. Le bon goût exige qu’une femme reste à sa place pendant toute la durée de la représentation. Les hommes qui l'accompagnent vont lui chercher tout ce dont elle peut avoir besoin. Une femme ne doit sous aucun prétexte lorgner dans la salle. Si elle emmène une amie elle lui cède la meilleure place dans sa loge. Les hommes ne quittent pas, tous à la fois, la loge où ils sont avec des femmes. L'un d'eux reste toujours auprès d'elles. Les hommes ne saluent pas non plus de l'orchestre (ou d’une loge), les femmes qu'ils reconnaissent dans la salle. Ils vont leur offrir leurs hommages à la place où elles se trouvent.

Q.— Un jeune homme qui accompagne une jeune fille au théâtre peut-il la laisser là pour sortir dans un entr'acte ?

R.— Non, sous aucun prétexte.

Q.—Un jeune homme peut-il acheter au théâtre des bonbons pour la jeune fille qu'il accompagne ?

R.— Non, s’il veut être galant il doit acheter les bonbons avant de se rendre à la demeure de celle qu'il va accompagner, ou bien si la jeune fille se trouve an théâtre à côté d'amis, il peut s’excuser et sortir un instant pour aller chez le confiseur voisin acheter une boite de bonbons. En principe on ne doit jamais rien payer, ni sortir d'argent en présence d’une femme qu'on accompagne.

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