TOILETTE
Q.— En quoi consiste l'art de s'habiller ?
R.— C'est un devoir pour les femmes de soigner leu: aspect. Nous ne parlons pas de rubans, de colilichets, du chevelures en édilices, ni de ccintures sanglées en tailles de guëpes ; ce n'est pas en ccla que réside la véritabl Coquetterie. Ce qu'il faut obtenir, c'est une sorte d'harmonie de l’ensemble, une correction de toute la tem qui prévient en notre faveur ct qui ne choque l'œil par rien de déplaisant.
Pour une femme qui n'est pas mondaine, qui se con tente, avec raison, de relations purement amicales, 1: dépense de toilette peut se réduire à bien peu de chose Jamais peut-être le costume féminin n'a été plus pra tique, ni plus économique que celui de nos jours. Un jupe et un boléro de drap, des chemisettes légères pour l'été, chaudes pour l'hiver, en voilà assez, à qui sait s'organiser, pour faire figure à peu près en toute circons tance. :
Il s’agit seulement de faire valoir ces quelques parure, de les faire “ durer ” au:si, Pour cela, deux précaution: à prendre : Faire la guerre aux taches et la guerre aux mauvais plis.
Contre les premières, on usera des drogues qu'on aura toujours à sa portée : gazoline, ammoniaque, éther alcool, et dont on trouve l'emploi dans tous les magazineféminins.
Contre les mauvais plis, quelques habitudes soigneuse: suffiront d’abord. Les vêtements ne seront jamais jetcsans précaution sur une chaise où sur un lit On pasera dans les emmanchures des jaquettes ou corsages ur Porte-manteau large et de bonne forme qui soutiendra le: épaules. Aux ceintures des jupes, deux ganses seron: cousues de chaque côté par lesquelles on suspendra !: jupe, et non pas, comme on le pratique trop souvent, par la fente de fermeture. Si les vêtements se sont trouve froissés dans la journée, on accroche le porte-manteau qi les soutient dans un courant d'air ou dans un endro:: humide ; une corde, un piton fixés au plafond cenviennen-: surtout parce qu'ils permettent d'isoler complètement 1e: vêtements. Si les mauvais plis ne cèdent pas, On repa--
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Ce qui déforme et fatigue les vêtements, c'est de les remettre avant qu'ils ne soient revenus dans leurs bons plis ; les cassures, alors, s'ajoutent aux cassures, et c'est ainsi que l'on ne tarde pas à avoir un costume défraichi, disgracieux, inélégant.
Tout ceci st d’ailleurs, applicable également aux habillements d'hommes : on sait l'importance du coup de fer pour la toilette masculine, et il n'est pas une bonne ménagère qui ne sache effacer la fâcheuse marque du genou, qui donne si promptement un air fatigué aux pantalons encore neufs.
La chaussure sera l'objet d'attentions spéciales ; premier point important : avoir toujours deux paires de chaussures, «1 moins, pour un usage ‘lentique, de manière à ne pas remettre la même pañne deux jours de suite. Deux paires - chaussures, employées ainsi, alternativement, dureront ‘ aucoup plus longtemps que deux paires usées successivement. ect, pour la mème cause que celle que j'indique plus haut, souliers où bottines avant ainsi le temps de perdre leurs plis défectueux.
Dès qu'on quitte “es chaussures, il faut les mettre sur des formes où emhauchoirs qui les tendent et leur rendent leur bonne forme. Ces embauchoirs en bois peuvent être remplacés par des tiges d'acier munies d’un ressort à boudin qui maintiennent très solidement aussi la chaussure et qui lui permettent de mieux sécher, si elle se trouve mouillée.
Quand on ne peut pas faire de grosses dépenses chez le bottier ou le cordonnier, il faut faire le sacrifice des jolis talons Louis XV, qui se déforment vite, si Fon marche beaucoup. Mieux vaut étre chaussée moïns finement, mais toujours correctement, fraîchement.
Pour etre bien haltilée “en dessus”, il faut tre, d'abord, bien habillée “en dessous”. Toute la iingerie Sera aussi souple que possible. Le corset sera particulierement soigné, et c'est une partie de la toiiette à laquelle il faudra attribuer une somme raisonnable. Il sera d7 tissu résistant et de coupe irréprochable ; pas besoin de rubans de dentelles, de falbalas : un coutil ou une bhatiste unis cet <olides su‘front pourvu que le corset “ot habilement taillé. Les jarretelles, dont l'usage au-
jourd'hui est général, sont des auxiliaires précieux danl'art de s'habiller : deux devant, deux sur le côté main tiendront le corset en bonne ques ; leur emploi est indispensable. Le corset sera délacé chaque soir et serré chaque matin, et non remis sans précaution tel qu'on l'avait quitté.
Par-dessus le corset, le moins de vêtements possibles pas de superposition de jupons petits et grands. On c: beaucoup aujourd’hui aux combinaisons : jupons-pantalons, cache-corset-jupons, maillots de jersey l'hiver
Le jupon de costume sera Fobjet d’attentions particu lières : très ample du bas, il sera ajusté sur les hanche. aussi exactement qu'une jupe ; pas de fronces, pas di coulisses avec des cordons encombrants, mais des pince: moulant la taille, un groupe de plis derrière, une ferm ture soignée. Pour les femmes minces et un peu creuse: du dos, on ajoute à l'intérieur du jupon, sous le grour: arrière des plis, une série de volants froncés en taffct: ou en tissu de crin.
Voilà pour le dessous.
Pour le dessus, deux cho:es à soigner : la ceinture &t l'encolure. Rien de plus laid qu'une jupe qui tombe en arrière : on la fixera donc toujours avec l'aide d'agraf:s posées à la ceinture et venant s'attacher dans le dos du corsage ; on la baïssera ‘le plus possible devant, de m:nière à donner une jolie ligne à la taille.
Le col aujourd'hui est souvent rapporté. Les corsages sont terminés par un simple poignet sur lequel on fixe une encolure que l’on peut renouveler à volonté. Pour ces encolures, l’usage de la toile raide, 5i peu seyante, c:t tout à fait abandonnée. On la remplace par des balein. de plume qui soutiennent le col, tout en lui permettant de
“ganter le cou”. Les encolures en dentelle, posée à clair, sont en faveur. Quand on les désire plus épaisse. on les double d’une mousseline de soie ou d’un taffetas et l'on soutient la dent par un ruban posé à plat en dessou., mais tout cela doit demeurer mince et flexible, de minière à bien dégager l'ovale du visage.
Le chapeau, enfin, sera sérieusement assujetti par tes et mème quatre épingles, et les mèches de cheveux sét: rement retenues par une broche de nuque où même. i le faut, un filet invisibie et quand tous ces petits dét: auront été observés, l'on pourra, avec la robe la pl:
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simple, paraître cinquante fois plus élégante que beaucoup de grandes dames richement habillées, mais mal fagotées.
Q. — En matière de toilette que doit-on proscrire et que doit-on permettre pour la Jeune fille ?
R.—La recommandation suivante s'adresse beaucoup plus aux mamans qu'aux jeunes filles. Beaucoup de mères se plaisent à parer leur enfant comme un jouet destiné à attirer les regards et non comme un être pensant à qui il faut inculquer de bonne heure le goût dans la mise, la sobriété dans les ajustements, l'élégante simplicité dans les parures les plus riches. On évitera tout ce qui est criard ct voyant : les chapeaux démesurés, les couleurs éclatantes, les excentricités de la mode, la profusion des bijoux ; le charme de la jeunesse, la grâce modeste doivent être les principales séductions d'une jeunc fille.
Q. — Une jeune fille doit-elle porter une voilette ?
R. — Il est préférable qu’une jeune fille ne porte pas de voilette. L'air doit lui arriver au visage sans obstacle. De plus ce tulle devant les yeux n’est pas bon pour la vue. Cependant il n'est pas défendu d'adopter la voilette si on la croit nécessaire à la bonne tenue de la coiffure. Le “ent est une excuse. Choisir en ce cas les dispositions très simples. Pas de dentelles, ni de grands ramages.
Q. — Une jeune fille peut-elle porter des toilettes plus r'ches que celles de sa mère ?
R.— C'est une grave erreur pour une jeune fille de s'habiller avec plus de recherche que sa mère. Cela dénote immédiatement un défaut d'éducation. Dans les bonnes familles la mère est la maîtresse et la reine sans conteste de la maison, si jolies ct si intelligentes que soient ses filles. Ses toilettes sont aussi belles que le permettent les Tessources de son mari. Ses filles doivent porter des étoffes plus simples, avec moins de bijoux, de dentelles où de fourrures. C’est seulement dans les basses classes que cet ordre de choses est renversé, au grand détriment de la jeune fille, bien que la mère soit aussi à blâmer de cet oubli de sa dignité de femme, d'épouse et de mère.
Q. — Que doit-on penser du maquillage ?
R.—Le maquillage est aussi nuisible à la beauté qu'à la santé. Nous savons que nous précheror: en vain, malheureusement, pour celles qui croient ainsi “réparer des ans l'irréparable outrage””. Mais quant aux jeunes filles à qui la nature a donné le plus grand de tous les charmes: la candeur de la jeunesse et la grâce virginale, quel mauvais génie peut donc les pousser à se vieillir aiïnsi mal adroitement : pour ne pas dire à s'enlaidir, ce qui pourtant est exact.
Qu'on soit donc bien persuadée qu'on trouble lharmonie d'un visage dès qu’on cherche à y allonger les yeux. à y accentuer les sourcils, à y rougir les lèvres, que saisje ! De plus, on laisse entrevoir ainsi des sentiments capables de faire douter même d’une bonne éducation, car cet essai de tromperie, au fond, ne trompe personne.
Q. — Peut-on se teindre les cheveux, en quelles circonstances ?
R.— Quand on a pour soi cette incomparable beaute qui s'appelle la jeunesse, c'est plus qu'un péché, c’est un crime contre le goût de recourir à des artifices.
Quand l’âge vient et que l’on peut trouver dans les pro cédés un moyen de prolonger la jeunesse, il faut se dire que leur usage demande un apprentissage, une certaine adresse, de la pratique... Tout cela ne s’acquiert que sous la direction de fournisseurs habiles.
Si un accident survient par exemple à une jeune fill qui aurait imprudemment employé une teinture mau vaise, il est inutile de dire que l’on n'ose plus sortir ou <: montrer, le mieux est de rire avec ses amies de ce qui vous est arrivé. On avoue sa sottise et l’on se tient trar quille sans risquer des essais qui pourraient empirer e1core les choses. Les cheveux repoussent. A mesure qu: les racines reparaissent de la couleur naturelle, on époint la longueur.
Si pour des raisons quelconques, on veut absolumer: cacher ce dommage, on doit recourir à une teinture in-tantanée bien appliquée par un spécialiste très sûr. 0 wobtiendra pas <a nuance primitive, parce que Îles surcharges de produits chimiques empêchent le dernier m:de donner le résultat vouiu. Mais on arrive au moins à une teinte honorable qui ne frapperait pas les regards.
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Il y a encore la ressource d'une “ transformation ”, d’une coiffure par les postiches, mais cela coûte très cher ct tent très chaud.
Q. — Comment une jeune fille doit-elle se coiffer ?
R.— Il n'y à plus de différence très sensible entre la coiffure d’une jeune femme et celle d’une jeune fille. Le chignon haut ou bas n’a aucune importance. C’est affaire de physionomie. Conserver les plis naturels si gracicux des chevelures “ jeunes”, éviter d’y porter le fer ou les ciseaux, voilà ce que nous conscillerons. Aucune frisure ou ondulation pratiquée artificiellement ne vaut l'irrégularité charmante et capricicuse que les ans viennent tot détruire.
La coquetterie bien entendue veut qu'on ne se vicillisse pas par des “recherches” prématurées. L'art de prolonger le temps où l’on est agréable à voir, consiste à ne rien pratiquer trop tôt des ressources dont on jouira plus tard pour réparer, autant que réparable il soit, le dommage des années.
Il est donc évident qu'une enfant parée de l'inestimable ivantage de l'adolescence n'a rien à gagner de vouloir paraitre une “petite femme”. Trop “bichonnée” elle ressemble à une poupée et perd une partie de son charme. En revanche, lorsqu'elle connaitra la fatigue du visage, ‘lie sera contente de trouver, dans certaines recherches .Arrargement, un adouncissement des traits, une élégance de soins qui fait qu'on dit d'elle : “Ne la jugez-vous pas mieux qu'il y a quelques années ?... Elle ne vieillit