‹ Milton, sa vie et ses ouvresChapitre 9 sur 12 · IV · texte numérisé non relu

IV

SA POÉ.SIE di5

tioiKS de ce moude *. Ailleurs, il fait, avec uœ éru-^ dition digne d'un profès en l'ardre des coteaux, le catalogue des crus les plus célèbres de Vantiquité tant en Grèce qu'en Italie *. Jamais l'érudition luxuriante de Milton ne se donna carrière d'une façon plus déplacée ; c'est la ride la plus accusée de ce génie, jusque-là si vigoureux dans sa maturité et qui prit la Ijrre à Tâge où les autres la déposent. On se consolerait encore, si la rhétorique dont Milton a si bien armé Jésus aboutissait à. une éloquence vraiment évangélique. Les convenances du sujet seraient au moins respectées ; mais Jésus fait au démon un cours de morale stoïcienne à peine imprégnée de christianisme*

En même temps que le Paradis reconquis^ pai'ut en 1671 un poëme qui est vraisemblablement le dernier que Milton ait écrit, Samson Agonistes, La restauration continuait alors ses immorales représailles contre les excès et les défaillances de la liberté* Tandis que sa vie s'éteignait sans espoir de jours meilleurs pour son pays, cheroha-t-il dans ce sujet un cadre qui lui permît de répandre librement l'amertume de ses regrets? On le croirait aisément en voyant les nombreux rapprochements que fburnît le poëme avec ses propres infortunes et celles de son parti vaincu. Gomme lui Samson est aveugle, comme lui il assiste à l'humiliation de son pays ; comme lui il

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