SCÈNE IV
siMAETHE. {Elle S affaisse sur un siège en sanglotant).
Il est déjà loin. Et nos lèvres sontdésunies pour toujours — qu'importe? A moi maintenant d'arracher l'amour de ma pensée, dussé-je m'arracher en même temps ce triste cœur ! . . . Parti ? Et c'est moi qui l'ai chassé ! Pourquoi?. . . Simaethe repousser Delphis? C'est absurde. Suis-je donc folle? — Mais non. La réalité l'accuse, je n'étais que trop perspicace. Cette Doris, je la connais, je les ai vus se sourire... Comment me tromperais-je? C'est Eudamippe, quedis-je? c'est luimême qui vient ici m'insulter. Il ne m'a même pas embrassée. Il me tendait les mains à distance. Il osait railler! (Elle se lève et marche avec agitation,) Cela est mieux de la sorte. {S* arr étant, )Mdiis alors? je ne le verrai jamais !... ou je le verrai de loin, aux jeux, parmi les autres jeunes gens qu'il éclipse tous en adresse comme en beauté? ou avec cette Doris aux lèvres luxurieuses? (Comme en songe.) Le revoir autre
part qu'ici, à mes pieds ou dans mes bras ! Non, je ne saurais m'y contraindre. Que faire? {Une pause.) Cela est simple. . .Mourir ! . ..(Avec une rage sourde. )PaLS avant de m'être vengée, cependant. [Elle se rassied. Comme c'est étrange ! A présent, je suis tranquille, je pourrais même rire. (Elle esquisse un faible sourire.) Je suis presque heureuse... presque. (Appelant.) Thestylis!