ACTION ACTDILLE DES EAUX
le commencement du phénomène (6 à 8 kilomètres sur les côtes de la Guienne), et qu'en déûnitive on ne peut admettre que 4 à 2 mètres d'avancement par année.
g 88. Action de la fondre. — Pour terminer l'énoncé des effets atmosphériques, nous ajouterons que la foudre peut en produire encore d'assez remarquables. D'un côté, on a observé, dans un assez grand nombre de lieux, et sur diverses roches, des traces de fusion produite par la chute de la foudre dans les hautes montagnes. D'un autre, les observations de Friedler nous ont appris qu'en pénétrant dans les sables la foudre y creuse des canaux étroits, irréguliers, souvent très-profonds, dont les parois sont consolidées par la fusion du quarz même ; c'est ce qu'on a observé aujourd'hui dans un assez grand nombre de lieux . en Amérique, en Angleterre, en Allemagne. Il y a aussi des cas où des portions considérables de rochers sont retournées par la foudre, arrachées de leur place, lancées à de grandes distances, ou brisées de différentes manières.
§ 89. KffTeUi des eaux. Action dissolvante. — Les eaux jouent un rôle très-important dans les changements qui se font à la surface du globe; quelquefois par leur action dissolvante, mais le plus souvent par leur action délayante, par leur poids, et surtout par les mouvements dont elles peuvent être animées, par la force de transport qui résulte de leur vitesse. De là dos modifications diverses, dont il faut apprécier rimportanco et l'étendue.
Les eaux exercent une action chimique sur les substances qu'elles peuvent dissoudre, soit immédiatement, soit au moyen de l'acide carbonique qu'elles renferment quelquefois. Immédiatement, elles agissent sur quelques sels très-solubles qu'elles enlèvent de côté et d'autre ou sur quelques dépôts de sulfate de chaux qu'elles corrodent de diverses manières. Chargées plus ou moins d'acide carbo- ' nique, elles exercent leur action sur les roches calcaires , soit dans le sein de la terre, d'où elles reviennent former des tufs à la surface; soit dans les hautes montagnes, surtout au moment de la fonte des neiges. Danscederniercas, l'eau, qui s'emparegénéralementdc l'acide carbonique renfermé dans l'air, en contient beaucoup plus qu'en tout autre temps, par suite de la basse température à laquelle elle se trouve; et, coulant le long des masses calcaires, elle y forme des sillons verticaux, qui s'approfondissent de plus en plus et provoquent quelquefois des éboulements plus ou moins considérables. Ces effets se font remarquer surtout dans les Alpes et les Pyrénées, là où les neiges séjournent pendant une partie de l'année et se fondent petit à petit dans la belle saison. Dans les Cévennes et le haut Hvwd.^ les gouttes de pluie corrodent les saillies ca\ca\r^s, e.V.\fe?»\i\^t^\^^\^
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des plateaux élevés, et tes eaux résultantes y creusent de petits «lions
qui suivent la direction des pentes que présentent leurs surfaces.
§ 90. Errete de raeUaa <iéi>rM>>'- — L'eau, en pénétrant dans tes coucties argileuses, les ramollit quelquerois au point que ces masses ne peuvent plus se soutenir sous les pentes qu'elles avaient eues jusqu'alors, et qu'elles s'écroulent sous leur propre poids : c'est ce qui a causé un grand nombre d'éboulemenlâ dans les terrains de sédiment. Une des catastrophes les plus remarquables qu'on puisse citer en ce genre est celle qui arriva, en 1S06, au lluffibenj on Rosberg, en Suisse , après une saison très-pluvieuse. Les matières argileuses, qui servent de ciment aux cailloux roulés dont la montagne est formée, se trouvant délayées, il se détacha tout à coup une masse de plus de 50 millions do mètres cubes qui se précipita dans la vallée, y forma des collines de 60 mètres de hauteur, et ensevelit plusieurs villages souS des amas de fange et de cailloux. C'est dans des circonstances analogues que fut détruite la ville de Pleurs, dans la Vatteline, en l'an 161 S, et une partie delà ville de Salzbourg, en 16Ë9. Souvent on a vu, sur une petite échelle, des couches puissantes de roches glisser lentement dans le fond des vallées sur les couches de matières argileuses délayées qui les supportaient, et déplacer tranquillement les plantations, les habitations mêmes qui les couvraient, sans que les propriétaires s'en aperçussent au premier moment.
Les eaux qui filtrent à travers les roches jusqu'aux couches argileuses qui peuvent les arrêter, et sur le plan desquelles elles se dirigent au jour, délayent quelquefojsaussi ces matières, en entraînent successivement des parties, et surtout les sables qui peuvent les recouvrir. Il en résulte, vers les points où elles sortent de terre sur le penctiant des coteaux, des vides plus ou moins étendus qui laissent hors d'appui les masses solides superposées, et celles-ci, se disto-
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