‹ MinéralogieChapitre 106 sur 160 · NATURE DBS DÉPÔTS ACTUELS · texte numérisé non relu

NATURE DBS DÉPÔTS ACTUELS

des coquilles terrestres , lelles que nos divers limaçons « qui constituent le genre hélicey souvent en grand nombre, qui sont entraînées par les ruisseaux ; il y a des branches et des troncs de bois disséminés , des amas de végétaux plus ou moins altérés , quelquefois en partie bituminisés, des ossements d'animaux terrestres ou aquatiques^ plu4 rarement des ossements humains, mais souvent des débris de industrie, comme des fragments de briques et de poteries , etc. Tout cela était facile à prévoir, et il suffit d*avoir été témoin des effets de quelque grande inondation pour comprendre tout ce qui peut être enseveli sous les eaux.

Les ailuvions formées par la mer sur les côtes présentent des circonstances absolument analogues; seulement, elles renferment des débris marins de toute espèce, tantôt seuls, tantôt mêlés aux débris fluviatiles et terrestres apportiés par les rivières. Les débris de Findustrie humaine y sont fréquents, et l'homme même y a laissé ses propres dépouilles , non-seulement dans les cimetières des villages envahis par les plages de sable, comme sur la côte de Cornouailles, mais encore au milieu des débris rejetés par la mer, comme à la Guadeloupe, où ses ossements se trouvent dans un sable consolidé par les tufs calcaires, et mêlés à des débris de l'industrie naissante. Dans les deltas qui se forment en partie par les eaux douces , en partie par la mer, on observe des alternances de couches, les unes remplies de débris marins, les autres de débris d'eau douce ; mais , dans d'autres circonstances, tous ces restes se trouvent indistinctement mêlés.

§119. Les dépôts argileux, marneux ou calcaires, formés au fond des lacs, §111, renferment des débris plus ou moins nombreux de coquilles fluviatiles, semblables "à celles qui existent aujourd'hui dans les mêmes lieux, des coquilles terrestres entraînées de dessus les berges ou amenées par les ruisseaux, des poissons et, dans quelques cas, des débris de mammifères; des plantes diverses y ont laissé leurs empreintes, ou y sont pétrifiées en carbonate de chaux, ou même en silice. C'est là ce qu'on observe partout où se forment des dépôts de tuf calcaire, ce qu'on a remarqué dans les lacs Bakie et Kinnordy, en Kcosse, dans le lac Supérieur et dans le lac Huron, aux États-Unis d'Amérique, où les dépôts paraissent être trèsétendus.

Il n'est pas douteux qu'au fond des mers, les dépôts ne renferment également les débris des nombreux animaux qui y périssent journellement, et don t les dépouilles solides ne peuven t être transportées ailleurs. Les sondages nous en fournissent uue \^î«viN^ \kw\\festp, et nous montrent des dépôts cons*u\éTaV>\os <itvN^\e ^^ \q\\çvïv-

lion et de consolidation , qui sont formés de débris de coquilles , de madrépores, d'échinides, d'une immense quantité de coquilles microscopiques nommées foraminifères , à cause de leurs nombreux petits trous, et même de débris d'infusoires, § 146, 147, composant presque à eux seuls la vase qui encombre nos ports. La drague a fréquemment rapporté des parties de ces amas de déhfis fortement agrégés entre eux, et fort analogues aux calcaires coquilliers grossiers de nos continents. Il existe aussi çà et là au fond des mers de grands amas de végétaux en voie de décomposition, et particulièrement dans les mers du Nord, où les capitaines baleiniers en ont fréquemment, rencontré autour de Feroë, de l'Islande, du Spitzberg, etc. C'est en effet ce qui devait arriver, puisque les courants maritimes ne cessent de transporter les débris végétaux arrachés au fond des mers, et ceux qui sont apportés par les fleuves, § 410. On ne peut douter non plus que les couches sous-marines ne renferment de nombreux squelettes de poissons et de cétacés qui y terminent leur existence, et l'on cite en effet des sondages qui en ont arraché aux sables plus ou moins consolidés des bas-fonds. Du reste, comme les fleuves entraînent journellement des dépouilles de mammifères terrestres, leurs ossements doivent se déposer quelque part; il n'y a pas même jusqu'aux poissons d'eau douce dont les dépôts marins peuvent renfermer les restes , puisque dans les grandes inondations les poissons des rivières ne peuvent résister à la force des courants et sont entraînés à la mer. On a des exemples de rivières entièrement dépeuplées de poissons après de semblables catastrophes.

^ 120. BeMcIfA de corMl ou rescife madréporlqaes. — On

nomme ainsi des formations, souvent très- étendues, de polypiers pierreux agglomérés les uns avec les autres, qui, dans les mers intertropicales, constituent un grand nombre d'îles à fleur d'eau, ou des bancs sous-marins dont la masse s'élève de plus en plus.

Les petits animaux qui forment plus particulièrement ces dépôts ne peuvent vivre, suivant MM Quoi et Gaimard, à plus de 10 à 12 mètres de profondeur ; peu de genres, suivant d'autres observateurs, vont jusqu'à 40 ou 50 mètres, si ce n'est ceux auxquels leur fragilité ne permet pas de constituer des masses solides et durables. Ces êtres s'établissent à ces profondeurs sur toutes les roches solides préexistantes, et là, par une exsudation de sucs calcaires, ils construisent leurs demeures , ou polypiers, qui s'accumulent les uns sur les autres jusqu'à la surface des mers, où s'éteignent leurs dernières générations. Il en résulte des bancs plus ou moins puissants qui s'étendent sur de très-grands espaces et se répètent en un nombre infini de iienx. Dans les merscv)w\vv\^^'à^wU^(e^tçQ^;\iques, ils cou-

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roiinent toutw les montagnes soks- mari nés, et couvrent des milliers de lieues carrées reparties en une multitude d'Iles.

Ces polypes saxigènes, fi^éâ sur tonle espèce déroches solides, entourent de leurs produits la plupart des Iles que nous connaissons dans les mers inlorlropicales, on Tormanl au-devant d'elles, sauvent à des dislances de 4 ou 2 kilomètres, quelquefois jusqu'à 10. des remparts qui ont jusqu'à 500 mctres de lon^ , plus ou moins élevés, au pied extérieur di'stpicls s» trouvent fréquemment des mers sans fond. Tantôt ils n'entourent qu'une seule Ile, tantôt ils on enveloppent plusieurs qui sontéparscg au milieu de la lagune circonscrite. Quelquefois, ils forment un cercle complet, et souvent ils sont partagés en plusieurs parties qui laissent entre elles des passes plus ou moins longues. Dans tous les cas, il en résulte des brlsaols plus ou moins dangereux, et d'autant plus qu'on no les aperçoit qu'au moment dyêlro jeté, et qui" la profondeur des eaux n'offre aucun ancrage pour s'en garantir. Ce sont ces dépftts qui rendent la navigation si difficile dans certains pur<np;es de la mer du Sud, et qui ont causé à la marine tant de pertt's déplorables.

Quelques-uns de ces rescifs, parvenus à ITtur d'eau, présenlent une forme complètement annulaire, (ig. bS, et à leur centre !^u

trouve un lac fermé de Ions ciMés. Ailleurs, ils offrent des anneaux Cchancrés qui liiissenl entre eux des passages par lesquels on peut entrer à l'intérieur, ou qui se présentent comme des grou|ies d'Iles disposées en cercles, dont on trouve souvent plusieurs accolées ensemble ou disposée.* à la suilc li'i^ ww* de* »««»■*, ^T*?. wwî* ■'-ft\^-

rieurcs sont souvent très- profondes ; mais quelquefois aussi elles sont en partie remplies de débris de toute espèce, surtout par ceox du rescif même ou de tout ce qui vit à sa surface.

Lorsque ces rescifs sont parvenus à fleur d'eau, la mer les recouvre de toute espèce de matières sur lesquelles la végétation se développe successivement; le centre des lies annulaires, ou l'espace compris entre les rescifs et les îles qu'ils entourent, finit par se combler, et de là résultent la plupart dos îles basses du Grand Océan, formées presque toutes par des madrépores, ou s'accroissant de celles qui ont primitivement appartenu à des pointes de montagnes sous-marines.

Les polypiers qui contribuent le plus à la formation des rescifs sont les astrées^ fig. 59, qui couvrent parfois un espace immense; les méandrines, fig. 60 ; les porites, fig. 61 ; les caryophyllées^ fig. 62; lesoculines^ fig. 63 ; divers madrépores, fig. 64, etc.

§ 424. Il serait possible que les lacs qui existent au centre des rescifs annulaires fussent les restes d'anciens cratères de soulèvement, sur les bords desquels les polypiers se seraient établis^ et ce qui pourrait conduire à cette idée c'est la nature volcanique d'un grand nombre d'îles de l'Océan .Cependant il faut remarquer que Taccrpissement des rescifs, qui est plus grand du côté où il est exposé au mouvement des vagues que du côté où il y est opposé , conduit lui-même à une disposition semblable. D'autre part, le grand nombre de ces îles dans diverses localités, la manière dont elles sont accolées les unes aux autres, l'immense étendue qu'il faudrait supposer aux cratères dans un grand nombre de cas, la profondeur des eaux, qui annonce dans les rescifs une hauteur beaucoup plus considérable que ne le permet la profondeur à laquelle les polypiers peuvent vivre , ont conduit à une autre manière de voir, et l'on a cherché l'explication des faits dans les affaissements des terrains sur lesquels les rescifs reposent. C'est aux observations futures à nous éclairer à cet égard.

g 1 22. On a remarqué autour des rescifs madréporiques, ainsi que dans les lacs qu'ils enferment, des limons blancs et mous, de nature calcaire, tout à fait analogues à la craie, qu'on a attribués à la désintégration des madrépores, aux déjections des vers qui percent les polypiers, ou à celles des holoturies et des poissons qui s'en now^ lissent; mais peut-être, en définitive, ces matières ne sont-elles en grande partie que des dépôts de foraminifères, §449, 446.

g 423. Rescifs soulevés.- Une circonstance très- importante à remarquer, c'est que, dans beaucoup do lieux, on trouve maintenant ù l'intérieur des terres, à 200 ou 300 mètres d'élévation, des dépôts

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absolument seaiblablea aux TBsâh dont noua venons de parler et composés des mêmes espèces de madrépores : c'est ce qu'on voit à Timor, où les dépôts ont de 8 i\ lu mètres d'épaisseur, à la Nouvelle-Hollande, à la terre de Uiémen, aux lies Marianne», aux Sandwich, etc. A nie-de-France, un pareil banc , de 4 mètres d'épaisseur, se trouve placé entre deux courants de laves, La présence de

o€s (iêp«'>t? «ian> de telle» positions, indique évidemment que toutes res iies unt été soulevées du sein des eaux , et souvent à des reprir<*s diiTtTL'iiles car on y trouve quelquefois aussi des bancs damadrépijre? à divers niveaux.

,< Mi. Toarbirrea. — II se forme journellement à la surface des contint nl:^. dans les divers enfoncements du terrain, dans les vallées à pentes douces, en un mot dans les lieux bas et marécageux, des dépots de vé^iétaux dont la décomposition fournit un combustible particulier nommé tourbe, et dont les amas portent le nom de tourfiières. Ces dépots ne se font cependant pas partout indifféremment, et n'ont lieu que dans dt^ circonstances particulières. U ne s'en fait ni dans ies eaux courantes, ni dans les lacs profonds, ni dans les tlaques d'eau passagères qui se dessèchent en certains temps: il ne s'en manifeste que dans les lieux où des eaux stagnantes, ou \en\tment renouvelées, peuvent se conserver constamment , et sous une profondeur ^ eu considérable: celte dernière circonstance tenant, sans doute, à ce qu'il faut que les plantes puissent allonger leurs ramifications vers la surface pour recevoir l'influence de Tair et de la lumier?.

La production de la tourbe est déterminée principalement par l'accumulation des vé.::étaux cellulaires constamment submere;é3et qui se multiplient avec rapidité, comme les sphaignes , les conferves. etc. ; ce sont eux qui forment la pâte principale du dépôt, la matière qui enveloppe toutes les autres plantes aquatiques, et qai concourt poul-t'^tro à leur décomposition. Il s'y joint aussi un grand nombre do véirélaux (erri'stros qui sont amenés par les ruissoaui, <oit di^ns leur tenue habituelle, soit dans leurs débordements. Frêquemm»^iit aussi on y trouve de grands arbres qui sont enfouis plus nu moins profondément dans la niasse, et qui se font surtout rema^ quer dan-^ sa partie inférieure, où ils sont amassés sur les sable? et los ar;:iles qui en forment le fond. Quelquefois ces arbres paraissent être debout ; mais le plus souvent ils semblent avoir été brisés sur place et renversés auprès do leurs racines, qu'on trouve encore lixées au fond de la tourbière. Dans certains cas, ils sont exlrto"nient nombreux, quelquefois couchés tous dans la même direction, et semblent dès lors inditjuer des forêts entières qui auraient été ensevoliesdans le lieu même où elles croissaient avant la formation de la tourbe. Toutes ces plantes se rapportent à la végétation actuelle: ce sont des arbres résineux, des chênes, des bouleaux, «luelquefois des frênes, des ormes, etc. Les premiers st>nt . en iiôm»ral, les mieux conservés: ils ont surtout gardé toute leur solidité. t»t sont seulement noircis; hs autres, au contraire, sont en quolqm

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