RÉSUMÉ DES FAITS ACTUELS
dégradations par ces agents que résultent souvent les escarpements rapides que présentent les hautes montagnes, les éboulis qu'on trouve à leur pied sous des angles très-variables, et qui, en se superposant, produisent des espèces de couches inclinées, plus épaisses vers le bas que dans le haut. Cependant il est difficile d'attribuer uniquement à ces effets les grandes désagrégations que présentent certaines roches à leur surface, et en particulier les granités de quelques contrées, qui paraîtraient plutôt avoir été décomposés par des vapeurs émanées du sol.
4 4° A la faveur de Tacide carbonique qu'elles prennent à Tair, les eaux rongent successivement les dépôts calcaires, surtout dans les hautes montagnes ; mais elles agissent plus puissamment encore en délayant certaines roches, entraînant les parties peu agrégées, et laissant ainsi sans appui les couches supérieures : elles donnent alors lieu à des dislocations et à des éboulements plus ou moins considérables.
4 50 Les mouvements dont les eaux peuvent être animées joignent à ce premier effet une force d'impulsion qui est quelquefois prodigieuse ; de là les falaises produites par les vagues sur les côtes qui bordent nos mers, les dislocations, les déchirures et les découpuresr de toutes les îles exposées à la fureur des flots.
16° Les eaux courantes, se trouvant animées d'une grande vitesse, arrachent, culbutent, entraînent tout ce qui se trouve sur leur passage.dans les vallées qu'elles parcourent, dont elles dégradent et sillonnent les flancs en même temps qu'elles les approfondissent successivement. Ces effets dépendent de l'inclinaison du sol et de la profondeur des eaux: ainsi, dans nos torrents les plus fougueux, capables de rouler des blocs de J mètre de diamètre sous une faible profondeur, la pente ne va pas à plus de 2 degrés ; dans nos fleuves les plus rapides le lit n'est pas même incliné de plus de 3 à 4 minutes.
17° Au moyen des sables et des cailloux qu'elles charrient, les eaux creusent à fleur d'eau des cavités plus ou moins profondes sur les falaises de nos rivages, des sillons sur les plages, dans les vallées et à la surface des rochers dans les montagnes ; enfin elles forment des cavités profondes nommées marmites des géants, au pied des cascades ou à l'endroit des remous de nos rivières. Il est à présumer que les glaces flottantes sillonnent également les flancs des rochers qu'elles rencontrent et les sommets des montagnes sous-marines.
1 8° Les matériaux solides arrachés aus roches , étant ballottés , roulés par les eaux , s'arrondissent successivement par leurs frottements mutuels, et constituent ce qu'on nomme le-s ^^V^X&^Vs&^'îi^:-
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loux roulés, les graviers, les sables et le limon. Transportés par les ruisseaux et les rivières jusqu'aux parties inférieures de leur cours, ces débris so déposent çà et là, et s'accumulent dans les lacs et dans les mers, en formant des amas immenses, souvent à de très- {grandes distances des points d'où ils sont arrachés. Jetés sur les rivages par les vagues, ils forment sur les côtes des levées de galets et de sables, du sommet desquelles partent les dunes, et des cordons littoraux qui constituent les véritables barrières que la mer ellemême a opposées à ses flots.
^9"* Les glaces flottantes produites par les débâcles des rivières et celles qui chaque année se détachent des côtes et des glaciers des mers polaires, charrient constamment, comme des radeaux, des blocs de roches plus ou moins volumineux, des amas de terre et de débris qui se trouvent ainsi transportés, sans être roulés, souvent trèsloin du lieu d'où ils se sont éboulés, et vont former des dépôts adventifs sur tous les rivages, ou môme au milieu des mers.
SO"" Les glaciers reçoivent à leur surface tous les débris qui s'éboulent des montagnes, et en glissant sur le fond des vallées, transportent toutes ces matières des points les plus élevés des chaînes de montagnes jusqu'à leur partie inférieure ; il en résulte sur les flancs de la vallée et à leur extrémité des dépôts de blocs et de fragments non arrondis qu'on nomme moraines, et que l'on distingue parleurs pentes des amas formés par les eaux,
24* Les glaciers en glissant sur les pentes des vallées en usent et polissent toutes les parties, tant sur le fond que sur les parties latérales, ot même les parties en surplomb. Ils les chargent de stries fines rectilignos et de sillons, qui suivent en général la direction de leurs mouvements.
E. Dépôts formés par les eaux.
22° Les dépôts formés par entraînement aux embouchures des rivières présentent une série de couches ondulées horizontalement; mais ces couches ofl'rent souvent divers accidents de structure plus ou moins oblique, qui résultent de Tentassement rapide des matériaux poussés par les eaux. Ceux qui se forment tranquillement dans les lacs et dans les mers sont toujours en couches nettement horizontales, à surface parallèle, même pour les matières arénacées; cette circonstance paraît tenir aux agitations ondulatoires , qui tendent toujours à égaliser la surface des matières qui se déposent dans les bas- fonds.
23° Les eaux qui tiennent des matières en solution les déposent
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pelit à petit sur toutes les pentes qu'elles parcourent, et uniformément sous toutes les inclinaisons ; elles consolident souvent les matières arénacées dans lesquelles elles pénètrent, et forment, dans les lacs où elles aboutissent, des couches solides, horizontales, par une cristallisation plus ou moins confuse : c'est ce qui a lieu probablement aussi dans les mers.
24"* Les dépôts formés sous les eaux renferment toujours une quantité plus ou moins considérable de débris organiques , les uns épars dans les matières arénacées, les autres constituant, presque à eux seuls, des couches ou des amas très-étendus. Ceux qui se sont formés dans les eaux douces, Contiennent des débris fluviatiles et terrestres ; ceux qui se sont formés dans les mers renferment des débris marins. Cependant il y a fréquemment mélange ou alternance, surtout aux embouchures des rivières; et il est clair qu'il doit même en être ainsi au milieu des mers, par suite de Fentraînement éle toutes les matières qui sont journellement transportées par les rivières, puis poussées par les courants que présente TOcéan. C'est ainsi que les plantes des tropiques peuvent se trouver mêlées avec celles de^ pôles, les végétaux terrestres avec les algues et les fucus qui vivent dans nos mers.
F. Rescifs madréporiques et tourbières.
25° Les rescifs madréporiques, qui ne dépassent pas aujourd'hui les mers intertropicales, sont établis sur toutes les roches sous- marines dont la profondeur n'excède pas 10 à 12 mètres; de là ils s'^élèvent jusqu'à la surface des eaux, et constituent des îles basses qui se couvrent souvent de mousse et de végétaux, ou des rescifs souvent très-dangereux pour la navigation. Des bancs analogues se présentent, à 200 ou 300 mètres d'élévation , au milieu de certaines îles qui par conséquent ont dû être soulevées du sein des mers à des époques assez modernes.
26° Les tourbières, formées dans les dépressions du sol où des eaux peu profondes peuvent séjourner constamment, se trouvent éparses çà et là à la surface des plateaux plus ou moins élevés, comme sur celles des plaines basses, et suivent souvent la direction des vallées dont elles remplissent les anses. Ces dépôts présentent quelquefois diverses couches de combustible séparées les unes des autres par des matières argileuses, sableuses ou calcaires, remplies parfois de débris de mollusques fluviatiles ou terrestres et de ceux des grands animaux qui vivent encore les uns et les autres dans la contrée.
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