AUX PHÉNOMÈNES ANCIENS
g 430. Après avoir établi le fait d'une chaleur centrale, capable do tout tenir en fusion à peu de distance au-dessous de la surface que nous habitons ; après avoir montré les effets actuels des tremblements de terre et des actions volcaniques, avoir déterminé ceux que produisent les eaux, tant en dégradation des continents qu'en formation de nouveaux dépôts, il est naturel de chercher à en déduire tous les phénomènes géologiques accomplis à la surface du globe depuis le moment de son existence. Il est à croire en effet que les causes qui agissent aujourd'hui sous nos yeux sont aussi celles qui ont agi de tout temps , mais qui sans doute ont déplové une énergie supérieure à de certaines époques que l'observation va nous, faire connaître.
CONSÉQUENCES DE LA CUALEUIt CENTRALE.
g i 31 . Premiers effetai du reffrotdlssemeiit. — Les idées de fusion complète, en un certain moment, et de refroidissement subséquent, auxquelles nous sommes forcément conduits, § 3, 4, 7, etc., nous font concevoir avec facilité ce qui a dû se passer dans les premiers temps de la consolidation du globe, et aux époques successives. La première pellicule solide qui s'est formée à la surface fondue, en un certain moment, peut-être à une température de 600** ou 800", oo même plus, suivant la nature des matière^, a dû se contracter ou se dilater au moment do la consolidation , suivant qu'elle a pris une structure compacte, ou une structure cristalline.
Dans le cas d'une structure compacte, la pellicule consolidée a du, par suite du retrait éprouvé, se gercer, se briser dans tous les sens sous l'action de la matière encore fondue qu'elle recouvrait, nager en morceaux à sa surface , se ressouder de nouveau, pour se briser encore. Lorsque cette croûte est devenue plus épaisse, et dès lors a résisté plus eflicacemont , les matières, liquides ou pâteuses de l'intérieur, de plus en plus étreintes, ont dû, en la brisant, en soulever violemment les morceaux en crêtes saillantes le long des fentes pour conserver leur volume; et s'échappanl quelquefois aussi p» ces ouvertures, former elles-mêmes des bourrelets plus ou nioins élevés à la surface de la planète. j[
Dans le cas d'une structure cristalline, la croûte sphérique (|m>
œNSÉQUBNGES DE LA CHALEUR CENTRALE. 103
formait, tendant à devenir plus grande que la masse enveloppée, a été forcée de se plisser en se soulevant çà et là, et se disloquant dans toute son épaisseur : c'est ainsi que beaucoup de matières fondues se couvrent de rides saillantes à leur surface dans la pellicule qui se consolide avant l'intérieur.
On voit par conséquent, que, dans un cas comme dans l'autre, il a dû se former à la surface du globe, des rides plus ou moins élevées dès les premières traces de consolidation.
§ 43e. Il est clair que 1rs matières qui se sont successivement consolidées au-dessous de la première pellicule solide , étant soumises aussi aux lois de contraction ou d'expansion, ont dû de même ou se briser, ou se plisser , en soulevant alors et disloquant celles qui s'étaient d'abord formées. De là il suit que, tout en augmentant d'épaisseur, la croûte terrestre n'a pu acquérir le degré de solidité , par conséquent de résistance , qu'on aurait peut-être d'abord imaginé. Elle s'est trouvée nécessairement criblée de fentes, et dès lors n'a pu s'opposr, aussi efficacement qu'on pourrait le croire, aux actions intérieures, qui n'ont trouvé d'obstacles réels que dans les dépôts de sédiments formés plus tard, et dont elles ont pu soulever, contourner, disloquer les couches de toutes les manières. Nous observons, en effet, qu'il n'y a pas un dépôt à la surface du globe, soit de fusion, soit de sédiment, qui ne se trouve traversé par une multitude de fentes dans toutes les directions , et quelquefois môme réduit en fragments.
§ 133. RlodlfleaUons e( caraetères de» premiers sédlmente. — Les eaux ont dû, pendant longtemps, rester entièrement à l'état gazeux autour de la masse fondue de notre planète; cependant elles ont dû se précipiter d'assez bonne heure, et bien avant sans doute que la température de la croûte terrestre fût descendue à 100°, par suite même de la pression qu'exerçait l'énorme quantité de vapeurs de toute espèce qui devait constituer en un certain moment l'atmosphère. Or, ces eaux, portées à une haute température, et chargées peut-être de principes divers qui se dégageaient de la pellicule solidifiée, comme aujourd'hui des laves en voie de consolidation, § 80, ont dû agir fortement sur les matières pierreuses déjà formées, les attaquer de toutes les manières, les désagréger facilement, comme on le voit encore dans les volcans de Java, § 78, et préparer des matières boueuses susceptibles de se déposer au-dessus d'elles. Rien ne peut faire présumer que ces eaux fussent plus tranquilles que celles des mers actuelles, et par conséquent dépourvues d'actions mécaniques auxquelles les rugosités, les rides déjà formées, ont pu donner prise. Ces mouvements ont dû détacVxw ^^^?^ ^^\\s
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aux matières consolidées, les ballotter de toutes les manières et en former des cailloux roulés, des sables et des matières argileuses. Il résulte de ces circonstances quUl a dû se former des dépôts aqueux, en partie sédimentaires, en partie chimiques, dès les premiers temps de la consolidation du globe, et avant même que les corps organisés pussent vivre au sein des eaux, portées alors à une très-haute température. Nous trouvons en effet des dépôts sédimentaires formés de fragments, de cailloux roulés et de sables plus ou moins consolidés, dans les couches que nous regardons aujourd'hui comme les plus anciennes, et avant de reconnaître des débris organiques.
S 434. Maintenant, ces sédiments des plus anciennes formations, n'ont pu manquer de subir bien des modifications par Taction de la masse brûlante sur laquelle ils se sont déposés. Bn effet, pendant longtemps, la croûte solide formée par le premier refroidissement, a dû conserver une température très-élevée , et donner passage à d'abondantes efQuves de chaleur provenant des matières fondues sousjacentes. Or, à mesure que les dépôts sédimentaires se formaient, ils devaient s'échauffer successivement au contact de la masse solidifiée sur laquelle ils s'appuyaient, sans cependant apporter une différence sensible dans la loi d'accroissement de température , de l'extérieur à l'intérieur, qui devait être alors très-rapide. 11 en résulte que la limite de fusion, établie d'abord à une certaine profondeur, devait remonter, par suite de la présence des dépôts sédimentaires, dans l'intérieur des masses préalablement consolidées, et finir même par atteindre ces dépôts; par conséquent, les premières matières remaniées par les eaux , ont pu être cuites, calcinées, suivant les expressions vulgaires, refondues même et ramenées à l'étal de toutes les matières de fusion.
De tels effets n'ont pas dû seulement se produire lorsque la température des eaux était encore très-élevée , car, en vertu de la faible conductibilité des substances pierreuses pour la chaleur, la surface solide du globe a pu descendre jusqu'à des températures assez basses, comme dans les courants de laves, § 67, sans que la limite do fusion fût à une grande distance à l'intérieur. On conçoit donc que la température des eaux, et celle même des terres découvertes, ait pu arriver à un point tel que des êtres organisés aient pu vivre à la surface du globe, et par conséquent que leurs dépouilles aient pu être entraînées dans les sédiments, qui n'en auront pas moins subi des modifications comme les précédents. On comprend dès lors que sous des pressions considérables, des amas de plantes entraînées sous les eaux, au milieu des dépôts terreux, aient pu passer à l'état d'anthracite , ou même de graphite ( voyez Minèralotfie ) , ou bien