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CONSÉQUENCES DE LA CHALEUR CENTRALE

sont aujourd'hui les plus froides du monde , et où il serait impossible qu'ils vécussent à l'époque actuelle. En voici des exemples :

§ 438. Il existe en Angleterre, à l'île Portland, et sur plusieurs points du continent , interc|ilée dans d'autres dépôts, une couche de matière noire qu'on nomme couche de boue, et de petits lits argileux dans lesquels, au milieu d'un grand nombre de débris végétaux couchés et dispersés, on voit diverses plantes en place, fig. 65,

Fi^. 65. Couche de boue de Vile Portland.

avec leurs racines qui s'étendent jusque dans les fissures du sol calcaire inférieur. On peut en conclure qu'il y avait là autrefois un sol végétal sur lequel ont crû toutes ces plantes aujourd'hui enfouies sous d'immenses dépôts. Or, au milieu des conifères analogues aux araucaria déjà étrangers à nos climats , il se trouve des plantes qui ont des rapports avec les cycas et les zamias^ qu'on ne connaît que sous les tropiques , ainsi que des débris animaux qui se rapprochent de ceux de la même zone; donc la température moyenne, au moment de cette formation, était plus élevée en. Angleterre qu'elle ne l'est aujourd'hui; ou seulement la différence de l'hiver à Télé beaucoup moins grande, comme dans les îles de la mer du Sud.

La plupart des dépôts de houille de l'Europe conduisent à la même conséquence. D'un côté, les arbres entiers qu'on y trouve, dont plusieurs sont encore debout avec leurs racines, comme on l'observe dans la mine du Treuil près do Saint-Étienne, fig. 66, dans les mines d'Anzin (Nord), en Angleterre, en Ecosse, etc., semblent indiquer, comme dans les tourbières , § 4 24 , des végétaux , qui se trouvent à peu près dans les lieux mêmes où ils ont vécu. De l'autre, il est évident , vu la belle conservation des parties végétales les plus délicates, et la manière dont les feuilles sont étendues sur les schistes, que tous ces débris ne peuvent avoir été charriés de loin. Or, toutes les plantes dont nous retrouvons les restes dans ces dépôts appartiennent à des équisétacées, à des fougères de haute taille, à des lycopodiacées , etc., qui ne peuvent être comparées qu'à celles que nous voyons aujourd'hui entre les tropiques ou daw»

GBOLOGIK.

les Iles du Sud; par conséquent le climal de l'Europe devait être j alors fort diCTÉrent de ce qu'il est actuellement. I

Mais si à nos latitudes nous recoonaiasons dans certainf^ condies | terrestres les débrisd'une végétation intectropicale ou insulaire, nous | trouvons également au-dessus d'elles des dépôts coasidérables où l'on voit nettement les restes des plantes dicotylédones de notre végétation actuelle. Donc la formation de ces derniers dépôts a àù s'effectuer longtemps après celle des premiers, et il s'est probablement écoulé , entre les époques , tout le temps qui a été nécessaire pour achever le refroidissement complet de la surface de notre planète , ou le changement des Iles en continents.

I. Les madrépores des rescifs, qu'on no trouve plus aujourd'hui en deçé des tropiques, § 120, sesont jadis évidemment élwidus jusqu'au delà du cercle polaire. En effet , les calcaires des divers étages nous les présentent en grand nombre , et annoncent fréquemment des rescifs comparables à ceux qui se font de nos jours. L'ensemble des faits nous montre que les limites de ces bancs de lODphyles ont successivement rétrogradé , depuis la formation des calcaires les plus anciens , § S32 , jusqu'à la craie, g 277, qui en

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