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CONSÉQUENCE DE LA CHALEUR CENTRALE

présente encore les indices, comme à TileFaxo en Danemark, et après laquelle ils se sont brusquement retirés entre les parallèles actuels; cela nous montre encore que le climat européen est devenu successivement de plus en plus froid.

§ 440. Cause prénumée de cette élévatlen de température* — On conçoit facilement qu'avant le moment où la terre est arrivée au degré de refroidissement qu'elle présente aujourd'hui , les sources thermales devaient être infiniment plus nombreuses. Lorsqu'au lieu de ^ de degré par mètre , § 7, la température croissait, par exemple, de J de degré, c'est-à-dire 40 fois plus rapidement qu'à l'époque actuelle, et que dès lors , à 300 mètres de profondeur, se trouvait le point d'ébullition de l'eau, il est clair qu'un très-grand nombre de sources étaient à 4 00 degrés , et que les fumarolles, § 136, maintenant assez rares, pou valent être alors fort communes. Delà il devait résulter des circonstances atmosphériques fort différentes de celles où nous nous trouvons; d'épais brouillards devaient se répandre à la surface des terres en l'absence du soleil , et dès lors le rayonnement vers les espaces célestes, cause si importante de refroidissement aujourd'hui , devenait tout à fait nul. Les hivers étaient par conséquent peu rigoureux , et cela nous explique encore comment tant de plantes et d'animaux, qui no peuvent aujourd'hui supporter nos climats hyperborés, pouvaient y vivre alors comme entre les tropiques, et précisément comme les plantes du midi vivent sur les côtes et dans les lies du Nord constamment entourées de brumes épaisses, § 27. Toute la terre tempérée par cjs vapeurs abondantes pouvait partout supporter les mêmes êtres organisés; et voilà pourquoi les couches minérales anciennes présentent beaucoup moins de différence dans les débris organiques qu'elles renferment, en quelque lieu qu'elles se trouvent, qu'il n'en existe aujourd'hui parmi les êtres dos différentes zones.

^441. Autre» cauMeM de l'ancienne végétation. — Nous devons ajouter encore ici qu'après le refroidissement complet de notre planète, au point où nous en sommes maintenant arrivés, il fut probablement un temps où les continents du nord ne formaient pas de grandes masses comme aujourd'hui, et où sans doute, comme nous le montrerons plus loin , § 352 à 372, il y avait à leur place divers groupes d'îles éparses au milieu d'un vaste océan, ainsi qu'il s'en trouve dans les mers du Sud. Dès lors, les lignes thermales, § 25, devaient être dirigées tout autrement qu'elles ne le sont de nos jours; par conséquent leè climats maritimes pouvaient être bien plus développés dans cette partie du monde qu'ils ne le sont maintenant. Il a dû en résulter que les plantes et les» ^wov^Ms.'Sfô

npfntJimmit àt ceux que noua ne voyons plu» aujourd'hui, s ' I, qn'eatro les iropîqacs.

ùbàn ANCIENS ATTMkUAlILKS A DES SÉDJIISKTS.

( Ils. C9aatf*>«l>*B ■é*éf*ic. — Nuus avons vu les catlIuiB mM*, lMBablea,leslimonBBe former par l'action des eanx cmmlM et des Tagae§ ; noos ivocs reconnu que , transportés , (louï- ■toMrmaeaat,i)a^iccamutBient dans les lacs , dans les mers,i fmtioa6ban dm fleaves el nr les côtes. Toutes les fois donc qu'à rùMrienr des oonlmeiits nous retrouvons des minéraux sous m ftMMt etaocumulés tn dép&ts plus ou moins considérables, dois il de cosclore qu'il a existé quelque part , près ro [m les ont charriés , des eaux animées de moit- B qui les ont accumulés sur leurs rivages, el souyeat des lacs et 4c8 mets qui les ont reçus. D'après le pln^M moins d'ebottdsnce et la groesenr des cailloux , nous pouvons jugv de 11 nnnro et de la force des efeux qui les ont tranâportés; et lev utora.lBDrstnlnéeBdiveneBdoivent nous conduire jusqu'au point de dépirt, si incuBe oirconsta»» n'a détruit les traces que les coannto oot Wnées sur leur pMiage.

D'an wtn oAlé, ppisqne e'est dans les lacs et dans les mers ^ nous voyons aqjonrd'hni se former des dépdts coquilliers, noospM-' vons conclure que les nombreuses couches de même genre que ooW trouvons à toutes les hauteurs sur nos continents, et jusqu'au juamet des plus hautes montagnes , se sont également formées sods la eaux. La nature des débris oi^anîques nous fera distinguer si dis nul élé déposées soila les eaux douces ou sous les eaus nuiTii»i| sur les côtes ou au milieu des mers ; leur mélange , leur alteruMSi nous indiqueront des embouchures de rivières , des altensIrM d'eau douce et d'eau salée , etc.

$H3. népttm «'«an daaee.-^ Les dépûts formés par les ont douces se reconnaissent facilement à ce que les débris orgaaJqW qu'ils renferment sont comparables à ceu)> des différents aniaW' desrivières et des lacs actuels, § H8. Cesontsurtouldeadébtfe, des empreintes ou des moules de coquilles des genres Umnit rt planùTbe, comme lig. 67 et 68. Ces coquilles sont minces comi» celles de nos jours; la première à spire saillanle dont le deroier tour est plus ou moins ventru , ii ouvertur" plus longue que largBi dont le bord droit, qui est tranchant, remonte sur la columelleM formant un pli très-oblique ; la seconde a ses toura de tgin iwM

DÉPârS ANCIENS ATTRIBCABLXS A DES SÉDIHBNTS. 111 sur le même plan. Les mêmes dépôts présentent souvent aussi des coquilles comparables aux paiudints, fig. <in ; aux mêlantes, Rg. 70,

timnta bmgii

Pionortii tromphatut. Paluifit"! Irola, Mtlania

)t souvent à <lea coquilles lerresCres du genre hélice. Les paludines (ODtdescoquillesturbiniformes, Aspire assez courte, dont les tours Kint convexes, et par cela même séparés nettement les uns des autres; 'ouverture est anguleuse au sommet. Les mélanies sont & spire alongée ou , suivant le terme reçu , turriculée , tantôt â côles, tantôt à uberculee plus ou moins saillants ; l'ouverture est évasée à la base. Dans ces deux genres une opercule sert à fermer l'ouvcrlure.

Les coquilles bivalves , plus rares que les précédentes , sont comjBrables aux mvUttes (unio), aux ttm^onles , aux cydades et aux cy- "nus. Les premières, Qg, 74, sont ordinairement épaisses, et pré-

lentent une dent allongée sur chaque valve, plus une dent courte et Ibrte sur la valve droite, et une double dent , comprimée et striée, mr la valve gauche. Les secondes , fig. 7Î , sont '

lli GÉOLOGIE.

cef et >an> «lents dont on connaît plusieurs espèces; enGn lescyclades vi les o\rvni^. généralement plus arrondies, quelquefois assez t-; .::?>e- . i-.z. 7.» et 7i . présentent sur chaque valve deux dents latéra'.fsai.^r.^i-es. comprenant entre elles une ou plusieurs petites dents.

L'al-M^noc c.mplt'te lit* toute espèce de polypiers, d*encrinites, ùz. 75 a 7ô, et à\vhi:.i..it's. ti^. 77 à 79, quoique offrant un caractère neraiif. .ioiî encore être notée co:nme très-importante pour la o:>4:riCti."»n des iîeix»ts .i'iau douce.

Les dei «is qui renîVruuT.t des coquilles analogues à celles dont nous ver. : ns d indiquer ies caractères sont fort communs à la surface liu i::lx\ Il s'en forme ' jurnellement au fond de nos amas d'eau ac-

:jeis. ,À lit. Il S, 1-: njus en trouvons dans un grand nombre de ..eu\ q i s^rr: évidemment des fonds d'anciens lacs. Les tuCîcalca.res. eu r j.vr/ifis. de Tivoli . dans la campagne de Rome, sont .-.--.s ce cas: ies calcaires lie la Limagne d'Auvergne nous en vtf/o::! ;:!' autre exemple évident. 11 en existe de nombreux lambeaux, vicr.l cr. jar\:ent quelquefois à rattacher quelques-uns aux autres, dans îc .::es ".es parties de la France, en Angleterre, en Allemagne, etc. C.vs w:c;:v-s sont fort communs aux environs de Paris, cù i;SCvns:.:-er.; !.-. p.uparl des pLileaux, soit à l'état siliceux (les men". ères coq«:l..eres . soit à Tétai calcaire (tout le plateau de rOr.ear.a:> ; »::i les trouve même à divers étages , où ils annoncent s::: vies rctjurs successifs d'eaux douces et d'eaux marines, soit des tr.:l\.::::.;res ;!e ::'. c:es ùan? les anciennes mers qui ont produit la :.'..-.ssr .ù- v.s cô".Co:e> ^r.sjiers. Les bords du Rhin, la Suisse. le i.is c.e '..■ % .\'.:e .:.: R::.".?. ".e u:a:ui iiolfe qui s'étend de Marseillva M.-.'vç; r;r. e: ' " ::.::•.> !vS |\irties du monde nous en offrenue

,c: 1 14 i»rpôt» marin». — i!ei:xci se distinguent généralemenl :.'.:■ . a:\î.:u :■ «:.:e •ç:ose:::or.: !-:.;;> débris organiques avec les de- I :u:.:es c!is a::::v.a..\ .:u. Mve:.: ians les mers. Les plus éminoni- ".::*.: c,":\u:;Ts:..\.-.s s.::: ".es ; '..fiers plus ou moins analogues a C; .:\ c.; s :xs:::s, / I ^ >. r:,. ^r* à «.i ; diîîérentes espèces 6'encriMte<. io::v :Mr::c,:.:;: c!c axor.iios. vU les .iebris de leurs diverses artic : a: ors. :.^ TN a T> . c:::::i un uran.i n.mbre d'êchinides^ fig.Tî^ a SI . c:c. Ac.c.::'. ..c ces v :: ; s c:\;an:'.]ues ne s'est jamais trouvédans ".es eaax vi.\:,-cs. -:: c-: ca.actere . quoi [iw négatif, est aussi extrè-

r.irmi '.-es c.\].::..o> .::::•. a!. es. il s'iii trou\e q'ielquts-unes «ii* p. es ci: mcir.s a'.ui'duo? a cei.es que nous avons indiquées i'c.cvi.:s ciar.s '.es eaux vi-^ict-.^ . .; .oi juVl es soient généralement i""-" î".\rsses et */.> \.e \v\e'uuy" • •• ;\.'f tes de tubercules, comme, h"^

DÉPÔTS ANCrBNS iTTBIBDABLES A DIS SÉDIMESTS. 113

pxpmple , dans les figuras suiTantes. Mais Isisesnt de cdté ceux de ces débria, fig. S3, sut lesquels, à la première vue, on pourrait

mulabilt. .Vurf^mlrtolaliu. Volvlamliitli

peut-être conscr\er quelque incertitude, nous en trouvons beaucoup d'autres qui sontassez caractérisés pour lever tous les doutes. D'abord, parmi les coquilles univalves, il s'en trouve un grand nombre dont l'ouverture se termine par un canal plus ou moins allongé, on par une échancrure, et qui appartiennent soit auiàiverses espoces du genre cirilhe, fig. 83, dont un très-petit nontw vivent dans les eau\ douces, soit au genre niurex ou rocher, ^g.ii. dont les<»|ièces sont Irf^variées; au gcDrci;ofute, fig. 85, etc., qui sont tous marins, et qu'on trouve très-abondamment dans les dipÂi f-alcaires, si répandus à la surface du globe.

Quant aux coquilles bivalves, la plupart diffèrent génërduml beaucoup plus encore de celles qu'on trouve dans les eaux dow»: il en est qui rappellent plus nu moins nos huîtres ordinains, n même qui leur ressemblent au point de les croire exaclenHDt it ini^mo cs[>éra au premier abonl ; un grand nombre sont garaiesde . eûtes, destries, de rugosités, tig. 8fi, S7, et présentent, en un mot, une foule de caractères entièrement différents de ceux qu'on troat' dans les genres qui iippiirtiennent aux eaui douces, dans lesquels lii surface est ordinairement lisse, et l'épaisseur assez faible.

Ajoutons que c'est dans les mors seulement qu'on rencontre Iw coquilles chambrées, comme celles du genre naulile, tig. 88, *»' on trouve ''"•= «spèces Ae\TO\* W* A^^iw les plus anciens jusqu'au»

BtfÔTS ANCIENS ATTRIBUABLES A DBS SfiOIMENTE. 115 plus modernes. Ce sont les seuls corps auxquels on puisse comparer les nombreuses espèces d'ammoniiet, Gg. 89, dont il n'existe pas d'analogues actuellement vivantes, et dont les couches terrestres sont remplies.

§1iS. TouscesdâpÛlsont dû, en général, se former lentement , ar l'accumulation des débris des étrej t\uj çén?ea\wA «aw*sàw^

ment, et non par des catastrophes subites qui les auraient tous ensevelis vivants. En effet, on trouve fréquemment dans Fintérieur même des coquilles des restes d'animaux parasites, fig. 90 , qui n'auraient pu s*y fixer si les mollusques dont elles proviennent n'avaient été préalablement détruits. Souvent même la dépouille du parasite est remplie par d'autres, ce qui indique encore un long séjour au fond des mers. Les deux pièces des coquilles bivalves sont aussi fréquemment séparées, ce qui fait voir que Tanimal était mort avant qu'elles fussent enfouies. Enfîn ces débris organiques sont percé; par des lithophages, aussi bien que les cailloux calcaires qui les accompagnent , ce qui conduit aux mêmes conséquences.

Il faut admettre aussi que ces dépôts sont sur. la place même où les animaux ont vécu, car ils renferment un grand nombre de coquilles intactes dont les appendices les plus délicats sont d'une conservation parfaite. Cette circonstance ne peut s'accorder avec l'idée d'un transport par des courants, qui, en les en traînant, auraientnaturellement tout brisé.

Au moyen des débris que nous venons d'indiquer, on reconnaîtra toujours les dépôts marins, si abondants à la surface du globe, et qu'on trouve si fréquemment en France. Tous les environs de Paris, la Normandie, l'Artois, la Picardie, la Franche-Comté, la Bourgogne, les Cévennes, le Dauphiné, la Provence, etc., nous en offrent de tous les âges et de tous les genres.

§ 146. népôts de foraminifères. — Indépendamment des mollusques , des échinides, des polypiers, etc., il y a beaucoup d'autres débiis organiques qui ont concouru très-puissamment encore à la formation de certains dépôts géologiques : tels sont, d'un côté, lesforaminifères, § 419, et de l'autre les infusoires eux-mêmes, qui sont devenus très-importants depuis les belles découvertes qu'on doit à M. Ehrenberg.

Les foraminifères sont des coquilles essentiellement marines, dont la plupart restent beaucoup au-dessous de 4 millimètre, et dont les plus grandes ne dépassent guère 2 ou 3. Malgré leur petitesse, ces coquilljBs offrent plusieurs logos , ce qui a conduit jadis à les rapprocher des coquilles chambrées , iig. 88, 89, et par suite à regarder les animaux qui les produisent comme des céphalopodes; mais on sait aujourd'hui qu'ils apparlionnent à dos êtres infiniment moins élevés. Les petites loges dont se composent les foraminifères sont groupées de dift'érentes manières , co qui conduit à plusieurs divisions, où l'on distingue ensuite un grand nombre de genres, dont nous représentons quelques-uns extrémoment grossis, Iig. 9i à 407, pour en donner une idée.

Fig. 91/ Fig.92. Fig. 93. Fig. 94. Fig. 95. Fig. 96. Fig.97.

Fig. 98. Fig. 99. Fig. 100.

Fig. 101.

Fig. 102.

Fig. 103.

Fig. 104.

Fig. 10.5. Fig. 106. Fig. 107.

Loges empilées sur un seul axe.

Pig. 91. n. Nodosaria limbata.

b. Dispuftition intérieure des loge».

Kig. 92. Dentalina sulcata.

Kig. 93. a. Harginuiina thlobata.

b. Vue en dessus de la dernière

loge

c. Disposition inlérieure des

loges.

Fig. 94. a. FiaBellaria rugosa.

b. Vue dans l'autre sens pour montrer l'aplatissement.

Loges alternes sur un axe.

Fig. 95. a. Texiularia turris.

b. Disposition intérievire des loges alternes.

Fig. 96. Sagrina rugosa.

Fig. 97. Pyrulina a*'uminata.

Loges disposées en spirale.

Fig. 98. Bulimina brevis.

Fig 99. Bulimina Siurchisonii.

Fig. 100. a. Globigerioa t*retacea.

b. Vue de profil.

Fig. lOl.RotalinaVoltzii.

Fig. 102. a. Cristellaria rotula.

b. Vue dans l'autre sens.

Loges réunies parallèlement à un axe.

Fig. 103. a. Biloculina bulloides.

b Vue par le sommet.

Fig. 104. a. Triloculiua trigonula.

b. Vue par le sommet.

Fig. 103. a. Quinqueloculina saxorum.

b. Vue par le sommet.

Loges divisées par des cloisons ou des tubes,

Fig. 106. ûrbiculina numiamalis.

Fig. 107. Alveolina Boscii.

Ces petites coquilles, dont on connaît 700 à 800 espèces fossiles^ se trouvent accumulées en nombre immense dans le?» eo>\ç^^^ V^v

1 1 8 GÉOLOGIB.

restres , et constituent à elles seules des dépôts calcaires très-considérables, dont la craie, § 277, et les terrains tertiaires, % 28i, nous offrent des exemples dans toutes les parties du inonde.

§ \ 47. »épôu d*infftaMiirM. — Lesinfusoires qu*on trouve dans les eaux douces et dans les mers, § 1 19, plus petits encore que les foraminifères , ne sont visibles qu*avec les forts grossissements du microscope. Malgré cette ténuîtô, il en est un grand nombre qui sont munis d'une carapace siliceuse, et qui peuvent, en conséquence, s'accumuler au fond de Teau avec les débris des plantes microscopiques qui y vivent en même temps. Or, quoiqu'il faille plus de 2 millions de ces corpuscules pour faire 4 millimètre cube, M. Ehrenberg a montré que leur accumulation a produit encore des dépôts très-étendus, de plusieurs mètres d'épaisseur, et a concouru puissamment à la formation de beaucoup d'autres. Ils constituent, en effet , en presque totalité , les matières terreuses formées de »lice très-àne qu'on désigne sous les noms de terre ou schiste à polir et tripoli, farine fossile, limon siliceux, ou gouhr siliceux ; ils se trouvent souvent en abondance dans les silex , les opales , et surtout dans les matières terreuses qui en enveloppent les parties translucides; ils existent en très-grande quantité dans la plupart des marnes, surtout celles des dépôts lacustres, dans les calcaires solides de même formation , dans la craie , etc. Ils forment la totalité des limons qui remplissent les golfes et les anses des côtes de l'Océan et de la Méditerranée, et se retrouvent dans tous les dépôts terreux soulevés du sein des eaux aux époques anciennes et modernes. Ce ne sont plus seulement aujourd'hui les tripolis de Billin, les gouhr siliceux de Franzenbad, etc. , qu'on peut citer comme exemples, il en existe partout, et quand on rencontre un dépôt terreux fîn, une marne, même de la limonite des marais, on est presque certain de le trouver rempli de c:es petits titres. Il en existe des dépôts do 20 niè* très d'épaisseur dans les plaines basses de l'Allemagne occidentale, à plus ou moins de profondeur sous les sables de ces contrées. Une circonstance remarquable, c'est que sous la ville de Berlin, une de ces couches est formée d'infusoires qui vivent et se propagent encore, entretenus sans doute par les eaux de la Sprée, qui se trouvent plus élevées.

M. Ehrenberg a déjà décrit beaucoup d'infusoires fossiles de toutes les parties du monde et de terrains différents, qui constituent un grand nombre de genres dont nous représentons quelques-uns, sous de très-grandes dimensions, dans les figures suivantes.

DBpAtS ANClEKii ATTHIBL&BLES A DIS SËDIMSNTS. 119

Fig. lOS (n/'iuoirn fouile

^ U8. n&rtbi «harboaaeBs. — Il est incontestable que les dâpâls charbonneux qui se trouvent dans le Min de la terre ont été produits par des végétaux accumulée; cequi le prouve, ce sont d'un côté les débris que le microscope y fait découvrir aussi clairement que dans la tourbe, S 13 1; de l'autre, les tiges et les Teuilles oombreuses qu'on rencontre dans les matières terreuses associées. Tout le monde est d'accord à cet égard; mais il n'en est plus de même relativement au mode d'accumulation. Quelques géologues pensent que ces dépôts résultent de l'enfouissement de grands radeaux de plantes, transportés par les fleuves ou les courants maritimes, en supposant que ces courants existaient alors, et échoués en différents lieus; les autres croient, au contraire, que la plupart se sont formés à la manière des tourbières, dans les dépressions marécageuses d'un sol découvert , où les ruisseaux pouvaient apporter aussi les débris do la végétation environnante.

La première idée a centre elle l'énorme épaisseur qu'il faut sup< poser aux radeaux pour obtenir des couches combustibles telles que nous li-s connaissons. En effet, en prenanten considération le poids spécifique des bois, leur contenu de carbone, relativement à ce que présentent à cet égard les dépôts charbonneux, on trouve que ceuxci ne peuvent être que les ^, ou même les j^, suivant les plantes, du volume primitif des matériaux qui leur ont donné naissance. De plus, en évaluant les vides nombreux que produit l'entassement irrégulier de ces débris dans un radeau, on reconnaît que la houille, par exemple , qui est formée par les plantes spécifiquement les plus légères, comme les équisétacées , les fougères, etc. , ne peut guère avoir dans sescouches que les j^^ de l'épaisseur du radeau qui les auraient formées. Il en résulte que des couches de houille de 1,2,... 30 mètres, comme nous en connaissons, auraient nécessité des radeaux de 28, 57, ;.. 8o7 mètres d'épaisseur, cequi déçaa&e^iv-

dHHMMiw Uinilca de la vraisemblance ; de U nlMt BiEllotter ni dans nos rivières, ni dans la |>lu3grandê^ IfedlMlBvrs; par exemple dans la Uancbe, sur la côte orienid i»Tkmt^e du Sud, etr.

Lldée de formaliou analogue -à cdle des tourbières ne prés«M jm In Blêmes drllicult^, et n'exige que du temps pour l'ar^umiAi< tloadtS matériaux oi^niques nécessaires. A. la vérité, danï l'éW' mIbbI des choses, ce temps pourrait être trés-cunsidérable ; t», Itle calcul de M. de Beaumont sur la quantité de carbooeqw rinuellement nos foréls actuelles , il ne pourrait guurt l'étdnduc des dépâls charbonneux connus que tG mile combustible en un si^clo. Uais tout porte à emn qs'à la température moyenne de 31*^ lorsque l'almospfaère ^I*il "«de vapeurs, § (iO, et avec los genresde plant^^ qui crdU- Iota dans nos contrées, la végétation était infiniment plusii- •yanjourd'hui ; on est même conduit à penser qu"à 1'^ MBlto'iaMH'UiHtions, où la terre n'était pas encore au deg^élleI^ IwMhwfc qu'elle présente aclueliement, lise dégageait dn !<>• Min bMiHfnp d'acide carbonique, g 77 , et que la Hxation du orbOMparlesplanlesse Taisait dès lors plus rapidement. Au nA. m MWat pas seulement lesdépdtede houille qui réclament anlj longwpaeede temps; il en est de même pour tous lessédioiealt,' dad4pAUcalcaires uniquement formés decoqullles, quiaoqu" des épaisiieurs bien plus considérables encore, ont cerlaÏM exigé bien des siècles pour arriver à ce point.

S f*9. L'Ii; potlièse qui assimile les dépôts de houille a bières se trouve encore fortifiée par les différents caractères q< présentent : tels sont d'un celé les nombreux débris de crypiqp cellulaires que l'examen microscopique faJLdécouvrir dansrescil buàlibles comme dans la tourbe, lesarbn^ doboutavec Icursn * qu'on trouve au milieu des dépôts, et I» conservation remarq' des feuilles dans les schistes; de l'autre , la dispostlio plus ou moins étendus, isolés les uns des autres, g 337à!iG, li caisses par des roches antérieures ; toutes circonstances qui s indiquer des llaques d'eau, des lieux marécageux formés d. dépressionsd'un soi découvert, et qui écartent encore l'idée â»i deaux,qui n'auraient pu arriver dans de telles dépressions. * quemmeni aussi on reconnaît qu'un certain nombre de peutsdép indépendants font partie d'un bassin plus étendu, d'une rapM^i bic rempli de matières arénacées contemporaines, à la sur&ce* quellea il se serait formé autant d'amas panicnliers de GonbwA il en est même qui sontcommerenferm^daDadeseqiènBdanik

anciennes, sur la longueur desquelles ils sont cà et là dispersés. Toutes ces circonstances se présentent dans les dépôts du centre et du midi de la France, § 355, depuis la Bciurgugne jusqu'au fond du Languedoc, ainsi que dans tous ceux des Vosges. Cependant les départements du Nord , la Belgique , FAngleterre, TËcosse, nous présentent les choses tout autrement; là lès couches de combustible , nettement prononcées, paraissent s'étendre sur de grands espaces, et l'ensemble des faits, aussi bien que la superposition immédiate à des calcaires marins, qu'on trouve dans toutes ces contrées, conduit à penser que ces dépôts, aujourd'hui disloqués, séparés par 1rs mers, ont jadis fait partie d'un même tout. Ce n'est plus dans des flaques d'eau, dans des lacs resserrés qu'ils paraissent s'être formés; c'est dans une vaste mer qui, d'abord en partie comblée par des calcaire.^, est devenue sans doute une sorte de marécage, où se développaient des plantes marines, et où se rendaient en outre tous les débris d'une immense végétation élablie sur ses bords et dans ses îles. Les mouvements ondulatoires ont peut-être alors stratifié les matières charbonneuses comme tous les autres dépôts de sédiment, § 446.

Certains dépôts de lignite ont été évidemment formés de la même manière ; mais il en est d'autres qui offrent des amas de bois jetés péle-méle, plus ou moins bituminisés, conservant leur tissu, enfouis au hasard au milieu des dépôLssédimcntaires, et rappelant ceux qui sont charriés par les grands fleuves, qui se déposent dans les tecs, ou qui sont même transportés au milieu des mers , § 110.

S 4 50. Les débris de coquilles sont rares dans les dépôts de houille proprement dits. Il n'y en a de traces dans aucun des dépôts du centre de la France, et ce n'est que dans la grande formation qui comprend les départements du Nord, la Belgique, l'Angleterre, qu'on en a quelques exemples. On cite des coquilles marines dans les houillères de Liège et de Namur , dans celles d'Angleterre, et surtout dans celles des environs d'Edimbourg ; mais il pourrait bien se faire que ces coquilles appartinssent aux dépôts sous-jacents. 11 y a aussi quelques coquilles d'eau douce analogues aux mulettes et aux anodontes, qui annoncentau moins des allluents d'eau continentale. Dans la plupart des dépôts de lignite, où la structure du bois a généralement disparu, on trouve au contraire un grand nombre de coquilles qui sont d'origine fluvialile, ce qui prouve que la formation de ces matières a eu lieu dans des lacs d'eau douce.

$454. Dépéts advcntifti divcri». — On remarque souvent, au Bilieu des terrains stratifiés, des matières diverses qui semblent >'ètre intercalées au milieu de celles qui ont été formées par la sédi- "aentation générale. Certains dépôts se trouvent pénétrés çà et là

122 GÉOLOi;[£.

de matières étrangères , tantôt disposées eu concrétions plus ou moins volumineuses et en veines qui semblent avoir rempli des fissures, tantôt réparties unirormément dans toute la masse. Ailleurs , entre deux couches distinctes, se trouvent, par place, des dépôts différents limités dans tous les sens, en formant de grandes lentilles ou des amas plus ou moins volumineux. Ces circonstances indiquent nécessairement des précipitations locales , accidentelles, indépendantes de la sédimentation générale , et ne peuvent manquer de rappeler les effets des sources qui amènent tant de matières de l'intérieur du globe, et produisent des dépôts plus ou moins étendus à sa surface.

Il est probable que c'est à des sources silicifères anal(^es à celles de rislande et de Saint-Michel , g 82, 4 4 3, qu'est due la pénétration de certains sédiments par la silice, qui tantôt a consolidé quelques parties de leur étendue, comme dans les grès divers, § 242, tantôt y a formé des rognons plus ou moins volumineux, comme dans la craie, § 277, des veines plus ou moins nombreuses, quelquefois des amas considérables, comme la meulière du calcaire siliceux, ^ 286 , ou celle des dépôts supérieurs, § 290. On est également conduit à penser que certains dépôts de gypse, comme ceux qui se trouvent aussi dans le calcaire siliceux, ont été de même produits sur place par des sources, qui sans doute amenaient en même temps toutes les matières argileuses et marneuses qui les accompagnent. Il en doit être de même pour les gypses de plusieurs autres terrains, quoique, dans certains cas, cette substance ait pu être produite aussi par une transformation surplace des calcaires existants, § 499, 206, 242,

Beaucoup de dépôts salifèrcs, au milieu de leurs argiles, et accom* pagnes de gypse , ne peuvent manquer de rappeler le phénomène des salzes , § 84 , ou, en général, celui des sources qui amènent à la fois des matières en suspension et des matières dissoutes , dont les eaux peuvent déboucher dans des lacs aussi bien qu'à la surface du sol desséché , et pénétrer par la force d'ascension dans toutes les fissures du terrain à travers lequel elles se dégagent. Nous verrons d'ailleurs que, dans certaines localités, les dépôts de sel et de gypse sont en relation intime avec des phénomènes ignés accompagnés sans doute d'émanations diverses, § 499, 347. C'est ce qui a lieu tout le long de la chaîne des Pyrénées , où l'on trouve entre autres les salines d'Anana, en Biscaye, au milieu d'un cratère de soulèvement dont le centre est occupé par l'ophite : une source salée considérable et très- riche sort verticalement d'un puisard pratiqué dans cette roche.

Les dépots de soufre des terrains calcaires, qui sont d'ailleurs accompagnés de gypse et d'argile, et souvent dans le voisinage des dépôts salifères , doivent encore avoir une origine analogue. Il en est de même des matières bitumineuses qui ont imprégné des sables et des calcaires, et aussi d'un assez grand nombre de dépôts de limonite des terrains calcaires , quoique ces matières aient pu être ensuite entraînées par les eaux courantes pour entrer dans la sédimentation générale. Enfin , il y a beaucoup de circonstances où les dépôts ne peuvent s'expliquer que par des sources qui les ont formés autour d'elles, et en ont imprégné les roches préexistantes ou contemporaines.

Les filons sont aussi des dépôts adventifs; mais ils sont produits par des injections de matières fondues (voyez § 184, 198 à 208).

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