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COMPOSITION DE LA. CROUTE TERRESTRE

§ 219. Divinton sénérfiie. — D'après tout ce que nous avons dit, on doit déjà comprendre qu'il y a lieu de distinguer deux sortes de produits très-différents dans la partie solide du globe qui peut être soumise à notre observation : les uns ont été formés par sédiment, et consistent principalement en cailloux roulés, en sables, limons et calcaires, qui offrent un grand nombre de variétés; les autres formés par fusion à l'intérieur du globe, ont été expulsés au dehors, et présentent des granités avec toutes leurs modifications, des porphyres extrêmement variés, différentes roches compactes, et généralement des silicates de toute espèce, rarement seuls, mais le plus souvent mélangés de toutes les manières. Ces deux sortes de produits sont fréquemment entremêlés dans la nature, et les premiers subissent presque toujours alors des modifications telles, que dans le principe on ne les a pas distingués des seconds, et que, plus tard, on en a fait une classe de terrains particuliers dans laquelle tous les âges se trouvaient confondus : c'était la classe des terrains de transition , expression dont il faut oublier aujourd'hui l'ancienne valeur, aussi bien que celle de terrains primitifs qui est tout aussi inexacte.

Pour faire connaître la nature et les dispositions relatives des diverses matières dont se compose la croûte terrestre, nous ne distinguerons que les deux sortes de dépôts dont nous venons de parler ; nous commencerons par les terrains de sédiment, dont la série est très-régulière quand on fait abstraction des matières cristallines qui s'y sont introduites à diverses époques.

§ 230. coap d'œti général. — Les plus anciens dépôts de sédiment remontent certainement à une époque extrêmement reculée ; il a dû s'en former dès le moment où l'eau a pu rester liquide à la surface du globe, et les premiers ont dû se placer sur la pellicule refroidie et disloquée au-dessus de la matièi:e en fusion, § i38. Mais bien que nous apercevions des dépôts très-anciens relativement à

180 CÉOLOGIE.

ceux qui terminent nos continents, il n'est pas probable que nous soyons encore parvenus à ceux des premiers âges, qui se seront faits sans doute avant toute création organique. Les plus anciens sédiments que nous ayons pu reconnaître jusqu'ici, renferment en effet des débris de mollusques et de zoophytes qui n'auraient pu vivre ni à la température de la mer primitive, % 433, ni dans la solution <:aline qu'elle devait offrir alors, par suite des matières dégagées de la croûte consolidée qui venait d'envelopper le globe, et qui devait agir comme les laves en se refroidissant, § 80.

Quoi qu'il en soit, on observe distinctement un certain nombre de dépôts sédimentaires entre les plus modernes, qui se continuent de nos jours, et les plus anciens que nous puissions apercevoir. Ces dépôts sont superposés les uns aux autres dans un ordre constant: et, s'il était possible de faire une tranchée suffisante dans une partie du globe où ils seraient tous rassemblés, on aurait les dispositions successives que présente le tableau ci-joint, où l'on voit vingtsept étages principaux qui se distinguent par différents caractères. Mais il est à remarquer que chacun de ces grands dépôts se divise et se sous-divise fréquemment encore en assises diverses, plus ou moins distinctes, composées le plus souvent de matières arénacées, d'argile et de calcaire, qui offrent divers degrés de consistance, et forment des couches plus ou moins épaisses. L'ensemble de leurs lits alternatifs donne souvent aux étages successifs plusieurs centaines de mètres de puissance.

Il est clair que s'il existait de pareilles tranchées à la surface du globe, on pourrait en relever toutes les couches et en distinguer les âges relatifs par des numéros d'ordre, la plus profonde étant la plus ancienne, et celle de la surface étant la plus moderne. Il suffirait alors, dans les tranchées de profondeurs diverses qu'on rencontrerait ailleurs, de compter de haut en bas pour savoir toujours où l'on se trouve, et les variations mêmes qu'une couche déterminée pourrait subir en différents lieux n'apporteraient aucune difficulté dans l'observation. Mais il n'en est pas ainsi : les escarpements que nous rencontrons n'offrent toujours qu'une très-petite portion de la série, tantôt dans une partie de son épaisseur, tantôt dans une autre; jamais on ne voit la série tout entière, et ce n'est qu'en combinant les observations recueillies en différents lieux qu'on est parvenu à l'établir telle que nous la connaissons aujourd'hui, en même temps qu'on a reconnu les circonstances particulières de formation de chaque dépôt.

§ 221. On conçoit, par suite du morcellement de l'ensemble, qu'il puisse devenir souvent très-difficile de se reconnaître, et qu'en

Tableau des dépôts sédimentaires principaux.

Dépôts de ia Bresse,

collines subapennines,

gypse.

Faluns, molasse et nagelflue, gypse d'Aix.

Gypse parisien , calcaire grossier, argile.

Craie blanche.

• •....•..•••...•...•.•• l Terrain crétacé supérieur.

Craie marneuse.

Alluvions modernes.

Diluvium.

Terrain subapennin.

Terrain de molasse.

Terrain parisien.

Craie tuffeau.

Craie verte.

Terrain crétacé inférieur

Grès vert.

Dépôts néocomiens.

Groupe portlandien.

Groupe corallien.

Groupe oxfordien.

Grande oolite.

Terrain jurassique.

Lias.

Marnes irisées.

Calcaire conchylien.

Grès bigarré.

Terrain de trias.

Grès vosgien.

Calcaire pénéen.

Terrain penéen.

Grès ronge.

Grès houiller.

Calcaire carbonifère.

Vieux grès rouge.

Grès divers. Schistes anihraciieux.

Calcaires et schistes micacés.

Schistes micacés, calcaires. gneiss.

Terrain dévonicn.

Terrain silurien.

Terrain curabrien.

Matières inconnues, peut-être primitives.

présence d*un escarpement on soit fréquemment, au premier abord, dans rimpossibililé de se prononcer sur le point de la série auquel il doit être rapporté. En effet, d'un côté, les différentes couches de même nature, qui se succèdent dans cette série, ont souvent entre elles les plus grandes analogies , les calcaires d*un étage ressemblant plus ou moins à ceux d'un autre, et les différents dépôts de grès et d'argile ayant encore en général plus de rapports. D*un autre côté, il arrive au contraire que ce même dépôt varie souvent d'un point à un autre . ici, par exemple, il offre un calcaire compacte, là un calcaire terreux ; ailleurs le même calcaire se trouve mêlé de sables, et plus loin ce n'est plus que du sable à peu près pur, etc. L'apparition et l'injection des matières cristallines viennent encore ajouter à l'embarras par les modifications de texture, de nature même (§ 185 à 187, 198 à 21 i ), quelles peuvent avoir fait éprouver à tout ce qui les avoisine. On conçoit d'ailleurs que moins on trouve de couches superposées dans le même lieu, plus les difficultés augmentent, et qu'elles sont au maximum lorsqu'on ne trouve qu'un dépôt isolé, sans savoir sur quoi il repose et sans qu'on aperçoive rien qui le recouvre : or, c'est ce qui se présente dans un grand nombre de contrées. Ajoutons qu'il arrive assez souvent qu'une ou plusieurs des couches sédimentaires manquent complètement dans certaines localités (ce qui lient à ce que le dépôt précédent s'est trouvé soulevé au-dessus des eaux au moment de leur formation), et que si (après un affaissement) il vient à se former ensuite quehjues couches postérieures, l'observateur est exposé à attribuer à celles-ci un âge fort différent de celui qu'elles ont réellement. § 222. Pour sortir de ces embarras, nous avons les observations de continuité des couches, qui permettent quelquefois d'en suivre quelques-unes depuis les points où elles présentent certains caractères jusqu'à d'autres où elles offrent des. caractères différents, depuis les points où elles sont complètement isolées jusqu'à d'autres où l'on peut voir sur quoi elles reposent et par quoi elles sont recouvertes, etc. C est ainsi, par exemple, que, parlant des dépôts jurassiques qui bordent les Alpes, nous arrivons par continuité, au milieu de ces montagnes , jusqu'à certains dépôts de marbres et de schistes talqueux que nous sommes conduits à identifier avec les calcaires compactes, les argiles schisteuses, etc., qui composent les premiers. C'est ainsi qu'en suivant la craie de la Champagne, de la Picardie, etc., qui paraît complètement isolée de tout autre dépôt, nous parvenons à la voir d'une part s'appuyer sur les grès verts qui reposent eux-mêmes sur le calcaire jurassique, et de l'autre passer sous les calcaires parisiens.

Nous avons aussi les observations de stratification, et d*»ficiffiatson des diverses couches vers un point ou vers un autre , qui nous permettent souvent de conclure que telle espèce de dépôt passe au-dessus ou au-dessous de tel autre , qu'on trouve isolé ou à distance. Les fragments et les cailloux roulés peuvent évidemment indiquer la postériorité des dépôts qui les renferment à ceux dont ils proviennent, et fournir ainsi un très-bon moyen de distinction lorsqu'ils sont suffisamment caractérisés. Enfin la nature des débris organiques que renferment les divers dépôts est devenue aujourd'hui d'un très-puissant secours pour se reconnaître au milieu du dédale des diverses formations.

§ 223. i»iverse« aortes de «tratiOeation. — On nomme Stratification l'arrangement ytsir couches successives des différents dépôts sédimentaires qui se sont formés les uns après les autres. Il y a, en général, parmi les dépôts que l'on rencontre à la surface du globe, deux sortes de stratifications : l'une horizontale, qui est la stratification naturelle suivant laquelle toutes les matières de transport se déposent sous les eaux, § 416 ; l'autre plus ou moins inclinée, et résultamt des soulèvements qui ont eu lieu à diverses époques, § 165, etc. Dans celle-ci, il faut distinguer le degré de Vinclinaison, qui peut varier jusqu'à la verticale, et le point de l'horizon vers lequel plongent les couches. Cette dernière partie de l'observation détermine la direction des crêtes de» couches, ou, comme l'on dit, la direction des couches^ qui est toujours perpendiculaire au sens d'inclinaison, et qui indique aussi la direction du mouvement par lequel l'effet a été produit. Mais ces premières observations générales, de couches horizontales ou inclinées, ne suffisent pas toujours; il y a fréquemment lieu à distinguer les stratifications relatives des diversdépôts, cequi se réduità idi concordance ou à Iddiscordance qui peut exister entre eux.

a. Stratification concordante. — Il y a concordance de stratification entre différents dépôts lorsque toutes les couches sont parallèles les unes aux autres, quelle que soit d'ailleurs leur position, horizontale ou inclinée, fig. 459, 460, et leur forme plane, ondulée, convexe ou concave, fig. 461, 462. Ces deux dernières

Fig. 159. Fig. ItiO Fig. 161. Fig. 162.

'mffm^mm/.

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Diverëe» tfortes de stratifiitalion concordante.

184 GiouMU.

dispositioDs sont aoufent désignées, Fane niia le ôom de stretifiention en forme de mmiiBau, Tautre sous celui ée fondée ftafaot», qa'on applique surtout aux dépôts de hoqiUeB, où on la regarde oomme assex commune.

6. SlToUfioation dieoorêanU. — La discordance dans la slit^ tification se manifeste toutes les tm que les couches d'un dâpAt simt inclinées d'une certaine manière, tàndîa que cellea de l'astre sent inclinées difléremment; tantôt ce sont dea coocfaes horilontales qui viennent butter contre des couches inelinées , fig. 463; tantôt des couches inclinées *par rapport à'd^autrea qui le sont

Fig. I«S. Fi«. 104.

a n%. I6S. * Fig. iM.

RxtmpUt do êtnUifieaUùm diêcoféemU.

plus ou moins, comme en a et 6^ fig. 464. On distingue sous te nom de stratification transgressive un cas particnlî^ de discordance où le dépôt supérieur, stratifié d*une manière ou de Tautre, ou non stratifié, repose sur la tranche des couches du dépôt inférieur, (ig. 165. II y a même lieu de distinguer un cas de discordance où les couches peuvent être néanmoins parallèles : c'est ce qui a lieu lorsqu'un dépôt horizontal, après avoir été dégradé, sillonné de différentes manières par les eaux, se trouve recouvert en totalité par un dépôt du même genre qui remplit tous les bas-fonds, fig. 166, comme on le voit assez souvent entre le terrain parisien et les dépôts des étages supérieurs. La discordance a lieu dans ce cas par la jonction bout à bout des couches différentes sur la pente des anciennes vallées.

§ 224. liiroeaitéfl d'obserration. — Lorsqu'il s*agit d'établir les rapports de stratification entre deux dépôts, il est nécessaire d'apporter une grande attention à la structure particulière des ooaches, qui peut en certains cas induire facilement en erreur. Ainsi, de ce que la couche a, Bg. 167, présente des divisions particulières, il ne faudrait pas en conclure qu'il y a avec la couche & discordance de stratification ; cette apparence résulte entièrement de la strucque la couche a doit à sa formation rapide dans des circon-

œMPOSITlOK DBS TBRRilNS DE SKDINBNT.

stances particulières comme ne mentsquionl lieu dans no^ rivières, § IIS.

9 vu dans les atterrisse-

Exempki de

Les matières schisteuses peuvent à cet ^ard donner lieu à beaucoup d'incertitudes, parce qu'elles offrent des divisions dans tous les sens et que, quelquefois, la moins apparente est précisément celle de la stratiHcation. Ainsi, en regardant les plus fines divisions de la masse schisteuse a, fig. 168, comme annonçant la slratitïcalion, on considérerait le dépôt 6 comme concordant avec le premier, et dès lors le dépôt e comme discordant. Ce serait le contraire si l'on prenait les joints parallèles à ik pour ceux de la stratification ; le dépôt c serait alors concordant, et le dépôt 6 discordant. Enfin , en prenant les autres joints de la masse schisteuse comme indice de la stratification , les autres dépôts seraient tous deuz discordants. On conçoit qu'il puisse être souvent difficile de se prononcer; cependant, en général, la division schisteuse est fréquemment une structure , qui tient peut-être â une certaine cristallisation des matières terreuses dont la roche provient, et c'est en conséquence parmi les autres qu'il faut ordinairement choisir. Or, les joints de dislocation, car il faut bien que l'une ou l'autre division ait été produite ainsi , sont des fentes unies et bien déterminées, souvent légèrement ouvertes, qui se prolongent ordinairement dans ''^ ' plusieurs dépôts consécutifs, tandis que les

, joints de stratification sont plus ondulés, et - oQ^nt même plus d'adhérence.

'1 est à remarquer que les ondulalions les plui irrégulières des véritables strates sont souvent traversées toutes, comme on le voit dans les Ardennes, dans le Forez, dans les ( orbiëres, etc. , par la structure schisteuse, fig i 69, qui n'en est nullement altérée. Cette circonstance annonce évidemment que celle structure est un effet postérieur au contour- K nt des coucliL>> et qii on peut altribuor i'i un mi''lamw\;\wTO.f. ,

riEOLOGIB.

g ait , plus moderne que leur Jérangemeot. Les divisions exlrtndinaires dont on reconnaît ainsi l'existence prennent quelqoelbisk nom de fauise slratificalion, § îiô. CaracUrca (ohpdIb par Ica reatcm •rsaaiqaea. —

Les restes organiques , très- nombreux dans la plupart des dépAb sédimenlaires. nous fournissent aus^i les moyens de nous reconnallts au milieu du dédale de couches successives. D'abord il y en a qui sont particuliers à certains dépôts, qui ne se sont jamais moalris ailleurs, et qui |iar conséquentlesfont distinguer nettement comme des horizons géologiques. Ainsi, le calcaire de Bala, les terrains siluriens'ou dévoniens inférieura se reconnaissent par la présence dK débris d'une certiiine Tamille de crustacés, nommés trifobifes, qui nese trouvent nulle autre part ailleurs, ou dont on voit tout au plm quelques traces Tort rares dans le calcaire carbonirère. Telles sont les diverses espiKies du genre ^sopAe, Ug- 470 et 171, du genre falyméne, fig. 172, etc.

D'autres cararlères exceibnts sont fournis par la présence de b gryphée arquée, lig, 173, qui appartient OU lias, et ne se trouve qut là; ■par i'exogyra rirgula , l\g. ni (genre de gryiiliées à Kocliel» rejetés sur le c6té) , qui appartient nu contraire à la {lartie supérieure des terrains jurassiques; ]>ar les baculites et tarriUia, fig. 17S et 176, coquilles cloisonnées, droilos ou lurricult^. à bords découpés, qui rommenri'ut et finissent dans lu |)ériodc cri'-

a)»POSlTtON DES TBSRAIMS de SËDIUENT.

Beaucoup d'autres débris, moins exclusifâ que les précédents, in„ ,,, nous fournissent eorore de bons moyens de distinc~ tien , soit parce qu'ils se trouvent dans des limites assez resserrées, soit parce qu'aus différents éiages ils présentent des espèces particulières. Ainsi les OTthociratites,G°. 177, qui commencent dans les calcaires les plus profonds, disparaissent entièrement après le calcaire carbonifère. Les ammonitei à cloi' sons anguleuses et persillées ne commencent qu'as* sei haut dans la série des terrains sédimenlaires , Pt Bnissent avecla craie; elles nous offrent des espèces caracléristiques à chaque éiage : par exemple, l'atntnoitile tioufiuse, lï};. Ï78, ne se trouve que dans le calcaireconchylien;ranitnonir«(i«fiuctfanij,5g.17!>, appartient au lias, etc.

Les bétemnites, Tig. ^ SO, iir commencent que dans le lias, et disparaissent pour toujours après la craie. Les scajAites, fig. tSt, commencent et finissent dans les terrains crétacés.

Les bracliiopodcs (voyez Zoologie), dont les bras roulés en spirale se voient cncoro à l'inlérieur de quelques fossiles, fig. 183, nous offrent aiis^i des caractères assez tranchés. Les couches anciennes nous présentent: !• lesorfWs, fig. <82, caractérisées par une ouverture triangulaire au-des!U]us du sommet, la valve dorsale élanl bombée , et l'autre plus ou moins ; 3° les spiriféTes, H^. 1 83, à ouvertoresemblable,maisà valve dorsale creusée au milieu, et l'autre renflée vis-à-vis; 3° les prorfue/us fig 18i, sansou\erture doutla ralve ventrale est plate, ou même creuse Plu» haut, ces genres disparaissent, et les /erd(tra/w/es fig 181 186, percée» d un trou

rond au sommet même de la valve dorsale , sont les seuls débris de ce groupe qui se continuent jusque dans la craie.

S 226. Nous ne parlons ici que des débris organiques qu'on rencontre fréquemment ; mais si nous pouvions entrer dans le détail des débris d'animaux vertébrés, nous aurions encore beaucoup de caractères importants. Nous verrions au-dessous des dépôts houil- 1ers les restes de ces énormes poissons dont on a fait un groupe nommé poissons sauroïdes à cause de leur forte organisation et de leurs mâchoires solides, armées de fortes dents, qui annoncent leur voracité ; on en retrouve diverses espèces jusqu'au terrain crétacé, avec des débris de squales dont les dimensions devaient être aussi très- considérables. Parmi les reptiles on trouve un grand nombre de genres et d'eépèces, remarquables surtout par des dimensions colossales, qui commencent avec les dépôts pénéens. Des sauriens gigantesques, les uns nageurs, les autres terrestres ou volants, caractérisent les dépôts depuis le lias jusqu'à la craie inclusivement ; au-dessus se trouvent des crocodiles, comme aussi de vrais squales , qui vont de la craie jusque dans les terrains supérieurs. Les mammifères commencent dans les terrains jurassiques ; mais c'est seulement au-dessus de la craie qu'ils deviennent abondants et présentent de nombreuses espèces ; enfin , c'est dans les terrains subapennins qu'ils se rapprochent entièrement des formes actuelles.

La flore des divers dépôts sédimentaires nous présente de nombreuses espèces de la famille des fougères dans la partie supérieure des terrains dévouions, et surtout dans le groupe des terrains houillers. Les cycadées, les conifères ne se montrent bien clairement que dans les dépôts supérieurs ; enfin , c'est après la craie que se trouvent les débris de plantes dicotylédones.

Nous reviendrons sur tous ces débris organiques, et nous fixerons les époques relatives de leur existence.

§ 227. Mature des dépôts de sédiment. — Les terrains sédimentaires se composent en très- grande partie de dépôts calcaires qui présentent un assez grand nombre de variétés, tantôt compactes, tantôt plus ou moins terreuses , et souvent mélangées d'une quantité plus ou moins considérable de matières sableuses ou argileuses. Il y en a d'oolitiques qui constituent des couches puissantes répétée souvent un assez grand nombre de fois et séparées par d'autres dépôts. Ce n'est que dans le voisinage des matières de fusion que les calcaires prennent un caractère cristalhn et se remplissent souvent alors de diverses matières; de là résultent les différents marbres composés, qui, comme roches, prennent différents noms. (Voyez les dépôts de cristallisation, § HM r.)

Im étpdia faicùra des lertvas de sé^traent alternent Im BWËres STOC des dépôts arénacés. qui reçoivent MHi, itf vaal la (bnne des [taities «t au:^ suivaDt leurs posiW datWtérie géologiqQe. On umunakifahMles matières toroiécsè ftl^aalB angnlnn, et poudimgmm celleB qui sont composées-dl martÊÊmt ammdù d'une certuna poMOnr. Un les déâgne sotat wtm da frA lorsque les perties aonl aa petite grainâ distiiicta : été ■avdMUie le nom d'or^tto et de moriwi, qui sont alors plas* ■otas Ciksriftres, lorsque les parties composantes deviennent»

D*a|iièa la pnitiOD géoh^que, on donne te nom de graaatik ail bfèches, ans poudii^M, aux grès, quriqnefoismÉmean» gOot dw terrains de aédimant les |rius andras, ou. kaploBi^f» <Midas terrait» de criBtaliisatioa qui ont agîaar«azde<MMi iHJires. On les distingue en grarnooelMB gnuièm tltymél^ n ; celles-ci renfennent sou veut un grand nombn dBfp S de mica disposées à plat, qu'on recwiinait à leur mirnl " s paraissent avoir été primitivement des argiles^ tpi»< Mances de dessèchement et de ntétamorphisne Adea; elles passent p^ toutes les nuances i an Bdùsl«s talqueui. Le plus souvent les lôtea aambres, et les variétés schisteuses daviannent noires; cependant il y en a de diverse» autrea coaleors, ment de jouges, comme celle qu'on a nommée vieux gris n^ (oid nd mndslime des Anglais).

Las gn-s proprement dits prennent aussi les diiïérenls notsdt qiMtnite . i/rés houiller , grés bigarré, grés l'erf et mo/ofM , etc. Ui quartila ^nt des grès consolidés qu'on rencontre dans le voiBia|> des terrains de cristallisation, où ils ont pris le caractère de qon grenu par voie de mélamorpliisme.

Le grés houiller, ainsi nommé parce que c'est au milieu de» dépôts que se trouve la houille, est en général formé d'une KV mulalion de grains quarzeux et feldspathiques réunis par un (iatf argileux plus ou moins micacé, ordinairement grisâtre; il pisni des argiles fchisleuses et à des schistes bitumineux qui ne sont i]> des grès très-Fins.

Le grès rouge , plus moderne que le grès houiller, présent» Wvent un ciment argileux et sablonneux , de couleur rouge, qui M* pile des galets de quarz , de quarzite , de schiste ai^leui , de pff* pliyre, de granité, etc. , souvent réduits à l'état de grains ÛA parmi lesquels on distingue le feldspath par sa décompocitioa <■ kaolin. Ces grés passent souvent au porphyre par des partiel Ii1>'

leuses plus compactes qui finissent par renfermer des cristaux de feldspath, et qu'on nomme argilolite et argilophyre.

Le grès bigarré, ordinairement à grains fins, est encore, en général, de couleur rouge; mais, en grand, il passe par toutes les teintes, et surtout se trouve intercalé avec des argiles ou des marnes rouges, violâtres, verdâtres , qui donnent à la masse une bigarrure de couleurs plus ou moins remarquables.

Le grès vert prend sa dénomination de la grande quantité de petits grains verts qu*il renferme ; il est presque toujours calcarifère , et passe par toutes les nuances à la craie verte , avec laquelle il se trouve.

La molasse est un grès fin, renfermant aussi des grains verts, qui est plus ou moins argileux et calcaire, et qu'on trouve dans les terrains de sédiment en quelque sorte les plus modernes.

Il n'est pas inutile de remarquer que dans divers ouvrages les différents grès , lorsqu'ils sont micacés, ce qui est assez fréquent, reçoivent le nom de psammite. Quelquefois on nomme pséphite les variétés qui présentent un ciment argileux. Les arkoses, comme nous l'avons dit, § 2 1 2, ne sont que des modifications de toute espèce de grès auprès des roches de cristallisation. On y reconnaît alors des veines de quarz, de silex, de barytine, divers amas métallifères, toutes substances formées sans doute après coup, soit par des injections de matières fondues, soit par infiltration des eaux thermales, qui venaient alors du sein de la terre à travers les fissures de la roche cristalline, § 151.

ÉTUDE DES DIVERS DÉPÔTS DE SÉDIMENT, OU l^RRAINS.

§ 228. Moyens de division. — Les discordances de stratification dans les terrains de sédiment sont des faits très-importants à constater ; car si certains dépôts se trouvent quelque part en couches inclinées , tandis que d'autres se sont formés par-dessus, en couches horizontales par exemple, il faut bien en conclure que les premiers ont été produits avant une certaine catastrophe qui les a redressés , $ 4 65 , et que c'est au contraire après cette catastrophe que les autres se sont précipités des eaux. De là deux périodes plus ou moins longues de formations tranquilles séparées par un bouleversement, qui correspondent par conséquent à des époques géologiques très-différentes Tune de l'autre. C'est surtout d'après les observations de stratification, aidées par les différences que présentent les débris organiques aux divers étages de matières sédv

neBtMMB, auflBî bien qae par la nalara des rochM roalén qni oompoanit les dépôts de cailloux et de g^avien qui aë sont aoecéiK, qa*0B eat condail à partager Umie la aéiie en divera çoopas, on tenraiiiB, qui représenlent autant d'époques géologiqaeB, ooane nous TaTODs indiqué par des acofritadea dans le tablmi , page IM. Chaque groupe est en stratification discordante aivec oehn qâ le préâde, ce qu'on observe quelquefois auasi dalia qodqncsiagt des couches qui le composent. Lee diflérentes divisions qu'on psr YienI à reconnaître présentent fréquemment alon un asseï gpwi nombre de caractères distincti& de toute espèce.

JSM. «enr«feMi«eeé«lmMite«MieMk^On regarde conae appartenant à d'andens dépôts de sédiments, modififa par les «geob métamorphiques, tous ceux qu'on trouve à la surface de la terni l'état de schiste argpleux, de micaschtetes etmème de gnoak Ces dépôts offrent des directions de couches trè^^variëea qni annoacist que c'est à des Ages très-différents qu*il ftint les rapporter. Lesphs anciens qu'on ait pu distinguer jusqu'à présent oifrent une dto* tion parallèle à celle d'un grand cerde orienté à Vannes vers le N.- N.-O. ; d'autres ont leurs directionsparallètes k u6 grand cskIb qii serait au mémo lieu N. 23* E. , ou 0. 38*8. , etc. Les pnndeiaMt les dépôts de schistes luisants, satinés, de Belle-Oe^^ii-Mar, aioi que ceux qui se trouvent vis-à-vis remboncfaure de la VImm; ki seconds sont les schistes verdâtres du paya de Galles etdaWertmoreland ; enfin , les derniers sont les micaschistes et les gnùde la Loire-Inférieure, delà Vendée, ceux même de la Corrèzesurla direction de Tulle à Nontron, des bords du Lot, auprès d'Espalioo (Aveyron), et même des bords du Thoré au nord-est de Castres, etc. On voit que tes divers dépôts se rencontreraient en stratificatioDS discordantes , s'ils ne se trouvaient à de grandes distances les uos des autres, et quelquefois même séparés par des mers. Sans doute, l'observation en fera découvrir beaucoup d'autres tout aussi distincts que ceux que nous venons d'indiquer, à mesure qn'oD étv- j diera avec plus de soin l'allure des divers dépôts de ces andeane? époques.

On n'a trouvé dans les dépôts dont nous venons de donner la direction des couches, aucune trace de corps organisés fossiles, soit que , ce qui n*est guère probable , ils aient été formés avant que la terre présentât des êtres vivants , § 434 , soit que les d^)ri8 organiques qui y ont été renfermés aient été détruits dans les métamorphismes profonds que ces roches ont dû subir, comme on le voit dans un grand nombre de lieux pour des dépôts beaucoup plu^ modernes, §269, 283.

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