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ETUDE DES TERRAINS CRETACES

couche marneuse caraclérisée par la présence d'une grande espèce d'exogyre, de 5 à 6 pouces de diamètre, Qg. 297, qui n'a pas paru dans le terrain néocomien. Dans l'est de la France, cette bivalve est accompagnée de plusieurs coquilles parliculières , et notamment la ptiealula plaeunea, iig. 298, qui n'existe pas à d'autres étages. Dans le Var on y trouve encore quelques espèces très-particulières d'amm on l'es et d'hatniles% 272. Quant aux argiles et aux grès, du grès vert proprement dit, on pourrait citer un grand nombre defossiles caractéristiques, parmi lesquels se trouvent la nucu^ peclinala, fig. 2'J9, Vineceramus concmtricia , fîg. 230,

Fig IM Nuculaitl ala, coquille el niOMle. V\n.

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plusieurs espèces d'ammonites, et notamment Vammonites monile, fig. 301 .

Dans la craie tuffeau nous avons déjà cité les baculiles et les turrilites, fig. 302, 303. On peut ajouUT les scaphites, fig. 304, quelques espèces d*ammonites, d^. 305, 306, puis r6a;o(7t/ra columba, 6g. 307, Vostrea carinata^ (ig. 308, la terebratula octopUcala, fig. 309, qui se continuent aussi dans la craie blanche.

§ 275. Débris de poissons. — C'est dans ces terrains que commencent les vrais squales, qui ont remplacé les poissons sauroïdes du calcaire carbonifère, § 236, et les sauriens nageurs du lias, § 258. Leur taille a dû être considérable dans le principe, car dans nos espèces actuelles de 10 mètres de long, les dents n'ont pas plus de 4 à 5 centimètres de hauteur sur 5 à 6 de large à la base, et parmi les débris fossiles nous trouvons de ces organes qui ont jusqu'à 42 centimètres. On estime que l'animal qui les portait devait avoir 20 à 25 mètres, et que la gueule ouverte devait présenter 3 mètres de diamètre.

§ 276. Terrain crétacé snpérlenr. — Souvent les dépôts dont nous avons maintenant à parler se continuent r^ulièrement sur ceux de la formation précédente ; mais en certains lieux, comme dans la partie orientale du Dauphiné et en Piémont, ils se trouvent avec eux en stratification discordante, ce qui trace naturellement la fin des uns et le commencement des autres.

Ces dépôts, sur de très-grandes étendues, se trouvent formés de l'espèce de calcaire terreux renfermant une grande quantité de foraminifères, § H9, 446, qu'on nomme proprement craie; la partie inférieure est souvent mélangée de parties argileuses, et présente la craie marneuse. Au-dessus la matière renferme un grand nombre de rognons de silex qui, par leur réunion, forment des espèces (le lits, souvent répétés plusieurs fois sous de petites épaisseurs. Cependant ce caractère, quoique très-commun, manque dans un grand nombre de lieux, soit que le dépôt auquel il appartient n'ait pas été développé, soit qu'il ait été formé dans des circonstances particulières à l'abri des sources thermales, § 82, 443, 454, qui amenaient la matière siliceuse au milieu des sédiments.

Dans quelques cas la craie renferme une grande quantité de sables, et en certains lieux se trouve remplacée même par des grès. Quelquefois elle prend le caractère oolitique, et ailleurs elle fait place à des calcaires compactes et plus ou moins cristallins, blanchâtres, gris et de couleur variée.

$ 277. Débris organiques. —A l'exception des baculites, fig. 302, qu'on Iroiivc encore à Maëstricht, les céphalopodes à cloisons per-

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ïie 301 Eiogyra uoh

aillées ont complètement diâparu dans les terrains crétacés supérieurs ; mais il reste des bélemnites d'espèces particulières, telles que le béUmniIeg mucronalus, Tig. 310, et beaucoup de débhB oi^dIques qu'on ne rencontre pas dans la craie tuffeau : on peut dler le plagiostoma ipitiosum, lig. 314, Vostrea vesicalaria, fig. 318; k eatillas Cut'ieri, Tig. 31 3, dont la structure est fibreuse , la lenliiatala Defrancii, Kg. 31i; Vananckila ovatus, fig. 3tG; \etpatatisia cor anguinum,h°. 316, et plusieurs autres échinites.

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Fig 3 fi

g 378 I^ ra e sab PI e de Maeâtricbt, qui termine les dépoU crétacés aupéneura se fait remarquer en ce q'i'avec les fossiles précédents elle en renferme d'analogues à ceux du calcaire parisien, g 3S4 ; circonslance qui indique la lin d'un certain ordre de choses et le commencement d'un autre. C'est dans ce dépât qu'on a trouvé l'énorme saurien, connu sous le nom d'animal de Maëstricht, qui n'avait pas moins de ^ mètres de long, et dont la léle, armée d'un formidable appareil dentaire, Hg. 317, avait 1 mètre j.

La craie nous offre aussi des débris de cétacés qui se rapportent aux lamantins et aux dauphins.

§379. GilcaiTe à hippuTites. — Le terrain crétacé supérieur présente, dans certaines localités, des coquilles remarquables par leurs formes et leur structure, qu'on a désignées sous les noms rt'ftippu-

rtlm ioradtdilaetdesphéruhtes fig 318 a 320 dont il y a dans les Corbiëres [lupri^s dea bains de Rennes Aude) un gigemeat iTia renommé par le i ombre el la var été des espèces. Ces corpi se trouvent tantôt dans des caica res presque cnstallins, ou compactes et comparables â ce x du Jura tantôt dans des calcaires marneux , blancs , grisiplu9 ou oins décomposa blés â iir dans des grès cal- ' carifërea quelquefois en- Tn dans la craie tuffeau.

Non seulement oa-ea trouvedans les Pyrénées, pr ncipalement dans le

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groupe des Corbiëres, maiailen existe aussi dans lesdépAta crétacés du Périgord, de l'Angoumois et de]aSainlonge;oiien indique dans la craie de Maësiricht, ainsi qu'en Hongrie et en Egypte. Le nombre de ces coquilles e^t sauvent très-cunsidérable, et les couches qui les renferment en paraissent parfois entièrement formées.

§ 280. Calcaires à nummuliles. — Au-dessus des couches à hlppurites des Corbières, et dans la même stratilication, on trouve des dépôts puisaanls de calcaire qui sont souvent presque entièrement formés de numroulites, fig. iH. Ces dépôts ont cela de remarquable, qu'avec quelques fossiles des terrains crétacés, ils en renferment un grand nombre d'autres qu'on avait regardés jusqu'ici comme ne se trouvant que dans le calcaire parisien i telles sont des moules intérieures de céritea de naticcs de turritelles de buccardes, etc., coquilles qu on avait coutume d mdiquer comme caractéristiques des dépûts par lesquels on commence les formations tertiaires, $ 38 t.

Ces calcaires sont tantôt plus ou moins lerreux, tantôt compactes, et souvent de couleurs foncées. Ils sont très -abondants, et d'une grande puissance, dans les Corbières, ainsi qu'à la montagne Noire, oii ils s'appuient direct«ment sur les trancheâ des schistes anciens. On les retrouve également tout le long do la chaîne des Pyrénées, on stratification concordante avec les couches qui appartiennent au terrain crétecé supérieur; ils se prolongent jusqu'à Bayonne. Ils existent aussi dans les Alpes, au mont Viso, qui forme la limite du Daupbiné, de la Provence et du Piémont, où ils sont en stratification discordante avec le terrain crétacé inférieur. Plus loin ils composent les terrains calcaréo-trappéens du Vicentin, et ils paraissent se retrouver en Corse. On les cite encore en Crimée , au Caucase, en Arménie, du pied de l'Ararat au Taurus. Ils sont aussi très-abondanis en Egypte, où ils ont servi à la construction des pyramides, et constituent des variétés compactes, de couleurs grises., <\ue <iKï&

le principe OD a rapportées aux calcaires jurassiques. On les indique aussi dans cette contrée comme liés intimement avec les calcaires à hippurites dans lesquels on cite en même temps des baculites,

A la base de ces dépôts on trouve dans les Corbières et à la montagne Noire, des couches de marnes et de calcaires, atteignant parfois jusqu'à 40 mètres de puissance, dans lesquelles on rencontre des coquilles fluviatiles, tantôt seules, tantôt mélangées de coquilles marines. Il en résulte qu'il y a eu çà et là des affluents d'eau douce au milieu des mers de cette époque; et c'est peut-être aussi ce qu'indiquent les dépôts de lignite qui existent en divers points, et à peu près dans la même position.

Le calcaire à nummulites a été un sujet de discussion parmi les géologues : les uns, attachant une grande importance à la présence des fossiles du terrain parisien, ont considéré ces dépôts comme formant la base des terrains tertiaires; les autres, donnant plus d'attention aux phénomènes qui résultent dés grandes catastrophes dont notre globe a été le théâtre, et prenant d'ailleurs en considération la liaison qui existe entre ces dépôts et les couches à hippurites, les ont considérés comme terminant la série des terrains crétacés supérieurs, en les assimilant aux dépôts de Maëstricht, où le mélange des mêmes débris organiques se fait également remarquer, § 277 : c'est cette dernière idée que toutes les observations paraissent faire aujourd'hui prévaloir.

§ 281 . Étendue des terralnn crétacés. — Les divers groupes de terrains dont nous venons de parler, § 270 à 280, comme constituant les terrains crétacés, sont d'une étendue immense à la surface du globe. De l'Irlande et de l'Angleterre ils se prolongent en traversant la Manche, d'un côté, par la Normandie, la Touraine, la Sologne, la Saintonge et le Périgord, jusque dans les Pyrénées et la partie septentrionale de l'Espagne, dans les îles Baléares, etc. De l'autre côté, partant de la Normandie, ils s'étendent dans la Picardie, l'Artois, la Belgique, puis dans la Champagne, l'Auxerrois, le Blaisois, entourant ainsi de toutes parts le bassin de Paris. Ils se retrouvent dans plusieurs parties de l'Allemagne, en Danemark, en Suède, en Russie, dans la Pologne, la Podolie, la Gallicie, la Hongrie, où le grès vert compose la plus grande partie des Karpathes. On retrouve ces dépôts en Crimée, au Caucase et en Arménie, dans l'Asie Mineure et la Grèce, dans l'Albanie, la Dalmatie, l'Italie, la Sicile, puis dans toute la Provence et dans les Alpes, qu'ils entourent de tous côtés. Ils paraissent encore fort étendus en Egypte, où ils composent peut-être tout le fond du grand désert et les monta-

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