‹ MinéralogieChapitre 134 sur 160 · ÉTUDE DIS TERRAINS CRÉTACÉS · texte numérisé non relu

ÉTUDE DIS TERRAINS CRÉTACÉS

gnes qui le terminent. Ce sont les plus vastes dépôts'de sédiment que nous connaissions, et leur épaisseur atteste encore de longues périodes de tranquillité, pendant lesquelles les mers d'alors se sont successivement remplies.

La carte générale, fig. 2d6, peut indiquer aussi, relativement à la France, la disposition des dépôts crétacés. Ils se trouvent, en effet, presque partout, à la partie extérieure des bandes jurassiques que nous y avons indiquées, d'un côté, vers le bassin au centre duquel se trouve Paris ; d'un autre, sur les bords du bassin de la Garonne, tout le long des Pyrénées, sur la pente orientale des Cévennes, de Montpellier à Privas, le long des montagnes du Dauphiné, jusque dans la Provence. C'est, en général, le groupe inférieur qui domine dans la plus grande partie de cette étendue, et qui paraît même uniquement dans un grand nombre de localités. Le groupe supérieur ne se montre avec quelque abondance que dans la partie orientale du bassin de Paris, où il est, du reste, fréquemment caché par des dépôts subséquents; il ne forme au delà qu'une bande légère sur la pente des Pyrénées, et un groupe peu étendu dans la partie orientale du Dauphiné et de la Provence.

Les dépôts crétacés se trouvent souvent modifiés, comme les dépôts jurassiques, § 2ô9, par l'apparition des roches ignées et par les circonstances diverses qui accompagnaient leur sortie du sein do la terre : c'est ce qui est arrivé dans les Alpes et dans les Pyrénées, où ils présentent des caractères tels, qu'on les a longtemps regardés comme des terrains de transition. Ce fut un grand sujet d'étonnement lorsque M. Brongniart, par la comparaison des fossiles, fit voir que la montagne des Fis près de Chamounix, les Diablerets, au nord-est de Bex, et plusieurs autres parties des avant-postes des Alpes, appartenaient aux terrains des environs de Paris, et notamment à la craie.

§ 282. Dépôts subordonnés ou adventifs des terrains crétacés, — Nous avons déjà cité les minerais de fer de la Haute-Marne et de l'Aube, dans le terrain wealdien ; nous devons ajouter de grands dépôts de lignites, comme ceux d'Orthès dans les Landes, de Bellesta et de Saint-Girons dans l' Ariége, d'Irun dans le Guipuscoa, etc. , qui sont probablement formés de conifères, car il n'y avait pas encore de dicotylédones. Il existe aussi du gypse dans la craie même, d'une part dans la Charente-Inférieure et la Dordogne, de l'autre sur toute la pente des Pyrénées. Dans cette dernière région le gypse est en relation intime avec les ophites qui se sont fait jour à travers le terrain crétacé, et des sources salifères se rencontrent partout dans son voisinage. Il y a même des masses de sel gemme, comme

à Cardona eii Calalogno, qui sont restées fortuitement dans la craie, tandis qu*ailleurs elles ont été poussées, comme Tophite même, jusqu'aux derniers dépôts tertiaires.

Rappelons les dépôts fluviatiles qui se présentent à tous les étages et qui annoncent des affluents d*eau douce dans les mers de cette époque.

§ 283. Terrain parisien. — Des dépôts de sable, d'argile, ei de calcaire plus ou moins sableux, telles sont les matières qui constituent la formation que nous allons décrire. Ces matières ne sont pas superposées, mais se trouvent plutôt accolées les unes aux autres, comme des parties variables d*un même tout. Les sables forment la partie dominante autour de Bruxelles ; les argiles caractérisent les dépôts des environs de Londres, et le calcaire, au contraire, est extrêmement développé autour de Paris.

§ 284. Dépôts des environs de Paris. — C'est à MM. Cuvier et Brongniart qu'on doit les premières recherches sur la formation parisienne, jusqu'alors si négligée, et dont la connaissance a tant contribué à l'avancement de la géologie générale. Au-dessus de la craie se trouve d'abord ce qu'on nomme V argile plasticité, qui est blanche et très-pure, aux environs de Montereaii d'un côté, entre Houdan et Dreux de l'autre, et qui sert alors à la fabrication des poteries fines. Ailleurs elle est colorée, impure, et ne peut servir que pour les poteries grossières.

L'argile plastique renferme çà et là des lignites, où, avec de nombreuses conifères, se montrent des phanérogames monocotylédones, (le véritables palmiers, dont nous avons vu quelques fruits dans le lias, § 260, et quelques dicotylédones. Elle présente quelquefois des coquilles d'eau douce, et on y reconnaît aussi des coquilles marines dans la partie supérieure, là où elle est en contact avec les calcaires auxquels elle sert de support.

Au-dessus de ces argiles se trouvent çà et là une couche de sable, puis des dépôts calcaires très-sableux, et enfin des dépôts puissants de calcaires généralement grossiers, plus ou moins durs, dont les assises, souvent séparées par des couches minces de marnes argileuses, se distinguent les unes des autres par divers caractères. Ces calcaires renferment une quantité prodigieuse de foraminifères, § 146, que nous avons déjà citées dans la craie, § 276. et qui appartiennent surtout au groupe qu'on a nommé milliolites, formant les genres biloculine, triloculine, etc. Il y a des couches qui en sont entièrement formées, et les autres en renferment des quantités immenses.

Les débris organiques de ce nouvel ordre de choses ne présentent

ÉTltiïE DU

rERRAITS PAillSIËN. 243

plus iii ammonites, ni bélemniles, ri même aucun des c'chinides que nous avons dÉJè cilfe.

Les coquilles qu'on y trouve ont

beaucoup pUn d'analogie avec

celles que nous connaissons vi-

vantes, que tout ce que nons

\ avons rencontré jusqu'ici; tes

1 trois centièmes sont même iden-

V tiques avec ce qui existe aujonr-

^Ê d'hui dans nos mers, suivant la

jL^3^^^H

^ remarque de M. Deshayes. Les

■ cérithes, d'espèces très-variées.

^ y sont tellement abondantes.

W que le terrain a cto souvent dé-

■ sii^né sous le nom de calcaire â

^ cérithes. quoique ces mêmes Tos-

1 siles se trouvent aussi dans plu-

1 sieurs autres dépôts, notamment

1 dnns la craie de Maestrictit et

bh^^^^h

cfeg^^^B

1 g ^78, 280. Une des espèces, le

y^jw^^^B

est remarquable par sa taille.

qui va queiquerois jusqu'à 7 dé-

cimètres de longueur. L'extré-

mité en est presque toujours

usÉe ou cassée, par suite sans doute des froltemenls et des chocs éprouvés pendant la marcliede l'animal.

Les autres genres de débris

coquilliers ne sont pas moins nombreux, et, dans chacun d'eux, les espèces sont aussi très-variées; mais il est difficile d'en citer d'absolument caraclérisliques. Les unes ne se trou- ^ vent pas également dans toutes ■ les localités, et beaucoup d'au- ■ 1res se présentent de nnuveaii ■ dans lesiiépùts smiéîitiif* ici^'v. 1

244 UÈULOGIE.

nouâ allons bienlôt parler, % 290, elc. On peut cependant indiquer, du moins comme très-fréquenles, la lurriUllaimbricataria, fig. 3Î3; Vampallaria acuta,fi^.3îi; \e lerebeUum fusiforme, lig. 335; le milra scabra, fig. 32<i ; le criissateUa sulcala, Bg. 327 ; le cardium fMTufoium, flg. 328, etc. Les nummuliles sont quelquefois assez abondantes dans les couches inférieures et dans certaines localités, ce qui a conduit à l'idéo qu'elles appartenaient essentiellement aux dépôts de cet âijo,§ 280; maiselles disparaissent dans les couches supéi'ieures.

SÏ85. Caicaire siliceux, meulière et gyf^se subordonna». — S'il 9 est fait autour de Pam un tiéç&l. tou^dérable de calcaire grossier.

ÉTUDE DU TERfiAlN PARISIEN. 215

il s'en est fait en môme temps un autre qui , en certains points , s'adosse ou s'accole au premier, tandis qu'ailleurs il repose immédiatement aussi sur l'argile plastique; c'est le calcaire siliceux^ matière ordinairement compacte ainsi nommée parce qu'elle renferme une assez- grande quantité de silice, tantôt disséminée uniformément dans la masse , tantôt formant çà et là des amas plus ou moins volumineux , fig. 329, qui constituent la meulière sans coquilles exploitée pour la confection des meules de moulin.

Meulière.

Fig. 329. Calcaire siliceux avec amas de meuitère.

Ce calcaire , formé probablement à la manière des dépôts adventifs, § 151, par des sources nombreuses, à la fois calcarifères , silicifères et gypsifères , qui s'épanchaient vers les bords du golfe de cette époque , § 369 , s'étend principalement dans la Brie , où il présente des dépôts puissants ; de là il se prolonge en couches minces autour de Paris, et il renferme alors beaucoup de coquilles fluviatiles, § 143. On le trouve appuyé sur les calcaires grossiers, à Saint-Ouen , et ailleurs , où il est alors recouvert par les dépôts de gypse parisien avec les marnes et les argiles qui les accompagnent. Dans d'autres points on le voit reposer sur les gypses eux-mêmes ; de sorte que ceux-ci semblent avoir formé dans le dépôt général une grande lentille, aujourd'hui disloquée par une dénudation postérieure, § 214 , qui s'est trouvée à nu sur la rive droite de la Marne et le long de la Seine , comme les amas de meulières sans coquilles se sont trouvés sur la gauche. Ici il faut traverser le calcaire siliceux pour arriver au gypse , là , au^ contraire, cette matière se trouve au-dessus , et on peut l'exploiter par des galeries horizontales, comme à Montmartre, et dans plusieurs autres des monticules isolés qu'elle forme autour de Paris.

§ 286. C'est dans la pierre à plâtre qu'ont été reconnus les nombreux débris de mammifères, que le génie de Cuvier est parvenu à débrouiller, et à placer dans la série animale auprès de leurs divers congénères. Tels sont entre autres les anoplotherium et paleotherium , animaux pachydermes, plus ou moins rapprochés du rhinocéros et du tapir, et ([ui présentent chacun plusieurs espèces.

GÂOLOGIE.

Vanoplotherium commune, fig. 330, était de la taille d*un âne , de fonne lourde , à jambes grosses et courtes, ayant une longue queue. 11 y en avait des espèces à jambes minces , qui dès lors devaient être sveltes et agiles ; on en a trouvé d*autres qui n'avaient que la grosseur d*un lièvre ou même d'un cochon dinde, qui cependant étaient adultes.

Fig. 330. Squelette danoplotherium commune.

Le paleotherium magnum, fîg. 331 , était de la taille d'un cheval, et de la forme d'un tapir ; mais parmi les espèces il s'en est trouvé et de plus grandes et de plus petites , et même au-dessous de la taille d'un mouton.

Fig. 331. Squelette de paleotherium magnum.

On a rencontré aussi avec ces animaux des débris de sauriens et de chéloniens, et co sont les portions de carapace de ces derniers qui ont été citées pour des os ne crânes humains avant qu'on se fût occupé sérieusement d'ostéologie comparée.

§ 287. Terrain parisien d'Angleterre , de Belgique, du midi de la hrance. — Comme nous l'avons dit, co n'est pas le calcaire qui s'est développé en Angleterre; c'est une argile, \ argile de Londres, au milieu de laquelle se trouvent aussi la plupart des -débris do mollusques qui forment le calcaire grossier parisien : l'argile

ÉTUDE DU TERUAIN DE MOLASSE. 247

plastique est remplacée par des sables et des cailloux roulés renfermant des amas ai^ileux. C'est à peu près aussi ce qui se présente en Belgique, où le sable se continue dans toute Fépaisseur du terrain, renfermant seulement des nids calcaires plus ou moins étendus. Le calcaire siliceux , les meulières sans coquilles et le gypse manquent également de part et d'autre. Dans le midi de la France, c'est au contraire le calcaire grossier seul qui s'est développé , sans aucune de ses dépendances , et le gypse ne s'y trouve plus qu'en cristaux.

Il n'y a pas d'amas de combustibles dans les couches du terrain parisien postérieures à l'argile plastique, mais il s'y trouve un assez grand nombre de débris végétaux qui sont disséminés çà et là. Les uns appartiennent à des plantes marines, les autres a des plantes terrestres qui nous offrent des bois et des feuilles de palmiers et des empreintes de dicotylédones.

§ 288. Étendue des terrains parisiens. — Les dépôts de cette époque géologique sont beaucoup moins répandus à la surface de l'Europe que ceux dont nous nous sommes occupés jusqu'ici. Ils ne couvrent qu'un petit espace apparent en Angleterre, dans le bassin de Londres et dans le Sbuthampton, un autre dans le bassin de Paris, où ils sont limités par l'Oise , Gisors, Mantes, Versailles, Arpajon, Montereau, Provins, Épernay, Laon, d'où ils s'étendent en Belgique ; enfin , dans le bassin de la Gironde autour de Bordeaux. Du reste, ils sont souvent recouverts dans les mêmes contrées sur une plus grande étendue , où ils se montrent dans le fond des vallées sous les dépôts subséquents. Il est assez douteux qu'il s'en trouve en d'autres lieux de l'Europe; car divers points où ils ont été indiqués paraissent appartenir soit au dernier dépôt des terrains crétacés, comme ceux du Vicentin, etc., § 280 , soit à la molasse ou même au terrain subapennin.

§ 289. Terrain de molasse. Environs de Paris. — Au-dessus des gypses et des matières argileuses qui les accompagnent , se trouvent.des dépôts de sables souvent d'une très-grande épaisseur, les uns colorés par l'hydroxyde de fer, les autres blancs et purs. Ces sables forment souvent alors des masses de grès qui tantôt n'offrent aucun débris organique, ou seulement des coquilles roulées du calcaire grossier, tantôt , au contraire , renferment des coquilles qui ont assez souvent perdu leur test, et n'ont laissé que leurs empreintes. La forêt de Fontainebleau nous présente les grès purs qui servent au pavage de Paris; Montmartre et plusieurs points autour de la forêt de Montmorency, etc., nous offrent des grès coquilliers qui pourraient bien indiquer une autre formation.

S48 GÉOLOGIB.

Sur ces grès reposent des dépôts lacustres formant tantôt les meuliérei coqaUHéres remplies de lijmnits, fig. 333, de planorba, iig. 333 , de graines de ehaTa ou gt/rogonites, fig. 334 ; tantôt des calcaires plus ou moins purs. La meulière se trouve en amss sur toutes les hauteurs des environs do Paris, au-dessus des sables jaunes, et en relation avec des dépôts argileux, S<51 ; le calcaire se montre autour de Fontainebleau et dans un grand nombre d'autres

imtita langiieala. Planorbii (oomphaJ»»

§ 290. Molasse du midi. — Les grès anal<^ues à ceux de Fontainebleau no se trouvent guère qu'en Provence, entre Air, Aptet Hanosque , où , recouverts par des calcaires d'eau douce, les partits sableuses présentent aussi les formes empruntées au carbonate d« chaux que les dépôts de Fontainebleau nous ont offert (lUinéralogit. §67). 1* plus ordinairement , dans le midi, le terrain commence, au-dessus du calcaire grossier, par des depuis d'eau douce où l'on retrouve les gyrogonites , et qui sont tantôt calcaires , comme dans l'Agenais, tantôt arénacés, comme aux environs de Toulouseetdans tout le Languedoc. Dans ces derniers cas , c'est un grès argilo-calcaire, comme les molasses inférieures de la Suisse, desbordsdu Rhône et de la Provence. Souvent aussi ces dépôts sont entremêla. ou plulôt le calcaire se trouve subordonné au grès. Ces premiers sédiments sont recouverts quelquefois en stratification discordante par des molasses marines, ou par des dépôts fragmentaires de coquilles, connus en Touraine sous le nom de faluns, et qu'on retrouve avec les mêmes caractères dans les Landes.

Ces dépôts marins des faluns, quoique très-abondants en coquilles , n'ont cependant pas oITerl un aussi grand nombre d'es|)èeH que le calcaire grossier parisien; et néanmoins, d'après M. De^ hayes, les dix-huit centièmes do ces espèces sont identiques avec celles qui vivent aujourd'hui dans nos mers, différence considérable avec la proportion que nous avons fait remarquer dans If

ÉTtlDE DU TEBnAI> DE MOLASSE.

terrain parisien , gâSl. DureslB,ily aTréquemmenlla plusgrando analogue entre ces nuuveaux dépôts et les calcaires inférieurs avet: lesquels ils ont été conrondus ; mais si l'on remarque ainsi un Tacies commun , si l'on trouve souvent les mêmes coquilles do part et d'autre, il y a cependant des différences essentielles. D'un côté, on ne trouve pluâ les espèces que nous avons indiquées dans les dépdts inférieurs, plus de cerilhium giganteum, de caTtiiumfiorulosiwn, etc. ; de l'autre, on y rencontre de nouveaux débris, tels que ' le balanus crassus , fig.335; le rosleltoria pespelecani , Rg. 3Z6 ; [o pecten pleuronectes , fig. 337, etc., que jamais on n'a trouvés dans le terrain parisien , mais qui existent dans le terrain subapennin , dont nous allons bientôt parler.

mr>s-

^Ê §291. Mammifères de la muta'^ie — Los terrains qui se rap- ■ JBi' /ki portent a tette époque do formation

renferment encore diverses espèces de jialeolheiium. On y rencontre aussi plu- -es animaux qui constituent des genres dont on n'a trouvé aucnno trace dans tout ce qui précède, et dont , les espèces sont aujourd'hui perdues.

C'est là en effet que se trouvent les débrisde masiodontes, animaux analogues à l'éléphant, mais dont les dents, Hg. 338, ont leurs couronnes hérissées de pointes coniques, au lieu d'élre rplales, ce qui les avait fait d'abord regarder comme appartenant à

n animal carnassier. On y reconnaît aussi le dinotkerium giganleum, animal voisin du tapir, qui devait avoir 6 métrés de long, et qui est surtout remarquable au premier aspect par ses dérenses recourbées vers le bas. fi;, 339, Il fut trouvé d'abord dans la Uessr, puis auprès d'Auch, par M. Lartet, qui y renconlra plus tard des ossements de singes. Enfin les débris de rhinocéros, d'hippopotame, decastor, appartiennent égalementè ces dépôts.

§ 292. Débrii végétaux et cottAustibIt». — La molasse est trèsriche en combustible; elle renferme les lignites du Languedoc , de la Provence , de la Suisse , la plupart do ceux de l'Allemagoe, aussi bien que la terre de Cologne. Tous ces lignites paraiserat eocore avoir été formés principalement par les conifères , dont on recoanatt le tissu , lig. 340, dan::, la masse même de combustible ou dans les bois disséminés au milieu des divers dépdis

BTUDB DU TBKRâIH DE HDLASSE.

On conaaK cependant aussi dans c« terrain beaucoup de plaoles dicotylédones, dont on trouve çà et là des bois disséminés, quelquefois à l'état siliceux , et montrant clairement le tissu propre à cette classe de v^étaus , fig. Hi , caractérisé surtout par la prégence des g^nds vaisseaux loDgitudiaaux.

Il existe aussi des Teu Iles souvent même assez nombreuses dans les arg les q ac compag eut lea 11 gniles 0 1 I on re connaît d si ncte ment Ips caracleres que présenter t rel 1 es den d cotyl doues actuelles elles que noyers érable» or mes bo leaux etc fg 3J2 313 On y rencontre même des I j, fru Is que souvent I -^ on ne peut dist n gucr de ceux qu se t cuvent aujour d hu dans nus cl mats Bnlin ilse trouve dansce terrain, soit au milieu même des dépôu

^ CiWLOGtB.

■aàLiblar près de Cologne, soildanslesi»

» ou nbteuBi^â de la formation , des (tébris de pliinH nooocolylédoiMB : il y a des boiâ qui présentent loute la atmcw des palnucn, c'est-érdire un asâembiagc de faisceaux llgaeui àef.- «es kngiUidiDalenwnt.niU régularité, au milieud'untissucellulairt. coaunefig-Sii. Il s'y présente également des reuilIes,commelig. 31^

§293, Gup^e^, dépâls salifèrei, minerais de fer. — H esisledi™' la molasse des dépôts de gypses analogues à ceux des terrains l*"' siens, et qui appartiennent comme ceux-ci à des formations d'fl< douce , où l'on rencontre encore des débris de paleother/Wn et £i<t Ires animaux. Tels sont les gypses d'Aix en Provence , ceux qn** exploite entre Narbonne et Sijean , et enlin ceux des terrains ^ de la Catalogne, tous placés au milieu des terrains de molasKi)^ couvrent ces contrées , et où il n'existe rien d'analogue aux déj*!-' parisiens.

On peut citer aussi les dépôts saiirëres {Minéralogie) comme «ta des deux pentes desKarpathes, ceux des Pyrénées , qui accompignent les ophiles, g 151 , 199, dont l'épanchement s'est an* quelquefois dans la craie, § 281 , tandis qu'ailleurs il s'est pof« jusque dans la molasse et même dans les dépôts supérieurs.

Enfin on connaît dans la molasse des dépôls d'oxyde du Ter quelquefois assez abondants pour être exploités : tels sont les minerK> superGciels du Berry et du Nivernais, de l'Angoumois et du Périgord.

ÉTI:DE Dl' TERRAIN SmiPENNlN. 253

g 294. Etendue de la molasse. — Aux enTirons de Paris le terrain I demoiasso se trouve, suf la droite de la Seine, au sommet de tous r les monticules qui terminent le terrain parisien, et se prolonge W jusqu'à la Manche sur les sommités de la craie. Sur la gauche, il t couvre sans interruption une étendue considérable , au nord jusqu'à i Elbeuf, à l'ouest jusqu'à Nogent-le-Rolrou , et au sud , par l'Orléa- ■ nais, la Touraine, le Berry, jusque dans les anfractnosités de b bande jurassique qui traverse la France de l'ouest vers l'est. On le t retrouve dans tout le bassin de la Garonne, soit au fond des vallées, 1 comme dans la partie occidentale; soit sur tout le terrain , comme f dans la partie orientale , d'où il rejoint par Carcassonne , Béziers , ' Avignon , les dépâls de la vallée du Hhône et de la Provence entre leB lambeaux du grès vert. Les dépôts lacustres du Puy-en-Velay, d'Aurillacau pied du Cantal , de Clermont et du Bourbonnais, appartiennent à cette époqoe aussi bien que tous les petits dépôts coquiliiers qu'on trouve au milieu des lorrains antérieurs du Poitou , de la Bretagne et do la Normandie.

On retrouve le terrain do molasse dans toutes les parties de l'Europe ; il constitue toute la vallée de la Suisse, où il se lie à des poudingues nommés nagelftue; il passe dans la Bavière, en Autriche , en Hongrie, en Pologne, etc. Il est aussi très-répandu en Italie, d'où il vient se lier aux dépûla de la Provence et du Languedoc ; enfin il se retrouve dans toutes les parties basses de l'Espagne et tout le long des pentes septentrionales des Pyrénées, d'où il se prolonge dans l'ouest de la France.

% 295. Terrain mbapennin. — Au-dessus de la molasse si' présentent encore d'autres dépôts, tantôt lacustres , tantât marins , . qai se trouvent avec elle en stratification discordante , et annoncent par cela môme une nouvelle époque déformation. Les dépôts lacus- ■-* très , qu'on observe parti eu lièrent eut dans la Bresse , où commence un vaste bassin qui s'étend jusqu'à Valence , sont composés de dépâls alternatifs de galets plus ou moins volumineux, de sables et d'argile grossière, dont l'une ou l'autre domine suivant les localités, et au milieu desquels se trouvent çà et là des amas qui renferment des coquilles Quviatiles.

I^s dépôts marins , qui constituent principalement les collines subapennines, depuis Turin jusqu'à l'extrémité de l'Italie, se composent de matières sableuses et de marnes plus ou moins calcarifères. Ils renferment une assez grande quantité de coquilles, dont les cinquante centièmes, suivant M. Deshayes, sont identiques avec celles de la Méditerranée ; ce qui établit une grande différence 3 les dépôts parisiens qui n'offrent que trois centièmes '

GftOLOGU.

quilles analogues à cellee de l'époque actuelle, aussi bien qu'avec la molasse marine qui en renferme dii-liui^. Aussi trouve>t-on dans ce terrain beaucoup de débris organiques qui ne se montrent pas au-dessous; par exemple, \e pteurotoma rotalo, Gg. 3iE; le bucânumpritmalieum, Gg. 3i7; levoluta Lambtrti, Gg. 348, etc., et la

plupart des coquilles de la Méditerranée, On trouve des dépôts ana- Ic^ues en Sicile , en Sardaigne, ans environs de Kice, de Marseille, de Montpellier, de Perpignan, Le crag d'Angleterre , dans le comté de SufTolk, paraît être du même genre, et les coquilles qu'on y trouve sont aussi celles de l'époque actuelle, fig. 349 à 351, etc.

§ 296. Ces terrains, qu'on peut nommer indifféremment (errain suhapennin ou terrain de la Bresse, suivant les lieux où ils sont do formation marine ou de formation Duviatile , sont encore assez répandus. En France , les dépôts de la Bresse s'étendent de Dijon el Besançon jusque vers Valence, sur la longueur do la Saône et du Rhône ; il so trouve un bassin semblable en Provence, entre Digne,

r ÉTUDE DU TERRAIN SUBAl'ENMN. 255

Sisteron , Forcalquier et Maoosque ; et un autre dana la partie méridionale de l'Alsare, qui se cache au nord sous les alluvions.

Ces dépôts constituent aussi les sables des Landes, étendus sur le terrain de molasse de la rive gauche de la Garonne à l'Océan, et couvrant toutes les collines comprises entre les ruisseaux qui descendent des Pyrénées et de la montons Noire. Ou doit peut-être y rapporter aussi tes dépôts de Boulade et de Perrière, près d'Issoire, en Auvergne, où MM. Jobert et Crozet ont trouvé tant d'ossements enfouis, comme aussi tes dépôts partiels répandus sur la pellicule de molasse qui couvre la craie de la Normandie, de la Picardie, de l'Artois, qui semblent se lier avec ceux des comtés de Suffolk et de Norfolk ; mais qui pourraient peut-être aussi se rapporter au diluvium.

Ces dépôts renferment encore des amas de lign es q n ploités avec avantage dans diverses localités. Le prése

des coucbcs réglées de combustible compacte, a mp nées d coquilles d'eau douce, comme à Paumiers (Isère) q des dépôts tranquilles et lents dans des lacs; m p g d

nombre, qui peut-être appartient aux dépôts d mm

aux environs de la Tour-du-Pin, et en plusieurs points de la Haute- Saône, n'offrent que des amas irréguliers de bois, dont les uns présentent le tissu des conifères, les autres, celui des dicotylédones. Il y a également un très-grand nombre de feuilles analogues à celles de nos dicotylédones actuelles.

§ 297. Cavernes à ossements. — C'est peut-être à l'époque su bapennine que vivaient les éléphants, ainsi que les mammifères carnassiers, dont nous trouvons aujourd'hui les débris dans les cavernes qui leur servaient d'habitation. Les plus anciennes de ces cavités, connues par les débris qu'elles renferment, sont celles du Harz et de la Franconie; mais depuis que M. BucWand a fait voir qu'il fallait déblayer les limons, les sables, les cailloux roulés, les stalagmites. qui ont souvent recouvert les ossements, on a trouvé de ces débris partout où jusqu'alors on ne les avait pas soupçonnés.

La plupart de ces cavernes ont eu jadis des ouvertures latérales, souvent encore libres aujourd'hui, qui ont pu donner accès aux animaux de l'époque. Ceux-ci, sans doute, pendant de nombreuses générations, seront venus s'y réfugier, y auront traîné leur proie, et terminé successivement leur existence '. De là accumulation de

leurs ossements, que nous trouvons dans un terreau noir, fétidç, qui provient sans doute de la décomposition de leur chair, et dans lequel se reconnaissent aussi leurs déjections. Le plus grand nombre de ces débris appartiennent à des ours, dont deux espèces plus grandes que nos races actuelles ; ou bien à des hyènes , plus fortes aussi que celles que nous connaissons vivantes : c'est tantôt Tun, tantôt l'autre de ces genres qui domine. On trouve aussi une espèce de loup, très-abondante, dans les cavernes à ours de Galainreutb en Franconie; mais les autres carnassiers du genre chien, et ceux du genre chat, qui offrent des espèces de jaguars, sont partout en très-petit nombre. Du reste, on y trouve des débris de rongeurs, de ruminants, même de grands pachydermes , et d'oiseaux qui ont été sans doute la proie des premiers, ce que montrent les empreintes de dents qu'on voit quelquefois sur leurs os.

On reconnaît souvent avec évidence qu'il s'est passé dans ces cavernes des événements particuliers depuis que les ossements y ont été déposés. Tantôt le dépôt est recouvert par une couche de limon, annonçant qu'à une certaine époque des eaux bourbeuses ont dû pénétrer dans la cavité; tantôt on voit clairement que les ossements ont dû être remués par des eaux violemment agitées, car ils sont dispersés irrégulièrement dans le limon même, et ne présentent jamais de squelettes entiers. Quelquefois des portions de stalactites brisées, des cailloux roulés, étrangers même aux terrains environnants, s'y trouvent introduits, ce qui annonce la force d'entraînement des eaux. Mais ce n'est qu'en certains points de la caverne qu'on trouve ces cailloux avec un peu d'abondance, et il arrive quelquefois que les ossements sont brisés dans un point de l'espace qui les renferme, lorsque partout ailleurs ils sont intacts et mêlés comme d'ordinaire avec des matières terreuses. Il semble, dans ce cas, qu'une masse d'eau soit tombée avec force de la partie supérieure par quelque crevasse passagère, et que c'est à l'endroit de la chute que le grand bouleversement a eu lieu, que les cailloux se sont rassemblés et que les os ont été brisés. Ces événements passagers n'ont cependant pas chassé pour toujours les hôtes de ces cavernes : les mêmes genres d'animaux, ou des genres différents, y sont revenus quelquefois, même à plusieurs reprises, et Ton reconnaît sur la couche de limon les traces de leur passage, quelquefois même leurs débris; souvent les anciens ossements ont été usés sous les pas des animaux venus postérieurement.

A ces accidents ont succédé souvent les formations lentes de stalactites ; des eaux chargées de carbonate de chaux ont quelquefois pénétré le dépôt général, lui ont donné de la consistance, et l'ont

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■ .recouvert de alalagmites, qui séparent même quelquefois différents lits d'ossements. Cependant, en certains lieux, cumnic en Allema- !gne, cette nouvelle forrfFStion a élé peu importante, et n'a pa^ mas- [qué entièrement les débris; dans d'autres, elle est même à peu près Stille, et te sol est Pucore celui que les ours et les byèaes de l'ancien iinonde ont foulé.

§ 298. Quelques-unes de ces cavernes tant en Europe qu'en Amérique, semblent aussi avoir servi postérieurement de refuge à f rbomme , dont on y trouve parfois les débris, ainsi que ceux d'une ' industrie naissante, en contact, ou même mélangés avec les restes de tout ce qui l'a précédé sur la terre. Le simple contact ne conduit à aucune conséquence d'âge relatif; et quant au mélange, ne peutit être arrivé que l'homme lui-même ait quelquefois fouillé le sol do ces cavernes, soit pour en rendre l'habitation plus facile, soit pour en faire des lieux de sépulture? Ne peut-il être survenu quelque inondation locale qui ait remué tout le dépût, confondu dans le même tas l'ancien et le moderne, et donné ainsi un faux air do contemporanéité à des êtres séparés par des milliers de siècles? Le nombre des cavernes qui renferment ces débris est très-peu considérable relativement à celles où il n'en existe pas. On n'en cite que trois en Angleterre , et c'est dans l'une d'elles seulement que le mélange parait avoir eu lieu. Il s'en trouve quelques-unes dans les Cévennes, et notamment celles de Lunelvielle et de Mialet. Sur plus de 800 cavernes explorées au Brésil parH. Lund, il ne S'en trouva que 6 qui renfermaient des ossements humains, et ce n'est que dans l'une d'elles seulement que le mélange se manifesta en réalité; dans les autres, les débris étaient dans la coucbe superGcielle.

§ 299. Ce que nous venons de dire convient à un certain nombre de cavernes, qui ont été évidemment les repaires des animaux dont elles présentent les débris. Mais il y en a d'autres oil les choses ont dû se passer autrement, où l'on n'observe pas d'entrée latérale, où les ossements sont disloqués , plus ou moins brisés, mêlés avec des débris de roches et des cailloux roulés , qui remplissent souvent toute la cavité. On suppose alors que les fentes verticales par lesquelles on pénètre aujourd'hui, et qu'on a découvertes a ccidenteitement, ont donné passage aux eaux qui entraînaient, avec des débris minéraux , soit les cadavres des animaux, soit même les oss^ jnents déjà décharnés. On est d'autant plus porté à cette hypothèse que ce ne sont pas toujours des débris d'animaux qui recherchei^ '|fl» tanières, comme les ours et les hyènes ; mais souvent des runP JBflnts, des pachydermes, des carnassiers et des rongeurs, qui jiv|* toujours en plein air.

§ 300. C'est peut-être aussi au moyen d'un transport que s'est fait le remplissage des fentes du calcaire jurassique et celui des cavités correspondantes, § 210, par des minerais de fer, mêlés parfois de coquilles et d'ossements et qu'on trouve déjà répandus dans tous les dépôts de la Bresse et du Haut-Rhin. On peut attribuer à la même cause la formation des brèches osseuses également dans le calcaire jurassique, liées sur toutes les côtes de la Méditerranée, à Cette, à Antibes, à Nice, à Gibraltar, par un ciment ferrugineux qui renferme quelquefois des coquilles marines actuelles. Enfin , rien n'empêche d'attribuer à des circonstances locales de transport, peut-être même d'une époque postérieure , tous les dépôts d'ossements qui se sont faits çà et là dans des fentes, comme aussi l'introduction des ossements de cétacés dans les cavernes de la Sicile, qui ont dû nécessairement se remplir lorsqu'elles étaient au-dessous des eaux.

§ 301 . Les cavernes à ossements se trouvent plus particulièrement dans le calcaire du Jura; elles deviennent rares dans la craie, et cependant il y en existe encore et même jusque dans la molasse; il n'y en a plus dans les dépôts supérieurs. Les animaux dont elles renferment les débris ont certainement habité les lieux à une époque reculée dont nous fixerons plus tard l'âge relatif; et ce qui le prouve, c'est leur état de conservation et l'absence de toute trace de roulis annonçant avec certitude qu'ils n'ont pu venir de loin ; c'est enfin la découverte de dépôts de même nature à la Nouvelle-Hollande, où l'on n'a trouvé que les genres d'animaux si particuliers à cette contrée, § 164, c'est-à-dire des kanguroos, des dasyures, etc. , mêlés à quelques débris d'éléphants.

§ 302. Terrains diluviens. — On a nommé diluvium^ des dépôts qui se sont formés après les terrains subapennins, et qui semblent avoir peu de rapport avec ce que nous voyons se faire aujourd'hui. Le nom qui leur a été donné tient à ce que, dans le principe, on les a regardés comme le résultat du déluge universel , dont le récit exposé dans la Bible, se reconnaît même dans les traditions de tous les peuples ; mais il est à croire qu'ils n'ont rien de commun avec ce fait important; car nulle part on n'y a trouvé la moindre trace d'industrie, et il n'y existe pas do débris humains, qui s'y seraient sans doute aussi bien conservés que les ossements d'éléphants et de tous les autres animaux qu'on y rencontre. En Angleterre, on nomme particulièrement drift tout ce qui, dans ces dépôts, a paru résulter de l'action des courants , tant ceux des rivières que ceux des mers.

Une grande partie de ces dépôts suivent la direction des vallées

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actuelles, en bandes qui ne s'étendent qu'à de faibles distances en largeur. Leur nature et leurs dispositions varient, en général, d'un bassin hydrograpbique à l'autre et aussi, dans chaque bassin, d'im affluent â un autre. Ils annoncent fréquemment d'immenses transports, des accidents d'érosion dont nos rivières sont aujourd'hui incapables ; ils se trouvent à des niveaux que les eaux actuelles ne peuvent atteindre, sur des étendues qu'elles ne peuvoni: couvrir , et ils ont été généralement sillonnés par les courants modernes, quif ont creusé leur lit et y déposent journellement des débris nouveaux, g 17i. C'est par suite de ces circonstances que le diluvium est souvent aussi désigné sous le nom d'aJfuftonsanct'ennM par opposition aux alluvions qui se forment aujourd'hui, ou qui se sont formées depuis les temps historiques.

Cependant il y a aussi des dépôts du môme ordre qui paraissent s'être formés dans des lacs plus ou moins étendus, dans des estuaires ou des golfes plus ou moins larges, enlin dans des mers plus ou moins profondes, et qui étant ensuite soulevés, subitement ou lentement, sont venus successivement augmenter nos continents. Il y a par conséquent deus sortes de diluvium.

Il existe diverses circonstances qui marquent les limites de ces dépôts. D'UD côté, il y a eu un grand phénomène de polissage, de stries et de sillons sur tes rochers préexistants, qui s'est effectué avant la formation des matières qui les recouvrent ; c'est ce qu'on voit sur les côtes de Korv^e , dans les plaines du Danemark, en Angleterre, dans l'Amérique septentrionale, etc., où sous tous les dépôts diluviens, on en trouve des traces non équivoques. Mais il parait aussi que des phénomènes du même genre auraient eu lieu depuis, en sorte que ce serait entre les deui effets que ces dépôts se seraient formés, ou bien que toutes ces circonstances seraient con-

lutre côté, les dépôts diluviens reposent en stratiflcalion discordante sur les couches relevées des dépôts précédents, tant sur les dépôts de la Bresse, comme on le voit à Lyon et au delà, dans la vallée du Bbône, que sur les dépôts subapennins, comme sur plusieurs points de l'Italie. Vers la base se trouvent fréquemment des couches qui renferment des ossements d'animaux dont la race a complètement disparu, ou qui n'existent plus vivants dans les localités où se rencontrent leurs débris. Les coquilles qu'on y trouve ae rapportent entièrement à celles des mers actuelles, surtout des mers environnantes , ou bien sont analogues à celles de nos lacs et de nos rivières.

- g 303. Dép4ls des valléfs. — A la base di's dépôts formés sur la

direction des vallées se trouvent en général des débris plus ou moins roulés des roches de la contrée, des sables ou des argiles qui proviennent du remaniement des matières sous -jacen tes. Au-dessus viennent les débris roulés des diverses roches amenés de loin par les afQuents, et qui se trouvent mêlés tous ensemble dans la partie inférieure de la vallée principale. C'est ainsi que la vallée de la Seine offre des alluvions où Ton reconnaît des cailloux roulés de tous les terrains que les afQuents traversent : des calcaires siliceux, amenés par les afQuents de la rive gauche, des grès parisiens, des siiex, de la craie, des calcaires jurassiques, amenés par la Marne, par FAisne, la haute Seine, et mémo des granités, des siénites du Idorvan , qui sont arrivés par ITonne ; aussi n'en trouve-t-on pas au-dessus de Montereau.

Les alluvions anciennes de la vallée du Rhin sont principalement formées, dans le fond, des débris roulés des roches environnantes. Dans sa partie inférieure, ce sont des sables et des cailloux roulés qui proviennent du grès des Vosges, § 249. Au-dessus se trouve une argile fine, en dépôts souvent très-épais et très-étendus , qu'on nomme lehm ou loes , caractérisés par des coquilles d'eau douce qui vivent encore dans le fleuve, ou des coquilles terrestres de la contrée.

La vallée du Rhône nous présente , depuis Lyon jusqu'à la mer des débris alpins qui n'ont pu être charriés par le fleuve actuel, qui entrent dans toutes les vallées latérales, se lient à toutes les terrasses qu'on observe sur les dépôts précédents, et nous offrent enfin dans le haut les témoins d'une vaste nappe qui a recouvert les dernières pentes des Alpes. Çà et là dans le fond de la vallée se trouvent au-dessus, ou au milieu de ces débris, des dépôts plus ou moins épais d'argile qui sert partout de terre à piser. Ces dépôts se prolongent sans interruption jusqu'aux plaines de la Camargue et de la Crau, immenses remblais de cailloux roulés de toute espèce, dont on suit la route directe dans la vallée de la Durance jusqu'au centrt' des Alpes qui les a fournis. Les mêmes dépôts se retrouvent en Piémont, en Lombardie, dans les plaines de l'Autriche, de la Bavière, do la Suisse, entourant ainsi tout le groupe alpin, d'où les matériaui ont été arrachés; c'est ce qu'on a nommé le diluvium alpin.

§ 304. Dépôts des mers. — Ceux-ci recouvrent des espaces plus étendus que les précédents, et se divisent en couches plus nombreuses ; mais par cela même que maintes fois ils se sont formés avec lenteur comme les dépôts de l'époque subapennine, il est souvent difficile do les en distinguer nettement, et il y a bien, àl'éganl de quelques-uns d'entre eux, quelques incertitudes, qu'on ne peul

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