ÉTAT DE L'EUHOPE AUX DIVERSES ÉPOQUES
§ 361 . Lh végétation a subi à ceU« époque de grandes modifications; lesfougères et les équisétacéeade haute taille avaientconsidérablement diminué, et les conifères au contraire étaient devenues plua nombreuses ; des plantes analogues aux zamia et pfut-ètre aux cycas, Sg. 37S et 379, formaient alors une partie importante de la flore de l'Europe , préludant au développement immense qu'elles prirent à l'époque suivante.
% 362. Il se présente encore ici de nouveaux sauriens, et pour la première fois on reconnaît quelques traces d'oiseaux sur les dalles du grès bigarré , § 16f , 213. C'était alors qu'existaient ces êtres, dont nous trouvons aussi lespassurlesmèmesdépAts, que M. Owen a reconnus d'après les ossements fossiles, pour d'énormes batraciens dont il a imaginé la restauraUon suivante, Hg. 3S0.
FIg. 3BD. i.(ib!|rtnlAoil(m|i<icAJnnaiui
§ 363. époque juraMlque. — Lors du soulèvement du Thurin- <^cr>vald, § 347, le terrain triassique qui venait de se former dans les mers s'est trouvé soulevé dans divers points. Il s'est alors accolé quelques lambeaux de grès bigarré autour des côtes précédentes, comme en Angleterre, d'Exeter à Liverpool, et sur la côte orientale, en France, de Cherbourg à Bayeux, de Moulins à la Châtre , autour de Brives, aux environs do Rodez, de Saint-AfFrique et de Lodève, enfin autour des terrains dévoniens qui préludaient aux Pyrénées actuelles. L'île du Var s'est accrue non-seulement de ces grès, mais encore du calcaire conchylien ; les Vosges et la forêt Noire furent considérablement augmentées par les deux dépôts tant à Touest dans la Lorraine, qu'à l'est, d'où le terrain triassique se prolongée! Allemagne, en liant divers îlots précédemment séparés. Mais ei même temps que de nouvelles terres étaient mises à nu, il se faisait de grands affaissements dans celles qui existaient auparavant; la grande terre qui s'étendait à travers la France fut coupée vers Poitiers, en formant un détroit où se montrent aujourd'hui les dépêls jurassiques. Ce qui s'en étendait depuis les premiers temps de Lyon jusqu'à Inspruck, § 253, s'est même complètement enfoncé pour recevoir la nouvelle formation qui l'a recouverte. La Corse et une Ile vers Toulon, sont les seules qui soient restées pour marquer l'an* cienne direction.
Les dépôts jurassiques formés à la suite de ce bouleversement étant extrêmement étendus à la surface actuelle de l'Europe, leurs limites inférieures, partout très-distinctes, nous indiquent clairement celles des mers dans lesquelles ils se formaient. C'est en les étudiant avec soin que M. de Beaumont est parvenu à tracer pour nous la carte, fig. 381 , beaucoup plus arrêtée que les précédentes.
On remarque immédiatement sur cette carte la rupture que nous avons indiquée vers Poitiers, les morcellements et les découpures qui limitent le plateau central et son prolongement, la disparition complète du terrain compris entre Lyon, Nice et Inspruck. On voit enfin comment l'île qui renfermait la Saxe et la Bohême se trouve liée aujourd'hui, par les dépôts pénéens et triassiques, avec celle qui s'étendait entre Francfort et Arras. Un rivage nettement limité s'étendait alors de Dunkerque à Trêves, et tournant les deux presqu'îles des Vosges et de la forêt Noire, gagnait Ratisbonno, Vienne etCracovie, où un détroit conduisait au nord ; un autre rivai^e allait de la hauteur de Poitiers, par Angers, Cherbourg et Liverpool, jusqu'au delà d'Edimbourg. Les montagnes des Maures et de l'Esten^l offraient un îlot entre Toulon et Nice, et la Corse en faisait un autre. Les terres Scandinaves seules n'avaient subi aucun changement.
K ' g 364. Animaux de l'époque jurassiqye. — Les mers de celle j K nouvelle époque présentaient des caractères trés-différonU de ce»* I ■ 'iqiie nous avons vus jusqu'ici dans les iiiert-anlériourfs; elles étaienti
sie
liËOLlUIE.
maintenant baÏHlées par les sauriens. éminemmeDl nageun, Dim mte ichlhyoeaures et piésiosauree, § 358, dont les pattes, en tomt de ranx», rappellent nus rhélonienâ marins actuelâ^ceaaniffliiuiilM aqunliijuee, remplaçaient alors par leur voracité les poissons uiroïdes de la mer dévonienne, qui avaient depuis longtemps diifiiA Ce fut alors aussi que vécurent sur la terre les plérodactylea, gan de saïuiens voluntâ qui peuplaient les airs, et qui comptétMStll série des êtres si remarquables de la création jurassique, qp» la catastrophes subséquentes ont enllèremetit anéantie. H. BoctiHd partant du squelette de cm animauv, a essayé de peindre Icyrcn- TormaUon cilèrieuru dans les fiiiirps siiivanlps :
Ces mers avaient perdu les productus des époques précédenlas d les spirifères même avaient presque entièrement disparu. Mais il f avait alors de nombreuses tiTébratules qui appartenaient à deseipéces différentes de celles que renfermaient les mers précédentes. et qui disparaissent elles-mêmes dans les suivantes. Il s'y trouvait aussi un très-grand nombre de mollusques céphalopodes à coquUlM cloisonnées, que nous nommons en général amtnonife,i, dont la race enrprepeu^iiWcIopiiée avail comnieni'ù A paraître danslesinersoùs''
ETAT DE l'eUHOPE AUX DIVERSES ÉPOIJUES. 310
irmait le calcaire conchylien. C'est alors que parurent pour la preespèces do calmars, (îg. 383, qui ren Fer maie ni les corps nommés bélfmnites, dont les débris jusqu'alors inconnus sont si nombreux, depuis le lias jusqu'à la fin do la craie. Enfin il s'y montra de nouveaux mollusques à coquilles bivalves; et d'abord la gryphée arquée qui pullula pendant un moment pour disparaîtra ensuite lorsque le lias fut formé, et faire place à de nouvelles espèces du même genre, § 257 à 267.
Il se formait aussi dans ces mers, comme aujourd'bui dans les nôtres, des rescifs madréporiques, dont le groupe corallien, §266, nous oHH' maintenant les débris, et qui annoncent dans nos contrées une température moyenne analogue alors à celle des mers in ter tropical es.
Sur les terres, des lacs d'eau douce nourrissaient sans doute des paiudines, et des coure d'eau entraînaient les hélices dont le groupe porllandien , § 1 83, nous offre aujourd'hui les dépouilles. aoiamnuii. j| (jeyajt exister a ussi surle sol plusieurs espèces
l'insectes qui servaient de nourriture aux ptérodactyles et dont es débris annoncent des coléoptères et des névroplëres, voisins des luprestes et des libellules. Il s'y trouvait aussi de petits memmifères narsupiaus dont les couches de SlonesHeld nous offrent le squeette, ^ iîi. Mais ces êtres semblent avoir été en petit nombre, si 'on s'en rapporte au peu de débris qu'on a encore rencontrés ; et 1 ne se trouvait avec eus aucun des grands animaux qui caracld- ■isenl l'époque parisienne.
§ 365. Vigétatiùn de l'époque. — La flore n'était plus celle qui u burni tant de débris au terrain houiUer; les lycopodiacées, tes foudres gigantesques avaient disparu, et il semble que beaucoup d'cslèces nouvelles avaient été créées depuis les époques pénéennes et riassiques. Celaient alors les cycadées et les conifères, § 26i, 261), |ui l'emportaientde beaucoup sur toutes les autres [amilles. Probailement il se trouvait déjà quelques palmiers dont on rencontre les ruils dans le lias; aussi les combustibles charbonneux qui se sont ormes à celle époque, sont-ils fort différents de ceux que nous rouvons dans la grande formation houillère. Ces matières sont en [jôme temps beaucoup moins abondantes, ce qui ! rande différence entre l'étendue des terres d'alors et celle des ci inenls qui devaient exister pinidant la période rurlxinifèro.
3*20 GÉOLOCJIE.
§ 366. époque erélaeéc. — Après le système de soulèveraeiii de la Côte-d'Or, § 344 , quia relevé une partie des dépôts jurassique: au-dessus des mers , la forme et la disposition des terres au milim des eaux ont encore considérablement changé. Leurs contours sonl indiqués aujourd'hui à la surface du globe par les limites inférieure des dépôts crétacés émergés , et en les cherchant M. de Beaumonl en a dressé la carte suivante , fig. 384.
Les trois îles méridionales de l'époque précédente se sont malmenant réunies, mais non sans quelques modifications dans leurs contours. Les restes de la Belgique et les parties voisines de la France ont été submergés, et Bruxelles, qui était précédemment au miliei des terres , se trouve maintenant sur la côte. Arras et Dunkerqœ sont au milieu même des mers. Un détroit s'est fait entre Perpign» etBayonne, offrant quelques iles à son entrée. Enfin un affaissement s'est fait au milieu des anciens terrains de l'Allemagne et a déterminé un lac entre Dresde, Prague et Brunn.
Par compensation , les Vosges, battues par la mer aux sièclespié' cédents, furent enclavées dans le continent qui joignit TEifei plateau central de la France. L'espace de mer qui séparait ott contrées fut comblé , et Langres, Nevers, Lyon, se trouvèrent terre ferme ; un isthme se forma vers Poitiers pour lier aussi il grande île qui se trouvait à l'ouest. Un rivage s'étendit alors environs de Cracovie jusque vers Perpignan par Ratisbonne , la position ne fut pas changée , Zurich et Lyon. Un inmiense se forma entre Bruxelles et Oxford, s'enfonçant jusqu'à Poitiers.
Il s'est maintenant reformé, entre Salzbourg et Avignon, uni nouvelle île qui marque encore une fois l'emplacement futur dei Alpes, et sur laquelle Briançon , Turin, Trente, Inspruck, etc., pouvaient de nouveau retrouver leurs places; la Suisse était alors un canal qui séparait cette île de la terre ferme. L'île de Toulon s'est maintenue, ainsi que la Corse, et quelques petites îles jurassiques marquent les environs de Marseille.
§ 367. Peu de chose cependant avait changé dans les êtres oi^nisés; en môme temps qu'il se trouvait diverses espèces de fougères, végétaient sur le soi les cycadées, et surtout les conifères, qui , devenant de plus eu plus abondantes, donnaient lieu aux amas de lignites qu'on trouve dans les terrains crétacés, § 282. Il y avait peu de mammifères terrestres , car on n'en observe aucun débri? dans les terrains de craie , quoiqu'on en ait déjà rencontré dans le> dépôts jurassiques ; mais il existait divers cétacés , lamentins et dauphins, dont quelques-uns ont apparu déjà dans les mers précédentes. Les reptiles divers étaient encore, parmi les animaux en état
. LËUBOPE AUX. DlVEllSES ÉPOQUES.
^e sur la terre , les êtres tes plus élevas do la créstioD ; leurs loes étaient nombreuses; parmi ellcssedistieguaient l'iguanodon, Jkh gigantesque de SO mètres de long, le mégalosaure et divers ■^les. Les tortues lluviatiles, les poissons pt Ips mollusques
f^ pendant la cWpft' du le'prain crélaX"(erieup.
d'eau douce vivaient sur les bords des lacs ou dans leurs eaui.
Les mers nourrissaient des baculites et des turrilites, fig. 302, 303 dont rien n'indique Texistence antérieure , et qui , vers la fin de l'époque disparaissent totalement , en même temps que tous les céphalopodes à coquilles cloisonnées persillées. C'est alors que se montraient les vrais squales , qui ont continué jusqu'à nos jours quoique leurs dimensions aient considérablement diminué.
§ 368. lâp^qve ûu lerraln parisien. — Le soulèvement do mont Viso, en relevant les premiers dépôts crétacés autour de^ terres découvertes , comblant en grande partie le canal de Perpignan et le golfe de Marseille , n'amena qu'un léger changement dans le contour des mers , où la sédimentation se continua par les dépôl^ crétacés supérieurs. Il n'en fut pas de même du soulèvement des Pyrénées , qui a produit une des plus grandes convulsions que l'Europe ait éprouvées; tout en a été ébranlé , et la plus grande partie de ce qui était alors sous les eaux s'est trouvé poussé au dehors pour former un immense continent , §346. C'est ce que prouve le peu d'extension des sédiments parisiens , qui , se trouvant concentrés dans deux bassins peu étendus, l'un entre Paris, le capLizard, Cambridge et Maestricht, l'autre entre Bordeaux et Dax, nous montrent que les mers pénétraient peu dans les terres d'alors. Âa milieu du golfe du Nord se trouvaient deux îles crétacées , les Wealds de l'Angleterre et le pays de Bray de la France. On voit ces détails dans la carte, fig. 385 , publiée il y a quelques années par M. Élie de Beaumont, dont nous avons supprimé la mer du Vicentin parce que les dépôts, qu'on avait alors rapportés au calcaire parisien, à cause des cérites et des nummulites , appartiennent en réalité à la craie supérieure.
§369. La faune de l'époque parisienne était très-différente de celle qui avait existé précédemment. Les sauriens gigantesques avaient disparu ; mais il restait de grands crocodiles , des chéloniens marins et terrestres, et la terre enfin était peuplée de mammifères, § 286. Ceux-ci étaient alors des pachydermes analogues aux tapirs, comme les anoplotheriumset paleotheriums, qui devaient avoir à peu près les formes, fig. 383, et qui vivaient en même temps que quelques carnassiers du genre chien , etc. Dans les mers les bélemnites et toutes les coquilles cloisonnées persillées avaient disparu; les nautiles seuls étaient restés , et ils vivaient alors avec le ceri- Ihium giganteum qui avait commencé à la fin de l'époque crétacée, § 280 , pour disparaître au milieu de l'époque suivante. Il y existait aussi beaucoup de mollusques plus ou moins rapprochés de ceux qui vivent dans les mers actuelles, § 284.
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