ANGLE DE POLARISATION
i 98. Si la lumière, en traversant certaines substances, acquiert celle propriété particulière qu'on a nommée polarisation , elle la prend aussi en se réfléchisisant à la surface de tous les corps. Or, Tangle sous lequel le maximum d'effet a lieu est différent dans les diverses substances, ce qui fournit par conséquent de nouveaux moyens de les distinguer. Ainsi on ne confondra pas les substances suivantes d'après l'angle de polarisation.
Angles de pularisation.
Verre 54» 35' '
Fluorine 55" 9'
Gypse 5«« 45'
• Quarz 56» 58'
Brucite • 57» 25'
Barytine 58*' 29' •
Topaze 58" 34'
Spath d'Islande 58° 5 1'
Spinelle 60' 25'
Zircon 63" 0'
Soufre 63«» 45'
Diamant 68" l'
Crocoïse 68' 3'
M .Brewster a trouvé cette loi générale: quela tangente de l'angle de polarisation est égale à l'indice de réfraction , en sorte qu'on peut connaître l'un par l'autre.
On peut, pour déterminer l'angle de polarisation , se servir de tous les instruments propres à mesurer l'inclinaison d'un rayon réfléchi. Le goniomètre de M. Babinet, § iO, peut être employé pour cela avec facilité, en plaçant une tourmaline sur l'oculaire de manière que son axe soit perpendiculaire au plan du cercle. Il suffit alors, l'alidade étant à 0"*, de faire mouvoir le support sur lequel le corps est Gxé, en même temps que la lunette mobile, jusqu'à ce que runage de la lunette fixe, réfléchie par le corps, soit éteinte par la tourmaline , ou amenée au minimum d'intensité. On obtient alors Tmclinaison du rayon polarisé sur le plan réfléchissant, dont il faut prendre le complément pour rentrer dans le mode d'indication que ' \ loas avons adopté.
' Ces angles soot ceux que le rayon réfléchi polarisé Tait aveu la normale.
POLTCHROÏSHE.
§ 99. Les substances douées de la double réfraction nous offrent encore une autre propriété. Lorsqu*on les place entre l'œil et la lumière , elles présentent une couleur ou une autre suivant la direction dans laquelle les rayons lumineux les traversent. Parallèlement aux axes, aucune partie de lumière n*est polarisée , et on observe alors une teinte déterminée. Dans toutes les autres positions, la lumière émergente est un mélange de lumière polarisée et de lumière ordinaire, et la teinte est alors différente; elle varie avec les quantités respectives de ce mélange.
Lorsqu'on analyse la lumière transmise, au moyen d'une lame de tourmaline , tournée de manière à rejeter la lumière polarisée , on observe la même teinte dans toutes les directions.
Les teintes ne sont pas toujours nettement tranchées; mais , lorsqu'elles le sont, on trouve encore ici un moyen de déterminer la direction des axes : il suffît de cl^ercher quelle est la direction où, à la vue simple , on observe la teinte semblable à celle qu'on obtient au moyen de la tourmaline analysante.