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COULEURS

§ 404. Covleiirfl propres. — On doit distinguer dans les minéraux des couleurs propres et des couleurs accidentelles. Les premières tiennent à la nature même des corps et sont dès lors importantes pour leur distinction ; telles sont celles des métaux, du soufre, des sulfures, des oxydes et souvent de leurs composés. Ces couleurs sont toujours uniformes dans toute l'étendue du corps ; elles varient seulement d'intensité dans les oxydes,, et jusqu'à paraître tout à fait noires, suivant qu'ils sont plus ou moins Compactes ; mais alors la poussière a toujours la même teinte, et c'est pourquoi on en indique particulièrement la couleur dans l'exposé des caractères. Les couleurs propres varient quelquefois avec l'arrangement particulier des molécules : c'est ainsi que le soufre, fondu à 409^ et refroidi, présente la couleur jaune, et devient cassant;, tandis que, porté au point d'ébullition (400®) et refroidi brusquement, il devient brun rouge et mou. Le phosphore refroidi lentement présente une couleur jaunâtre, et il est noir lorsqu'on le refroidit rapidement.

§ 405. Couleurs aecldcntelles. — Un grand nombre de corps, terreux, pierreux et vitreux, sont naturellement blancs; mais ils se trouvent fréquemment mélangés de matières douées de couleurs diverses, qui les colorent dans tout ou partie de leur masse. Ces corps peuvent donc présenter éventuellement une multitude de couleurs différentes, suivant les circonstances où ils se sont formés : c'est ainsi que le cristal de roche est tantôt incolore, tantôt coloré en jaune, en vert, en brun, en noir, en violet , etc. ; que l'émeraude, qu'on se figure toujours comme une pierre verte, se trouve tantôt incolore, tantôt bleue, jaune, etc.

On voit fréquemment les matières qui ont cristallisé ensemble se pénétrer dans quelques parties, et celles qui sont colorées se disséminer dans la masse des autres en leur donnant une teinte particulière. Souvent ces sortes de mélanges troublent la transparence des corps, qui en deviennent même tout à fait opaques ; mais souvent aussi les corps restent alors plus ou moins diaphanes, ce qui indique ou que la matière étrangère est en particules extrêmement fines, ou

' On produit le phénomène des couronnes en projetant l'haleine sur une plaque ^ verre à travem laquelle on regarde une lumière.

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qu'elle se trouve dans une sorte de combioaison chimique. I effets du poJychroïstne nous indiquent dans les corps des dispositions particulières des matières colorantes que peut-être un jour ils nous conduiront ù expliquer.

Ces matières colorantes sont quelquefois des principes fugaces que' le feu peut détruire, comme dans la plupart des quarz n ' quefois ce sont des principes organiques, comme dans la cornaline, qui doit en grande partie sa couleur rouge à des globules organisé» qu'on y voit quelquefois dispersés isolément.

Les couleurs accidentelles ne sont pas toujours uniformes c< les couleurs propres; d'une part, elles varient d'intensité et de nuances, de l'autre elles se mélangent fréquemment, de manier»" que la même masse, le même cristal , se colore de diverses maniëretf> dans ses différentes parties. On indique souvent \e& dessins que a diverses couleurs forment entre elles, par les épitbèles rubanés, s flaires, lâchetés, poinlillés, veinés, miogés, dendritiques, [lambà ruinifarmes, etc. Plusieurs de ces dispositions paraissent tenir aox circonstances qui ont accompagné la formation des corps, et peuvea» s'expliquer, comme les marbrures du savon, par le plus ou moins dj liquidité et de viscosité des matières au moment qui a précédé II consolidation. D'autres sont des résultats de décomposition de l'in lérieur à l'extérieur, ou réciproquement. Les dispositions flambées el ruiniformes tiennent â des fissures dirigées dans tous les sens, et dans lesquelles ont pénétré des liquides ou des vapeurs qui ontoccasionné des décompositions à plus ou moins de profondeur : te marbre ruiniforme de Florence n'est qu'une variété de pierres calcaires prise dans le voisinage des fentes, par lesquelles s'échappa les vapeurs qui constituent le phénomène des fitmaTolks (voy, Gkf

g 106. irtH auperflciFis. — Il y a des couleurs accidentelles qt n'existent en réalité qu'à la surface des corps. Souvent elles liennen à des pellicules minces de matières étrangères qui y sont déposéeSl ce qui a lieu particulièrement pour certains minerais de fer qui présentent soit sur leurs cristaux {fer oligiste de l'Ile d'Elbe), soit sur les stalactites, des teintes irisées, très-vives et plus ou moins variées, que le lavage détruit quelquefois entièrement. Dansd'autresci stances, ces iris tiennent à l'altération même de la surface, comme^ il arrive fréquemment dans le cuivre pyriteux.

§ 107. iria iniériFur — Il y a aussi des iris qui se manifesleul à l'intérieur des corps, et dont les unes sont dues à des tissures pliift ou moins étendues, les autres â des circonstances entièrement ii>connues, Parmi ces dernières se troiivent, d'un calé, les belles ir'

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