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PHOSPHORESCENCE

$408. Déflnitioii. — Si la phosphorescence, comme diverses expériences semblent l'indiquer, se rapporte à l'électriciUî , elle nous présente des jeux de lumière comme effet, et peut dès lors être indiquée à la suite des phénomènes optiques. Cette propriété se manifeste par des lueurs plus ou moins vives do diverses couleurs qu'on aperçoit dans l'obscurité, et qu'on provoque dans les minéraux de diverses manières, savoir : par frottement, par percussion ou compression, par élévation de température.

S 109. PliiMpliore«cence jpar frottement. — Il y a dos COi'ltS sur lesquels il suffit du plus léger frottement pour en faire jaillir une lueur plus ou moins vive : par exemple, certaines variétés de sulfure de zinc. D'autres, au contraire, ont besoin d'un frottement aâsez fort, tels que le cristal de roche, la plupart des malièrc*s vitreuses, certains marbres, etc., dont il faut souvent frotter avec force deux fragments l'un contre l'autre. Dans ces différents cas, c'est toujours une lumière blanchâtre.

La percussion produit des effets analogues, surtout dans les matières clivables : chaque fissure qu'on produit présente alors une lumière plus ou moins vive pendant quelques instants, et, lorsqu'on les broie dans un mortier, la masse paraît tout en feu.

§ 1 4 0. Phouphorencence par la chaleur. — La plupart (les substances minérales produisent des lueurs phosphoriquos plus ou moins vives par l'élévation do température. 11 on est qu'on est obligé de chauffer fortement dans des creusets; mais d'autres ne demandent qu'une chaleur rouge sombre et même beaucoup moins. Parmi ces dernières, la plus remarquable est la fluorine, il y en a des variétés, rares à la vérité, qui n'ont besoin que de la chaleur de la main; d'autres exigent la température do l'eau bouillante, et le plus grand nombre la chaleur rouge; les premières présentent, en général , des lueurs verdâtres, les autres des couleurs très-variées. Il est à remarquer que les fragments de ces matières, soumis à une température rouge, perdent leurs couleurs naturelles, et en mtoe temps la propriété d'être phosphorescents à des températures plus basses. Lorsque ces matières sont devenues blanches par l'effet

; d'une certaine température, elles ne donnent plus que des lueurs

I blanches à des températures plus éleyées.

La phosphorescence par la chaleur ne paraît avoir aucun rapport avec la phosphorescence par frottement ; celle-ci se conserve toujours quoique l'autre ait été perdue. L'état des surfaces influe considérablement sur la production des phénomènes. Un cristal de fluorine limpide qui n'est pas phosphorescent le devient lorsqu'on use ses faces sur un grès et qu'on l'expose alors sur une plaque échauffée pendant quelques secondes. Généralement les cristaux dont les faces naturelles sont vives et brillantes ne sont pas phosphorescents, et le deviennent au contraire quand les surfaces sont dépolies ou lorsqu'on les a brisés en fragments; il est remarquable aussi que souvent ils deviennent phosphorescents lorsqu'on les expose sur la plaque chaude par des faces secondaires, tandis qu'ils ne le sont pas lorsqu'on les place sur les faces primitives. Le diamant acquiert la phosphorescence lorsqu'il est poli et n'en donne point lorsqu'il est en cristaux naturels.

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