DU GLOBE EN GENERAL
§ 1 . iMOlement dans Tespaee , fforme. — La manière dont les objets se montrent successivement en mer, du moment où ils commencent à paraître à l'horizon jusqu'à celui où ils s'aperçoivent tout entiers, conduit invinciblement à reconnaître que la masse aqueuse du globe est convexe dans tous les sens. L'expédition de Magellan , et tous les voyages faits depuis trois siècles par mer et par terre, confirment en tous points les conséquences de cette première observation, et nous montrent, du moins de l'est à l'ouest, que la terre est complètement isolée dans l'espace. Si les glaces accumulées aujourd'hui vers les pôles ont empêché de faire le tour du globe du nord au sud, la convexité générale qu'on remarque en ce sens dans toute la partie qu'on peut parcourir, l'apparition successive de nouvelles étoiles lorsqu'on va d'un pôle à l'autre, la projection limitée de l'ombre de la terre sur le disque lunaire pendant les éclipses de lune, sont plus que suffisantes pour établir, en toute rigueur, que l'isolement est complet dans ce sens comme dans l'autre. C'est donc pour nous un fait irrévocablement acquis que la terre est un globe isolé de toutes parts dans l'espace. La forme de ce globe est à peu près celle d'un ellipsoïde de révolution, et les montagnes qui se trouvent à sa surface, n'étant rien relativement à son diamètre, en allèrent peu l'uniformité : les plus hautes y produisent en réalité beaucoup moins d'effet que les rugosités qu'on remarque à la surface d'une orange.
*> (GEOLOGIE.
§ î. Le pod de haulour rolalive des montagnes est une vérité dont il ost nécessaire de se bien pénétrer, pour ne pas donner à ces rideti du globe plus d'importance qu'elles n-en ont en réalité. Nous en prenons toujours des idées exagérées, parce que, les voyant de trop près et trop indépendamment de retendue de la terre, c'est à tous les objets qui nous entourent que nous les comparons : aussi une montagne de 3000 mètres de hauteur, comme FÉtna, par exemple, nous paraît-elle quelque chose de gigantesque; mais si, comnip dans la fig. 4 , la vue peut embrasser seulement 40 à 42 lieues d'étendue, nous sommes surpris du peu d'effet qu'elle produit : que serait-ce >i nous pouvions voir tout un hémisphère!
Fig. 1. Vue et profd de l'Etna et de la contrée environnante jusqu'au nkfOH
de la mer, en proportions exactes.
Il résulte de là que, pour tracer le profil des montagnes et y (fucr leur composition, il faut se garder de prendre des échelles différentes pour les hauteurs et les distances, en doublant ou triplant les premières, comme on le fait presque toujours, parce que cettf méthode n'est propre qu'à fausser de plus en plus nos idées. Ab v('»rité, il n'est pas possible, dans nos livres, de peindre le relief des montagnes, sans l'exagérer considérablement, ce qui prouve d'une autre manière qu'il est insensible; mais il vaut mieux y renoncer (|ue de donnera l'esprit des habitudes qui l'empêcheront toujour&de voir juste en cette matière.
g 3. oravitotion. — De l'isolement de la terre dans l'espaff découle nécessairement le principe de la tendance de tous lescoip^ vers son centre ; car rien ne s'échappe de notre globe pourso portff dans l'immensité , et les corps qui se trouvent accidentellement !*• ces hors de sa surface y reviennent toujours avec rapidité. Cette K* dance de tous les corps au centre de la terre est ce qu'on nommée pesanteur, et l'expression (['attraction terrestre, qu'on regarde sfl»' vent comme indiquant la cause, réellement inconnue, du phéfl<^ mène, n'est qu'une autre manière d'énoncer le même fait, (\\\^ rapporte alors à la terre; c'est comme si l'on disait : La tenva^ propriété d'attirer constamment vers son centre toutes les partie matérielles qui la composent , tous les corps qui sont à sa surface. ^ tous ceux qui peuvent être placés autour d'elle à distance. L>r semble (\o9> observaliniis permet d'ajonter ipie rinl(»nsilé de «vt*
aclion diminue , non pas comme Taugmentation de distance au centre, mais en proportion des carrés de ces distances ; ou , comme on le dit, que la force attractive agit en raison inverse du carré des distances, en s'étendant jusqu'à Tinfini.
La terre est donc comme un amas de particules qui seraient réunies et condensées par cette tendance générale de la matière au centre; et la forme sphéroïdale qu'elle présente semble indiquer qu'en un certain moment les particules ont eu assez de liberté pour glisser les unes sur les autres, et se concentrer sous la condition la plus stable d'équilibre.
§ 4. AjpbUiMemeiit Ters les pdle*. — Il n'est pas moins constaté, par la mesure directe des portions de méridiens terrestres qui correspondent à un degré de latitude sur différents parallèles, que la terre est aplatie vers les pôles, ou, si l'on veut, renflée à l'équateur. En effet, les arcs mesurés à différentes latitudes vont constamment en augmentant de l'équateur aux pôles, et le calcul montre que le globe terrestre est un sphéroïde qui présente environ 42 kilomètres de différence entre ses deux diamètres '.
Cette observation ramène encore à l'idée que les particules matérielles du globe n'ont pas toujours été à l'état d'agrégation qu'on observe aujourd'hui ; il faut en effet qu'elles aient eu, à une certaine époque, assez de mobilité pour glisser les unes sur les autres et céder à l'action de la force centrifuge, produite par la rotation diurne, qui a fait gonfler la masse à l'équateur; c'est après l'eft'et accompli qu'elles ont dû définitivement se consolider. Il faut donc do toutiï nécessité admettre primitivement un état pâteux^du globe, sauf à chercher ensuite quel en a été l'agent, § 7.
§ 5. ITarlatloiui de densité de la snrfaee an centre. — La pesanteur diminue graduellement du pôle à l'équateur , d'un côté, parce que les rayons terrestres sont inégaux , et que les corps pèsent moins à mesure qu'ils sont plus éloignés du centre, § 2 ; do l'autre, parce que la force centrifuge, opposée à l'action de la pesanteur, est nulle aux pôles, situés sur l'axe de rotation, tandis qu'elle atteint son maximum à l'équateur. Cette diminution graduelle est mise en évidence par l'observation du pendule, qu'il faut
' En calculant les dimensions du sphéroïde capable des arcs mesurés, on trouva que :