rayon de Téquateur est de 6 376 986 mètres
Le rayon du pôle 6 356 324 mètres.
Le rayon moyen 6 366 745 mètres.
La surface de r» 094 32i myr. carvO/ss.
Le volume de \ «i«^ l*?!^ %Wi \w^v . ç\^^^"^ •
4 GEOLOGIE.
raccourcir supcessivement sur les différents parallèles, en allant du pôle à l'équateur, pour avoir des oscillations de même durée. Mais si l'on calcule les effets de l'accroissement de distance au centre et de la force centrifuge, en supposant le globe homogène, on trouve à l'équateur une diminution de pesanteur moindre que celle qui résulte de l'observation directe ; et ce n'est qu'en admettant que la densité du globe va successivement en augmentant de la surface au centre, qu'on peut arriver à faire cadrer le calcul avec les résultats de l'expérience. Plusieurs autres phénomènes conduisant à la même hypothèse, on a lieu de penser que le globe est composé de couches concentriques de différentes matières, dont les poids spécifiques, ou densités, sont progressivement croissants. Ceci ne peut provenir encore que d'un état primitif de fluidité assez parfaite pour permettre aux molécules matérielles de se placer dans l'ordre de leurs densités respectives.
§ 6. Densité moyenne du globe terrestre. — Ncwton a été conduit, par l'ensemble des phénomènes astronomiques, à penser que l'attraction était une propriété générale de la matière, et que tous les corps s'attiraient en raison directe de leur masse, et en raison inverse du carré des dislances. Cette idée a été depuis vérifiée par la déviation du fil à plomb près des grandes masses de montagnes, et , plus nettement encore, par les experiences.de Cavendish au moyen de la balance de torsion.
On a fait servir ces observations à la recherche de la densité moyenne du globe; pour cela, on a déterminé la force attractive des corps dont on a pu évaluer la masse (produit du volume par la densité), on l'a comparée à la force attractive du globe, dont on peut avoir approximativement le volume, et par conséquent la masse qui comprend la densité inconnue, que par là on peut déterminer *. La densité moyenne a été évaluée par Maskeline à 4,56, que la correction de Playfair porte à 4,7, l'eau étant prise pour unité; mais l'expérience de Cavendish a donné 5,48. Des expériences plus ré-
' Cavendish , faisant osciller le levier de la balance de torsion devant deux sphères de plomb qui Tattiraient, a déterminé l'intensité de la force attractive de ces masses. Il l'a comparée alors à l'intensité de la pesanteur déterminée dans le même lieu par les oscillations du pendule. Soit g l'intensité de la force attractive des masses de plomb, G l'iniensité de l'attraction terrestre, m la masse des sphères
dont le rayon est r, M la masse de la terre du rayon U ; on a ^ : G ::— : -^Sïd est la densité du plomb, D la densité cherchée de la terre, on a m = J tc»*M et M = 4 7rK*D. De ces relations on tire D = ^''.? = 5,48.
centes et très-nombreuses, faites avec beaucoup de soin par M. Riech) ont donné pour résultat 5,44, et celle de M. Bailly, 5,67. On peut, d'après ces données, calculer approximativement le poids même du globe terrestre, qu'on trouve de 6 259 534 milliards de milliards de kilogrammes. Toutes ces expériences font voir que la densité moyenne du globe est plus grande que celle des matières qui en composent principalement la surface; car le calcaire, le quarz, le feldspath, qui en sont les éléments principaux, n'ont guère pour poids spécifique que 2,5 : il faut donc que le centre du globe soit occupé par des matières fort pesantes pour arriver à la moyenne que nous venons d'indiquer. L'observation du pendule à de grandes profondeurs fait porter cette densité jusqu'à 42, et en montre ainsi l'accroissement rapide à mesure qu'on descend au-dessous de la surface terrestre.
§ 7. Chaleur centrale. - L'observation démontre que les variations de température produites par les saisons ne se font sentir qu'à une faible distance dans l'intérieur de la terre ; elle fait voir aussi qu'à une petite profondeur, variable suivant les lieux, la température du sol est stationnaire et égale à la température moyenne de la localité. Au-dessous de ce dernier point un autre phénomène se présente; la température s'accroît successivement à mesure qu'on descend plus avant , et le résultat des observations faites jusqu'ici donne un accroissement de ^ degré par chaque 33 mètres de profondeur. De là il résulte que vers 3 kilomètres au-dessous du point de température stationnaire, on doit trouver déjà 100 degrés, température de Teau bouillante ; et que, si la loi se continue régull^ment, on aurait à 20 kilomètres 666 degrés, température à laquelle la plupart des sulfures ainsi qu'un grand nombre de corps sont en pleine fusion. Vers le centre, à 6366 kilomètres, en supposant le même accroissement, on aurait par conséquent une tempérât ire de 200 000 degrés dont nous ne pouvons nous faire aucune idée; mais il n'est guère probable que la chaleur s'accroisse toujours uniformément; il est à croire que bientôt il se fait un équilibre général, et qu'à une profondeur de 150 à 200 kilomètres il s'établit une température uniforme de 3000 à 4000 degrés, la plus forte que nous puissions produire, et à laquelle rien ne résiste.
De ces observations il résulte, non-seulement que la terre aurait été fluide à une certaine époque, comme nous l'avons déduit ci-dessus <ie sa forme, § 3, mais même qu'elle le serait encore, et que sa surface seule se serait consolidée, en perdant dans l'espace sa chaleur primitive, sur une épaisseur de 20 à 40 kilomètres, suivant la fusibides substances.
% 8. Cette cruùte consolidée, est fort peu de chose relativeoient au rayon terrestre, quicst deplusdeeooi) kilomètres. Sur un globe artiflciei de 1 mètre de rayon, olle serait proportionnellement de 3 à 6 millimètres, et elle ne ferait pas l'épaisseur d'une feuille de papier sur nos globes ordinaires. Or, si de (elles enveloppes remplies d'un liquidecinqà six fois plus pesant que l'eau, n'offraient pas plus de ténacité que les malières qui composent l'écorce terrestre, elles ne pourraient évidemment supporter la moindre oscillation dans leur forme. Pourquoi n'en serait-il pas de même de la terre? la faiblesse relative de l'écorce, d'ailleurs fort crevassée, conduit à penser qu'elle ne peut supporter toujours les changemenls de forme et de volume dont une telle masse incandescente doit être susceptible, surtout quand la température centrale est capable de tout réduire en vapeur à la moindre communication avec une atmosphère de si faible pression relative? Si l'on peut être étonné de quelque chose, c'est que cette disproportion entre l'épaisseur de la croûte solide et le diamètre de la matière liquide ne donne pas lieu à plus de calastropbesqu'onn'encprouveaujourd'huiàlasurfacedenotreplanète.
î° EURFACB DU GLOBE.
§ 9. iteadae rcIMIvc des (erre* tt des niera. — Sur environ 5 millions de myriamëtres carrés, ou SO milliards d'heclares. que présente la surface du globe, les trois quarts à peu près sont formés par les mers, du sein desquelles s'élèvent ç^ et là des parties solides plus ou moins étendues, qu'on nomme terres. C'est autour du pdienord que les terres sont particulièrement groupées, lig-3;
NOTIONS PHELIMINAIKES. 7
elles constituent deux immenses masses, nommées continents ^ découpées irr^ulièrement de différentes manières, et qui se prolongent en pointes au delà de l'équateur. Au sud on ne connaît jusqu'à ce jour d'autres grandes terres que l'Australie, ou Nouvelle-Hollande. Çà et là, du reste, il existe, au milieu des mers, une multitude d'{les, qui sont tantôt isolées les unes des autres, tantôt rassemblées, sur une faible étendue, en nombre plus ou moins considérable, formant des groupes, des afchipels, et enfin alignées quelquefois suivant certaines directions. •
Les contours des terres sont extrêmement irréguliers , découpés de toutes les manières , et souvmit très-profondément. Ils présentent ainsi les saillies qu'on nomme presqu'îles, caps, pointes, et les (3nfoncements désignés sous les noms de criques, anses, baies, golfes, mers intérieures ou méditerranées.
^10. Il n'est pas inutile de remarquer que la limite du Grand Océan est formée par une série de montagnes qui , de la pointe sud d'Amérique, s'étendent jusqu'à son extrémité nord, en formant toute la côte occidentale, puis se continuent à travers l'Asie jusqu'à l'extrémité de l'Indoustan , et^nfin longent toute la côte orientale d'Afrique. Il résulte de cet ensemble un énorme bourrelet montagneux qui sépare la partie éminemment continentale du globe de la partie la plus maritime : c'est ce qu'on voit immédiatement sur une projection réduite de Mercator, quoique ce ne soit pas encore celle qui convienne le mieux pour faire apercevoir ce fait.
§ 11. Relief des parties solides. — La hauteur des terres au-dessus des mers est extrêmement variable. Il y a des îles qui sont à fleur d'eau , et qu'on désigne sous les noms d'écueils, de récifs, de vigies, fig. 3, a. D'autres, au contraire, s'élèvent à des hauteurs plus ou moins considérables , tantôt formant dans toute leur étendue un plateau , 6, dont les bords offrent des pentes plus ou moins rapides; tantôt présentant des plans plus ou moins inclinés qui se réunissent en une arête irrégulièro au point c , ou bien des cônes , rf, des surfaces bombées , ondulées , etc., comme en e.
Fig. 3. Formes et élévations de dirernes iles.
Les grandes îles présentent le plus souvent sur leur étend iio toutes ces dispositions à la fois, et les contincut* ^ov\V ^^•e^çX.v^Wi^wV
dans le même cas , fig. 4 ; on y observe alors toutes les formes, toutes les hauteurs, depuis le niveau des mers jusqu'à 7800 mètres, la plus grande élévation qu'on connaisse aujourd'hui. Les parties diversement saillantes comprennent entre elles des parties plus basses, et l'ensemble constitue un relief extrêmement varié dont les accidents présentent les plaines, les vallées, les montagnes, etc.
Fig. 4. Groupement des montagnes dans les grandes îles.
§ 4 2. vond des mers. — Le fond des mers est aussi très-irrégulier. Quelquefois il est à peu de distance sous les eaux, et constitue des bancs, des hauts fonds ; ailleurs on trouve des profondeurs diverses autour d'un point plus saillant qui indique une montagne sous-marine. Souvent on reconnaît 4 peu près la même profondeur sur une très-grande étendue, et par conséquent de vastes plaines, dont on trouve aussi successivement plusieurs en gradins les unes au-dessus des autres. Il y a aussi des parties où la sonde descend à 2000, 4000 et même 8000 mètres, et nous indique en conséquence des profondeurs considérables. Près des côtes plates, la mer est peu profonde, et le fond s'abaisse lentement en pente douce, jusqu'à de très-grandes distances ; près des côtes escarpées , au contraire, la profondeur est fréquemment considérable, et s'accroît rapidement au large. On voit ainsi que le relief supérieur se continue avec la partie submergée, et enfin que le fond des mers est aussi irrégulier que la surface des continents.
La plus grande profondeur moyenne qu'on puisse supposer aux mers paraît être de 4800 mètres, d'où il résulte que la masse totale des eaux, qui couvre une si grande partie du globe terrestre, ne va pas à 2 millions de myriamètres cubes : c'est im volume infiniment petit relativement à celui de la terre, § 4, note, et qui ne permet guère de concevoir une fluidité aqueuse de notre planète, du moins par les eaux actuelles, qui n'offrent pas la millionième partie de ce qu'il faudrait pour dissoudre une telle masse dans les circonstances les plus favorables qu'on puisse imaginer,
§ 43. Formes dlvers«^s des montagnes. — On emploie différentes dénominations pour désigner les diverses protubérances du /ejief que présentent les terres. On nomme collines des éminences
peu considérables, mollement arrondies, dont les pentes se confondent doucement avec le sol environnant, pris comme niveau de la contrée. Un tertre ou une butte est une colline détachée , isolée au milieu delà plaine, ou surmontant tout à coup une colline plus surbaissée et plus large. Un rocher est souvent un tertre de matières solidement agrégées, pouvant se soutenir sous toutes les formes, et dont les flancs sont plus ou moins irréguliers, quelquefois à pic. Enfin, sous le nom de montagnes, on comprend toujours une masse très-élevée au-dessus du plan qui sert alors de niveau. On conçoit que toutes ces dénominations n'ont rien de nettement déterminé et que leur application est souvent fort arbitraire.
Une montagne , quelle qu'elle soit , s'élève presque toujours en pente douce depuis son pied jusqu'à une certaine hauteur, ce qui tient souvent à l'accumulation de ses débris, qui ont formé des talus plus ou moins inclinés. Plus haut les flancs deviennent plus rapides, tantôt unis, tantôt déchiquetés de toutes les manières, souvent abrupts ou taillés en gradins. Vers le sommet se présentent encore, quelquefois successivement , de nouvelles pentes, des escarpements à pic, des cimes enfin de toute espèce. Les variations que présentent ces diflérentes parties donnent aux montagnes des configurations diverses, le plus souvent en rapport avec la nature des matières qui les composent, et dont quelques-unes ont reçu des noms particuliers.
Diverses formes de montagnes.
Lorsque le sommet d'une montagne présente une masse conique, fig. 5, plus ou moins rapide , comme on l'observe surtout dans les pays volcaniques, on lui donne le nom de piton, de pic ou de puy, qui s'applique souvent alors à la montagne entière. S'il est arrondi en boule, comme on le voit fréquemment dans les Vosges, il prend le nom de ballon. Les sommets terminés en pointes aiguës, en crêtes dentelées, fig. 6, qui appartiennent aux terrains de gneiss (Minéralogie, $ 171, note)^ élevés à de grandes hauteurs, comme dans les Alpes, prennent le nom d^aiguilles, de dents, de cornes y suivant les aspects qu'ils présentent. On nomme tour ou cylindre des sommets taillés à pic, fig. 7, qui ressemblent de loin à des fortifications; c'est ce qu'on observe souvent daitvî> \^^ Y^N'à c.A^'àvc^'^
dont les montagnes sont aussi caractérisées par des flancs taillés en gradins, fig. 8, par des escarpements formés d'assises horizontales, et par des terminaisons en plateaux.
§ 44. naMiifo déeoupés par les vallées. — Les collines OU les montagnes qu'on aperçoit au loin, à l'extrémité d'une plaine, ne sont fréquemment que les flancs d'un plateau plus ou moins élevé au-dessus de celui qu'on occupe soi-même. Or, ces plateaux, et particulièrement ceux qui sont très-élevés, nous offrent encore une circonstance importante à remarquer. Il est rare qu'ils soient entiers dans toute leur étendue , et le plus souvent le massif qu'ils constituent se trouve découpé par des entailles profondes, fréquemment ramifiées , rayonnant en différents sens , qui le partagent de diverses manières en se prolongeant sur le plateau inférieur, où elles viennent déboucher. C'est cette circonstance qui les a fait considérer comme des groupes de montagnes, tandis que, dans le fait , ils ne forment souvent , dans toute leur étendue , qu'une seule et même masse , morcelée par des vallées plus ou moins nombreuses. Les plates-formes des différentes pièces dont ils paraissent composés, tantôt entièrement séparées , tantôt réunies par des lambeaux irréguliers, se trouvent sensiblement sur un même plan, et les couches qui composent la masse se correspondent sur les pentes des ravins qui les sillonnent. Quelquefois aussi le massif se trouve divisé par des vallées rayonnantes qui se réunissent en un point central où se présente un vaste enfoncement ; on remarque alors sur le bord de ce bassin , des montagnes plus ou moins élevées , qui ne sont que les extrémités des masses partielles dans lesquelles le massif total se trouve partagé.
§ 45. Chaînes de montagnes. — Il existe aussi, parmi les protubérances de la surface du globe, des dispositions allongées qui s'étendent à de grandes distances , et qu'on donne le plus souvent encore comme le résultat d'un groupement de montagnes à la file les unes des autres : c'est ce qu'on nomme les chaînes de montagnes. On dépeint souvent une chaîne, pour la représenter dans sa plus grande simpHcité, comme formée par deux plans inclinés réunis en une arête , tels que sont les deux pentes d'un toit; mais cette simplicité, tout au plus applicable à quelques rides allongées de la surface terrestre , est tout idéale, et dans la réalité il y a plus de complication. On a comparé plus heureusement une chaîne de montagnes à une arête de poisson ; en effet , on y observe une masse centrale dirigée suivant une certaine ligne , et des branches latérales ou chaînons, à peu près perpendiculaires à la direction générale; qui se correspondent de part et d'autre, ot s'avancent à
(les distances plus ou moins grandes. Ce n'est qu'aux extrémités (fune chaîne que les branches deviennent divergentes et forment ce qu'on nomme la patte-d'oie, caractère qu'il est bon de remarquer, en oe qu'il assigne des limites locales aux phénomènes qui ont produit ces dispositions de montagnes.
Les branches d'une chaîne sont le plus souvent divisées comme la chaîne elle-même; elles présentent des rameaux perpendiculaires à leur direction et divergents à l'extrémité. Ces rameaux se subdivisent encore, et souvent il en est de même de leurs dififérentes parties , pour ainsi dire à l'infini.
Généralement le centre de la chaîne est la partie la plus élevée, et les branches latérales s''abaissent successivement jusqu'à leur extrémité ; on peut en dire autant des rameaux relativement aux branches. Cependant il arrive fréquemment que , dans certaines parties d'une branche ou d'un rameau, quelquefois à l'extrémité, le terrain se relève brusquement, et même à une hauteur plus grande que partout ailleurs.
On remarque aussi que les pentes sont rarement égales sur les deux versants d'une chaîne; c'est ce qu'on observe dans le Jura, dont les pentes sont extrêmement douces du côté de la France, et pour ainsi dire abruptes vers la Suisse ; dans les Pyrénées , où les pentes sont généralement plus rapides du côté de l'Espagne que du côté de la France; dans les Alpes, dans les Vosges, et mieux encore dans les Andes, qui s'inclinent si rapidement du côté do l'océan Pacifique, etc.
Le faîte d'une chaîne présente ordinairement une ligne plus ou moins onduleuse dans toute son étendue. Son élévation est aussi extrêmement variée : ici les sommets se portent brusquement jusqu'à plusieurs milliers do mètres; là ils restent à quelques centaines seulement, et ailleurs ils prennent toutes les hauteurs intermédiaires de manière à produire les plus grandes inégalités. C'est en général à l'endroit où se rattachent deux branches latérales opposées que se trouvent les plus grandes hauteurs, et entre deux branches voisines il existe le plus souvent une grande dépression qu'on nomme col. Nous reconnaîtrons plus tard à quoi tiennent toutes ces circonstances quand nous aurons acquis des données suffisantes sur la composition et la formation des montagnes.
§ 16. CroiBemciit de« chaînes. — Les chaînes de montagnes sont nombreuses à la surface du globe, et dirigées dans tous les sens; d'où il arrive qu'en certains lieux elles se coupent mutuellement de toutes les manières , et forment des réseaux plus ou moins compliqués. Les points de croisement, qu'où t\o\wvv\ç^, n(ruA9.,Y\^
sentent souvent des élévations subites beaucoup plus considérables que partout ailleurs.
Quelquefois plusieurs chaînes marchent à peu près parallèlement, et Fespace qu'elles laissent entre elles offre une vaste plaine élevée dont elles forment les limites. Un des plus beaux exemples de cette disposition est fourni par les chaînes de Mouztagh et de Kouenioun, parle Katchi et THimalaya , au centre de TÂsie; les Alpes et le Jura , qui laissent entre eux les plaines de la Suisse, en sont un faible exemple en Europe.
§ 17. Les chaînes, en se croisant de toutes les manières, forment ce qu'on nomme en géographie des systèmes de montagnes, auxquels se rapporte la topographie des diverses contrées; mais ces prétendus systèmes, auxquels Timagination a fréquemment ajouté, n'offrent souvent que peu d'importance sous les rapports géologiques , si on les considère isolément. Nous verrons qu'il faut y ajouter des considérations particulières qui conduisent à des idées d'un ordre plus élevé, et qui se lient aux grands phénomènes dont le globe terrestre a dû être le théâtre , § 329 à 354 . Ces faits conduisent à reconnaître que les chaînes du même ordre sont placées à la surface du globe de manière à se trouver sur un grand cercle , ou parallèlement, et à occuper la moitié de sa circonférence. Les chaînes d'un autre ordre sont disposées sur un grand cercle différent , plus ou moins incliné sur le premier, etc. Citons quelques exemples : si l'on veut jeter les yeux sur un globe, on verra que les AUeghanys, les Pyrénées , les Apennins , les montagnes de la Croatie , les Karpathes, le Zagros de la Perse, les Ghates du Malabar, sont autant de chaînes qui offrent la même direction, et sont toutes parallèles à un grand cercle qui passerait par la première. Si l'on considère la partie des Alpes qui se dirige du Valais en Autriche, on verra qu'un grand nombre d'autres chaînes lui sont parallèles, telles que les montagnes de l'Espagne, leTaurus, le Caucase, l'Atlas, le Balkan et les chaînes qui viennent à travers la Perse se lier à l'Himalaya , §351,fig. 373.
§ 18. Caractère» des vallées. — On nomme vallées les espaces vides qui séparent les différentes parties d'un massif, les diverses branches d'une chaîne, ou enfin deux chaînes elles-mêmes.
Considérées dans une chaîne, les vallées sont, comme les chaînons, perpendiculaires à la direction générale, et se nomment vallées transversales, parce qu'elles coupent les chaînes en travers. A ces vallées viennent aboutir perpendiculairement les vallons, qui séparent les rameaux de chaque branche, comme à ces vallons viennent se rendre les gorges diverses qui séparent les subdivisions.
NOTIONS PRÉLIMINAIRSS. 13
Les grands espaces situés entre deux chaînes sont fréquemment nommés vallées longitudinales; c*est là que viennent déboucher, à peu près à angle droit , les vallées transversales qui se trouvent de part et d'autre.
Les vallées des grands massifs, ou des grandes chaînes, sont quelquefois étroites, profondes et à parois escarpées; c'est ce qui est surtout remarquable dans les hautes régions de l'Asie centrale et de TAmérique équatoriale, où certaines vallées présentent des fissures verticales effroyables, de 1500 à 2600 mètres de profondeur, fréquemment si étroites qu'il suffit de quelques blocs roulés en travers pour y former des ponts naturels. Ces fissures abruptes forment généralement un caractère des pays à plateaux élevés, où toutes les rivières sont fortement encaissées; non-seulement on les observe en Asie et en Amérique, mais la presqu'île Scandinave nous en offre encore de beaux exemples, quoique la hauteur des parois soit moins considérable ; la Croatie, la Carniole, nous en présentent également, quoique sur une échelle moins étendue.
Cette configuration n'est cependant pas celle que présentent le plus ordinairement les vallées; presque toujours il arrive que leurs pentes, quoique fréquemment escarpées, deviennent du moins abordables en divers points; leurs fonds et leurs flancs peuvent souvent recevoir des habitations , et des chemins qui servent de passages habituels à travers les montagnes.
Nous avons fait remarquer que les branches latérales d'une chaîne se correspondent de chaque côté du faîte ; il en est de même des vallées , et il arrive généralement qu'après en avoir suivi une sur l'un des versants, on en trouve une autre au sommet pour descendre sur le versant opposé; cette correspondance a lieu par Téchancrure que nous avons indiquée entre les sommets qu'on observe à la correspondance des chaînons, § 15. Ce sont ces échancrures qu'on nomme cols dans certaines localités , passages ou ports dans d'autres, et quelquefois brèches.
§ 49. On juge presque toujours, en parcourant une vallée, qu'elle va en s'élargissant de sa partie supérieure à son extrémité ; mais c'est une pure illusion , qui tient à ce qu'on prend , dans le haut , le pied de l'escarpement pour point de départ, sans faire attention à l'écartement des sommités. La véritable forme est précisément inverse, c'est-à-dire plus étroite dans le bas que dans le haut, ce qu'on voit clairement en l'observant de ces sommités mômes.
Les vallées présentent sur leur longueur des évasements et des étranglements successifs; leur fond offre souvent des alternatives de |)entes douces et de pentes rapides , ou même des parties ah^w^X^ss» ^
et celles-ci correspondent aux étranglements, tandis que les autres se montrent là où la vallée s'élargit. Il en résulte qu'une vallée se compose souvent d'une série d'amphithéâtres ou de bassins placés les uns au-dessus des autres, et qui communiquent entre eux par des passages étroits dont le sol présente une pente rapide ou un escarpement. Souvent il arrive que, dans la partie supérieure, la vallée se termine par un cirque dont les parois sont à pic, et dont le centre est quelquefois occupé par un lac.
§ 20. Les vallées longitudinales, par lesquelles les grands fleuves s'écoulent, présentent fréquemment les mêmes caractères; elles offrent aussi de grands bassins successifs, qui communiquent entre eux par une échancrure plus ou moins profonde des montagnes qui les entourent, et dans laquelle le fleuve se trouve tout à coup resserré. C'est ainsi que le Rhin , après être sorti du lac de Constance , qui forme son premier bassin, traverse les montagnes qui lient le Jura et la forêt Noire, où il est bordé et obstrué par les rochers. Arrivé à Bâle, il passe, en changeant de direction, dans le vaste bassin d'Alsace ; puis à Bingen, après avoir serpenté dans la plaine, il coupe les montagnes de l'Eiffel, qu'il traverse par une gorge étroite qui ne laisse guère que son passage , et dont il sort à Coblentz. Le Rhône, le Danube, l'Ëlbe et un grand nombre de fleuves sont exactement dans le même cas; et ce qui étonne surtout dans ces accidents, c'est que le plus souvent la communication d'un bassin à l'autre se fait à travers les parties les plus élevées, comme aussi les plus solides , des montagnes qui les entourent. Cette circonstance s'oppose à ridée de digues rompues par le seul poids des eaux; car s'il en était ainsi, il est clair que la rupture se serait faite au point le plus bas de l'enceinte, comme aussi dans les parties les moins résistantes.
§ 21. Les passages bordés d'escarpements à pic, que présentent les vallées en divers points, prennent en général le nom de défilés, et souvent aussi de portes des nations, parce qu'ils ont fréquemment séparé des peuplades qui y trouvaient une défense facile, comme à la porte d'une muraille. Il en est qui sont célèbres dans l'histoire; tels sont les défilés du Taurus et du Caucase, connus sous les noms de Porte Ibériehne, Porte Caspienne, Porte Albanienne, Passe d'Issus, célèbre par le passade d'Alexandre ; telles sont encore les Thermopyles , où les 300 Spartiates arrêtèrent l'armée de Xerxès ; les Fourches Caudines, où les Samnites forcèrent les Romains à passer sous le joug , etc. Les parois de ces passages taillées à pic ont quelquefois des hauteurs considérables; il y en a dans les Andes qui s'élèvent jusqu'à 1600 mètres.
§ 22. ceouiement de« eaux. — C'est par les vallées que s'écoulent les eaux produites par les brouillards, les pluies, la fonte des neiges. Ces eaux se rassemblent dans les gorges, les vallons, les vallées transversales , et forment les torrents, les ruisseaux, les rivières et les fleuves , pour se rendre à la mer ou dans quelque grand lac. Ces courants présentent dans leur marche des circonstances complètement en rapport avec celles des vallées par lesquelles ils se dirigent ; ils sont d'une rapidité effrayante dans les parties où les vallées se rétrécissent, et reprennent un cours lent et tranquille là où elles s'élargissent, en y formant quelquefois des lacs plus ou moins étendus. Les pentes rapides, les escarpements, produisent sur ces courants ce que l'on nomme rapides, sauts, chutes, cascades et cataractes, dont tous les pays de montagnes nous offrent des exemples.
§ 23. Plaines situées h dIvenMNi hauteurs. — On nomme plaine tout espace sensiblement uni, n'offrant que des ondulations peu marquées relativement à son étendue. Il en existe à toutes les hauteurs depuis le niveau des mers jusqu'au milieu des montagnes les plus élevées. On les distingue en plaines basses et en plaines hautes ou plateaux, sans qu'on puisse fixer positivement où finissent les unes et où commencent les autres, tant il y a de hauteurs intermédiaires. C'est en quelque sorte par des plaines successives, et comme de terrasse en terrasse, que s'élèvent principalement les continents au-dessus de l'Océan ; les grandes chaînes qui les traversent ne sont, pour ainsi dire, que des accidents au milieu des terrains plats élevés, comme on le voit, par exemple, sur le plateau central de la France, dans les montagnes de la Margeride et de la Lozère, qui dominent toute la contrée.
Parmi les plaines basses, on peut citer, sur les confins de l'Europe, les steppes des Kirghiz, où 1800 lieues carrées de pays se trouvent au niveau de l'Océan , ou même au-dessous, car Astrakan et tous les bords de la Caspienne se trouvent plus bas que le niveau de la mer Noire. C'est la plus vaste dépression que nous connaissions ; car la mer Morte, et les plaines environnantes, qui sont également au-dessous de la Méditerranée, ne peuvent être mises en comparaison. Ces plaines se lient par des pentes insensibles à celles de l'Ukraine et de la Lithuanie , jusqu'à celles du Holstein , du Jutland, etc., de manière à offrir en Europe une immense étendue de pays plats. Toutes les parties du monde offrent également des plaines basses très-considérables, et l'Amérique renferme peut-être les plus vastes du globe , comme celles où se dessinent les nombreuses ramifications do l'Amazone, de la Plata^ etc.
§ 24. Les plaines hautes les plus élevées au-dessus des mers se trouvent au centre de TAsie, où elles ne le cèdent en rien aux plaines basses des autres continents. Celles qui forment la haute vallée comprise entre la chaîne du Kouenloun et celle de l'Himalaya , et qui constituent le Tibet proprement dit, se trouvent à 3600 mètres au-dessus du niveau des mers. C'est la plus haute que nous connaissions, car toutes celles qu'on avait confondues sous le nom général de plateau du Tibet sont beaucoup plus basses; l'immense désert de Cobi, entre le Kouenloun et la chaîne volcanique de Thian-Chan, n'a pas plus de 4200 mètres dans ses parties les plus élevées. En Amérique, le plateau de Quito se trouve à 3000 mètres d'élévation, et celui du Mexique à 2000. Ce dernier, qui a 50 lieues de large, se prolonge à 450 lieues vers le nord sans presque subir d'abaissement. Nous n'avons rien de comparable en Europe, ni pour l'étendue ni pour la hauteur, et cependant on peut citer le plateau qui couronne les montagnes de la presqu'île Scandinave, les plateaux de la Croatie et de la Carniole, ceux des Ardennes, du Limousin et de l'Auvergne, des Cévennes, etc., qui en sont du moins des exemples en petit.
§ 25. Dislribution de la chaleur k la surface du globe. —
Si la surface terrestre était partout homogène , la distribution de la chaleur y serait déterminée par les latitudes , le mouvement du soleil et les phénomènes qui en sont la suite. Les lignes qui joindraient les points d'égale température, en quelque partie de l'année que ce fût, seraient toutes parallèles entre elles et se confondraient avec les parallèles terrestres ; mais il n'en peut être ainsi pour une surface composée de parties hétérogènes, de terres et de mers, qui agissent différemment par leurs pouvoirs émissifs et absorbants. Les configurations de ces parties , leurs positions, leurs étendues relatives, la hauteur des terres au-dessus des eaux , la nature du sol , l'abondance ou l'absence de la végétation, etc., changent nécessairement la distribution théorique, et c'est par l'observation seule qu'on peut reconnaître ce qui en advient.
Forme des lignes thermales. — Les recherches de M. de Humboldt font voir que , dans l'état actuel de la terre, les lignes d'égale température ne conservent le parallélisme entre elles et à l'équateur que dans le voisinage de la zone torride. A partir à peu près du trentième parallèle, ces courbes se relèvent vers les pôles, et plus ou moins suivant le degré de chaleur auquel elles correspondent , ce qui fait qu'elles sont plus ou moins inclinées entre elles. Cela se fait dans l'hémisphère boréal par deux inflexions dont l'une porte les sommets convexes des courbes sur l'Europe occidentale, et
Tautre les seconds sommets du môme genre sur la côte occidentale d'Amérique ; les sommets concaves se forment d*une part en Asie , et de l'autre sur la côte orientale de FAmérique. C'est ce qui résulte surtout du tracé des lignes d'égale température moyenne annuelle, qu'on nonmie plus spécialement lignes isothermes.
Les autres lignes d'égale température moyenne de tel ou tel point de Tannée se comportent de même, en oscillant autour des précé-dentes; mais les lignes isochimènes et isothères (d'égal hiver et d'égal été) s'écartent encore plus des parallèles terrestres : les premières, comme les lignes isothermes, d'autant plus qu'on se porte davantage à l'est ; les secondes, exactement en sens contraire. C'est vers les sommets convexes des lignes isothermes que se trouvent les plus petites différences entre les saisons ; vers les sommets concaves, au contraire, il s'en manifeste d'énormes, comme de — 42'à + ^9*> de — 47* à + 43*, etc.
§ 26. Froid des parties orientales des continents. — Ces dispositions des lignes thermales sont l'expression de divers faits remarquables dans la physique actuelle du globe : elles montrent que les parties orientales des deux grands continents sont aujourd'hui plus froides que les parties occidentales, comme on le voit au Labrador et au Canada d'un côté, et en Sibérie de l'autre. Sur l'ancien continent la température moyenne annuelle diminue de plus en plus sur un même parallèle à mesure qu'on s'avance de plus en plus vers Test, comme on le voit dans le tableau ci-dessous :
Température Lieux. Latituden Longit. orient. moyenne.
( Amsterdam. 52" 22' 2* 30' Il*,9
(Varsovie. 53» 14' 18° 43' 8*,2
{Copenhague. 55» 4i' lO» 15' 7«»,6
Moscou. 55" 45' 35» 12' 4«',6
Kasan. 55" 48' 46* 44' i^S
IChristiana. 59« 56' 8» 28' 6<^,0
Upsal. 59» 51' 15* 18' 5«»,6
Pétersbourg. 59° 58' 27» 59' S**,»
Tobolsk. 58» 12' 65° 58' — 0*»,6
Il en est de même en Amérique, où le climat est beaucoup plus doux à l'ouest des Alleghanys qu'à l'est. Les deux continents offrent de même, entre leurs côtes, des différences considérables : ainsi le Labrador , le Canada , les États-Unis sont beaucoup plus froids que la Scandinavie et toute la côte européenne, comme on le voit dans les exemples suivants :
18 GitOLOèll.
AllftRH}DE OaiBIITALl. KBaOHI QOCnHTAUL
LUuœ.
Latiiftdê.
jMnpMnofliff
XifHo;.
jLoKludff.
■ Aoiperolii
mosfefMM.
moyeiMM
Main.
Stoekbolni.
Qoéboc.
NÉOtM.
New-York.
Niptos.
40* ftO'
iT*.4
g 27. Froid de l'intérieur des cantinênie. — L'intérieur d grands continents est généralement plus froid que les côtes, les ile ou les contrées avancées en pointes au milieu des mers. En Bret gne, en Ecosse, en Irlande, etc., on cultive en pleine terre li plantes du midi, et les hivers sont plus doux qu'à Milan et da toute la Lombardie ; mais par la même cause les étés sont mon chauds, fréquemment brumeux , pluvieux , et quelquefois mèo neigeux. Dans les lies des mers australes on trouve des fougèn arborescentes , des palmiers , toutes les plantes des pays chaudi jusqu'à des latitudes de 53', tandis qu'il n'en existe pas traces a les continents du nord , et qu'il fout remonter jusqu'aux tropiqi pour les retrouver. Voici -quelques exemples :
CUMAT GONTUISNTAL. CLIMAT MARITIMB. '
Liauf. Latit. î\smp. Hiver. Été, Linuc. Lotit, Tmp. Bivtr. Et moy. flioy.
Bade. 41* 29' 10*, 6— 0*,6 21*, 4 NantCB. 4r» IS' I2*,« 4*, 7 II"
Vienne. 48* 12' 10*.3+ o*,4 20*, 7 St. Halo. 48« SO* 13*, 1 5*,7 tH^ Kasan. SS*" 48' 3*, 1 — 1 6*, 6 18*, 8 Bdimb. SS* 57' 8*, 8 l*,7 il*
§ 28. Climats extrêmes. — Les directions inverses des lig» isochimènes et isothères nous donnent ces climats extrêmes , où des hivers rigoureux succèdent des étés brûlants; c'est ainsi qn New- York, par 40° 40', on trouve les hivers de la Norvège et! étés de ritalie; à Moscou, à Kasan, on trouve les hivers de la L ponie et les étés de la Touraine; à Pékin, par 39° 54', on a 1 hivers d'Upsal et les étés du Caire. Voici des exemples en chiffra
Lieux.
Latitude.
Température , moyenne.
^oy. d'hiver.
Moyenne SiH
Pékin.
New-York.
Québec.
Zurich.
Bude.
Prague.
Gœttingue.
Varsovie.
Moscou.
Toutes ces circonstances thermales sont le résultat de Tarraiigi nient actuel des lerres et des mers, et il est évident que queiqu*
changements dans leur étendue, leur forme, leurs .dispositions relatives, leur nature, en amèneraient aussi dans toutes les lignes isothermes. La réduction de nos continents du nord en îles éparses au milieu des mers, amènerait partout des températures moins différentes entre l'été et Thiver , et, tout en rendant nos climats plus brumeux , entraînerait une végétation semblable à celle des terres australes.