‹ Minéralogie micrographique roches éruptives françaisesChapitre 82 sur 150 · II. Ang · texte numérisé non relu

II. Ang

le des clivages mm, entre e

ux.

Macle suivant h^.

Les tableaux ci-dessus, dus à M. Thoulet, peuvent servira construire les courbes précédentes avec précision ; ils permettent également, dans chaque zone importante, de déduire, de l'angle des deux clivages mm, la position du plan de section par rapport à g^ ou h^.

Macle habituelle de pyroxene. — La macle la plus fréquente, et la seule que nous considérerons ici, est celle qui se produit suivant le plan d'assemblage /iS avec axe de rotation perpendiculaire.

PYROXENES.

1° Zone ¥ g\ — L'arête h'^ g^ du premier cristal se confond avec /i^' g^', arête du second cristal. La bissectrice et les axes optiques de ce second cristal prennent dans le plan g^ g^' une position symétrique de ceux du premier cristal par rapport à l'arête de zone (/î^.95).

La courbe des extinctions du second cristal sera donc simplement symétrique de celle du premier par rapport à Taxe des x, qui représentera la trace de la macle et celle des plans h^ g^, mm et h^' g'^\ m' m';

2° Zone pg^. — Le cas est plus compliqué, car pg^ ne correspond pas à^'âf*'; il faut donc chercher la place occupée par l'arête de zone pg^ par rapport aux axes optiques et

Zone pg^.

luf

ta

ja

■si

7,ry

Fig. 95.

Fig. 96.

d'élasticité du second cristal. L'axe de rotation de la macle étant toujours perpendiculaire au plan ft-S prenons pour plan de la figure le plan g^ {fig. 95) ; il contiendra cet axe de rotation qui sera la perpendiculaire à l'arête h^ g^ : il en résulte que la bissectrice b viendra en b', à 35° 27' de l'arête de zone, en sens inverse de 6; reportons-nous maintenant à l'épure générale relative au pyroxène {fig. 90); nous y voyons que V est d'environ 29° et que la courbe afférente au second cristal sera voisine de celle que nous avons trouvée pour la zone h^ g^, mais en sens inverse, avec des ordonnées négatives. Le plan h^ se confondant avec h^' conservera sa courbe déjà connue qui représentera également la ligne de macle. Ces différentes données sont résumées dans le croquis {fig.9d).

1" Augite et diopside, — A) Dans les plaques minces déroches éruptives, Résultats praUques. l'augite se montre tantôt en grains irréguliers, tantôt en cristaux allongés suivant l'arête h^g^; cet allongement donne à la zone Ay une importance prédominante. Les sections de Taugite se présentent alors fréquemment

SOUS les formes représentées fig. 86 et 88; le pointement 6' y est assez

habituel; les clivages mm sont parallèles entre eux et à la longueur de la

section; l'angle d'extinction varie d'une façon continue entre 39° (face g^)

et 0° (face ¥).

B) La zone ph^ se reconnaît à la symétrie des sections qu'elle présente et à leur extinction suivant la bissectrice des clivages mm\ ces derniers

Tf

peuvent se couper sous un angle voisin de-; la face h^ est généralement

opposée à l'angle aigu mm, et les faces h\ g^ sont beaucoup plus développées que mm (fig. 87) .

C) La zone pg^ peut rendre des services dans le cas de certains augites allongés suivant l'arête pg^, à la façon de celui de Warwick, cité par M. DesGloizeaux (fig. 92).

Les extinctions restent entre SS» et 28" pour le plus grand nombre des sections et descendent brusquement vers 0° pour les plans de la zone voisine de la face p. Nous renyoyons à la fig. 93 pour la relation compliquée qui existe entre l'angle d'extinction et la trace des clivages faciles mm.

D) Dans les cristaux maclés, la zone h^g^ se reconnaît à l'extinction symétrique de part et d'autre du plan d'assemblage; les clivages mm, m'm' sont parallèles à la ligne de macle ; l'angle compris entre les extinctions successives des deux cristaux oscille entre 77° 28' et 0"; les couleurs de polarisation sont les mêmes et ne varient que par leur intensité.

La zonQ pg^ n'a ici qu'une valeur théorique; les clivages mm sont respectivement parallèles à m'm' . L'extinction successive des deux cristaux comprend un angle qui, entre g^ et p, part de 12° 32', passe par 0°, puis par un maximum voisin de 15° pour retomber enfin à 0°; les petits angles dominent, et cet exemple suffit à donner une idée des précautions qu'il convient de prendre pour juger des angles d'extinction d'une substance donnée (fig. 96).

2° Diallage, — Le diallage présente rarement des contours extérieurs réguliers; aux clivages mm parfois peu marqués s'ajoute une lamellisation régulière suivant le plan h\ A partir de celte direction, les sections en zone

PYROXENES.

suivant h^g^ s'éteignent de 38° kk' à 0°; la zone ph^ donne des extinctions constamment égales à 0°; la zone p/ présente de nombreuses sections dans lesquelles les extinctions restent comprises entre 2>%°hh.' et 35°; les autres sont comprises entre 35° et 0°. On voit que les angles de 35° à 39° peuvent être considérés comme caractéristiques de nombreuses sections dans le diallage.

Le pyroxène jouit d'une double réfraction énergique; il donne en plaques minces, entre les niçois croisés, dBs couleurs vives, souvent jaunes et rouges. Elles n'ont pas cependant la limpidité de celles de l'épidote, ni en général l'éclat de celles de l'olivine.

Vaugite est généralement fort peu coloré en plaque mince, vert, brunâtre ou rosé. La teinte est cependant assez sensible pour qu'on le distingue ordinairement à première vue de l'olivine qui est incolore. '

Le diallage est encore moins coloré que l'augite.

Un même cristal de pyroxène peut présenter des zones concentriques de couleurs variables; en général les zones intérieures sont vertes; l'enveloppe plus oxydée est brune.

Le polychroïsme du pyroxène est à peine sensible, et l'on ne peut même poser une règle constante indiquant la direction d'absorption maximum. Ce faible polychroïsme et cette absorption insignifiante distinguent nettement, dans la plupart des cas, le pyroxène de l'amphibole et de l'hypersthène. Mais il ne faut pas perdre de vue que, dans certains cas très rares, le pyroxène devient sensiblement polychroïque (lorsqu'il est très coloré, en vert par exemple); l'amphibole présente d'autre part des variétés à peine dichroïques; il faut donc toujours contrôler leur détermination par la recherche de la position de leurs axes d'élasticité, qui est suffisamment caractéristique.

Le diallage est généralement dépourvu de polychroïsme.

Le pyroxène présente souvent en plaque mince une apparence rugueuse spéciale, qu'il acquiert sous l'influence de certaines actions secondaires. Dans les roches volcaniques fraîches, ses sections sont parfaitement limpides.

Nous énumérerons à ce propos les corps doués d'une apparence ana-

Coulenrg de polarisation.

Coloration et polychroïsme.

Structure.

PI. xm, fig. 4.

logue : oHvine (beaucoup plus rugueuse que le pyroxène) ; épidote (moins rugueuse). Puis viennent des minéraux que l'on ne peut d'habitude confondre avec le pyroxène et qui sont plus rugueux que lui : sphène^ zircon, grenat.

Ces différents minéraux, y compris le pyroxène, présentent aussi sur les bords de leurs plages un relief accusé, qui tient aux réflexions totales qu'amène leur forte réfringence, comparée à celle du milieu feldspathique ou vitreux englobant.

I. L'augite se présente en cristaux de première consolidation, cassés, corrodés, souvent zones, un peu postérieurs à l'apatite, au fer oxydulé, au sphène et au péridot, et servant d'inclusion aux autres minéraux en grands cristaux, mica noir, feldspath, néphéline, leucile.

Sous cette forme, il présente des macles fréquentes suivant h^; au milieu d'un cristal d'augite, on distingue quelques fines bandes hémitropes,

parfois une seule; nous connaissons quelques rares exemples de pyroxène présentant y-i^ \/ / / /f^r / / \^' autant de bandes hémitropes

qu'un feldspath triclinique.

Tels sont les augites de cer- Fig- 97. taines porphyrites andésiti-

ques du mont Glandure (Morvan), et des andésites du Cantal.

Ces mêmes macles se présentent en diagonale lorsque les faces m, m, prédominent sur Ug^^ ce qui arrive fréquemment dans certaines andésites. On connaît aussi l'augite à l'état graniloïde, de seconde consolidation. Il se présente alors en grandes plages, sans contours extérieurs polyédriques, englobant les autres minéraux et notamment les cristaux de feldspath auxquels il sert de ciment. C'est principalement sous cette forme qu'il passe au diallage, par lamellisation suivant le plan h^ (fig. 87) .

Enfin l'augite se présente fréquemment aussi sous la forme de microlithes de seconde consolidation , légèrement allongés suivant l'arête h^g^ et présentant quelques cassures transversales parallèles à />; il est fréquem-

PYROXÈNES. 359

ment associé à des microlithes feldspathiques et de fer oxydulé et à une pâte vitreuse. Tels sont les microlithes augitiques des andésites et des labradorites; nous sommes parvenus à reproduire artificiellement une telle association, par voie de fusion ignée et de recuit prolongé à haute température.

Dans les roches à amphigène et à néphéline, les microlithes de pyroxène sont souvent très allongés suivant l'arête h^ g^.

Les microlithes de pyroxène sont susceptibles de passer à des formes cristallitiques d'aspects très divers, tantôt isolées, tantôt groupées en dendrites et en arborisations régulières. Les roches vitreuses naturelles et pi. xvi, fig. 2.

pi XLIV fi" 2

artificielles, obsidiennes, fonds de creuset de verrerie, laitiers de haut- ' °' '

fourneau, mélange de leucite et de pyroxène artificiels, en présentent de beaux exemples.

Le pyroxène se présente aussi comme un produit métamorphique^ dû à des actions secondaires ; c'est ainsi qu'il se développe dans les calcaires à l'état de fassaïte et de diopside, au contact des mélaphyres et des euphotides.

M. vom Rath l'a signalé comme produit par volatilisation de ses éléments à la surface des laves de l'Eiterkopfe près Andernach et au Vésuve. Il existe à Santorin dans les mêmes conditions, à l'état d'augite et de fassaïte, associé à l'anorthite et au sphène, et déposé dans des sortes de tubes qui ont servi de passage aux fumerolles les plus chaudes. Ses petits cristaux constituent une rosée à éclat adamantin.

Les propriétés cristallographiques et optiques de l'augite suffisent en général à le déterminer sous ces divers états : les clivages m w, quoique irréguliers et discontinus, forment un réseau bien nettement reconnaissable et permettent de savoir dans quelle orientation est la section considérée. L'un d'eux est souvent plus continu que l'autre, qui subit de fréquentes interruptions dans la traversée du cristal.

II. Quand le pyroxène granitoïde passe au diallage^ on voit par places, dans les sections appartenant à la zone ph^ (fig. 87), de fines stries caractéristiques, très rapprochées l'une de l'autre, servant de bissectrices à ^ l'angle obtus des clivages m^ m ; c'est alors suivant cette direction (h^) que

se fait l'extinction du minéral. Cette lamellisation est due à la juxtaposition de nombreux cristaux élémentaires suivant la face h^ ; parfois ces cristaux présentent dans le diallage de fines lamelles hémitropes suivant la même face de composition.

Associations. i" L'augito cst uu minéral très répandu ; on le connaît en grands cris-

, taux et plus rarement en microlithes dans les porphyrites andésitiques et dans

les anttésites; en grands cristaux et fréquemment en microlithes dans les porphyrites labradoriques et dans les labradorites^ dans les mélaphyres et dans les basaltes. Il est à remarquer que l'augite des basaltes est moins souvent maclé que celui des mélaphyres.

Les phonolithes et les leucitophyres le contiennent en microlithes allongés d'un vert clair très caractéristique; les pointements terminaux ont des facettes moins nettes que dans les autres roches précitées.

Une association remarquable et imprévue, que le microscope a décelée, est celle de grands cristaux de pyroxène dans certaines micro-granulites ; cette association est maintenant connue dans la série ancienne comme PI. X, fig. 2. dans la récente : les kersantites, les micro-granulites de Rochesson (Vosges)

PI. XLYII, fig. 1 et 2. , , ,, . . , , .

présentent une belle association de grands cristaux de pyroxène et de mica noir englobés dans la micro-pegmatite; les blocs rejetés par les éruptions les plus anciennes des volcans et comme arrachés à leur base sont dans le même cas.

2° Les diabases et les gabbros dans la série ancienne, les dolérites et les eupholides dans la série récente présentent de nombreux exemples de pyroxène en grandes plages granitoïdes, souvent de consolidation plus récente que le feldspath triclinique.

Dans cette série, le pyroxène, généralement presque incolore en

plaques minces, passe souvent au diallage. Cette transformation s'opère de

PI. xxv, fig. 1 et 2. préférence sur les bords des plages de pyroxène et ne change pas l'ellipsoïde

PI. XUI, fig. 1 et 2. ,,,,..,. , . , ^ . ,, JL r ,

d élasticité optique du minéral; mais elle est accompagnée fréquemment d'une modification plus profonde; le minéral verdit, devient polychroïque et présente un réseau de fins clivages beaucoup plus réguliers que ceux du pyroxène; il y a passage à la hornblende et les deux minéraux sont orientés

PYROXÈNES. 361

de telle façon que leurs plans h^ et g^ se correspondent. La hornblende passe elle-même dans les mêmes roches à l'actinote, à la chlorite et parfois au mica noir.

L'association des différentes espèces de pyroxène et d'amphibole entre elles, et même leur passage de l'une à l'autre, sont des faits très généraux et sur lesquels M. Tschermak a insisté. On connaît l'exemple de Vouralite qui, présentant les formes extérieures du pyroxène, est douée des clivages de l'amphibole; les phonolithes présentent, eux aussi, le phénomène de l'ouralitisation ; tantôt la transformation en amphibole est périphérique (Mézenc), tantôt elle débute par le centre du cristal (Cantal).

D'autres fois, l'amphibole et le pyroxène se juxtaposent dans les mêmes roches sans épigénie apparente; ainsiles porphyrites andésitiques et amphiboliques des environs de Bourbon-Lancy, analogues aux porphyres pi. xxi, %. 2. verts antiques, et de nombreuses andésites i^résentent, noyés dans la même pâte, des cristaux isolés de pyroxène et d'amphibole. Dans ces dernières roches, l'amphibole est brune et le pyroxène vert ; en général, l'inverse a lieu dans les roches ante-tertiaires.

Les microlithes d'augite s'observent principalement dans les roches de la série labradorique ; ils supposent un magma très basique et coexistent souvent avec le péridot en cristaux de première consolidation. Ils abondent dans les porphyrites labradoriques, les labradorites, les mélaphyres, les basaltes, les téphrites, les leuco-téphrites et les limburgites.

I. Les inclusions liquides sont excessivement rares dans le pyroxène; inclusions. les inclusions vitreuses y sont, au contraire, fréquentes, surtout dans les basaltes. Elles sont souvent composées d'un verre incolore, tandis que la partie vitreuse de la pâte est colorée en brun. Le bain dans lequel les cristaux de pyroxène se sont développés, devait cependant être encore plus ferrugineux que le verre de seconde consolidation; mais l'augite y a comme décanté le fer et la magnésie. Souvent dans chaque inclusion se trouve un petit cristal de fer oxydulé. .^

Quand l'augite en grands cristaux présente des zones d'accroissement

qui témoignent de la lenteur et de la tranquillité avec laquelle les cristaux

Zi6

de première consolidation se sont développés, souvent les différentes zones sont séparées les unes des autres par des couronnes concentriques d'inclusions diverses, fer oxydulé, inclusions gazeuses ou vitreuses. Alors les parties centrales sont généralement vertes, les zones périphériques brunes; le fer s'est peu à peu oxydé dans le bain qui nourrissait le cristal ; souvent une dernière et épaisse zone de fer oxydulé en petits grains microlithiques entoure l'augite d'un cercle noir; parfois aussi les microlithes d'augite, clairsemés dans la pâte, viennent former une couronne aux grands cristaux de première consolidation.

Les cavités à gaz sont très fréquentes dans le pyroxène.

II. Le diallage contient des microlithes spéciaux que l'on ne retrouve que dans l'hypersthène, dans certaines amphiboles et dans quelques rares labradors. Ce sont tantôt des rectangles alignés, très étroits et très allongés, tantôt des lamelles brunes à bords déchiquetés. Parfois ces inclusions sont tellement abondantes qu'elles rendent le diallage opaque ; elles sont dépourvues de dichroïsme et ne paraissent pas facilement solubles dans les acides. M. Zirkel les considère néanmoins comme composés de gœthite ou de fer oxydulé.

Ces inclusions sont couchées dans des plans parallèles à h^, plus rarement à g^, et alignées dans chacune de ces faces parallèlement ou perpendiculairement à l'arête h^g\ C'est suivant le plan h\ ou à peu près, que se produit l'éclat bronzé du diallage.

Actions secondaires. Le pyroxèuc cst plus résistaut quo l'amphibole aux actions secon-

daires; son premier stade de décomposition consiste en une décoloration, accompagnée d'un état rugueux qui rappelle celui de l'olivine.

Il est remarquable que le pyroxène n'épigénise jamais l'amphibole, tandis que le contraire (ouralisation) a lieu fréquemment. On le trouve transformé en amphibole, en chlorite, encalcite, en serpentine, en produits ferrugineux et en calcédoine. On peut souvent confondre ses grands cristaux, une fois épigénisés, avec ceux d'olivine, notamment dans les porphyrites et les mélaphyres.

Diagnostic. i° Distinction avec l'amphibole. — La confusion peut être faite lorsque le

, . PYROXÈNES. 368

pyroxène est dichroïque et lorsque l'amphibole ne l'est pas. Pour éviter toute erreur, la meilleure recherche est celle du gisement des axes d'élasticité dans la zone h^g\ où les clivages sont parallèles entre eux et à la longueur des cristaux. L'angle d'extinction maximum pour le pyroxène est de 39% pour l'amphibole de 0° à 20°. On peut d'ailleurs, dans les cas embarrassants, s'appuyer sur ce fait que, dans un même échantillon, l'amphibole et le pyroxène gardent des colorations constantes et généralement différentes l'une de l'autre à la lumière naturelle.

2° Dutinction avec l'épidote. — La confusion est possible quand l'épidote n'est pas polychroïque, ce qui lui arrive fréquemment. Quand elle est polychroïque, elle présente des colorations jaune-citron caractéristiques; sinon, ses couleurs de polarisation entre les niçois croisés sont plus vives et surtout douées d'une limpidité particulière. Un seul clivage (p) prédomine dans l'épidote et se trouve parallèle à l'extinction dans la zone ph^ d'allongement favori. Mais l'épidote se présente souvent en agrégats de petits granules diversement orientés. Elle est alors encore plus en relief que le pyroxène.

3" Distinction avec l'olivine, — La confusion n'est possible que pour les variétés incolores de pyroxène, qui généralement ont perdu leurs clivages par actions secondaires, ou au contraire, quand l'olivine possède des clivages et a subi l'altération ferrugineuse. L'olivine en plaque mince ne présente aucune teinte appréciable et n'est jamais maclée. Les extinctions sont un bon moyen de distinction, quand on a affaire à des cristaux à contours polyédriques reconnaissables ; on sait que l'olivine est orthorhombique, généralement allongée suivant pg^ et s'éteignant en long dans cette zone. La zone ph^ du pyroxène est donc seule susceptible d'être confondue avecla précédente; les différences d'acuité des poiniements, habituels aux deux substances, peuvent alors être utilisées : dans la zone pi/, l'olivine

présente habituellement un pointement g'^g"^ au moins ouvert de 81°; dans la

1 1 zone ph^, le pointement b^ h^- du pyroxène donne un angle plus obtus d'au

moins 120°.

En outre l'olivine a une surface chagrinée irrégulière, tandis que,

lorsque le pyroxène a subi un commencement de décomposition, il est régulièrement érodé en petits parallélogrammes allongés, parallèles les uns aux autres.

Enfin, comme dernière ressource, l'acide chlorhydrique attaque et dissout l'olivine à chaud, tandis qu'il respecte le pyroxène. Reproduction MM. Bcrthicr et Mitscherlich ont obtenu le pyroxène par fusion de la

artificielle. ... i 'i , i • . -,

Silice avec les éléments basiques qui entrent dans sa composition.

M. Daubrée a constaté sa présence dans l'épaisseur de tubes de verres traités à 500° ou 600° par l'eau sous pression.

M. Charles De ville l'a obtenu en chauffant au rouge un fragment de grès imprégné de chlorure de magnésium.

Nous avons obtenu par fusion et recuit des associations de pyroxène cristallisé avec les feldspaths (labrador, oligoclase) et avec l'amphigène. Il est en microlithes allongés dans ce dernier cas, globuleux dans les deux autres, absolument comme pour les roches naturelles.

Le pyroxène a été maintes fois constaté dans les laitiers de haut fourneau ; M. Vélain l'a signalé dans les verres provenant de la combustion des pailles de graminées.

RENVOI AUX PLANCHES

Augite: XVI, 2. — XXI, 2. — XXIV, 2. — XXV, 1 et 2. — XXVI, 1 et 2. — XXVII, 1 et 2. — XXVIII, 1 et 2. — XXIX, 1 et 2. — XXX, '2. —XXXII, 1 et 2. — XXXIII, 1 et 2. —XXXIV, 2. — XXXVI, 1 et 2. — XXXVII, 2. — XXXIX, 1 et 2. — XL, 1 et 2. — XLI, 1 et 2. — XLII, 1 et 2. — XLIV, 1, 2 et 6. — XLVI, I, et 2. — XLVII, 1 et 2. — XLVIII, 1. — XLIX, 1 et 2, — L, 1 et 2. — LI, 1 et 2. — LU, 1 et 2.

Diallage :- XXV, 1 et 2. — XLII, 1 et 2.

AMPHIBOLES

TsciiERUAK. Ouvrages déjà cités à propos du pyroxène.

Bibliographie.

Les plus importantes des amphiboles, au point de vue pétrographique, sont la hornblende et l'actinole.

L'amphibole est monoclinique, avec un angle m?n sur h^, égal à i2Z|.°ii' et voisin, par conséquent, de celui de l'hexagone régulier.

L'allongement habituel des cristaux se fait suivant l'arête h^ g^ \ les faces /t*gf\ quoique fréquentes, ne sont pas aussi développées que mm. Souvent la face h^ est négligeable et l'amphibole présente des sections hexagonales m, m, g\ tandis que le pyroxène affecte de préférence la forme octogonale ?w, m, h\ g\

cristallographiques

et optiques.

Fig. -100.

Section perpendiculaire à l'arête /ti gK

Fis. 99.

Les pointements ordinaires de la hornblende sont composés des faces p {ph'=iOli"bS') et bi (6^^ = 4 48^28')

Clivages faciles.

Axes d'élasticité et optiques.

Les clivages faciles m, m k angle obtus distinguent nettement l'amphibole du pyroxène dans lequel les mêmes clivages sont presque à angle droit. En plaque mince, ceux de l'amphibole se montrent très réguliers, rectilignes et continus, formant un réseau à mailles assez fines, fort caractéristique dans la zone ph\

Cependant il convient de faire une distinction à ce point de vue entre l'actinote et les autres amphiboles; dans l'actinote, les clivages m, m sont moins réguliers, et il s'y joint un état lamelleux suivant h\ qui rappelle celui du diallage; il est également dû à des accouplements de cristaux et à de fines macles suivant cette face.

Le clivage h^ apparaît du reste dans les hornblendes elles-mêmes, lorsqu'elles ont subi un commencement d'altération; il est alors dessiné, comme les clivages faciles m, m, par de l'oxyde de fer, qui souligne également les contours des cristaux.

Il est intéressant de retenir la variation de l'angle mm dans les diverses sections de la zone de symétrie ph^ :

L'angle w )

,^ „o ,, varie d'un minimum de 56° à 180°.

[fig. 98, mm sur g^) ]

L'angle cp )

,^ „„ , ,, varie d'un maximum de I2k° à 0".

(fig. 98, mm sur h^) ]

L'amphibole est un minéral négatif dans lequel le plus grand axe d'élasticité sert toujours de bissectrice à l'angle aigu des axes optiques. Ces derniers sont contenus dans le plan de symétrie g^. On peut considérer ici comme négligeable la dispersion des axes optiques et des axes d'élasticité; M. Des Cloizeaux donne pour 2V les nombres suivants :

Trémolite (la chaux domine sur le ^ rayons rouges 87" 22'

fer). . . .' -S partie jaune du spectre. . 88° 16'

Aclinote (chaux et fer en propor- )

, , , M rayons rouges 79° 38

lions comparables) provenant ?..

-, ^ . ^ -, , partie jaune 80° Zj

du Saint-Gothard ) ^ •'

Hornblende (le fer domine sur la j

chaux) provenant d'un basalte de / 79" 24'

Bohême (d'après M. Haidinger).

AMPHIBOLES. 367

M. Tschermak croit avoir constaté une liaison directe entre la teneur en fer de l'amphibole et l'angle de ses axes optiques, qui diminuerait dans les variétés foncées, riches en fer.

D'après M. Des Gloizeaux, les différentes variétés d'amphibole présenteraient leur arête h^ g^ à 15" de la normale optique, et leur arête p^»* à 29° 58' de la bissectrice.

Nos observations attribuent ces angles seulement aux variétés riches en chaux (trémolite et surtout actinote) ; la hornblende aurait habituellement son arête h^g^ se confondant à peu près avec la normale optique, et son arête pg^ à i/i"58' de la bissectrice.

M. Rosenbusch donne à la hornblende taillée en lames minces suivant g^ des extinctions qui ne dépasseraient pas en général 15% à partir de /t*^*; il cite cependant plusieurs exemples où ces angles auraient atteint jusqu'à 30^

Pour résumer ce qui précède et abstraction faite de cas exceptionnels, on peut retenir l'angle de 15" pour l'actinote ; cet angle diminue et peut même devenir nul pour la hornblende (fi g. 101).

^Sûf^rtâfcruie

Fig. 101.

Fig. 102.

Quelques rares variétés d'amphibole (pargasite) sont positives. La dispersion, négligeable à notre point de vue, donne toujours p > v. L'indice moyen p= 1,626, pour les rayons rouges.

Extinctions dans les zones princi

Conformément aux données exposées page 61, et à celles du croquis figure 102, on voit que, pour l'amphibole, la zone j)g^ tombe dans le segment susceptible d'un maximum, tandis que la zone h^g^ n'est pas dans ce cas* Nous allons suivre les extinctions, dans les zones principales, en commençant par la plus importante, et en rappelant que les abscisses représentent l'angle du plan de section avec le plan initial g\ les ordonnées l'angle d'extinction rapporté à l'arête de zone.

Zone h^g\ — La valeur initiale de l'extinction, qui est un minimum, oscille entre 15° et 0% suivant qu'on a affaire à de Tactinote ou à de la hornblende; elle passe ensuite par un maximum qui, pour l'actinote, ne dépasse pas i5''J5'20'^ et correspond au plan de la zone faisant avec g^ un angle de 38°18'25"; puis il y a décroissance continue jusqu'au plan h^ dans lequel l'extinction s'effectue à 0° de l'arête de zone h^g^ (fig. 103).

Zone pg\ — D'après les données de l'épure (fig. 102), l'extinction part d'une valeur initiale maximum, variable entre 29° 58' et l/!t''58', et s'infléchit vers 0° d'autant plus rapidement que le plan de la zone approche davantage de p.

Zpne 7i.'çi'.

Fi^. 10.1.

Clivages faciles. Clivages faciles. — 1° L'actinote présente, suivant le plan /i*, une lamellisation mar-

quée qui rappelle celle du diallage: pour la zone hUj^ ses traces sont parallèles à l'arête de zone. Dans la zonepg\ ses caractérisliques sont :

On peut voir que les extinctions de la zone pg'^, rapportées à la trace h^, partant d'une valeur initiale 15", doivent passer par un maximum voisin de l'angle précédent, conserver longtemps une valeur voisine de 15°, et redescendre assez brusquement à 0» pour les plans de la zone voisine de p.

2° La HoiîNBLENDE présente, dans les plaques minces, deux clivages très marqués, plus régulièrement développés que ceux de l'augite, et également suivant les faces mvi

AMPHIBOLES.

du prisme. Dans la zone h^ g^, leurs traces se confondent avec celle de l'arête de zone. Cherchons leurs caractéristiques e et ^ pour la zonepcf.

Dans le triangle sphérique rectangle RZ/i^ (voir page 352, fig. 94), on a :

d'où

et

d'où

Z/ii = 75° 2' mg^ = 62° 6', ^ = 58° 37' 33";

^' = Tr — ^ = 121''22'27",

yo = 104°58',

y, = 61° 16' 28" et 118° 43' 32".

On peut suivre sur l'épure, figure 104, les divers angles d'extinction que comporte le minéral, si l'on cherche à les rapporter aux traces de ces clivages faciles. Quand l'angle

Zone pg^

initial est 0° (l'arête /i^ g^ se confond avec la normale optique), l'extinction se fait à peu près pour toute la zone suivant la bissectrice des traces de deux clivages mm, et passe dans le plan p par un maximum de 28° 43' 32". Quand l'angle initial est de 15°, pour un des plans m l'angle décroît rapidement, passe par 0», change de sens et atteint pour la facep la valeur 28° 43' 32"; pour l'autre plan m, l'angle initial de 15° croît d'abord, passe par un maximum dépassant 40° et décroît ensuite jusqu'à la face p, où il est égal à 28° 43' 32" et correspond à une extinction bissectrice des deux plans m, m.

Les tableaux suivants, dus à M. Thoulet, pourront servir à suivre avec précision l'angle des clivages m, m, dans les zones principales.

ZONE pgi.

e0.92=ei

el2.59

g0.49 = eS

e4.ii

ei-91

ei.57

gO-io=ei9

ei-31

gl-lO

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