DES CARACTÈRES DES MINERAUX
La première condition dans l’étude des sciences naturelles, est de se former une idée bien juste des propriétés que peuvent offrir les objets particuliers de cette étude. Ces propriétés qui , dans la zoologie et la botanique , sont assez saillantes pour qu’on puisse les considérer comme des caractères fixes et invariables , présentent , dans la minéralogie , des modifications nombreuses en raison du degré de pureté de l’individu. On pourrait, selon leur importance et leur dégré de certitude , diviser les caractères minéralogiques en essentiels et en subsidiaires : les premiers seraient ceux qui tiennent à l’essence et à la composition de l’espèce, en un mot, qui la constituent ; on y placerait les résultats de l’action des réactifs, de celle du feu, l’impression sur les sens. Viendraient ensuite ceux dont la manifestation plus ou moins directe ou prononcée, contribue à la détermination de l’espèce , tels sont la forme, la cohésion, la densité, l’action de la lumière , l’électricité , le magnétisme , la phosphorescence, la structure, la texture, la cassure, etc., etc. On fait usage, pour découvir, développer et faire
ressortir ces caractères , afin de pouvoir en établir la valeur, de divers moyens que procurent la chimie , la physique et le calcul ; souvent le minéralogiste est forcé de les employer tous simultanément, avant d’être persuadé qu’il ne s’est point trompé sur la nature de l’espèce qui fait l’objet de ses recherches.