‹ Minéralogie usuelle, ou Exposition succincte et méthodique des mineraux, de leurs caractères, de leurs gissemens et de leurs applications aux arts at a l'économie. Par M. DrapiezChapitre 44 sur 187 · GRENAT · texte numérisé non relu

GRENAT

Syn. Mélanite. — Succinite. — Pyrope. — Topazolite. — Colophonite. — Escarboucle.

Car. Fusible au chalumeau , en émail noir.

Forme primitive : Le dodécaèdre rhomboïdal ; molécule intégrante ; tétraèdre symétrique.

Formes indéterminables : Convexe ; granuleuse.

Rayant fortement le quarz.

Pesanteur spécifique : 3,5 à 4t«*

Magnétisme : Double , sensible sur l’aiguille aimantée.

Transparent ; translucide ; opaque.

Réfraction simple.

Jaune ; verdâtre ; orangé ; rouge-de-feu ; rougeviolet ; rouge-vineux ; rouge-brun ; brunâtre ; noir ; résinite.

Composition : Silice, 54; alumine, 20, 5; oxide dé fer, 17,5 ; chaux, 8.

APPENDICE

grenat calcifère.

Syn. Grossulaire. — Grenat de chaux , Beud.

Car. Fusible en émail verdâtre.

Pesanteur spécifique : 3,35 à 3,4o.

Jaunâtre ; verdâtre ; rougeâtre.

Composition : Silice, 41 î alumine, 22 ; chaux, 37.

Semblable au grenat, pour le reste des caractères.

GRENAT FERRIFÈRE.

Syn. Almcuidin — Grenat de fer , Beud.

Car. Fusible en émail noir.

Pesanteur spécifique : 3,8 k 4,3.

Rouge-hyacinthe foncé ; noirâtre.

Composition: Silice, 38; alumine, 20; oxide de fer, 42.

. GRENAT1 MANGANÉSIFÈRE.

Syn. l\Ianganèse granatiforme. — Grenat de manganèse , Beud.

Car. Fusible en émail scoriforine , d’un noir-brunâtre. x -

Brun-noirâtre.

Composition : Silice , 38 ; alumine , 20 ; oxide de manganèse, 42.

Les différences frappantes que les chimistes ont obtenues dans leurs travaux analytiques sur chacune des variétés du grenat font naître , quant à cette espèce , quelques doutes sur sa véritable nature et d’assez grandes difficultés pour établir une concordance entre les principes constituans et la forme ;

l’on voit meme que les minéralogistes, pour expliquer cette persévérance de forme , malgré l’existence, en quantités prédominantes, d’un principe dont certaines variétés sont dépourvues , ont été réduits à ne considérer la présence de ce principe que comme accidentelle. Malheureusement ce n’est point là le seul mystère qui obscurcit encore l’histoire des minéraux ; et chaque jour leur élude, prenant une marche plus assurée , rectifie des erreurs , qui , jusque-là , passèrent pour des résultats vrais de l’observation.

Le grenat fait partie des terrains primitifs; les cristaux sont engagés dans les granités, les gneiss, les serpentines , les schistes micacés , le porphyre , le calcaire , etc. ; lorsque ces roches , par leur dé- ' composition , se confondent avec les terrains d’alluvion, on y trouve des cristaux de grenat libres, charriés par les eaux des fleuves et des rivières , rassemblés en amas dans les attérissemens produits par les courans.

La Sibérie , la Suède , la Slyrie , l’Italie , les Alpes, les Pyrénées, la France, les Etats-Unis , et surtout la Bohème , produisent de grandes masses de grenats, que souvent l’on exploite avec beaucoup d’avantage comme mine de fer ; quelques parties des roches granalifères sont tellement riches de cette substance , que l’on a de la peine à y découvrir autre chose. Les beaux cristaux sont soumis à la taille , et quoique la pierre soit un peu sombre ,

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on rehausse l’eflet et l’éclat des couleurs, en réduisant , autant que possible , l’épaisseur par un clivé , c’est-à-dire , une taille en creux sur la face opposée à celle qui doit fixer les regards. On fabriquait autrefois avec les gros grenats bien transparens des espèces de petites soucoupes, auxquelles les curieux attachent encore un très-grand prix.- La parure fait upe très-grande consommation de petits grenats, dont on multiplie les facettes et que l’on perce d’outre en outre pour les réunir en colliers, bracelets , etc.

Les substances minérales qui offrent le plus d’analogie avec le grenat , sont : l’amphibole , le zircon , la staurotide , l’amphigène , la spinelle et le corindon. > •

IIIe ESPÈCE.

‘ HELYIN.

Syn. Helvine , Beud. * *

Car. Fusible au chalumeau, et avec -le borax, en verre transparent, <Fun brun-violet. Poussière dégageant une vapeur épaisse par l’acide sulfurique.

Forme primitive : Le dodécaèdre rhomboYdal ; molécule intégrante : tétraèdre symétrique.

Rayant le verre ; cassure inégale , raboteuse , peu éclatante.

Pesanteur spécifique : 3,5.

Transparent; translucide; opaque. < '

Jaune clair ; jaune forcé»

Cette substance, qui n’a encore été observée qu’en très-petite quantité à Schwarzenberg, en Saxe, où ses petits cristaux sont disséminés dans un talc ch'lorite compacte , d’un vert foncé , n’a point encore été soumise aune analyse bien rigoureuse; on sait cependant que ses bases principales sont la silice , l’oxide de manganèse , l’alumine et le fer ; mais les proportions n’en ont pas encore été bien déterminées. L’helvin est ordinairement accompagné de cbaux fluatée et de zinc sulfuré.

. IVe ESPÈCE.

HAUYNE. '

Syn. Latialite. — Lazulite de la Somma.

Car. F ormant une gelée blanche avec les acides ; fusible au chalumeau en un verre blanchâtre , bouillonné.

Forme primitive : Le dodécaèdre rhomboïdal: molécule intégrante : tétraèdre symétrique.

Formes indéterminables : Granuleuse ; massive.

Rayant le verre ; fragile ; cassure inégale , up pieu luisante.

Pesanteur spécifique : 3,33.

Acquérant, étant isolée, l’électricité résineuse par le frottement.

Translucide; opaque.

Bleu; vert-bleuâtre.

Composition : Silice, 36, 9 ; alumine, 10,5;

potasse, 1 6,o; chaux, 12,4 ; acide sulfurique, 12,9; oxide de fer, 1,1; eau, 1,2.

Les parties volcanisées dç l’Italie, telles que les environs du Vésuve, de Frascati, d’Albano, du lac Nemi ; les volcans éteints qui bordent les deux rives de la Kill et du Rhin, produisent de la haüyne que l’on trouve en petites masses bleues ou verdâtres, rarement en cristaux bien prononcés, parmi des laves anciennes ou récentes. La découverte en est due h M. Gismondi.

Ve ESPÈCE.

STAUROTIDE.

Syn. Croisette. — Pierre de croix. ■ — Schorl cruciforme. — Grenat! te.

Car. Infusible au chalumeau, dont l’action trèsprolongée la convertit cependant en une espèce de fritte.

Forme primitive : Le prisme droit rhomboïdal ; molécule intégrante : prisme triangulaire à bases isocèles.

Formes indéterminables : Cylindroïde ; globuleuse.

Rayant faiblement le quarz ; cassure raboteuse , terne ou très-peu luisante.

Pesanteur spécifique : 3,28.

Translucide ; opaque.

Brun-rougeâtre ; gris sombre.

Composition: Silice, 2g; alumine r 53; oxide de fer, 18. -

Cette substance appartient aux terrains primitifs; elle est engagée au Saint-Gothard , comme aux États-Unis, dans une roche talqueuse brillante qui renferme aussi de longs cristaux de disthène , du grenat; en Espagne, en France (dans la Bretagne et le Dauphiné ), elle est empâtée dans un schiste micacé, facile à se décomposer : de là vient que l’on rencontre dans le terrain d’alluvion une foule de cristaux libres , parfaitement conservés. Quelquefois la roche, dans sa fracture, ne présente que des globules qui ne décèlent que par analogie avec les cristaux qui y sont entremêlés , la substance de la staurotide.

Il arrive assez ordinairement que deux ou plusieurs prismes se croisent , et le plus souvent à angle droit ; il résulte de cette disposition que le cristal représente la figure d’une croix en relief. Les gens superstitieux du pays où abondent ces sortes d’incidens , n’ont pas manqué dé les considérer comme une faveur particulière du ciel , et le fanatisme religieux s’en est emparé comme d’un moyen de spéculation. Je conserve plusieurs de ces cristaux, percés de manière à pouvoir être suspendus en amulettes ou orùer les chapelets, qui m’ont été vendus , comme ayant reçu la bénédiction sacerdotale.

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VIe ESPECE.'

NÉPHÉLINE.

Syn. Se h or l blanc , hexagonal du Vésuec. — Sommité. — Pseudo- sommité.

Car. Poussière formant une gelée jaunâtre , dans l’acide nitrique échauffé. Un fragment, plongé dans le même âcide froid , n’y fait que perdre sa transparence , et devenir nébuleux. Fusible au chalumeau en verre blanc.

Forme primitive : Le prisme hexaèdre régulier; molécule intégrante : prisme triangulaire équilatéral.

Formes indéterminables : Aciculairc ; lamellaire.

Rayant le verre par les parties aiguës seulement. Cassure conchoïde, un peu éclatante.

Pesanteur spécifique : 3,27.

Translucide.

Blanche. •

Composition : Silice, 4-7 ; alumine, 5o; chaux et fer, 3.

La néphéline existe dans les roches de la Somma, dans les basaltes du Kazzehbukkel , du Kaiserlhal en Wurtemberg , dans les laves de Capo di Bove , dans celles du Velay en France. Ses cristaux, d’an très-petit volume, mais biéh caractérisés, tapissent les parois des petites cavités de la roche ; ils sont accompagnés d’idocrase , de méïonite , de spinelle-, de calcaire, etc. , etc. Il .faut bien se garder de les

confondre avec la chaux phosphatée , l’éinéraude blanche , la topaze pycnite et la méïonile , qui peuvent apporter quelques points de ressemblance.

. VIIe ESPÈCE.

PINITE.

Car. Blanchissant au chalumeau , et finissant par s’y fondre en verre blanc boursoufflé ; avec le borax , on obtient un verre jaunâtre transparent.

Odeur argileuse par l’insiiflaiion.

Forme primitive : Le prisme hexaèdre régulier.

Formes indéterminables : Stratifiée ; cruciée.

Rayant à peine la chaux carbonatée ; facile à râcler avec un couteau.

Pesanteur spécifique, 2,92.

Opaque.

Grisâtre ; brune ; noirâtre.

Composition : Silice , 5i ; alumine, 4^,2; oxide de fer, 2,8.

La pinite a été découverte en 1802, par M. Cocq, dans le porphyre syénitique qui fait partie de la chaîne sur laquelle reposent les anciens cratères de L’Auvergne. On a depuis reconnu une substance analogue dans plusieurs autres parties de la France , aux environs du Mans, de Falaise, au Groenland et en Saxe ; mais la pinite de ce dernier gissement présente une si grande anomalie dans les proportions respectives des principes constituans , qu’il

s’est élevé des doutes suffisans pour décider quelques minéralogistes à la distraire du véritable genre pinite , et à la ranger provisoirement parmi les substances encore trop peu connues pour être comprises dans la méthode.

VIIIe ESPÈCE.

DISTHÈNE.

Syn. Cyanite. — Sappare. — Rhétizite. — Schorl bleu . — Talc bleu. — Béril feuilleté.

Car. Infusible au chalumeau.

Forme primitive : Le prisme oblique irrégulier; molécule intégrante : prisme quadrangulaire irrégulier.

Formes indéterminables: Laminée; bacillaire; fibreuse ; compacte.

Rayant faiblement le verre par les angles ; rayé sur les faces de ses lames , par une pointe d’acier.

Pesanteur spécifique : 3,5.

Développant les deux électricités par le frottement.

Translucide ; opaque.

Blanc-jaunâtre ; verdâtre ; bleu ; faciolé de bleu et de blanc.

Composition : Silice, 32 ; alumine, 68.

Quoique ce minéral soit peu abondant , ses cristaux sont souvent accumulés dans quelques roches talqueuses des montagnes de première formation ;

c’est ainsi qu’il se -trouve au Saint-Gothard , où la staurolide, le grenat, l’amphibole, sont disséminés dans la même gangue , dans le Zillerlhal , en Espagne. Aux monts Ourals, il a pour gangue du gneiss , avec mica blanc argentin ; et sur les rives de la Broussianska , en Russie , il est implanté dans et sur le quarz-hyalin ; à Bayreuth et en Carinthie , il forme de petites couches dans le schiste micacé , où se rencontrent aussi des veines de chlorite et d’amphibole.

On a essayé d’appliquer la disthène à la bijouterie , mais ce fut avec peu de succès. Sa grande infusibilité l’avait fait regarder, par Saussure, comine un excellent support pour les opérations du chalumeau; mais depuis, on lui a préféré avec raison les pinces de platine.

IXe ESPÈCE.

MACLE.

Syn. Crucite. — Schorl en prismes quatlrangulaires rliombdidaux. — Pierre de croix.

Car. Le macle étant composé de deux matières bien distinctes par les couleurs , la blanche se fritte au chalumeau, sans changer de nuance , la noire s’y fond en verre noirâtre.

Forme primitive : L’octaèdre rectangulaire ; molécule intégrante : tétraèdre hémi-symétrique ; forme indéterminable : cylindrique. La matière d’un noir bleuâtre est toujours recouverte par l’autre qui

Digitiz

est d’un blanc-jaunâtre ou rose , et de manière que , par leurs positions respectives , elles figurent dans le sens transversal un compartiment d’une symétrie extrêmement exacte.

Rayant le verre lorsqu’elle a le tissu vitreux ; cassure; les grains fins et serrés; poussière dure au toucher.

Pesanteur spécifique : a,g4-

Opaque ; translucide sur les bords , dans quelques variétés.

La Bretagne , le Languedoc , l’Espagne , le pays de Bayrcutb , les Etats-Unis, ont quelques-unes de leurs roches argilleuses , noirâtres , parsemées de cristaux de macle que l’on observe aussi dans un calcaire de formation très-récente. Les prismes de macle ont quelquefois une épaisseur considérable , plus souvent ils ont moins d’une ligne ; dans quelques endroits on scie les gros prismes par tranches dont on polit les grandes faces. On obtient alors un rhombe noir, encadré de blanc , avec une ligne noire partant de chaque angle et aboutissant -au centre : quelquefois des côtés de. ces lignes en partent d’autres qui sont parallèles aux bords du prisme; d’autres fois aussi le prisme est simplement recouvert d’une faible croûte ' blanche. Les plaques partagent avec les staurotides , l’honneur d’être portées en amulettes, et de former un talispian contre les tentatives de l’esprit malin.

Silice combinée avec la chaux.

irc ESPÈCE.

WOLLASTONITE.

Syn. .Tafelspath. — Spath en tables.

Car. Faisant effervescence avec l’acide nitrique qui la divise en petits grains indissolubles ; fusible à toute l’activité du chalumeau , en émail bulleux , grisâtre.

Forme primitive : L’octaèdre rectangulaire ; molécule intégrante : tétraèdre hémi-symétrique.

Friable.

Pesanteur spécifique : 2,86.

Phosphorescente dans l’obscurité , par la simple raclure avec une pointe d’acier.

Translucide sur les bords ; opaque.

Blanc-grisâtre ; un peu nacrée.

Composition : Silice, 53; chaux, 4-j.

Cette substance est d’une grande rareté ; le Bannat et les environs du Vésuye en sont encore les seuls gissemens connus : elle a pour gangue le calcaire renfermant aussi des cristaux de grenat et d’amphigène.

IIe ESPÈCE.

ILVAITE.

Syn. Lievrite. — Yénite. — Fer-silicio calcaire.

Car. Soluble en gelée dans les acides; fusible au

chalumeau ; donnant un boulon métallique , noir , attirable à l’aimant.

Forme primitive : Prisme droit rhomboïdal.

Formes indéterminables : Cyliudroïde ; bacillaire ; fibreuse ; compacte.

Rayant fortement le verre ; étincelant sous le choc du briquet ; cassure inégale ; d’un éclat gras.

Pesanteur spécifique : 3,8 à 4-

Opaque.

D’un brun foncé ; noire.

Composition: Silice, 32 ; chaux, 12 ; oxide de fer, 56.

. Découverte dans l’île d’Elbe 1 en 1801, par M. Lelièvre , cette substance avait d’abord reçu un nom dérivé de celui de ce savant. Elle a été retrouvée dans les mines de fer de la Norwège, à Skeén; à Serdapol , en Russie ; dans le Groenland et aux Etats-Unis. Dans ces différens gissemens , elle forme une couche superposée au calcaire, en admettant le pyroxène, l’épidole, l’amphibole, le grenat, le quarz-hyalin , le talc, le fer oxidulé, etc., etc.

Sili.ce combinée avec l’ yttria.

ESPÈCE UNIQUE

GADOLINITE.

Syn. Ytterhite. — Zcolite noire.

Car. Réductible en gelée jaune dans l’acide nitrique après s’y être décolorée ; décrépitant au feu ,

miner. 8

en lançant au loin des parcelles lumineuses ; infusible au chalumeau , mais y subissant une espèce de boursouflement.

Forme primitive : Le prisme oblique rhomboïdal.

Forme indéterminable : En petites masses irrégulières.

Rayant légèrement le quarz; cassure vitreuse, quelquefois squilleuse.

Pesanteur spécifique : 4~

Magnétisme quelquefois sensible.

Opaque.

Noire ; vitro-métalloïde.

Composition : Silice , 22; yttria, 61; oxide de fer, 17.

Ce minéral, découvert à Ytterby, en Suède , par le docteur Gadeiin , n’a encore été reconnu que dans ce pays; il y est disséminé dans ùn feld -spath veiné de mica. C’est de l’analyse de la gadolinite que le savant qui l’a découverte obtint le premier, la substance nouvelle qui a reçu le nom d'yttria.

Silice combinée avec la magnésie.

ire ESPÈCE.

HYPERSTHÈNE.

Syn. Horneblende du Labrador. — Paulite.

Car. Fusible au chalumeau en émail gris-verdâtre.

Forme primitive : Le prisme droit rhomboïdal.

Formes indéterminables : Laminaire ; lamellaire; aciculaire ;

Rayant le verre ; étincelant sous le choc du briquet.

Pesanteur spécifique : 3,38.

Acquérant par le frottement , l’électricité résineuse.

Opaque.

Noir; brun-noirâtre.

Reflets : d’un rouge cuivreux, d’un gris métalloïde, opalins , bleuâtres , d’un noir brillant.

L’hypersthène existe au Labrador, dans une siénile avec feld-spath opalin et grenat ; en Cornouailles, dans un feld-spath compacte , blanchâtre. On taille en plaques brillantes les parties de cette pierre, qui offrent les plus beaux reflets, et l’on en fait des bijoux très-recherchés des amateurs de pierreries.

IIe ESPÈCE. *

DIALLAGE.

Syn. Bronzite. — Spath-chatoyant. — Smaragdite. — Schiilerspath. — Omphasite. — Otrelite. — Miroitante. — Emèraudite. — Schorl feuilletée. — Euphotide. — Scbillerstein.

Car. Fusible au chalumeau, mais avec difficulté, en émail d’un gris verdâtre.

Forme primitive : Le prisme oblique quadrangulairc.

Formes indéterminables : Laminaire ; lamellaire: aciculaire ; fibreuse ; compacte.

Rayant la chaux carbonatéc , quelquefois le verre; poussière douce au toucher.

Pesanteur spécifique : 3.

Opaque.

Grisâtre ; violâtre ; vert-clair ; vert - foncé ; noirâtre.

Reflets : nacrés , satinés ou métalloïdes sur deux faces opposées , de diverses nuances qui deviennent largement apparentes lorsqu’on fait mouvoir le minéral à la lumière. - •

Composition : Silice , 4-8 ; magnésie , 36 ; fer oxidé , 16.

Ces proportions ont été obtenues de la variété métalloïde ; elles varient considérablement dans chacune des autres.

La diallage fait partie des terrains primitifs , et .£y trouve quelquefois en quantités notables. Elleest unie à la serpentine dans la roche de la Coleuti , près Nice , dans celles de la Cravagne, de Matère, aux Apennins ; de Harzburger, au Hartz ; du comté de Cornouailles ; de Kertendorf, en Styrie. Elle est engagée dans le feld-spath tenace en Corse et à Musini , près Turin. La Sibérie , la Russie , la Suède , la Saxe , la Hongrie , la France , l’Angleterre , et plusieurs autres contrées , renferment des dépôts plus

ou moins considérables de diallage , parmi leurs

roches d’antique formation. On la retrouve aussi dans les terrains intermédiaires v alternant avec le micaschiste , la syénite,le calcaire noir, les schistes argileux ; enfin elle existe dans des terrains d’alluvion comme débris , sans doute , de roches primitives, en Italie, en Piémont , en Moscovie , etc.

La diallage bien pure et bien choisie peut fournir quelques plaques brillantes à la bijouterie du second ordre ; elle fait encore un bel effet lorsqu’elle est taillée en cabochon. On fabrique de jolis ornemens avec le bronzite ; mais on l’emploie plus fréquemment avec sa roche même, qui forme une espèce de marbre remarquable , par son éclat et la vivacité de ses nuances , entre les variétés les plus rares qui concourent à la magnificence des palais.

Ce marbre, que l’on connaît sous le nom vulgaire de verde di Corsa (vert de Corse ), présente des rnaculalures d’un vert satiné sur un fond blanc , nuancé de bleuâtre. La roche de Slyrie porte en outre de la pâte de grenat , d’un très-beau violet. •

IIIe ESPÈCE.

PÉRIDOT.

Syn. Clirysolite des volcans. — Olivine.

Car. lnfiisible au chalumeau.

Forme primitive et molécule intégrante : Le prisme droit rectangulaire.

Forme indéterminable : Granuleuse.

Rayant faiblement le verre ; cassure conchoïde , éclatante.

Pesanteur spécifique : 3,4-

Action sur le barreau aimanté par la méthode du double magnétisme.

Transparent; translucide.

Réfraction double , très-marquée.

Jaune-verdâtre.

Composition : Silice , 5a ; magnésie , 38 ; oxide de fer, io.

R est peu de basaltes qui ne renferment des cristaux ou des noyaux de péridot ; ceux-ci varient entre la grosseur d’une graine de pavot et celle de la tête. On en trouve abondamment en France , dans l’Auvergne , le Valais, le Vivarais, etc. Les anciens volcans de la Kill procurent aux amateurs de riches récoltes en ce genre : la même prodigalité se montre en Saxe , en Bohême , en Bavière , dans la Hesse , en Italie , en Ecosse , en Irlande , dans les deux Amériques, dans l’Australasie, partout enfin où des volcans en activité vomissent périodiquement dès laves , où d’anciens cratères sont les chroniques irrécusables des ravages exercés par d’immenses et redoutables foyers. Les terrains de transport provenant de la décomposition des roches primitives produisent quelquefois des cristaux libres de péridot ; mais ces sortes de bonnes fortunes sont très-rares.

Cette pierre a trop peu d’éclat et de dureté pour être recherchée des lapidaires. Ou la taille cependant pour des assortimens de nuances , mais on ne Remploie que lorsqu’elle est rigoureusement nécessaire.

Les substances minérales qui , par quelques ca- « ractères , se rapprochent le plus du péridot , sont : la chaux phosphatée , la tourmaline et l’idocrase.

APPENDICE

PÉRIDOT DÉCOMPOSÉ.

Syn. Limbilhe.

Car. Infusible au chalumeau.

F orme : Granuleuse ; d’un tissu désagrégé.

Friable. <

Translucide.

Jaune-foncé; jaune-brunâtre; brun-rougeâtre.

On le trouve dans les roches volcaniques du Limbourg, du Vivarais et de l’Auvergne.

IVe ESPÈCE.

CONDRODITE ou CHONDRODITE.

Car. Très-difficilement fusible au chalumeau, en émail jaunâtre. • • • ' .

F orme primitive: Le prisme rectangulaire oblique.

Formes indéterminables : Laminaire ; granuleuse.

Rayant faiblement le verre.

Pesanteur spécifique : 3, i4~

Acquérant , par le frottement et lorsqu’elle est isolée , l’électricité résineuse.

Action sur le barreau aimanté , dans le sens du double magnétisme. ..,ii«

Translucide ; opaque. ; . k

Jaune ; jaune-brun ; noirâtre.

Composition : Silice , 43 ; magnésie, 57. iC!.

Ce minéral , qui n’a encore été trouvé que près de New-Jersey, aux Etats-Unis , et à Aker, en Sudermanie , a pour gangue , dans ces deux gissemens , la chaux carbonatée lamellaire, renfermant assez souvent des noyaux de graphite et des cristaux d’amphibole. -, t

Ve ESPÈCE.

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