IMPRESSION SUR LES SENS
Elle consiste dans l’odeur, la saveur , et le tact. L’odeur a souvent besoin d’être développée , et les moyens que l’on emploie à cet effet sont le frottement , le choc , la trituration ou réchauffement pur et simple : par ces moyens différens l’on arrive à une même fin qui est de volatiliser quelques atômes du minéral ou seulement de l’un de ses principes. On développe aussi de l’odeur dans quelques minéraux en les imprégnant d’un peu d’humidité, et pour cela U ne s’agit que de promener à leur surface la vapeur qui s’exhale par l’insuflation. Cette dernière odeur que l’on retrouve dans un assez grand nombre de minéraux composés ou agrégés , a été nommée improprement argileuse.
ta saveur se décèfe , soit par l’apposition de la langue sur les minéraux , soit par le transport sur le même organe , d’une ou plusieurs gouttes d’une so- ' lution aqueuse du minéral. On associe assez souvent au caractère de la saveur celui que présente le happement, adhérence momentanée que contracte la surface de la langue avec celle de certains minéraux; cette'propriété est attribuée à l’extrême avidité avec laquelle la surface du minéral absorbe l’humidité qui se trouve sur la langue ; et en effet, lorsque cette surface est imprégnée , le happemenU cesse.
L’impression sur le tact peut se prendre du minéral en masse ou de sa poussière : on passe le doigt , avec une sorte de frottement , sur une surface de l’échantillon ou l’on frotte l’un contre l’autre le pouce et l’index, entre lesquels se trouve un peu de poussière. On juge ainsi de la douceur, de l’onctuosité , de la rudesse , de l’âpreté ou de l’aridité de la masse. Les traces que laissent assez souvent sur les doigts les minéraux que l’on a touchés , ou sur le papier qui en a été frotté , sont encore une propriété caractéristique qui peut être déterminée par la couleur de la souillure. Enfin la sensation de froid que l’on éprouve en touchant certains minéraux , peut encore être prise en Considération.