‹ Minéralogie, Volume 3Chapitre 44 sur 99 · ESSAIS CHIMIQUES DES MINÉRAUX · texte numérisé non relu

ESSAIS CHIMIQUES DES MINÉRAUX

g 151. Observations cénérales. — Les opérations nécessaires pour reconnaître la nature des corps peuvent toujours se faire sur des parcelles infiniment petites, de manière à n'avoir besoin que d'une petite <table pour tout laboratoire, à n'employer qu'une goutte d'acide quand cet agent est nécessaire, à évaporer en quelques minutes les liquides surabondants, sans en redouter les vapeurs. Sous ces conditions, les essais les plus compliqués peuvent

ËSSA1S OliniIQUES.

se faire partout et dans un temps très-court, que l'habitude de distinguer les minéraux peut même infiniment réduire. Les inslruments, les vases, les réactifs, se réduisent alors à de si petites proportions, qu'on peut avec facilité les transporter en voyage.

§ 132. lutnoMiti. — Pour opérer la fusion des corps, avec ou sans réactifs, on se sert du chalumeau, ou tube courbé employé par beaucoup d'ouvriers pour souder les métaux; on en dirige la pointe sur la flamme d'une lampe ou d'une chandelle, et, en soufflant, on projette un dard de flamme extrêmement actif, fig. 366, devant lequel un grand nombre de corps peuvent se fondre. Le chalumeau, formé d'un tube conique de fer-blanc et d'un petit tube transverse placé à une certaine distance du fond, fig. 367, est très-convenable, parce que s'il s'introduit un peu de salive, elle n'est pas projetée sur la pièce d'essai : en renversant le tube, elle s'égoutte facilement.

Pour chandelier, on peut avoir un tube de ferblanc rempli par un ressort à boudin, fig. 56S, au-dessus duquel on place un bout de chandelle dont la mèche vient sortir par l'ouverture. La partie supérieure de ce tube doit présenter une cavité qu'on remplit de suif destiné à préserver la chandelle d'une trop grande chaleur.

Remarquons qu'en chauffant un corps à l'extrémité du jet de flamme et au contact de l'air, on l'oxyde de plus en plus s'il en est susceptible; en le chauffant, au contraire, dans l'intérieur de la flamme, dont il est alors partout entouré, le corps se désoxyde par l'action de l'hydrogène carboné. Ces deux manières d'opérer se distinguent, la première sous le nom de feu d'oxydation, la seconde sous le nom de feu de réduction.

s 69 - Pour soumettre un corps à l'action du feu, on le

place quelquefois tout simplement â l'extrémité d'une pince, fig. 569, formée d'un fil de fer tourné de manière à faire ressort, et dont les bouts sont terminés par des fils de platine. Plus souvent encore on met ce corps sur un charbon, ou bien Sur une feuille mince de platine qu'on emboutit en forme de capsule à une de ses extrémités, pour opérer plus facilement avec les réactifs. Quelquefois alors on emploie de très-petites coupelles, qu'on place dans un trou du charbon, et sur lesquelles on met la matière d'essai

avec le fondant. Ce dernier procédé a l'avantage de pouvoir conserver le résultat de Fessai en collant la coupelle sur un carton.

Quand il s'agit d'évaporer des liquides, on se sert de très-petites capsules minces de porcelaine, ou mieux de platine, qu'on place sur un support en fil de fer courbé à angle droit et terminé en anneau, qui peut s'adapter au chandelier par sa portion verticale, fig. 570.

Si Ton a besoin de traiter une substance a chaud par un acide, on emploie, pour éviter une évaporation trop rapide, un petit malras en verre soufflé, fig. 371, ou simplement un tube droit fermé à l'extrémité; on soutient ce tube auprès de la flamme de la chandelle au moyen d'une pince de fil de fer fixé à un bouchon, a, qu'on enfile sur la branche du support précédent.

Pour récolter les matières susceptibles de se sublimer par la chaleur, on emploie des tubes courbés et fermés à l'extrémitô la plus courte, fig. 572, où l'on place la pièce d'essai; on chauffe alors cette partie plus ou moins, et la matière volatilisée se condense à la partie supérieure qu'on 373. tient à la main.

Souvent les matières renfermées dans le corps ne sont pas im^ mtfiatement volatiles, mais peuvent le devenir par 1 oxydation; «^dSîïn tube ouvert, fig. 373, à l'extrémité inférieure duquef on place le corps, et.on le chauffe au feu d oxydation. La matière volatile formée se porte alors vers la partie supérieure, s y dépose ou se fait reconnaître par son odeur.

Quand on a indispensablement besoin de filtrer, ce qu'on doit en général éviter, on se sert d'un r^f très-petit entonnoir de verre soufflé dans lequel on V place un cornet de papier. On soutient l'entonnoir

çr^ sur un fil de fer coudé et terminé en anneau, qu'on I l fixe dans une plaque de liège qui sert de support à

] a capsule où l'on reçoit le liquide clair, fig. 374.

On évite presque toujours la filtration en tirant le liquide à clair; pour cela, on met dans la capsule qui le renferme une petite bande de papier joseph, a lie: 575, qui fait alorsl'office de siphon. Quand on veut laver un précipité, on place une capsule d'eau distillée au-dessus de la première et on établit l'écoulement par un autre siphon.

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