‹ Minéralogie, Volume 3Chapitre 45 sur 99 · ESSAIS CHIMIQUES · texte numérisé non relu

ESSAIS CHIMIQUES

Joignons à ces petits instruments un très-petit verre à patte, dont on a rarement besoin, quelques verres de montre, des lames de verre, de cuivre, d'étain, de zinc et de 1er, dont nous verrons plus tard l'usage; enfin quelques petits tubes en verre plein, pour agiter. Un petit marteau n'est pas inutile; mais on peut toujours y suppléer; il en est de même d'un petit mortier d'agate pour pulvériser les corps durs.

On se procurera enfin la série des réactifs dont nous allons nous servir et dont la plupart peuvent être pris, si Ton veut, à l'étct solide.

§ 155. Ce»4«He générale te» émit. — Pour arriver le plus proniptement possible à la connaissance de la composition d'un corps, il est nécessaire de suivre une marche régulière dans les essais qu'il faut tenter. Parmi toutes les méthodes qu'on peut imaginer, j'ai préféré celle qui consiste à chercher d'abord la nature du corps électro-négatif que peut renfermer la substance, et à procéder ensuite à la recherche des bases. Je ne me suis pas borné uniquement à employer la voie sèche ou 4a voie humide; mais j ai mêlé ces deux moyens d'exploration, pour lever les incertitudes de l'un ou de l'autre et éviter des longueurs ou des difficultés.

On commence souvent par essayer si le corps proposé est fusible ou infusible, ce qui suffit quelquefois pour se décider entre quelques substances à l'idée desquelles on a été conduit par la première vue du minéral. C'est ainsi, par exemple, qu'on peut se décider entre un rubis et un grenat, le premier étant infusible, le second fusible; ou bien entre le cristal de roche et l'émeraude incolore, qui sont dans le même cas; entre le platine et l'argent, etc. Mais cet essai ne dit rien de positif relativement à la nature du corps, qu'il faut examiner plus attentivement.

Les réactifs doivent être au plus grand degré de pureté possible, et il faut avoir la plus grande attention à ne pas les salir, soit en plaçant les bouchons au hasard sur des corps qu'ils pourraient enlever, soit en portant les tubes, dont on se sert pour les prendre, d'un flacon dans l'autre, sans les avoir exactement nettoyés. Pour éviter ce dernier inconvénient, chaque bocal ou chaque flacon doit avoir son tube particulier, et fixé dans le bouchon même lorsque celui-ci est en liège; il faut alors avoir soin de remettre chaque bouchon à sa vraie place, et pour cela il convient de tout numéroter. On ne doit jamais toucher les liqueurs d'essai avec les tubes, et il faut y faire simplement tomber les réactifs.

Nous avons fait faire, pour renfermer les acides et les réactifs

liquides, des flacons terminés en pointe, avec une ouverture ca-

576. pillaire, qui se recouvrent par un capuchon de verre sur

n\ lequel ils sont rodés, fig. 576. Pour les remplir, il suffit

A de les chauffer et de plonger ensuite le bout dans le liquide,

j/l ^ Pour s'en servir, on les prend à la main, dont la chaleur

/"A suffit pour dilater lair et faire tomber une goutte de liquide

f en les renversant. Ces flacons ne laissent dégager aucune

j j vapeur lorsqu'on a soin de graisser le capuchon par en

I I bas*. .

lîFCHERCHE DES CORrS ÉLECTRO-NÉGATIFS.

g 154. SueeeMfon d'ami*. — H y a sept espèces d'essais principaux à faire pour parvenir à reconnaître la nature des principes électro-négatifs qui peuvent se rencontrer dans un composé naturel, d'après les connaissances que nous avons, savoir :

1° Chauffer le corps dans le tube fermé; on reconnaît alors:

Hydrates par des gouttelettes d'eau**.

Hydrargures par des gouttelettes de mercure.

Oxyde d'antimoine* . . . par un sublimé blanc non cristallin, qu'on |>eut

faire volatiliser, en chauffant, d'un point à

Vautre du tube.

2° Chauffer dans le tube ouvert pour reconnaître ce que l'oxydation peut produire; on distingue alors :

Séléniures. . par l'odeur de chou pourri.

Arsénic et arséniures. . . par l'odeur d'ail.

Antimoine et anlimoniu- par les vapeurs blanches qui produisent un sublimé

res * . volatilisable d'un point à l'autre du tube.

Tellure et telluriures, . . par une vapeur blanche qui, après s'être déposée, peut être fondue sur un tube en gouttelettes limpides par la chaleur.

Soufré et sulfures par l'odeur de soufre brûlé***.

5° Chauffer dans le tube fermé, après avoir réduit le minéral

• On trouve des bottes d'ustensiles et de réactifs chez MM. Boyveau et Pelletier, rue des Francs-Dourgeois-Saint-Michél, n" 8.

*' On peut essayer cette eau en introduisant dans le lube une bandelette de papier réactif. Le papier de tournesol, en rougissant, indique unneide; le papier de Kernamhouc, en prenant une belle couleur jaune, indique particulièrement l'acide hydro» fluorique. Le curcuma rougit avec les alcalis.

**■ Certains sulfures ne produisent pas cet effet, et ne sont dès lors reconnus que par le quatrième essai.

ESSAIS CHJM1QI ES. tt>

en poudre et la voir mêlé avec du charbon, dont l'effet est de desoxyder certains corps; on reconnaîtra :

Acide arsénié»*. . > par l'odeur d'ail.

Arsemtes et arséniuies. | 1

Acide sulfurique par l'odeur de soufre brûlé.

Quelques sulfates par la saveur d*œuf pourri.

Azotates parce qu'ils fusent (produisent l'effet d'uue fuwV)

pendant l'opération *.

4° Chauffer le corps avec un mélange de charbon et de sous-carbonate de soude, pour opérer une désoxydation et une nouvelle combinaison; on distingue dans ce cas :

Sulfates et sulfures. . . par la saveur d'œuf pourri du résidu, ou le dégagement d hydrogène sulfuré par l'action de l'eau acidulée sur ce résidu **.

5 e Faire agir l'acide azotique, au moyen duquel on reconnaît :

Carbonates par l'effervescence qui se produit soit è froid, soit

à chaud.

Quelques borates par un résidu blauc qui donne à l'alcool la propriété de brûler avec une flamme verte.

Quelques s il i ta te > par la production d'une gelée qui n'est qu'un précipité gélatineux de silice.

6° Fondre le corps avec le double phosphate de soude et d'ammoniaque*", pour reconnaître :

Fluor par des vapeurs qui corrodent le verre et jaunissent

le papier de Fernambouc (si l'on opère dans le tube ouvert), ou par un anneau de corrosion autour de la pièce d'essai (dans le tube fermé). -

C h lore par une flamme bleu pourpré qui se produit en fondant d'abord le double sel avec de l'oxjdc de cuivre, puis, ajoutant la matière d'essai.

Brome par uue flamme bleue dans le même essai.

Iode par une flamme verte dans le même essai.

7° Chauffer, et quelquefois fondre réellement, avec le sous-carbonate de soude, pour décomposer certains sels par un échange

* Quelques oxydes sont réduits dans ce traitement, mais nous ne nous servirons pas de ce caractère.

** Les sulfures produisent le même effet sans addition de charbon.

*** L'ammoniaque est alors dégagée, et l'acide phosphorique, mis à nu, réagit sur le corps. 11 y a ici essai par la voie sèche au moyen d'un acide.

de base. L'acide du minéral se porte sur la soude et forme un nouveau sel, qui est soluble ou insoluble dans l'eau.

S'il se fait un sel soluble, on ajoute un peu d'acide à la solution pour décomposer le sous-carbonate de soude surabondant, et on reconnaît ensuite :

Acide phosphorique.. . . si la liqueur précipite en jaune par l'azotate d'argent.

Acide ch ro inique si elle précipite alors en rouge.

Acide vanadique si elle précipite en Jaune qui blanchit prompleincut.

Acides molybdique, tun- | si la solution devient bleue sur une lame d*égstique et tantalique.. ) tain*.

Silice (acide silicique). . . . si la solution, ne bleuissant pas sur une lame d'étain, donne un précipité blanc par l'addition d'un acide, soit immédiatement, soit pendant l'évaporution.

Si le résultat du traitement est insoluble dans l'eau, il peut se dissoudre plus ou moins facilement dans l'acide chlorhydrique, et Ton reconnaît ensuite :

Silice si la solution, évaporée et reprise par l'eau, laisse

un résidu qui ne donne aucune couleur par la fusion avec le double phosphate.

Acide titanique si le résidu de ce traitement donne, avec le double

phosphate, un verre bleu violâtre au feu de réduction.

A lu mi ne . • . . s'il ne se fait pas de résidu, et si la solution donne

par l'ammoniaque un précipité floconneux attaquable par la potasse caustique.

§ 135. Note* garée» essai». — Nous réunirons ici quelques observations sur les estais que nous avons indiqués pour la recherche des corps électro-négatifs, et sur quelques autres qu'on pourrait faire :

1° En chauffant daus un tube fermé, on peut reconnaître aussi plusieurs autres corps; savoir :

Séléniures par un sublimé rouge.

Arsenic et arséniures . par un sublimé de petits cristaux métalliques. Acide arsénieux et arsé-

nites • par un sublimé de petits cristaux blancs.

Tellure et telluriures. . par un sublimé gris non cristallin.

* La solution précipite en blanc par un acide, et, en essoyant le précipité, ou peut distinguer les trois corps. L'acide molybdique produit un verre vert en le fondant avec le double phosphate de soude et d'ammoniaque. L'acide tungs tique produit un verre bleu, et l'acide tantalique un verre incolore.

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Mais ces corps se distinguent plus facilement par le second mode d'essai, § i34.

2* Dans le tube fermé, avec du charbon, on peut reconnattro les acides antimonieux et antimonique, qui donnent alors les caractères de l'oxyde d'antimoine, § 154, i*.

3° On pourrait faire un essai en chauffant le corps avec l'azotate de potasse, et on découvrirait alors :

Le carbone ■ • . parce que le mélange fuse pendant l'opération.

L'o $ m i u in parce que la matière donne une rapeur blanche qui

a l'odeur du chlore

4° On pourrait essayer les corps par l'acide sulfurique dans le lube fermé, €t on reconnaîtrait alors :

Le fluor par des vapeurs incolores qui corrodent le verre.

L'iode par les vapeurs violettes qui se dégagent lorsque le

corps a été préalablement mêlé avec le peroxyde

de manganèse.

Le chlore par l'odeur particulière du gai jaunâtre avec le

même mélange.

I e brome par les vapeurs rutilantes qui se dégagent avec ce

mélange.

L'acide azotique parles vapeurs rutilantes qui se dégagent lorsqu'on

a ajouté de la limaille de cuivre.

5* Les chromites, traités au feu d'oxydation, produisent les mêmes résultats que les chromâtes, g 134, 7°. Pour les distinguer, il faut recommencer l'essai dans le tube fermé : la matière obtenue est verte pour le chromite et jaune pour le chromate.

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