‹ Minéralogie, Volume 3Chapitre 68 sur 99 · GROUPE DES SULFURIDES. — SULFURES · texte numérisé non relu

GROUPE DES SULFURIDES. — SULFURES

cide chlorhydrique. Enfin sa composition représente une combinaison de persulfure et de protosulfure. Elle se trouve en petites masses lamellaires, quelquefois en cristaux, dans les roches cristallines, et principalement à Bodenmais en Bavière.

g 219. Substance métalloïde, gris-de-plomb, ouctueuse au toucher, offrant de petits cristaux rares, en prismes hexagones réguliers, ou de petites masses lamellaires composées de lamelles flexibles.

Infusible au chalumeau, laissant par le grillage un résidu blanc d'acide molybdique ; attaquable par l'acide azotique, et laissant aussi un précipité insoluble d'acide molybdique.

Cette substance se trouve en petits amas dans les terrains cristallins, où quelquefois aussi elle est disséminée; parfois on la rencontre dans les dépôts métallifères d'étain, de fer magnétique et de cuivre. Elle est assez commune dans les Alpes, les Pyrénées, etc.; mais elle n'a d'autre emploi que dans les laboratoires pour la préparation du molybdène et de ses composés.

Chalkosine. — Cuivre sulfuré, cuivre vitreux.

g 220. Substance métalloïde, gris-d'acier, presque ductile; se coupant facilement avec un instrument tranchant; cristallisant en prismes hexagones réguliers diversement modifiés.

Fusible au chalumeau, donnant des grains de cuivre lorsqu'on traite la matière grillée sur le charbon avec de la soude; soluble dans l'acide azotique, solution devenant bleue par un excès d'ammoniaque, et ne donnant alors que peu ou point de précipité.

La chalkosine, qui renferme 80 pour 100 de cuivre, est en général une matière accidentelle des gîtes de cuivre pyriteux; mais elle est assez abondamment disséminée, en petits rognons, dans les schistes du' grès rouge, g 476, note, aux pays de Mansfeld et de Hesse; elle formé aussi presque à elle seule les dépôts cuivreux de l'Oural, où elle se rattache encore aux dépôts sédimentaires. Elle est d'autant plus importante alors, que le cuivre pyriteux manque entièrement dans les provinces russes.

Chalkopyrite. — Cuivre pyriteux, pyrite cuivreuse.

§221. Ctor»cière«. — Substance métalloïde, jaune- de-bronze, cristallisant dans le système prismatique à base carrée : fusible au

Molybdénite. — Molybdène sulfuré.

chalumeau en globules attirables à l'aimant; et qui donne ensuite des globules de cuivre avec la soude. Attaquable par l'acide azotique; solution devenant bleue lorsqu'on y ajoute un excès d'ammoniaque, et donnant en même temps un abondant précipité jaune qui est de l'oxyde de fer.

Le cuivre pyrite ux pur, beaucoup moins riche que la chalkosine, renferme 35 de cuivre, 30 de fer et 35 de soufre.

Cette matière se trouve quelquefois cristallisée; on la connaît en tétraèdres et en octaèdres que Ton a crus longtemps réguliers. Il était, en effet, facile de se tromper dans des mesures peu rigoureuses; car, par exemple, le tétraèdre de cette substance a ses faces inclinées de 110° et 71° 10', ce qui est très-près de 109° 28'16", et 70* 31' 44' que présente le solide régulier de la géométrie. Du reste, la chai kopy rite se trouve en masses compactes, très-brillantes dans la cassure fraîche, souvent mélangées ou entremêlées de matières étrangères.

g 222. Gisement; importance. — Ce minerai de cuivre appartient en général aux terrains granitiques, où il forme souvent des filons ou des amas puissants. On le trouve cependant aussi dans les terrains de sédiment,particulièrement dans les schistes cuivreux que nous venons de citer dans le Mansfeld en y indiquant la chalkosine.

Ce sulfure est le principal minerai de cuivre; et partout où il existe, du moins en quantité suffisante, on l'exploite avec activité. Mais la France est peu riche sous ce rapport : nous ne possédons que les mines de Chessy et Saint-Bel, près de Lyon: celles de Baigorry, dans les Pyrénées, sont actuellement épuisées; celles des Vosges, où le cuivre n'était qu'accidentel, n'ont jamais produit beaucoup; et, s'il en existe des indices dans d'autres lieux, ils ne paraissent pas pouvoir suffire aux dépenses que nécessiteraient des établissements : aussi tirons-nous annuellement de l'étranger pour 8 à 9 millions de ce métal.

Les pays qui possèdent les mines de cuivre les plus abondantes » sont l'Angleterre, la Russie, l'Autriche et la Suède. La première de q§s contrées fournit près de la moitié de la masse totale qu'en produit l'Europe, et qui s'élève à 2 1 millions de kilogrammes. Il nous vient aussi du cuivre de la Chine, du Japon, du Mexique et du Chili.

Stibine. — Antimoine sulfuré.

§ 223. «en caractère». — Substance métalloïde, gris-de-plomb, cristallisant en prismes rhombdldaux clivables parallèlement aû plan des petites diagonales.

GROUPE DES SULFURIDES. — SULFCRES

Très-facilement fusible au chalumeau, et donnant par le grillage des vapeurs blanches abondantes; attaquable par l'acide azotique, avec précipité immédiat d'oxyde d'antimoine.

La composition Sb*Su 5 de cette substance correspond à 73 d'antimoine et 27 de soufre.

Les cristaux de stibine sont de longs prismes terminés au sommet par quatre faces, et le plus souvent groupés en masses bacillaires. La substance se trouve ausn en masse lamellaire et quelquefois compacte.

Cette matière, quoique peu abondante, se trouve cependant assez communément, et constitue à elle seule des filons particuliers dans le granit ou dans les roches qui s'y rattachent: elle est aussi subordonnée à d'autres gîtes métallifères, et principalement aux dépôts d'argyrose. Elle est exploitée pour en tirer le métal dont nous avons précédemment indiqué les usages, § 191. Nous en avons en France dans l'Ardèche, le Gard, la Lozère, la Haute-Loire, le Cantal, le Puy-de-Dôme, etc.

§ 22 A. #e« eonUMiMM avec tf'aatre» sulfure». — La stibine ise trouve souvent combinée avec d'autres sulfures, comme on le voit dans le tableau des espèces, en formant divers composés de même formule, avec des bases différentes. La plupart de ces substances offrent peu d'importance, mais celles qui renferment de l'argent attirent l'attention sous le rapport des arts; telles sont :

î° L'A rgyrithrose» ou argent rouge, argent antimonié sulfuré, substance non métalloïde, de couleur rouge, cristallisant dans le système rhomboédrique. Elle est fusible au chalumeau, dégage des vapeurs d'antimoine par la calci nation, et laisse en définitive un bouton d'argent. Elle renferme 59 pour 100 d'argent.

La cristallisation de l'argyrilhrose est très-variée; elle offre des prismes â bases d'hexagones réguliers, des scalénoèdres, des dodécaèdres à triangles isocèles, souvent groupés en dendrites ou en petites masses botryoïdes.

Cette substance ne se trouve qu'en petite quantité dans les mines d'Europe, et subordonnée aux gttes d'argyrose, § 208; mais au Mexique et au Pérou elle forme la partie la plus importante de certains dépôts et la source de produits considérables.

2° La Psaturose, ou argent sulfuré aigre, argent antimonié sulfuré noir. Substance métalloïde, gris-de-fer, cristallisant en prismes rhomboïdaux; elle est très-riche en argent, dont elle renferme 69 pour 100, et se trouve avec la précédente.

3°LaMiargyrite, qu'on ne connaît encore qu'à Braunsdorf en Saxe, dans les minerais argentifères; elle est aussi en prismes

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rhomboïdaux, comme la psaturose, mais d'un éclat moins prononcé, d'une couleur plus noire; elle diffère aussi par ses proportions, la quantité d'argent n'allant qu'à 36 pour 100.

11 existe aussi dès combinaisons triples de sulfure d'antimoine avec des sulfures de cuivre et de plomb, le dernier remplacé quelquefois par le sulfure d'argent. Ce sont elles qui ont porté et portent souvent encore le nom de cuivre gris, groupe qu'on a déjà divisé en bournonite, polybasite, panabase, et qui renferment sans doute encore beaucoup de matières différentes,

La Bournonite est en cristaux qui se rattachent au prisme rectangulaire. La P o 1 y b a s i t e , qui renferme 64 pour \ 00 d'argent, est en prismes hexagones accolés les uns aux autres, et qui pourraient bien être réguliers; elle provient surtout des mines de Guanaxato et de Guarisamey au Mexique; ce serait une substance précieuse si die était en massé considérable. La Panabase se cristallise en tétraèdres réguliers. Toutes ces substances sont des matières de filons : cependant la dernière forme çà et là des gties particuliers où elle est exploitée comme minerai de cuivre, et recherchée surtout pour l'argent qu'elle renferme le plus souvent; mais elle est difficile à traiter à cause de l'antimoine.

g 225 Remplacé par l'arsénié — L'arsenic remplace quelquefois l'antimoine dans les combinaisons; c'est ce qui arrive à la Proustite, espèce d'argent rouge par tous les caractères physiques, et à la Tennantite, espèce de panabase où se trouve de l'arsenic au lieu d'antimoine. Ce métal se mêle dans toutes les espèces, et c'est en le rassemblant avec l'antimoine qu'on parvient aux formules indiquées.

g 226. Ces deux substances ne présentent pas l'éclat métallique; la première est rouge lorsqu'elle est en masse, et la seconde jaune. Elles donnent une forte odeur d'ail par le grillage, et ne laissent aucun résidu.

Le R é a 1 g a r se trouve en prismes rhomboïdaux obliques assez nettement prononcés, réunis quelquefois en petites masses bacillaires; le plus souvent il est en petites masses compactes.

L'O r p i m e n t se trouve en cristaux peu distincts, rhomboïdaux, avec des clivages parallèlement aux plans des diagonales, dont un beaucoup plus distinct que l'autre, comme dans la stibine. On le rencontre plus fréquemment en petites masses lamellaires, quelquefois oolitiques, ou bien compactes et terreuses.

Réalgar et Orpiment.

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