‹ Minéralogie, Volume 3Chapitre 74 sur 99 · GROUPE DES CARBOMDES. — BOIS ALTÉRÉ · texte numérisé non relu

GROUPE DES CARBOMDES. — BOIS ALTÉRÉ

est entourée de tous côtés par une toile métallique. Davy a fait voir qu'en enflammant un mélange détonant enfermé dans une telle enveloppe, la flamme ne pouvait se communiquer au dehors; par conséquent un tel appareil peut être porté dans les mines les plus infectées de grisou sans CTaindre aucun accident.

Ce savant, à la suite de nouvelles recherches, a ajouté un perfectionnement important, en mettant une spirale de platine à 4 ou

centimètres au-dessus de la mèche. Ce mélal r échauffé, a la propriété de devenir incandescent dans des mélanges détonants formés en certaines proportions; de sorte que, quand on arrive avec une telle lampe dans un endroit où le gaz est assez abondant pour Téteindre, le fil devient tout à coup lumineux, et répand assez de lumière pour permettre à l'ouvrier de se retirer. Il y a plus : lorsque le mineur est revenu dans une partie où le gaz et Tair atmosphérique se trouvent en proportions convenables, le fil incandescent détermine une inflammation dans l'intérieur de la lampe, et le gaz enflammé rallume la mèche.

g 281. Bol» «Itéré. — Outre le lignite proprement dit, où l'on observe des caractères qui se rapprochent de ceux de la houille, on trouve fréquemment des boi* qui conservent tout le tissu lignenx, qui s'allument et brûlent comme les bois ordinaires, avec dégagement d'une fumée piquante qui fatigue les yeux, ayant quelquefois une odeur bitumineuse ou une odeur fétide, plus rarement une odeur balsamique.

Ces bois se trouvent quelquefois dans le même gisement que le lignite; mais le plus souvent ils forment des dépôts particuliers dans les terrains les plus modernes, et constituent ce qu'on a appelé des forêts sous-marines; on les a quelquefois employés pour la charpente comme le bois ordinaire, ou bien comme combustible.

La terre de Cologne est une autre altération des bois enfouis dans le sein de la terre; elle est à l'état terreux et se réduit facilement en poudre par le dessèchement;, elle brûle sans flamme, comme le bois pourri, et sans fumée. C'est encore une matière importante comme combustible dans les environs de Cologne, où elle forme deséépôts considérables de 12 à 15 mètres d'épaisseur, étendus sur plusieurs lieues, et dans lesquels on reconnaît des conifères et des palmiers qu'on observe encore debout comme sur la £lace même où ils ont vécu. On l'exploite activement et on la moule après l'avoir humectée^pour la transporter plusfacilement.il s'en fait une grande

Boi* altéré et tourbe.

consommation dans le pays. Les cendres qui en proviennent sont recherchées pour l'agriculture; on les transporte jusqu'en Hollande, et sur les exploitations on brûle même le combustible tout exprès pour cet objet. -

§ 282. Tourbe. — On nomme tourbe une matière brune, plus ou moins foncée, qui se forme sous les eaux par Faccumulation et l'altération de diverses plantes. Elle est homogène et compacte dans les parties inférieures du dépôt, grossière et remplie de débris visibles d'herbes diverses- dans les parties supérieures. Elle brûle facilement, avec ou sans flamme, en donnant une odeur particulière. A la distillation, il s'en dégage de l'eau chargée d'acide acétique» une matière huileuse et des gaz.

La tourbe est formée par l'accumulation des plantes aquatiques, et particulièrement par les sphaignes et les conferves, qui sont toujours submergées : il s'en fait encore journellement dans nos marais. Cette matière couvre quelquefois des espaces immenses dans les parties basses de nos continents, remplissant les bas-fonds des larges vallées dont la pente peu considérable empêche l'écoulement des eaux. Souvent ces dépôts sont encore .couverts d'eau; mais dans divers lieux ils sonfrà sec f et il s'est formé au-dessus d'eux des couches de sable et de limon qui ont suffi pour donner naissance à de belles prairies.

Les plus grandes tourbières de France sont celles de la vallée de la Somme, entre Amiens et Abbeville. 11 y eii a aussi de considérables dans les environs de Beauvais, dans la vallée de l'Ourcq, dans les environs de Dieuze. 11 y en a en exploitation dans la vallée d'Essonne, près de Paris. La plupart des belles prairies de la Normandie sont sur la tourbe. La Hollande, qui n'a pas d'autre combustible, en renferme une grande quantité, ainsi que la Westphalie, le Ha* novre, la Prusse et la Silésie.

La tourbe est encore un combustible précieux dans toutes les contrées où elle se* trouve, et elle y est exploitée avec activité ; il s'en extrait pour plus de 5 millions en France On l'emploie à tous les usages auxquels le bois lui-même pourrait servir/ On la carbonise aussi dans des fourneaux construits à cet effet, et elle produit un charbon plus durable que le charbon de bois, qui sert souvent avec avantage à tous les usages auxquels celui- ci peut être employé.

§ 285. Corps gazeux, incolore, inodore, non inflammable, soluble dans l'eau, à laquelle il communique une saveur aigrelette, la

Acide carbonique.

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propriété de mousser, celle de précipiter par l'eau de chaux, comme aussi de redissoudre le carbonate de cette base, etc.

Ce gaz se trouve à Tétai libre au fond des puits, dans les mines abandonnées, dans l'intérieur de quelques cavernes naturelles, tels que les Estouffis des environs de Clermont en Auvergne, la grotte d'Aubenas dans l'Ardèche, la moufette de Pérault près de Montpellier, la grotte du Chien près de Naples, plusieurs des violfette de la Campanie, les cavernes de fiolsena dans les États romains, l'antre de Typhon en Cilicie, etc. C'est du sol de ces cavernes que le gaz s'échappe ordinairement, et il suffit d'y remuer la terre pour qu'il s'en dégage souvent en quantité prodigieuse : c'est ce qui arrive fréquemment autour de Clermont en Auvergne, lorsqu'on creuse dans les masses de pouzzolanes que les anciens volcans y ont accumulées. 11 s'en dégage souvent en quantité immense des cratères volcaniques éteints, comme au volcan de Pasto dans la contrée de Quito, ou des anciennes solfatares, comme à Java, dans la vallée du Poison ou Guevo-Upas, où tout être vivant est immédiatement asphyxié.

Le gaz acide carbonique est fréquemment dissous dans les eaux, et en quantité beaucoup plus grande que ne le comporte la pression ordinaire de l'atmosphère. H en résulte des eaux minérales gazeuses qu'on trouve dans un grand nombre de lieux, et particulièrement dans le pays de Nassau, où elles sont très-abondantes et remarquables parleur pureté. Elles sont connues sous lé nom d'eau de Seltz, de celui d'une petite ville sur le Rhin qui en est l'entrepôt. Non-seulement il y a des eaux froides chargées de cet acide, mais encore beaucoup d'eaux chaudes; telles sont celles de Vichy et du Mont- Pore en Auvergne, de Vais dans l'Ardèche, qui ont jusqu'à 55 d ; de Wiesbaden, près de Mayence, qui vont à 68 d , etc.

g 28i. met» organique». — Parmi les sels organiques, le guano est la seule matière qui ait quelque importance; elle est le résultat de l'accumulation de la fiente d'une multitude innombrable d'oiseaux qui fréquentent les îles qu'on trouve sur les côtes du Pérou. Elle y forme des dépôts qui ont jusqu'à 50 et 60 pieds d'épaisseur sur une étendue très-considérable : on assure qu'on en a. trouvé également dans les îles de l'Amérique du Nord.

Le guano est exploité comme un engrais précieux, et c'est à cette matière que les côtés stériles du Pérou doivent la fertilité qu'on leur procure par le travail. On en a transporté jusqu'en France dans ces derniers temps, où malheureusement on l'a souvent falsifié par des mélanges de diverses matières étrangères.

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