‹ Minéralogie, Volume 3Chapitre 76 sur 99 · C.éruse · texte numérisé non relu

C.éruse

Stronlianite.

Withcrite. .

117* et 63« 117* 3* et 6* 28 148- 57' et 6f 5'.

les formes accidentelles enfin, se trouvent dans celte substance, qui à elle seule offre en quelque sorte tous les exemples de modification de la matière par les circonstances extérieures : § 60 à 7 1 .

Sa structure est également très-variée, et Ton trouve le calcaire en masses laminaires susceptibles de se cliver en plaques plus ou moins épaisses; eu masses lamellaires, à grandes où à petites lames, bacillaires, fibreuses, compactes, ou terreuses. Les variétés en grands dépôts renferment souvent des matières étrangères, (tantôt plus Ou moins cristallines, tantôt terreuses, disséminées par paquets, ou répandues uniformément dans toute la masse, et lui donnant des couleurs de toute espèce. Les variétés mélangées d argile se nomment manies, et on les distingue en marne calcaire, où le mélange est peu considérable, et en manie argileuse, où au contraire la matière étrangère est en grande quantité.

§ 287. ctfftement. — Le calcaire est la matière la plus répandue à la surface du çlobe, et celle qui constitue la plus grande partie de nos continents. Appartenant essentiellement aux formations sédimentaires, il se trouve en dépôts immenses à tous les étages de la série, depuis les dépôts siluriens jusqu'aux formations les plus récentes, § 176, note: Tantôt il compose des couches plus ou moins puissantes qui alternent avec des dépôts divers, arénacés ou argileux, tantôt il forme des montagnes et même des cbatnes entières. Quelquës-uns de ces grands dépôts se distingùent par le mode d'agrégation de leurs particules, les uns ayant une structure compacte, lès autres étant terreux et plus ou moins grossiers. Tous sont remplis de débris organiques dont la nature varie considérablement des plus anciens aux plus modernes, et qui fournissent des caractères importants pour les distinguer les uns des autres, même dans les collections. (Voy. la Géologie.)

Dans les formations inférieures on trouve, en général, des calcaires compactes, le plus souvent de couleur sombre; plus haut, les teintes deviennent plus claires, et le plus souvent la texture est moins serrée, l'aspect généralement plus grossier. Dans les formations jurassiques, les parties compactes alternent avec des dépôts oclitiques. Dans la formation de la craie, les matières, ordinairement terreuses, présentent plusieurs divisions qu'on distingne en craie blanche, qui est la plus pure; en craie tuf (eau, qui offre quelquefois assez de solidité pour servir de pierre à bâtir; et en craie chloritée, remarquable par la quantité de petits grains verts qui s'y trouvent mélangés. Au-dessus, les dépôts plus ou moins consistants deviennent tout à fait grossiers, à texture lâche, et souvent mêlés de sable dans la plus grande partie de leur étendue.

GROUPE DES CAR BON IDES. — CARBONATES

Les débris organiques, dont le plus grand nombre ont appartenu aux mollusques, présentent le plus souvent des formes complètement étrangères à celles des êtres qui vivent aujourd'hui. Ce n'est qu'après la craie qu'ils se rapprochent de ceux de notre époque, avec lesquels ils deviennent même tout à fait identiques dans les couches les plus modernes. Les genres ou les espèces varient le plus souvent d un dépôt à l'autre; c'est-à-dire que ceux d'une certaine époque disparaissent à la suivante, et font place à d'autres qui se perdent à leur tour. La plupart sont des débris marins, souvent accumulés par milliers, et composant à eux seuls des dépôts immenses; mais il y en a beaucoup aussi des eaux douces ordinairement disséminés dans une pâte calcaire, compacte ou terreuse. Ceux-ci se montrent déjà dans les terrains houillers, mais ils ne deviennent abondants qu'après la formation jurassique, et surtout après la craie, dans les terrains tertiaires.

Un fait important à remarquer, c'est que, quand les divers dépôts calcaires dont nous venons de donner une idée générale se trouvent rapprochés des produits de cristallisation, et surtout entremêlés avec eux, ils prennent des caractères entièrement différents de ceux qu'ils offrent partout ailleurs. Les débris organiques se trouvent souvent alors entièrement détruits; l'état compacte ou même terreux fait place à divers états plus ou moins cristallins, lamellaires ou saccharoïdes, en même temps que les argiles et les grès qui séparent ailleurs les diverses couches deviennent des schistes argileux, des micaschistes, des quartz schisteux, etc. Les teintes sombres ou pâles sont remplacées par des teintes vives^ tantôt uniformes, tantôt entremêlées. Des matières nouvelles s'introduisent dans la masse par veines, par paquets ou disséminées, etc.* toutes circonstances du plus haut intérêt pour la géologie, et sur lesquelles nous devrons revenir plus tard.

Tufs calcaires. — Indépendamment des dépôts continus qui, se succédant d'âge en âge, ont formé la série sédimentaire, le calcaire se trouve çà et là en dépôts adventifs produits par des sources, et dont quelques-uns s'accroissent encore de nos jours. Ce sont les tufs calcaires, qu'on trouve en un grand nombre de lieux différents, et qui ont formé quelquefois des dépôts immenses. Ils renferment presque toujours des débris organiques, particulièrement des végétaux qui vivent dans les environs, et quelquefois des coquilles fluviatiles et terrestres.

C'est dans des eaux calcarifères que se forment les pisolites, § 64, et par les infiltrations que sont produites les stalactites qui encombrent souvent les cavités souterraines des pays calcaires»

dont quelques-unes ont une grande célébrité: telles sont la grotte d'Antiparos dans l'archipel Grec, la grotte d'Âuxelle en Franche- Comté, celle de Pool's Hole en Derbyshire, etc.

§ 288. Situation géographique. — Toutes les contrées de la terre offrent des dépôts plus ou moins considérables des diverses sortes de calcaires. La plus grande partie du sol de Ja France en est formée. Les dépôts tertiaires, comprenant des calcaires grossiers marins et des calcaires fluviatiles, couvrent ce que Ton appelait l'Ile-de-France et l'Orléanais, ainsi que la Touraine, la Guienne et la Gascogne, jusqu'au pied des Pyrénées. Beaucoup de calcaires fluviatiles se retrouvent en outre> par lambeaux, dans l'Auvergne, dans le Cantal, dans le Languedoc et la Provence.

La craie qui entoure le grand dépôt parisien se prolonge dans la Champagne, la Picardie, l'Artois; constitue toutes les falaises depuis Calais jusqu'à Honfleur, et se retrouve également sur les côtes d'Angleterre. Elle se continue dans le Maine, la Touraine, une partie du Henri, du Poitou; se retrouve dans VAngoumois, la Sainlonge et la partie méridionale du Périgord, et en Provence.

Les autres calcaires, et plus particulièrement ceux de la formation jurassique, qui couvrent la Franche-Comté et la Bourgogne, constituent la plus grande partie du reste de la France, où ils sont limités par les terrains cristallins des Ardennes, des Vosges, des Alpes, du Dauphiné, des Pyrénées, de la Bretagne; ils entourent de tous côtés le groupe cristallin qui constitue le Limousin, l'Auvergne, le Lyonnais et une partie du Languedoc.

C'est dans le Dauphiné et tout autour des Alpes, ainsi que dans les Pyrénées, que se trouvent surtout les dépôts modifiés plus ou moins profondément par la présence des terrains cristallins.

§ 289. VMfei Pierre à bâtir. — Le calcaire est une matière d'un usage journalier. D'abord, comme pierre à bâtir, il présente le grand avantage de se laisser tailler facilement et de conserver néanmoins les arêtes, les moulures et les ornements les plus délicats. Cependant il y a beaucoup de choix à faire : la craie est le plus souvent trop tendre; les variétés lamellaires, simples ou micacées, résistent peu à la charge; beaucoup de calcaires compactes sont secs, suivant le terme reçu, et d'ailleurs sont fréquemment remplis de fissures qui leur ôtent beaucoup de solidité. Les variétés qui conviennent le mieux sont celles qui sont compactes, à cassure inégale, plate ou irrégulière, qui sont mates et souvent ont quelque chose de terreux. On en trouve d'excellentes sous ce rapport dans les formations analogues à celles de Paris et dans les dépôts jurassiques : ce. sont ces formations qui ont fourni des matériaux

GROUPE DES CARBONIDES. — CARRONATES. VST>

à la plupart des monuments du monde civilisé. On emploie quelquefois aussi les tufs calcaires, et à cet égard on peut citer surtout ceux des États romains, connus sous le nom de ttawrtim, employés dans une grande partie de l'Italie, et dont, en cette contrée, tous les monuments antiques, aussi bien que la plupart des monuments modernes, se trouvent formés.

Pierres gélives. — 11 y a des pierres qui ne peuvent rester exposées aux intempéries de l'air sans se désagréger plus ou moins promptement et tomber en fragments pu en poussière : ce sont surtout les variétés susceptibles de s'imbiber lentement d'eau que les gelées viennent surprendre avant qu'elle ait pu s'évaporer, et qui, augmentant alors de volume en se consolidant, fait éclater la masse. Ces variétés se nomment pierres gélives, et l'on conçoit qu'il faut eu éviter soigneusement l'emploi.

On ^ proposé, pour connaître d'avance si une pierre est gélive ou non, d'en plonger un morceau dans une solution saline et de le retirer après l'imbibition. Le sel, en cristallisant dans l'intérieur et augmentant alors de volume, produit l'effet de la congélation de Feau; et, si la pierre résiste à l'épreuve, on doit être certain qu'elle résistera de même aux intempéries de l'air. Cet essai, décisif pour faire un excellent choix* a cependant l'inconvénient de faire rejeter quelquefois de très-bons matériaux, parce qu'il n'y a pas parité entre une solution saline, qui laisse nécessairement un corps dans la pierre, et l'eau pure, qui s'évapore sans rien laisser derrière elle. Certaines pierres poreuses ne résistent pas à l'épreuve que nous venons d'indiquer, et cependant ne se désagrègent jamais à l'air, parce que Teau dont elles se sont imbibées se dégage aussi rapidement qu'elle peut pénétrer.

Chaux et mortiers. — La calcination du calcaire produit la chaux, matière très-importante pour la préparation des mortiers. Mais il faut encore distinguer avec soin les variétés sous ce rapport : les calcaires les plus purs produisent ce qu'on appelle la chaux grasse, qui prend beaucoup d'eau à l'extinction, supporte une grande quantité de sable, et fournit par suite beaucoup de mortier; mais cette chaux est très-lente à durcir à l'air, n'y prend jamais même une grande consistance, et ne durcit pas dans les lieux humides. Les calcaires mélangés de silicates alumineux, et principalement de silicates hydratés, produisent au contraire la chaux maigre ou la chaux hydraulique. Mojns productive que la chaux grasse, en ce quelle absorbe beaucoup moins d'eau et supporte peu de sable, elle a l'avantage immense de durcir promptement à l'air et dans les endroits humides, et doit être employée lorsqu'on tient â la solidité

plutôt qu'à l'économie. La chaux hydraulique durcit même sous l'eau, circonstance qui la rend indispensable pour toutes les constructions hydrauliques, où les mortiers de chaux grasse se délayeraient complètement.

On ne trouve pas partout des calcaires capables de produire de la chaux maigre ou de la chaux hydraulique; mais on parvient à en faire artificiellement lorsqu'on peut se procurer de la craie ou des marnes calcaires susceptibles de se délayer à l'eau. On les réduit en bouillie épaisse, .qu'on mélange avec des matières argileuses délayées ou des scories volcaniques, des scories de forges, des briques ou des poteries réduites en poudre fine; on fait alors des pains qu'on laisse sécher, et qu'on cuit ensuite, comme le calcaire lui-même. Lorsqu'on n'a pas de calcaire délayage, on peut em- / ployer la chaux ordinaire de la localité, qu'on laisse éteindre à l'air : on en mêle ensuite la poussière avec des silicates argileux délayés ou broyés; on fait une pâte du tout avec un peu d'eau, et on forme comme précédemment des pains qu'on laisse sécher pour les recuire de nouveau. Ce procédé a l'inconvénient de la cherjté, à cause de la double cuisson. *

§ 290. Marbres. — On nomme marbres les variétés de calcaire à grains fins susceptibles de poli', et qui, par leur blancheur ou par leurs couleurs plus ou moins vives, peuvent être employées à la décoration des édifices ou dans l'ameublement*. 11 en existe en quelque sorte partout, et principalement depuis les dépôts jurassiques jusqu'aux calcaires siluriens; c'est dans les parties de ces dépôts qui avoisinent les terrains de cristallisation que se trouvent en général les variétés les plus riches en couleurs et les plus agréablement nuancées de veines.

On dislingue de nombreuses variétés de marbres, à chacune desquelles on donne un nom particulier; et il suffit souvent aux marbriers du moindre accident pour imposer un nom à quelques plaques débitées dans le même bloc que beaucoup d'autres. Les plus beaux marbres se nomment marbres antiques, expression qui, dans le principe, indiquait des matières dont les carrières étaient perdues, et qu'on tirait des anciens monuments, mais qui, dans 1 état actuel, s'applique aux variétés choisies parmi celles qu'on exploite journellement. Cet amour d'antiquité a fait souvent ramener à grands frais d'Italie des marbres que les Romains y avaient transportés de France, et dont les carrières sont encore connues.

• Les marbres fars sont Jcs granit? ou des porphyres,

GROUPE DES CARBON IDES. — CARBONATES. 257

Parmi les nombreuses variétés de marbre qu'on a établies, il faut principalement distinguer les suivantes :

1° Les marbre* simples* qui, pour être estimés, doivent être exactement unicolores et de couleurs nettement décidées. Ce sont les marbres blancs statuaires qui nous viennent aujourd'hui de Car- • rare, sur la côte de Gênes; les marbres noirs de Binan, de Nantir, etc.; les marbres rouges, parmi lesquels on distingue surtout la griotte d'Italie, qu'on exploite encore près de Narbonne en Languedoc; les marbres jaunes, qu'on nomme jaune antique ou jaune de Sienne, etc.

2° Les marbres simples veinés, dont il existe beaucoup de variétés de tous les fonds de couleur. Les dépôts calcaires de la Flandre sont depuis longtemps en possession de nous en fournir un grand nombre qu on nomme marbres de Flandre et qu'on emploie trèsfréquemment à Paris. Un des plus communs est le Sainte-Anne,, à fond grjg et veines blanches; mais il en existe de beaucoup plus agréables à fond brun et rouge, à fond bleuâtre, etc. Parmi les belles variétés qui proviennent de différents lieux, on distingue le grand antique à fond noir et veines blanches nettement tranchées; le portor, à fond noir et veines jaunes; le bleu turquin à fond bleuâtre et veines plus foncées, dont le plus beau provient de Carrare; le langaedoc, qui vient de Narbonne, â fond rouge et grandes veines blanches ondulées, qu'on emploie surtout pour les décorations monumentales, etc.

5° Les marbres-brèclies, qui ne sont souvent que dès variétés de marbres veinés, dans lesquelles les veines coupent la masse de manière qu'elle semble composée de fragments réunis. Les plus renommés sont : le grand deuil et le petit deuil, qui offrent des éclats blancs sur un fond noir, et qu'on tire de TAriége, de l'Aude et des Basses-Pyrénées; la brèche d'Aix, ou brèche de Tolone^, à grands fragments jaunes et violets réunis par des veines noires, qu'on exploite â Aix en Provence; la brèclie violette, à fond violet avec de grands éclats blancs, un des marbres les plus riches, qui provient de la côte de Gènes, mais dont les carrières sont depuis longtemps épuisées.

4° Les marbres composés, qui proviennent généralement des lieux où les dépôts de sédiment sont enclavés dans les terrains de cristallisation; ils renferment des matières étrangères distribuées par feuillets, par paquets, ou disséminées. On distingue principalement les marbres cypolin de la côte de Gênes, qui renferment du mica verdâtre disséminé dans une pâle blanchâtre et saccharolde; les marbres campan, dans les Pyrénées, qui renferment des feuillets

MLNÊRALOGiË.

ondulés de matières analogues de diverses couleurs dans des pâtes de calcaire compacte de diverses teintes. .Enfin, les diverses variétés de vert antique, qui sont des marbres saccharoïdes, blancs ou verdâtres, mélangés de diallage et de serpentine (voyez les Silicates) de couleur verte. Certaines variétés offrent des marbres de la plus grande beauté pour la décoration des édifices, et qui proviennent en général de la côte de Gènes.

5° Les marbres lumaehelles, qui renferment des coquilles, des madrépores, etc. On distingue surtout des variétés à fond noir sur lequel se dessinent des taches de calcaire blanc, dont chacune est une coquille; oir en tire de la Flandre et des environs deNarbonne. Le petit granit, ou marbre des Écaussines, près de Mons, qui couvre la plupart de nos meubles, et qui est rempli d'encrinites, en est un exemple commun.

Albâtres. — Nous avons déjà parlé, § 231, des albâtres calcaires. Ils proviennent des dépôts de stalactites et de stalagmitesqui remplissent les cavernes des pays calcaires. On recherche surtout ceux qui soni d'un blanc légèrement jaunâtre, d'une belle demi-transparence, avec des veines d'un blanc laiteux : c'est là l'albâtre oriental ou albâtre antique. Viennent ensuite les variétés jaunâtres, présentant des zones de diverses teintes qui ne tranchent pas trop sur la masse : c'est ce qu'on nomme albâtre veine', marbre onyx, marbre agate, employés pour des revêtements de chapelle, des objets de grand luxe monumental.

§ 291 . Pierre» lithographique»; maraes. — Parlons d'applications plus humbles. La pierre lithographique est un calcaire compacte à grain fin et serré, capable de se laisser imbiber légèrement d'eau, et qui est fourni principalement par les dépôts jurassiques. Les pierres les plus renommées sont celles de Pappeinheim, sur les bords du Danube, en Bavière; mais on en tire aussi de France, particulièrement de Châtauroux (Indre), de Belley (Ain), de Dijon, de Périgueux, etc.

Dans l'agriculture, les marnes, qui ont la propriété de se diviser facilement à l'air et de tomber en poussière, nous offrent des amen* déments extrêmement précieux, qu'il faut choisir suivant la nature du terrain : les marnes calcaires pour les terrains naturellement trop forts, et les marnes argileuses pour les terrains trop meubles. • Il y a des marnes dans toutes les formations, mais particulièrement depuis les dépôts tertiaires jusqu'au calcaire conchylien; au des* sous, ce sont plutôt des argiles que des marnes

GROUPIC DKS CARBOMDKS. - CARBONATKS.

g 292. L'aragonite est chimiquement le même carbonate de chaux que celui dont nous venons de parler, mais cristallisé dans le système prismatique rectangulaire non susceptible de clivages. Cette matière est alors à cassure vitreuse très-brillante; sa dureté est assez grande pour rayer fortement le calcaire. Au feu, l'aragonite cristallisée se délite et tombe en poussière; mais cette propriété diminue dans les variétés à fibres fines agglomérées, et disparaît complètement à mesure que les traces de cristallisation s'effacent : on retombe alors sur le calcaire ordinaire.

L'aragonite, qu'on trouve assez souvent en cristaux réguliers prismatiques à bases rhombes diversement modifiées, se présente plus fréquemment encore en eristaux groupés, comme ceux que nous avons indiqués fig. 253 à 262. C'est cette substance que Ton trouve le plus souvent sous la forme corrallolde, fig. 322; on la rencontre, aussi en petites masses bacillaires, fibreuses, qui offrent des passages à* l'état compacte et même terreux, où dès lors ce n'est plus que du carbonate de chaux ordinaire.

Cette substance se trouve principalement dans les gîtes de minerais de fer, dans les fentes des dépôts basaltiques et des roches serpentineuses, et. en cristaux groupés dans les argiles gypseuses des dépôts salifères. Certains tufs calcaires, ceux de Vichy, par exemple, sont entièrement à l'état d'aragonite.

Dolomie.

g 293. La dolomie a les plus grandes analogies avec le calcaire : seulement le rhomboèdre de clivage est plus obtus, § 285. Le caractère distinctif le plus apparent est la lenteur de l'effervescence avec l'acide azotique, ce qu'elle a de commun avec la giobertite et la sidérose. La solution précipite d'abord abondamment à chaud par l'oxalate d'ammoniaque, puis elle se trouble de nouveau en refroidissant, et produit encore un précipité abondant. Le poids spécifique est 2,86 dans les variétés les plus pures.

Cette substance se trouve assez fréquemment en cristaux rhomboèdres semblables à celui du clivage, qui sont toujours assez simples; on ne la connaît pas sous d'autres formes, si ce n'est à l'état de légers dépôts cristallins sur des cristaux de calcaire .*Les formes accidentelles, à l'exception des variétés mamelonnées ou globulaires, manquent également, et c'est en masses finement granulaires

ou saccharoldcs, quelquefois compactes, qu'on la connaît principalement.

A l'état cristallin, la dolomie se trouve dans les gites métallifères, et c'est du Mexique que proviennent les plus belles variétés. En masses, sans offrir nulle part des dépôts très-étendus, elle se présente à peu près à tous les étages de formation. En Angleterre elle remplace entièrement le terrain pénéen, § 176, note, dont elle n'est qu'une légère partie accidentelle dans la Thuringe. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que le plus souvent elle présente des phénomènes de position où Ton reconnaît qu'elle doit son origine au métamorphisme des dépôts calcaires. Au Saint-Gothard elle forme des dépôts intercalés dans les micaschistes, § 172, note. Dans les Pyrénées elle se présente en amas adventifs, irréguliers et tuberculeux, au milieu des calcaires subordonnés au schiste argileux. En Tyrol on la voit partout au contact des porphyres pyroxéniques, et à distance elle fait corps avec les calcaires ordinaires. Dans TAveyron, au plateau de Larzac, entouré et percé de basaltes, elle se montre en abondance, tandis que partout ailleurs dans les Cévennes on ne voit que les calcaires compactes du Jura.

Les diverses variétés sont à peu près sans emploi; on redoute môme dans l'agriculture la chaux qui en provient,- et ce n'est que depuis quelques années qu'on a reconnu que certaines variétés, mêlées de silicates, pouvaient donner des chaux hydrauliques, qui cependant n'ont pas la force qu'on a voulu l^ur attribuer.

Sidérose. — Fer carbonaté, fer spathique, mine d'acier.

§ 294. Caractère*. — La sidérose, dont le poids spécifique va jusqu'à 3,81, présente encore peu de formes cristallines; on ne la connaît qu'en rhomboèdres semblables à celui que produit le clivage, en petits rhomboèdres aigus, en prismes hexagones, et fréquemment sous la forme lenticulaire. Elle se trouve souvent en rognons, en petits dépôts mamelonnés dans les cavités des roches basaltiques, et aussi sous la forme de tiges de plantes, ou avec des impressionsde fougères, dans lesgrès houillers. Elle se présente aussi en masses lamellaires, à grandes ou à petites lames, quelquefois granulaire ou oolitique, et alors assez semblable à la limonite en grains, g 177; ou bien en masse compacte, ou même terreuse, et alors plus ou moins mélangée de matières étrangères.

La calciifetion donne une matière noire ou rouge, fusible en globule noir attirable à l'aimant. La solution se fait lentement à froid, et donne un précipité abondant par le ferro-cyanure.

GROUPE DES CAR BON IDES. — CARBONATES. 24t

§ 295. OmmmI; mmm**. — A l'état de cristaux, la sidérose se présente dans différents gîtes métallifères. Les variétés lamellaires en masses, qu on nomme plus particulièrement fer spathiyue, se trouvent en liions et en amas dans les terrains de cristallisation, ou dans les calcaires de différents âges qui les recouvrent immédiatement; les variétés réniformes, compactes, terreu es, plus ou moins salies par des matières étrangères, appartiennent au terrain houiller et y forment souvent des dépôts assez considérables, soit dans les grès, soit au milieu des couches de bouille. Les variétés oolitiques appartiennent aux formations jurassiques.

Cette matière offre encore des minerais de fer importants, et assez communs dans diverses contrées. En France on exploite les minerais spathiques à Allevard en Dauphiné, à Baigorry, Viciessos, etc., dans les Pyrénées; ils sont généralement traités par une méthode particulière, qu'on nomme méthode catalane, par laquelle on obtient immédiatement du fer sans passer par l'état de fonte. On remarque que les minerais qui renferment de la magnésie donnent de mauvais fer, que les variétés plus ou moins décomposées sont les meilleures, et que celles qui renferment du manganèse donnent des fers qu'on transforme facilement en acier, d'où le nom de mine d'acier.

Les variétés compactes et terreuses du terrain houiller offrent un excellent minerai, et d'autant plus précieux qu'il se trouve auprès du combustible qui convient le mieux à son traitement. Ce sont les seules qu'on exploite en Angleterre : on les traite aussi en France aux environs de Saint-Étienne; et à Aubin dans l'Aveyron. Les variétés oolitiques des terrains supra-jurassiques sont employées â Hayanges, dans la Moselle, et dans plusieurs usines de la Côte-d'Or et de la Marne.

Smithsonite. — Zinc carbonaté, zinc oxydé, calamine.

g 296. Rarement en cristaux, qui sont toujours très-petits; quelquefois en stalactites ou sous des formes empruntées au carbonate de chaux, ou bien en masses compactes.

A lacalcination, ce minerai donne une fumée blanche qui se dépose autour de la pièce d'essai. La solution, qui se fait avec une vive effervescence dans l'acide azotique, donne, par l'ammoniaque, un précipité qui se redissout par un excès de cet alcali.

Les variétés cristallines ou stalactitiques se trouvent dans divers gîtes métallifères; mais les variétés en masses forment des couches avec le silicate de zinc dans les terrains de sédiment, depuis la for-

MLNÉHAL0G1E.

matioiicarbonifèrejuçqu au lias, C'est dans ce dernier qu'il se trouve particulièrement en France, à Combecave (Lot), à Montalet près dUzès, à Saint-Sauveur eu Languedoc, etc. Ces minerais sont exploités, dans diverses localités, en même temps que le silicate. (Voy. Calamine.)

§ 297. La zinconise, carbonate hydraté, se trouve en petite masse terreuse dans les mines de plomb de Bleyberg en Carinthie

Malachite et Azurite. — Vert de montagne, cendre verte; cuivre azuré, azur de cuivre, bleu de montagne.

1 298. L'une de ces substances est verte, et cristallise en prismes rhomboïdaux droits; l'autre est bleue et présente des prismes obliques. Toutes deux donnent de l'eau par calcination et noircissent; leur solution précipite du cuivre abondamment. La première est un simple carbonate hydraté ; la seconde est un bicarbonate combiné avec un hydrate de la même base.

11 faut joindre à ces deux espèces un carbonate anhydre, J>run, comme tous les sels de cuivre anhydres, et qui a été observé dans llnde, au pays de Mysore.

La malachite, qui se trouve rarement sous sa forme cristalline naturelle, se présente souvent en cristaux octaèdres diversement modifiés, qui proviennent de la décomposition du prôtoxyde. Elle se montre aussi en prismes obliques, fibreux à l'intérieur, qui résultent de la décomposition de l'azurite. Du reste, elle se trouve en petites masses mamelonnées ou stalactitiques, souvent fibreuses à l'intérieur, et montrant en outre des couches d'accroissement qu'on distingue par la variation des teintes. Quelquefois elle est pulvérulente et alors fréquemment mélangée avec des matières terreuses et sableuses.

L'azurite est au contraire presque toujours cristallisée ou en boules formées de cristaux groupés. On la trouve aussi à l'état terreux, et souvent alors plus ou moins mélangée de matières étrangères. Ce qu'on appelle la pierre d'Artnénie n'est qu'un de fces mélanges, qui est compacte et assez dur.

Ces deux substances sont en général des matières subordonnées aux gîtes métallifères cuivreux. La malachite se trouve quelquefois, en masses assez abondantes dans les mines des monts (Jurais en Sibérie. L'azurite s est trouvée, pendant un temps, en abondance, à Chessv , près de Lyon, dans le grès bigarré.

Les variétés stalactitiques fibreuses de malachite, lorsqu'elles composent des masses suffisamment volumineuses, sont débitées en

GROUPE DES CAR BONI DES. - CARBONATES

feuilles minces, dont on fait des placages en pièces de rapport pour construire des tables, des vasques, des chambranles de cheminée, etc., qui sont d'une rare beauté.

Dans les lieux où les carbonates de cuivre sont abondants, on les emploie avec les autres minerais pour la préparation du cuivre : c'est une mauvaise manière d'en tirer parti; il vaudrait beaucoup mieux en fabriquer des sels de cuivre, et surtout le sulfate, dont on se sert fréquemment en teinture.

Natron et Urao. — Soude, alcali minéral, soude carbonatee.

§ 299. Le natron, tel qu'il se trouve dans la nature, est une malière effleurie, d'une saveur caustique et urineuse. 11 est soluble dans l'eau, d où il se dépose ensuite en cristaux qui renferment une plus grande quantité de ce liquide â Fétal de combinaison. Ces cristaux retombent promptement en poussière à l'air.

L'urao est au contraire cristallisé en prismes obliques rectangulaires, sa saveur est moins caustique, et il est peu altérable à l'air. Il se présente en masses granulaires et quelquefois fibreuses.

La première de ces espèces se trouve à la surface de la terre dans les plaines basses de nos continents, aux environs de certains lacs, dont les eaux en renferment toujours une certaine quantité. Elle est abondante dans les temps secs, et couvre la terre d'efflorescences qui ressemblent à de la neige; c'est ainsi qu'on la voit dans les plaines de Hongrie autour de Debreczin, dans la vallée des lacs de Natron en Égypte, dans l'Arabie, dans l'Inde, etc.

L'urao forme des dépôts solides dans les matières argileuses de formation assez moderne. On le connaît à cet état en Colombie, autour du village de Lagunila, à une journée de Mérida, et il renferme disséminés des cristaux de gay-lussite. 11 paraît qu'il se trouve de môme en Afrique dans le Fezzan, sur le bord du grand désert, et probablement dans la vallée des lacs de Natron, à vingt lieues du Caire; du moins en tire-t-on de cette dernière localité des masses considérables qui sont inaltérables à l'air, et dont on a môme bâti des murailles qui se conservent dans ces contrées sèches. 11 est à présumer que c'est de sa décomposition que provient l'espèce qu'on nomme natron.

Les carbonates de soude seJrouvent quelquefois aussi en efflorescences à la surface des laves et des scories dans les volcans actifs. 11 en existe en solution dans un assez grand nombre d'eaux minérales, ^armi lesquelles on doit citer particulièrement} celles de Vi~ chy en Auvergne et de Contrexeville dans les Vosges.

Ces sels de soude sont des matières importantes dans tous les lieux où elles se trouvent, pour la fabrication du savon et pour les verreries. Il s'en faisait autrefois une grande importation enFranee, et particulièrement de l'Egypte, pour cet objet; mais aujourd'hui tout ce qui nous est nécessaire est préparé artificiellement par la décomposition du sel marin, et il en est de même dans presque toutes les parties de l'Europe.

§ 300. Les autres carbonates appartiennent la plupart aux gîtes métallifères, et sont toujours en petites quantités. Là Céruse, la Withérite, la Strontianite', appartiennent plus spécialement aux dépôts de minerais de plomb; elles ont entre elles une très-grande analogie, et se trouvent tantôt en cristaux, tantôt en petites masses aciculaires, fibreuses, compactes, quelquefois terreuses. La Céruse est la plus abondante, et offre les cristaux les plus nets et les plus variés; elle présente surtout un grand nombre de groupes comme ceux que nous avons indiqués fig. 261 à 265.

C'est aussi dans les minerais de plomb de Leadhills en Écosse que se trouvent les carbonates de plomb sulfatifères, en petits cristaux plus ou moins distincts, dont les formes ne peuvent se rapporter à la Céruse. C'est dans les mêmes gisements qu'on rencontre aussi la Slrommte et la Baryto-Calcite.

La Giobertite se trouve en rhomboèdres simples, disséminés dans les silicates magnésiens désignés sous le nom de talc. Tous les carbonates hydratés de la même base se trouvent à l'état terreux, en petites veines dans les serpentines.

Corps donnant immédiatement à l'alcool la propriété de brûler avec une flumnm vi rte, ou laissant après Faction de l'acide azotique une matière qui possède eclt© propriété.

§ 501. Nous n'avons à parler ici que d'un très-petit nomore do substances, savoir :

1°L acide borique hydraté^ ou SassolineJCette substance se trouve en solution dans les eaux qui proviennentdes fumarolles de Toscane, g 250, dans lesquelles elle cristallise; on la rencontre aussi en petites masses mélangées de soufre dans le cratère de Vulcano. Elle est à l'état d hydrate, qui ne renferme que 56 pour 100 d'acide

Carbonates divers.

Page 1