GROUPE DES SILICÏDES — SILICE
pour faire des meules ou des pierres à polir et à aiguiser, ou des meules à moudre le blé, lorsqu'ils sont assez solides et à gros grains. Les sables blancs et purs servent dans les verreries pour fabriquer le verre blanc. Enfin les sables siliceux, quels qu'ils soient, sont partout mélangés avec les argiles pour la fabrication des poteries communes.
Diverses variétés de calcédoine, comme sardoine, cornaline, agate herborisée, ont été souvent fort recherchées, mais n'ont aujourd'hui que peu de valeur. Une autre variété, connue sous le nom de chiysoprase, qui, avec la demi-transparence, offre une jolie teinte verte, qu'elle doit à un silicate de nickel, est la seule qui soit encore demandée, et d'un prix élevé : elle fait de charmantes parures avec des entourages de diamants.
On emploie particulièrement les diverses variétés de calcédoine pour la gravure sur pierres fines; les onyx sont surtout recherchés pour les camées, et l'on exécute alors le petit bas-relief sur l'une des couches, en laissant l'autre pour le fond.
Un des emplois les plus importants, mais qui baisse encore aujourd'hui de plus en plus depuis l'usage des poudres fulminantes, est celui des silex pour la fabrication des pierres à fusil. Nous possédions en France les meilleures variétés pour cet usage, et pendant longtemps on en a exporté une très-grande quantité; mais ce commerce a ensuite été prohibé. Nos plus grandes fabrications étaient dans le département de Loir-et-Cher.
Le silex molaire, ou pierre meulière, est aussi une matière importante, non-seulement comme excellente pierre à bâtir pour les constructions qui demandent de la solidité, mais encore pour la confection des meules de moulin, pour lesquelles aucune autre matière ne peut être mise en comparaison. U s'en fait une grande quantité dans le bassin de Paris, d'où elles sont transportées dans - tous les points de la France, et même en pays étranger. Les plus renommées sont celles de la Ferté-sous-Jouarre dans le département de Seine-et-Marne.
L'opale n'est employée que comme objet d'agrément. Les variétés irisées*, qui sont souvent d'un très-haut prix, sont très-recherchées dans la joaillerie; on taille quelquefois aussi certaines variétés jaunâtres, qu'on nomme opale de feu et girasol. Les bois pétrifiés et opalisés, surtout les palmiers, sont quelquefois taillés en cachets, en bottes, etc.
Silicates magnésiens, calcaires, etc.
Solution, privée de silice, donnant le plus souvent par l'évaporation un résidu déliquescent, amer ou lés indices du fer, du manganèse, du zinc, du cuivre, etc., g 136.
§ 510. Parmi les corps qui se rapportent à ce groupe nous avons particulièrement à étudier les silicates magnésiens anhydres, hydratés ou hydratifères, et les silicates calcaires, tantôt simples, tantôt combinés avec les premiers ou avec leurs isomorphes. Ce sont ceux qu'il importe le plus de connaître, en choisissant parmi eux les plus communs, à cause du rôle qu'ils jouent comme roches, ou comme parties constituantes de certaines roches. Nous devons cependant remarquer encore la calamine, comme minerai de zinc, et le zircon, comme employé dans la joaillerie; la gadolù nite nous intéresse par la présence de l'yttria; la cérérite par l'oxyde de cérium, et la thorilc par celui du thorinium.
g 311. Péridot (Olivine, chrysolile de volcans). — Substance vitreuse, le plus souvent verte, rayant difficilement le quarte, infusible au chalumeau, cristallisant en prismes rectangulaires diversement modifiés, mais se trouvant le plus souvent en petits rognons à structure granuliforme ou en petits grains irréguliers disséminés.
Le péridot se trouve en rognons, quelquefois assez gros, et en grains disséminés dans la basalte, roche pour laquelle il est en quelque sor e caractéristique; nos basaltes de l'Auvergne, du Velay, et surtout du Vivarais, nous en présentent de nombreux exemples. On le trouve rarement dans les laves, et il n'en existe ni dans les roches trachytiques ni dans les terrains de granit; mais il s'en trouve dans les cavités du fer météorique de Sibérie, § 174, et plusieurs pierres météoriques même en renferment quelques grains.
§ 31*2. Talc. — Substance verdâtre, blanchâtre ou grisâtre, le plus souvent feuilletée, susceptible de se diviser en lames minces plus ou moins transparentes, qui offrent deux axes de double réfraction : elle est alors assez analogue au mica; mais elle en diffère chimiquement par l'absence de l'alumine, et physiquement en ce qu'elle est douce et onctueuse au toucher, que ses feuillets sont moins élastiques. Cette matière se raye facilement par l'ongle; elle est très-difficilement fusible au chalumeau.
A. Silicates magnésiens simples anhydres.
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On connaît aussi le talc en petites masses composées d'écaillés; quelquefois il est compacte, mais on confond souvent alors sous ce nom des Stéatites, qui en diffèrent par la présence de l'eau.
Le talc ne forme pas de grandes masses; il se trouve en amas, en filons même, dans différentes roches de cristallisation, et dans les calcaires qui y sont enclavés. 11 faut remarquer qu'on désigne souvent sous ce nom les micas très-magnésiens qui se trouvent „ dans les protogynes des Alpes; c est à ces micas que se rapporte tout ce qu'on a indiqué comme talc cristallisé.
M. Silicates magnésiens hydratés et hydratifêres.
g 313. Ces silicates ont beaucoup d'analogie les uns avec les autres. Ce sont presque tous des matières compactes, au moins dans un sens, s'ils ont quelques indices de clivage dans les autres; le plus souvent ils sont doux ou même onctueux au toucher, tendres, à poussière douce. Un seul jusqu'ici s'est trouvé nettement cristallisé en petits rhomboèdres ou en dodécaèdres à triangles isocèles, combinés plusieurs ensemble : c'est la villarsite, qui vient des mines de fer de Traverselle en Piémont.
On voit dans le tableau des espèces que ces corps sont des silicates, bisilicates ou trisilicates, qui, dans chaque ordre, ne diffèrent les uqs des autres que par des quantités relatives d'eay- et de silicate, ou celles d'hydrate magnésien et de silicate de la même base. Il suffit de comparer les deux colonnes pour voir que les espèces hydratifêres ne sont souvent que des espèces hydratées avec une quantité plus ou moins grande d'hydrate de magnésie. Cet hydrate est alors le plus souvent enlevé par l'action d'un acide.
Parmi toutes ces substances, dont le nombre des espèces s'accroîtra sans doute beaucoup, nous avons surtout à remarquer la stéatite, la magnésite, la serpentine, et les diallages, qui sont les plus répandues et les plus connues.
g 314. Stéatite. — La stéatite, qu'on nomme aussi craie de Briançon) est une substance extrêmement onctueuse et grasse au loucher, compacte ou finement écailleuse, qu'on trouve quelquefois sous des formes empruntées, soit au quartz, soit au carbonate de chaux, et enveloppées dans la stéatite compacte
Cette substance n'est souvent que du talc hydraté, mais quelques analyses indiquent aussi un bisilicate hydraté qui a les mêmes caractères extérieurs. Ces matières se trouvent dans les mêmes gisements que le talc, mais en général elles sont plus abondantes. C'est particulièrement de Briançon qu'on tire celle dont on fait la
poudre onciueuse qui sert à faire glisser les bottes, ou que les tailleurs emploient pour tracer sur le drap la coupe des habits.
§315. Magnésite. — C'est encore un talc hydraté, mais où la quantité d'eau est beaucoup plus grande. Au Heu d'être onctueuse, la poussière est, au contraire, sèche au toucher; du reste, la matière est plus ou moins terreuse et toujours très-tendre, le plus souvent blanchâtre ou grisâtre, ce qu'elle a de commun avec V Aphrodite et la Dermaline.
La magnésite se trouve d'abord dans les serpentines, où elle forme des veines ou des rognons, comme en Piémont; mais elle existe aussi dans les dépôts de sédiment supérieurs, et surtout dans les calcaires fluviatiles, comme aux environs de Paris, à Salinelle près de Montpellier, et près de Madrid en Espagne; elle est partout accompagnée de matières siliceuses et surtout d'opale, et la masse terreuse qui enveloppe les opales de Ménil montant, près de Paris, en est presque entièrement formée.
Certaines variétés homogènes, compactes, qui proviennent de l'Asie Mineure, sont employées, sous le nom & écume de mer, à cause de leur légèreté, pour fabriquer des pipes fort estimées dans le Levant, et qui sont toujours fort chères.
g 316. Serpentine s. — Les serpentines, avec lesquelles les autres silicates hydratrfères ont beaucoup d'analogies extérieures, ainsi que plusieurs hydrates simples, sont des matières compactes, tendres, mais tenaces, a cassure plus ou moins esquilleuse, et d'un éclat gras, dont la poussière, et souvent la masse même, est généralement douce au toucher. Elles sont presque infusibles au chalumeau, ne se fondant, et avec difficulté, que sur les bords des écailles foit minces. Elles prennent de la dureté en perdant l'eau combinée.
Les couleurs de ces matières, généralement sombres, varient du vert au noir et au brun plus ou moins foncé; toutes les teintes se trouvent souvent réunies par taches, ou par espèces de veines, sur le même échantillon, ce qui donne à la masse quelque ressemblance avec une peau de serpent, d'où est venu le nom de serpentine. On nomme en général serpentines nobles les variétés dont les couleurs sont plus vives et plus tranchées, et qui ont un certain degré de translucidité.
Ces matières, ainsi que les congénères qui se distinguent par les proportions atomiques, se trouvent dans toutes les positions géologiques. Souvent elles son' au milieu des terrains de cristallisation, soit isolées, soit mélangées avec des calcaires qui y sont enclavés, et formant des marbres composés, § 290. Ailleurs, plus ou moins
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éloignées des dépôts ordinaires de cristallisation, elles sont en liaison avec des calcaires de divers âges, et qui paraissent môme quelquefois assez modernes; elles forment des collines plus ou moins élevées, souvent alignées sur une même direction, et dans le voisinage desquelles se trouve fréquemment du gypse, % 230. Souvent elles accompagnent les dépôts des minerais de fer, surtout le fer magnétique, ou leur servent de gisement, g 180.
Les serpentines sont aboadantes à la surface de la terre; il en existe en Bretagne, en Limousin, dans les Pyrénées; les Alpes en renferment dans un grand nombre de lieux, et surtout dans les parties qui regardent l'Italie; toute la côte de Gênes en est en quelque sorte formée. La Saxe en présente des dépôts considérables, surtout aux environs de Zœblitz. L'Angleterre, l'Écosse, l'Amérique septentrionale, etc., en offrent également beaucoup; on en cite en Afrique, en Asie, etc.
Dans les lieux où les serpentines sont abondantes, on les emploie à divers usages. Nous avons d'une part les marbres serpentineun et diallagiques, § 290; de l'autre, les serpentines pures, qu'on emploie en tables, en plaques, en colonnes, qui sont d'un assez bel effet lorsqu'on cboisit les variétés des plus vives couleurs; on en fait aussi beaucoup de petits ouvrages, comme vases de diverses sortes, socles de pendules, etc., qui forment surtout un objet d'industrie important pour la contrée de Zœblitz. Une variété grise, qui a beaucoup de ténacité, qui se taille encore plus facilement que les autres, surtout en sortant de la carrière, et qu'on nomme pierre ollaire, est employée, de temps immémorial, à la confection d'une poterie particulière d'un très-bon usage : on la taille, on la tourne, et on en fait ainsi des marmites, des poêlons, etc., fprt solides, quoique minces et légers, qui résistent bien au feu et ne donnent aucun goût aux alimenta 11 s'en fait surtout une grande quantité dans la Valteline et dans les Grisons; c'est la ville de Côme qui en est l'entrepôt, et de là il s'en répand dans plusieurs parties de Tltalie et dans la Suisse.
§ 517. D i a 1 1 a g e s. — Les diallages sont des matières fort analogues aux serpentines, mais qui, aussi bien que la Monraditc, sont susceptibles d'un clivage suivant lequel elles sont plus ou moins nacrées; dans les autres sens, la cassure est compacte, plus ou moins esquilleuse, terne ou céroïde. Ils sont aussi très-tendres, à poussière douce au toucber; la plupart plus fusibles au chalumeau que la serpentine, surtout dans les variétés où le protoxyde de fer, qui remplace la magnésie, devient plus abondant. Il y a évidemment ici, comme dans les serpentines, plusieurs espèces particulières
qui diffèrent par Tordre 4e l'hydrate ou du silicate, mais qui ont à l'extérieur beaucoup d'analogies.
Les diallages ne forment pas à eux seuls de dépôts à la surface du globe; ils appartiennent aux dépôts de serpentines, dans lesquels ils sont en général disséminés, ou en nids tellement empâtés, qu'il est souvent impossible de les distinguer. Ils forment aussi, avec l'albite compacte ou avec le labradorite, des roches désignées sous le nom d'euphotides, § «542.