ASSEMBLÉE DU PEUPLE
même autorité que la Boulé sur les fonctionnaires civils. Ce tribunal était composé de tous les Athéniens qui avaient rendu leurs comptes, c'est-à-dire subi l'eûOuva, après avoir occupé un des neuf sièges d'archontes. Ses principales attributions étaient d'ordre religieux; il exerçait aussi un certain contrôle sur les mœurs publiques en général. L'Aréopage jugeait dans les cas de meurtre ou d'incendie et servait souvent de commission judiciaire pour examiner les causes de sacrilège ou dé trahison. Il en est relativement peu question dans les auteurs classiques, mais ce corps ne perdit jamais son influence morale et, sous la domination romaine, on le voit redevenir un des plus importants rouages du gouvernement athénien.
67. Ecclesia. — La source dernière de toute loi et de toute autorité à Athènes était VEcclesia ou assemblée du peuple, à laquelle, en principe, tous les ôTméxai étaient tenus d'assister, bien que, en fait, une assemblée de 5000 citoyens fût déjà considérée comme nombreuse.
Les assemblées étaierit tantôt ordinaires, tantôt extraordinaires (ouyxXyiToi). Ges dernières étaient convoquées au son de la trompette sur un ordre donné par les prytanes. Les premières étaient convoquées par une affiche (7cp6ypa|j.[xa), où les prytanes indiquaient la date et le lieu de la réunion, ainsi que l'ordre des affaires qui devaient s'y traiter.
La première assemblée de chaque prytanie était dite xupt'a et s'occupait d'affaires spéciales, en particulier de la confirmation (lutxetpoTovta) OU de la mise en accusation de fonctionnaires publics (elaaYYeXta).
On tenait quatre assemblées ordinaires par prytanie (espace de 35 ou de 36 jours), mais elles ne se réunissaient pas à jours fixes.
dieu Ares; mais peut-être la vraie étymologie doit-elle être cherchée dans
le nom des divinités vengeresses, les 'Apaf, dont l'Ar^iopage exécutait les arrêts. Ce tribunal existait avant fracon.
ne SÉANCES DE L'ASSEMBLÉE.
Dans la matinée du jour pour lequel une réunion avait été annoncée, le peuple s'assemblait d'ordinaire au Pnyx, amphithéâtre naturel dont le site probable est marqué sur notre plan d'Athènes (p. 143). Avant l'ouverture de la séance, les retardataires étaient éloignés de l'agora au moyen d'une corde enduite d'ocre rouge (crxo'vîov ixsiiiXTwixévov) et refoulés dans la direction du Pnyx. Les six lexiarques et leurs trente employés contrôlaient les noms des citoyens au moyen de listes dites
Xr)^capxtxà Ypaixfxaxeïa OU Tîivaxeç iy.-Aly)ai<xaziv.oi. Les archerS
(xolàxuî) maintenaient l'ordre dans l'assemblée; le héraut (xripui) faisait la prière et donnait lecture des projets de loi.
La séance débutait par des lustrations (TcepîaTta) ; le héraut prononçait une imprécation solennelle contre les traîtres, le président, en l'absence de signes contraires*, déclarait que les dieux étaient favorables, et l'assemblée passait alors à l'ordre du jour.
Le héraut commençait par donner lecture des icpoêouXeuiJiaTa, c'est-à-dire des projets qui avaient reçu l'approbation de la Boulé. Chaque 7ipoêotjXeu[jia était soumis à la Ttipoxsipo- Tovla, vote préliminaire par lequel le peuple décidait si le projet devait être immédiatement adopté ou s'il y avait lieu à discussion. Si l'on ordonnait la discussion, le héraut criait : Tîç àyopeuetv poûXexat; c'est-à-dire : « Qui désire parler?» Les orateurs se levaient et étaient rangés suivant un certain ordre; anciennement, les plus âgés parlaient en premier. L'orateur plaçait une couronne sur sa tête et montait sur le p^iiJta, sorte de tribune à degrés. La discussion finie, le président mettait aux voix (l7i:exetpoT6vria£v) ', et la question était généralement tranchée à mains levées (xetpotovîa) ; quelquefois on avait .
1. La séance était immédiatement levée lorsqu'il se produisait quelque phénomène de mauvais augure, tel qu'un orage ou un tremblement de terre {6too-o[J.(at).
2. 11 pouvait refuser de mettre la question aux voix, comme le lit une fois gocrate. ^