AMPHICTYONIES
85^^^ Amphictyonies. — Le souvenir de certaines confédérations très anciefines survivait dans les fêtes religieuses célébrées en commun par quelques États, qui s'appelaient à^jiçtxTîovsi; (plus tard ày-cpixTiioveç), c'est-à-dire voisins. Ainsi il y avait à Galaurie, près de Trézène, une fête amphictyonique où prenaient part, en particulier, les habitants des ports du golfe Saronique; il y en avait une autre à Onchestos en Béotic, une troisième à Délos. Mais la plus grande et la plus célèbre des Amphictyonies est celle qui se réunissait aux Thcrmopyles et à Delphes. Les tribus qui y étaient représentées étaient au nombre de douze, à savoir: les Thessaliens,
Fig. 23. — Monnaie d'argent des Amplaclyons*
les Perrhèbes et les Dolopes, les Magnètes, les Achéens de la Phthiotide, les Maliens, les Œtéens, les Œnianes, les Locriens, les Phocidiens (remplacés en 345 av. J.-G. par Philippe de Macédoine), les Béotiens, les Doriens et les Ioniens. L'amphictyonie se réunissait à l'automne et au printemps de chaque année, tant aux Thermopyles (près du temple de Béméter à Anthéla) qu'à Delphes (près du temple d'Apollon) ; mais le nom de TruXaîa, que portaient également les assemblées du printemps et de l'automne, semble prouver qu'à l'origine les Thermopyles étaient le seul lieu de réunion de l'amphictyonie. Sa connexion avec le sanctuaire de Delphes ne
1. Au droit, tête de Démêler; au revers, Vomphalos de Delphes, sur lequel est assis Apollon tenant un rameau de laurier devant lui; un trépied ; diins le champ, AM«i>IKTIO[NûNl.
RÔLE DES AMPHIGTYONS. 141
paraît pas avant 590, époque de la première guerre Sacrée^ entreprise avec le concours d'Athènes contre les habitants de Girrha, qui vexaient les pèlerins venus de Sicile et d'Italie. Les Amphictyons firent détruire la ville et réduire les habitants en esclavage. Après cette époque, le principal objet de cette assemblée fut l'intendance du temple de Delphes ainsi que la célébration .des jeux Pythiens.
Chaque tribu disposait de deux suffrages, confiés à deux hiéromnémons (lepojxv^iJLoveç) ; les suffrages des Doriens étaient répartis entre les Doriens de la Doride et ceux du Péloponnèse, ceux des Ioniens entre les Athéniens et les Eubéens. Outre les hiéromnémons élus pour l'année, chaque tribu envoyait en outre des pylagores (TzuXayopat), au nombre de trois pour Athères, qui paraissent avoir été élus en vue de chaque assemblée. Ils soutenaient les intérêts des cités représentées par eux, mais ne paraissent pas avoir eu le droit de suffrage. Chaque tribu faisait serment de ne point détruire les autres villes amphictyoniques et de n'intercepter les eaux potables ni en temps de paix ni en temps de guerre ; toutefois, l'amphictyonie ne se mêla guère d'affaires politiques avant le milieu du iv^ siècle, et, alors même, elle ne montra' guère que son impuissance. En appelant Philippe à son secours contre les Phocidiens (3^i6), c'est elle qui prépara *''isservissement de la Grèce,
(I']ii regard de la j-age 142.)
Stoa Poecile
■ Stoa