ARMÉES PERMANENTES
encore été ni consuls ni préteurs (par exemple Scipion, en 211). Cette innovation, dont les mauvais effets ne se firent pas sentir tout d'abord, eut, par la suite, de graves conséquences ; car la constitution romaine avait expressément pour nhjpl: d'empêclier un hommejgiielconque de se rendre indispensable à l'Etat, et les exceptions faites en faveur de soldats brillants et pTôpûlaires préparèrent la ruine de la liberté.
106. Formation d'une armée permanente. — Pendant le second siècle j^. J.-C, alors que l'empire romain s'étendait sur toutes les rives de la Méditerranée, le__poids des affaires publiques devint trop lourd pour le peuple, qui en confia de plus en plus le soin au sénat. Celui-ci, occupé des conquêtes de Rome, négligea les affaires intérieures, et des capitalistes sans scrupule en tirèren\joartijour pressurer et pour dépouiller les^auyxes. Alors comme autrefois, les opprimés faisaient partie de la plèbe, mais elle avait maintenant à sa disposition l'arme puissante des plébiscites et, depuis l'époque des Gracques, elle commença à en user sans mesure. En 104 av. J.-C, Je peuple^ effrayé des progrès des Cimbres, nomma G. Marins consul et. Iajn.aiatiiit en charge, en dépit de la loi et du sénat, pendant ciui^ années consécutives. Ce fut le premier présage ,de J,aj:uine prochaine de la République. L'armée n'avait été jusque-là qu'une milice de citoyens, mais Marins fit de rétat^mijitaire un métier en recrutant l'armée dans toutes les classes et en s'abstenant de la licencier à la fin de chaque campagne. Dès lors^ la fidélité au général en chef commença à tenir lieu j^e lajidélité due à FÉtaf.
^07. Guerre civile. — En.8 8 av. J.-C, Sylla étant consul et chef de l'armée, le tribun P. Sulpicius persuada au peuple de nommer Marins proconsul et de le charger de conduire la guerre contre Mithridate. Sylla refuâpi de céderla place, et ia guerre civile commença. Elle se termina^ en 82 ^av. J.-G., ^ar ia dictature de Sylla.