‹ MinervaChapitre 22 sur 294 · ROULEAUX DE PAPYRUS · texte numérisé non relu

ROULEAUX DE PAPYRUS

la longueur aurait atteint 80 mètres, mais nous possédons des papyrus égyptiens qui ont près de 45 mètres de longueur. Des rouleaux aussi considérables étaient d un maniement incommode, ce qui fit dire à Callimaque, poète et bibliothécaire alexandrin vers 260 av. J. -G. : [j-éya PioÀc'ov, {jt-éya xaxov.

Lorsqu'un nombre suffisant de feuilles écrites avaient été collées ensemble, une baguette était fixée à la dernière et le volume tout entier (l'o/umen) était roulé autourde cette baguette. Le rouleau se présentait sous l'aspect* d'un cylindre don lies deux bases [frontes) étaient souvent coloriées en noir. Les extrémités de la baguette s'appelaient umbllici, oj^cpaXc', et portaient souvent des boutons, cornua. Un morceau de parchemin dit ct'XXuêo;, titulus^ index ^ était attaché au rouleau et portait le titre de l'ouvrage.

Le tout était trempé dans de l'huile de cèdre et enfermé dans une gaine en parchemin imembrana)^ d'où émergeait seulement le morceau de parchemin portant le titre.

Le lecteur tenait le rouleau dans sa main droite et le déroulait, tout en lisant, avec la main gauche; la même main lui servait à rouler de nouveau la )ortion du livre dont il avait pris connaissance; de là les X pressions àvsXiTTsiv, evo/vere, explicare^ admnbilicos per ' enire^ pour signifier « lire un livre, le lire jusqu'au bout >'

L'odeur particulière et l'aspect d'un rouleau de papMUa

Fig. 7. — Plant de papyrus, dessine au jardin du Luxembourg.

20 f*ARGHEMIN.

sont indiqués par Martial dans une épigramme qu'il adresse à son nouveau livre (III, 2) :

Cedro nunc licet ambules perunctu3 Et te purpura delicata velet

Et frontis gemino deccns honore Et cocco rubeat superbus ind«x.

Pictis luxurieris umbilicis;

Il nous reste beaucoup de papyrus trouvés en Egypte et à Herculanum. Ce sont des papyrus grecs d'Egypte qui nous ont reRduV'AO^flvy.(iûv Uolnzioi, (République des Athéniens) d'Aristote, publiée en 1891 ; les Odes deBacchylide(1897) ; lesMimes d'Hérondas (1891); plusieurs discours d'Hypéride (1847- 1889); des fragments importants d'Alcman .(1^63), d'Eschyle (1879), d'Euripide (1879, 1891), de-Ménandre (1903, 1906), de Sapho (1898, 1914), 400 vers d'un drame satirique de Sophocle (1912), etc. Sur d'autres feuilles de papyrus, on a déchiffré des tex,tes déjà connus, mais par des manuscrits de date postérioure, de Démosthène, d'Euripide, d'Hésiode, d'Homère, d'Isocrate, de Platon, de Sophocle, de Thucydide, de Xénophon. Les papyrus d'Herculanum sont moins intéressants que ceux d'Ei<ypte; nous leur devons cependant dfs fragments philosophiques d'Epicure et de Philodème, un petit poème latin de Rabirius sur la guerre d'Actium, etc. En général, les textes latins sur papyrus sont bien plus rares que les textes grecs.

Le parchemin (pergamena), fabriqué avec des peaux de mouton, doit son nom à la ville de Pergame, où il passe pour avoir été employé d'abord. Pline rapporte, d'après le témoignage de Varron, que les rois de la djmastie des Ptolémées, jaloux de l'importance naissante de la bibliothèque de Pergame, qui menaçait de rivaliser avec celle d'Alexandrie, défendirent l'exportation du papyrus, ce qui obligea les scribes pergaméniens à adopter une matière nouvelle. Le mol TTôpf^Fn^' per^amena, ne se trouve qu'au iii^ siècle av. J.-C; le nom plus ancien était StcpÔépa, membrana, qui signifia simplement peau.

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