ARMÉE IMPÉRIALE
de l'ovation ou des remerciements publics (supplicatio). Les châtiments, tels que la dégradation, les verges ou la peine capitale, étaient infligés par les trihuni militum et les vraefecti sociurriy sous leur seule responsabilité.
§g 177-178. l'armée sous l'empire
177. Recrutement. — En théorie, l'Empire conserva l'ancienne règle, que les légions romaines devaient se composer de citoyens romains. Mais les empereurs, dont l'autorité s'appuyait entièrement sur l'armée, étaient naturellement peu disposés à n'avoir que des soldats italiens, qui pouvaient devenir redoutables pour leur chef. En conséquence, on donna le droit de cité à tout soldat qui s'engageait dans une légion, et les nouvelles recrues furent surtout fournies par les provinces. Toutefois, la garde prétorienne et la garde urbaine continuèrent à être recrutées en partie parmi les Italiens, qui formèrent aussi un certain nombre de cohortes de citoyens romains [cohortes civiwn romanorum), petits corps distincts des légions. Outre les légions, on engagea aussi des auxiliaires (awxj/ia', tant fantassins que cavaliers, recrutés exclusivement dans les provinces impériales. La durée du service fut désormais de vingt-cinq ans pour les auxilia et resta fixée à vingt ans pour les légionnaires. L'obligation du service militaire ne fut pas supprimée en droit, mais elle disparut à peu près complètement en fait : ce fut là une des causes de la ruine de l'empire romain au v^ siècle.
178. Les légions. — Après la bataille d'Actium, Auguste se trouva maître de plusieurs armées; il décida de conserver aux légions les numéros d'ordre qu'elles avaient alors dans chacune d'elles, mais en les accompagnant d'une épithète distinctive : l'on eut ainsi la Legio III Augusta, la Legio III Cyrenaica, la Legio III Gallican la Legio VI