PALIMPSESTES
gomme et de la noix de galle, qui contient un peu de fer. Quand l'encre était encore fraîche, on pouvait l'effacer avec
une éponge et de l'eau, que le copiste avait toujours à sa disposition; lorsqu'elle était sèche, il fallait faire usage du grattoir. Comme la matière première pour écrire était, dans l'antiquité, beaucoup plus rare que ne l'est le papier de nos jours, il arrivait souvent qu'on lavait et que l'on errattait un narche-
Fig. 10. — Encrier ' . , ,, , . ° '■
et cainmus. miu portant de 1 écriture pour écrire un
nouveau texte par-xlessus. Les parchemins ]' ainsi traités s'appellent palimpsestes (-^raXtixij^riaTov, palim- ^ psestwn). Cette pratique fut malheureusement fort répandue " dans les couvents du moyen âge et nous a coûté beaucoup : de précieux monuments de la littérature antique. Souvent, toutefois, le lavage et le grattage n'ont pas été poussés très loin, de sorte que les traces de la première écriture sont restées visibles et ont pu, de nos jours, être rendues plus dis-" linctes par l'emploi de réactifs chimiques. Il a été possible de retrouver de la sorte quelques-uns des textes classiques que les moines avaient grattés pour y superposer des écrits ecclésiastiques. Ainsi, en 1816, le savant allemand Niebuhr' découvrit à Vérone un manuscrit où certains écrits de saint! Jérôme avaient été superposés aux Instilutes de Gaïus, célèbre ouvrage juridique romain qui était perdu depuis longtemps. Soixante pages, c'est-à-dire près d'un quart de ce manuscrit, étaient doublement palimpsestes. De même, notre meilleur texte de Plante a été découvert à Milan sous des extraits de l'Ancien Testament , et l'une des meilleures copies d'une partie de la première décade de Tite Live se lit sur un manuscrit palimpseste qui porte, en seconde main, les Moralia de Grrégoire le Grand. Il est bon d'ajouter que, dans d'autres cas, ce sont des textes ecclésiastiques qui ont été recouverts par des textes classiques : ainsi la bibliothèque