LIBRAIRES A ROME
de Quintilîen et de Martial. Certaines éditions d'auteurs goûtés du public atteignaient un millier d'exemplaires. Cette multiplication des copies porte à croire que le manuscrit de l'auteur était dicté en même temps à un grand nombre de scribes. Ces scribes (librarii) étaient des esclaves, souvent nés à l'étranger et sachant imparfaitement le latin, sujets, d'ailleurs, à commettre les erreurs naturelles à l'homme qui écrit sous la dictée. Aussi les copies mises en vente par les libraires étaient-elles généralement très fautives. Cicéron, écrivant à son frère Quintus \ s'exprime ainsi : De latinis vero {libris) quo vertam me nescio; ila mendose et scribuntur et veneunt. Des plaintes semblables se trouvent dans les écrits de Strabon, Martial, Gallien et Aulu-Gelle. Il arrivait que les auteurs eux-mêmes, pour obliger leurs amis, revisaient les copies de leurs œuvres que les libraires mettaient dans le commerce sans les avoir suffisamment corrigées.
Les libraires [bibliopolae) avaient à Rome de nombreuses boutiques, surtout dans le quartier dit ^r^i/e^wm; ils faisaient connaître au public les ouvrages en vente par une pancarte suspendue à leur porte ou fixée aux colonnes du portique eous lequel leur boutique était établie. Le prix des volumes n*érau pats très élevé : ainsi le premier livre des Épigrammes de Martial se vendait 5 deniers (environ 5 francs de notre monnaie), ses Xenia^ 1 denier seulement; le pauvre homme dont parle Juvénal, qui habite un galetas', possède néanmoins une petite collection de bons livres. D'ailleurs, ceux qui n'avaient pas les moyens de s'en procurer pouvaient fréquenter les bibliothèques publiques, établies à Rome au nombre de vingt -neuf entre l'époque d'Auguste et celle d'Hadrien.
14. Éditions. — Les anciens avaient comme nous des écoles où l'enseignement était fondé sur des livres dont