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RENAISSANCE DE L'HELLÉNISME

savant sicilien Jean Aurispa (1370-1459) rapporta de Gonstantinople, dans un seul voyage, 238 manuscrits grecs, parmi lesquels le célèbre manuscrit dit Médiccen (de la Bibliothèque des Médicis), contenant Eschyle, Sophocle et Apollonius de Rhodes. Le cardinal Bessarion (1403-1472), G-rec de naissance lui-même, en réunit un plus grand membre encore et les donna à la bibliothèque de Saint-Marc à Venise. Quand Gonstantinople fut prise parles Turcs (1453), beaucoup de savants grecs se réfugièrent en Italie, apportant avec eux de précieux manuscrits, les uns anciens, les autres récemment copiés, qui trouvèrent facilement acquéreurs. Gette renaissance de la littérature grecque et l'ardent intérêt avec lequel les Italiens du xv^ siècle assistèrent à l'exhumation des auteurs classiques ont été remarquablement décrits par Villemain dans son Lascaris et par George Eliot dans le roman de Romola,

La suprématie du pape et la prédominance des Italiens dans la conduite de l'Église donnaient une grande publicité au mouvement intellectuel dont l'Italie était alors le théâtre : bientôt la Renaissance fit sentir ses effets dans toute l'Europe septentrionale. L'heureuse invention de l'imprimerie, vers 1450, fournit à cette Renaissance le seul instrument de propagande qui lui manquât encore, et les florissantes maisons des éditeurs Aide Manuce (fils et petit-fils, 1449-1597) à Venise, de Giunta à Florence et d'autres en Suisse, en Allemagne, en France et- dans les Flandres, mirent bientôt entre les mains de tous les étudiants des textes, des commentaires, des grammaires et des traductions latines d'ouvrages grecs, dus aux savants les plus compétents de l'Europe. Naturellement, les universités les plus éloignées de l'Italie suivirent le mouvement général avec une certaine lenteur ; ainsi l'étude du grec ne fut introduite à Oxford et à Gambridge que vers 1490. Chez nous, elle s'était implantée trente ans au moins plus tôt, car vers 1455 un Italien helléniste, Grégoire Tifernas, ensei-

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