PRÉPARATION D'UNE ÉDITION
est censé p^^^jd^r^^ Thabitude de jire les mss, la connaissance de leurs diverses écritures, des époques auxquelles elles appartiennent, des ligatures qu'elles comportent, des lettres semblables qu'elles présentent, enfin des catégories d'erreurs auxquelles chaque variété d'écriture est propre à donner naissance. Ces connaissances préliminaires acquises, il passe à l'examen des mss qui sont à sa disposition et il essaye de les classer, afin de savoir d'avance quel est celui auquel il devra donner la préférence dans les cas où ils ne seront pas d'accord entre eux.
Le plus ancien manuscrit est souvent aussi le meilleur, mais ce n'est pas là une règle absolue, car un manuscrit d'époque plus tardive peut être la copie d'un manuscrit plus ancien aujourd'hui perdu. L'orthographe des manuscrits présente ici une singulière importance. Nous savons par les inscriptions lapidaires comment écrivaient les Grrecs et les i Latins aux différents siècles, et si un manuscrit conserve en grande partie l'orthographe usuelle à l'époque de l'auteur, il sera naturel de conclure qu'il appartient à une série de copies soignées. Par exemple, le Laurentianus d'Eschyle et de Sophocle * présente les formes ôvi^axw, ctwÇw, $ûv, et d'autres formes correctes qui paraissent dans les inscriptions attiques du v^ siècle av. J.-G. Les manuscrits de Lucrèce à Leyde sont écrits avec l'orthographe de l'époque républicaine de Rome. Mais des manuscrits anciens et bien orthographiés peuvent être mutilés, et il se peut aussi qu'un copiste, fort soucieux de l'orthographe, ait fait moins d'attention au sens de ce qu'il écrivait. Aussi ces manuscrits, bien qu'ils fournissent en général d'excellents secours pour reconstituer le texte authentique, n'en sont pas nécessairement la meilleure base. II faut tenir également comjt)te des manuscrits moina anciens.