COMPARAISON DES MANUSCRITS
Supposons qu'un éditeur ait sous les yeux six manuscrits, à savoir :
A, du Tx." siècle, avec scholies.
B, du XII* siècle.
C, du X' siècle.
D, du x« siècle. /
E, du XI" siècle.
F, du XIII" siècle.
En parcourant A, il note quelques passages vides de sens et aussi quelques feuillets déchirés. En parcourant B, il s'aperçoit que les passages déchirés dans A manquent dans B. Il en conclura que B a été copié sur A et il laissera désormais ce manuscrit de côté comme inutile. L'étude de G lui montre que ce manuscrit donne les passages qui manquent dans A, bien qu'il soit moins bien orthographié. Il remarque aussi que G contient, outre les erreurs qui lui sont propres, quelques erreurs évidentes qui se rencontrent aussi dans A. En examinant de plus près les erreurs propres à G, il trouve qu'elles s'expliquent aisément par quelques particularités dans l'écriture d'A, et en examinant les passages où A et G sont l'un et l'autre incorrects, il arrive à la conclusion que le scribe de G s'est efforcé de corriger les erreurs de A. Gela lui prouve que G a été copié sur A avant que ce dernier manuscrit ait été mutilé, et il ne se référera plus à G, excepté pour les passages manquant dans A.
L'éditeur trouve ensuite que D présente quelquefois un bon texte là où A est incorrect, et réciproquement; que A et D ont quelquefois les mêmes erreurs et que d'autres fois A et D ont des erreurs différentes dans les mêmes passages. En examinant ces erreurs, il conçoit l'idée qu'elles pourraient toutes provenir d'une certaine variété d'écriture en usage au vii« siècle, et il conclut de là que A (complété par G) et D dérivent d'un archétype perdu du vu® siècle et représentent un texte de cette époque.