GÉNÉALOGIE DES MANUSCRITS
E, bien que rempli de fautes, se trouve donner le texte exact là où A et D présentent dits erreurs. F, bien que de mauvaise qualité et de basse époque, a quelques leçons entièrement différentes qui constituent souvent de notables améliorations dans des passages où A et D sont d'accord. Quelques-unes de ces leçons de F sont manifestement indiquées par voie d'allusion dans les scbolies de A, écrites -au x", siècle. Donc F représente une édition distincte du texte, qui est au moins aussi ancienne que le x' siècle. En continuant à comparer A, D et F, il pourra peut-être préciser encore ces conclusions, mais' ce qui précède suffit à donner une idée des recherches préliminaires à l'aide desquelles on détermine la généalogie des manuscrits et leur valeur relative.
30. Conjectures. — Après le dépouillement minutieux des manuscrits, il reste des passages qu'on reconnaît être corrompus, tantôt parce que le sens en est défectueux, tantôt parce que la mesure des vers est fautive, tantôt aussi parce que le texte est en désaccord avec ce que nous savons touchant la grammaire et le style d'un auteur. L'éditeur a alors le choix entre deux partis ; laisser tel quel le texte qu'il sait corrompu, ou essayer de le corriger par conjecture. Ge dernier procédé porte le nom à'emendatio.
Un éditeur qui se livre à la conjecture doit être guidé par la connaissance des manuscrits en général et par une connaissance particulière de ceux qu'il a devant lui. Des erreurs communes dans des manuscrits en onciales ne le sont pas dans l'écriture cursive, et réciproquement. Ainsi, M et AA sont fréquemment confondus, mais il n'en est pas de même de IX et XX ; inversement, <t et p se confondent, mais s (C) et P ne se confondent pas. Gomme les mêmes erreurs reviennent en général plus d'une fois dans les mêmes manuscrits, l'éditeur judicieux en prendra note et s'efforcera de mettre ses conjectures en rapport avec le caractère du manuscrit qui