‹ MinervaChapitre 69 sur 294 · CHOIX ENTRE LES CONJECTURES · texte numérisé non relu

CHOIX ENTRE LES CONJECTURES

Dans les Controverses de Sénèque (Contvov., ii, 4, 12, 13), il est question de Porcins Latron déclamant devant César Auguste : Mœcenas innuit patro fascinare cusarem. Ces trois derniers mots, qui n'ont aucun sens, ont été admirablement corrigés par Madvig : Mœcenas innuit Latrpni festinare Cœsarem (Mécène fît signe à Torateur que César était pressé).

11° Cas plus compliqués, — Les émendations les plus brillantes sont celles qui portent sur des passages assez longs qui se sont corrompus par toute une série d'erreurs. Par exemple, dans Sénèque [DeProvid.y 4, g 4), les meilleurs mss donnent : lœti fluentem meliori casu sanguinetn ostentant. Le savant allemand Studemund a corrigé : lœti fluentem e lorica sua sanguinem ostentant, correction qui implique l'hypotlièse d'une séparation fautive, d'une transposition, d'une dittographie, et enfin l'omission d'une lettre.

Dans Sénèque (Epist.^ xiv, 14), l'auteur, après avoir dit qu'un sage peut, dans certaines circonstances, s'occuper des affaires publiques, ajoute : sed postea videbimus an sapientiora perdenda sit (texte des mss). Madvig a corrigé : an sapienti opéra r. p.^ danda sit.

31'*'^ Choix entre les conjectures. — Il arrive qu'un passage corrompu a été corrigé de diverses manières et qu'un éditeur doit choisir entre les corrections proposées. Dans ce cas, il devra toujours se guider par la considération des erreurs auxquelles les copistes de manuscrits sont le plus sujets. En générai, la leçon plus difficile doit être préférée à la plus facile, parce que le scribe devait être plus porté à simplifier le texte qu'à y ajouter des obscurités. Toutes les fois que cela est possible, il faut aussi respecter les lettres que Ton trouve dans les manuscrits. Ainsi, quelques mss de Virgile donnent (^'n., iv, 34) : Id cinerem aut amne»

Page 1