Caractères distinctifs des dialectes. — L'éolien
présente les caractères suivants ;
1° Répugnance aux oxytons. — L'éolien prononce et
accentue xdXoç, aôcpoç, aCiioç, ôûvatoç, ZeOç, au lieu de xaXôç,
2° Répugnance fréquente à l'esprit rude initial : éol
ETcpoç, àîiaXoç, att. 'éxepo(;j aTiaXoç ;
3* Substitution fréquente de i à u : kep, ttpriXo; (uiisfy
û(.|ryiXoç);
4"* Usage fréquent c/'u pour o ; ôvu^ia, àTtu (SvoiJia, ùTzâ) ; 5® Usage fréquent de n pour ec, comme xvivoç, «pépTiv (xed vcç, «pépetv);
74 GARACTEKES DES DIALECTES.
go Préférence des labiales aux dentales^ p. ex. : ic(<rjpeç^
TcépiTce, pe>>9TveÇj çvjp pour xécrdapEÇ, iiévre, ôeXçTveç, 6:Qp.
Le dorien se distingue par les caractères suivants :
1^ Préférence pour les oxytons, et j en général, pour VaC' cenluation des dernières syllabes : IIoTetôâv, oOtcôç, pour
riocrelSwv, oûtwç) *
2" Conservation du t {primitif) au lieu du a entre deux voyelles^ p. ex. Tt8y)Tt pour rieriat ;
30 Préférence de oh à ^, comme auplaôet pour cruptîjet;
40 Préférence de y- àx dans certaines désinences pronominales, comme Sxa, aWoxoi pour Sxe, àXXoTs;
5° Répugnance fréquente à a final et médian, — Le Laconien disait xtp pour xîç et Mwa pour MoOaa *.
L'éolien et le dorien ont en commun beaucoup de particularités dont voici les plus remarquables :
1° La conservation de Vol original dans des mots où l'attique préfère rj ou e, comme pt.âTT]p, àX>.oxa;
2° La préférence de ot à ou, là où ces deux diphtongues proviennent d'ov, comme l'éolien Vnzoiaa. (att. Xt7tQ.uCTa)^ xoîç
(att. Touç], y.pÛTCTOtcri (att, x^Sutctouctc) J
3° La contraction de ao en a. et de eo en eu ; cette dernière se trouve aussi dans l'ionien récent; 4° La préférence pour les verbes en m-' et pour la V^ pers.
du pluriel en -ixeç (rîxoiJisç, att. i^xo|JLev).
L'ionien se reconnaît généralement aux caractères suivants :
1° La pré fer ence pour les voyelles longues et fermées au lieu des voyelles brèves, p. ex. ttouXOç, ijloùvoç, xetvo;, pour 7:0- XOç, iJLOvoç, xev6ç;
]. Ce caractère n'appartient qu'au dorien sévère de Laçonie, deTarente et de Cyrène, et non pas au dorien adouci de Corinthe, de Mégare et des colonies de ces villes.