‹ Mines d'or de la Beauce [microforme]Chapitre 4 sur 19 · BARRE FAR · texte numérisé non relu

BARRE FAR

En 1865, une compagnie américaine, “ The Reciprocity Company,” organisée par le colonel Rankin, loua de la “* De Lery Gold Mining Company” les droits de mines sur plusieurs lots traversés par la Gilbert. Elle y construisit une dalle ({oom) d'une longueur de 1800 pieds, pour le lavage des alluvions. Une inondation, qui survint tout à coup, emporta cette construction trop fragile pour résister au débordement de cette rivière qui devient parfois, dans la saison des pluies, d’une impétuosité vertigineuse.

Cette compagnie ne paraît pas avoir été favorisée par les circonstances, car les statistiques nous montrent qu'elle a dépensé de $12,000 à #15,000, pendant qu’elle n’a extrait de l’or que pour $2,500.

Plus tard, la “ De Lery Gold Mining Company, ” ne voulant pas laisser ses mines tomber dans l’oubli, accorda à quelques mineurs la permission de travailler sur les fameux lots déjà mentionnés.

Dans l'été de 1866, M. Henry Powers, aidé de quelques mineurs, exécuta de grands travaux, et perça un tunnel d’égoutement long de 12 arpents à travers les lotsmuméros 15, 16 et 17 de la concession ‘“ De Léry ”. Une quantité d’or immense fut trouvée le long de ce I pour l'usage duquel chaque compagnie de mineurs M. Powers une rétribution de $2 par jour. En jant les documents officiels on voit qu'il a e Té-

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cueilli de chaque côté du tunnel pour $142,581 d'or dont deux nuggets, l’un trouvé par M. Robert Kilgour, pesant 52 onces, 11 grammes, 6 grains, et l’autre par M. Archibald McDonald, valant $821.56.

Dans l’été suivant, sur le numéro 15, M. John McRae,

‘dans un claim de 75 pieds carrés, a réalisé la somme de $17,000. ‘

M. W. P. Lockwood, d'Angleterre, ayant obtenu, quelque temps après, de la “ De Lery Gold Mining Company,” un bail pour les droits de mines sur trois sections de la seigneurie Rigaud-Vaudreuil, ne voulant plus accorder de permis aux compagnies de mineurs, travailla seul, pendant plusieurs années, avec un plein succès, dans les concessions “ De Léry” et ‘ Saint- Charles.” Je dois, en toute justice, dire que ce monsieur a beaucoup fait pour le développement des mines dans cette localité. Il a percé de nombreux puits d’exploration dans les écores de la Gilbert, et a prouvé que l'or se trouve en abondance non dans la rivière actuelle, mais bien dans son ancien lit appelé le /ead, qui se trouve de 80 pieds plus profond que la marque de l’eau, et recouvert d’une couche d'argile dont l'épaisseur varie de 25 à 80 pieds, suivant l'élévation des écor

En 1876, une compagnie de mineurs, à la

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laquelle se trouvaient les MM. Saint-Onge, qui avaient acquis beaucoup d'expérience à la première époque de la fièvre de l'or, réussit à faire des arrangements avec M. Lockwood, pour travailler sur la célèbre Gilbert.

Il est impossible de décrire les difficultés sans nombre que cette compagnie eut à vaincre pour frapper le gravier aurifère. Dans le premier puits percé sur le lot numéro 11 de la concession ‘“ Saint-Charles,” les MM. Saint- Onge ont eu, durant huit semaines, à lutter contre l’eau qui les submergeait toujours et les empêchait de creuser. Plusieurs fois ils ont été tentés d'abandonner l'ouvrage, mais toujours leur courage triompha et leur fit poursuivre, avec une nouvelle vigueur, le but qui rayonnait à leurs yeux avec des miroitement dorés. Avant de trouver la première paillette d'or, ils ont dépensé, en outre du travail de leurs mains, la somme de $2,500. Ils ont creusé un fossé d’une longueur de 1800 pieds, construit une puissante roue à augets (water-wheel) servant à faire mouvoir des pompes qui tirent de 80 à 90 gallons d’eau par minute. Les efforts quasi héroïques de ces pionniers de la Gilbert ont été amplement récompensés, car, en consultant leurs livres, on voit qu’ils ont recueilli de l'or pour $70,000 dont quelques lingots valaient de $125 à $740. Ils viennent de vendre le résidu de leur terrain non travaillé à MM. McArthur, riches marchands de bois de Toronto, pour la somme de $16,000.

Encouragées par les succès des MM. Saint-Onge, plu-

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sieurs compagnies de mineurs, entre autres les compagnies “ Payne & Chapman,” ‘“ Forgie,” ‘“ North Star,” “ Victoria,” “ Gendreau,” etc., achetèrent des cultivateurs de l'endroit des terrains, et y commencèrent des fouilles. C’est alors que des différents s’élevèrent entre les propriétaires des droits de mines et les propriétaires du sol. M. Lockwood, voulant sauvegarder ses intérêts, s’'adressa au gouvernement provincial, lui demandant protection, le priant d'envoyer de la force armée pour faire l'arrestation des personnes qui méprisalent les clauses des lettres-patentes, mais ses prières furent vaines et ses démarches infructueuses. M. le commissaire des Terres de la Couronne d’alors conseilla à ce monsieur d’intenter contre les mineurs ane poursuite devant les tribunaux civils, pour faire décider de la validité des lettres-patentes, ce que M. Lockwood refusa de faire.

Il y a un peu plus d’un an, M. Lockwood céda ses droits à M. J. N. Gordon, d'Angleterre, représentant la ‘ Canada Gold Company Limited.” À son arrivée au Canada, M. Gordon s’empressa de traduire devant M. H. J. J. Duchesnay, l'inspecteur de la division aurifère de la Chaudière, plusieurs journaliers employés par les différentes compagnies.

Comme il y avait dans l’ancien Acte des mines une clause déclarant que quiconque serait trouvé cherchant de l’or, sans le consentement du propriétaire, (ce der-

nier mot voulant dire possesseur du sol et des droits {

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