‹ Miniatures persanesChapitre 23 sur 86 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

dessins plutôt quede miniatures, mais ces dessins sont d’une exécution très poussée et discrètement rehaussés. |

Conquête du Monde par Djouveïni, 1437 (Bibliothèque Nationale).

Bostan de Saädi (Bibl. du Caire). Cet ouvrage, calligraphié par Moustakim Zadé pour le Sultan Ali, puis par Chems Ed Din Mohammed El Karamani, a été illustré par Behzad : c'est une véritable merveille. |

Djämi (Bibl. Nationale, fonds Schefer) calligraphié par Sultan Ali-AÏ- Meschehedi, et illustré par Mahmoud; ce manuscrit a fait partie de la Bibliothèque d’Akbar et de celle de Chah Djehan. <

Il a été dit bien souvent que l'apogée de l’Art persan pouvait être fixé à la fin du xv° siècle et au commencement du xv°, en pleine période Timouride. Certes, on peut accorder aux artistes d’alors la pureté de dessin, la sévérité de la composition, la sobriété des couleurs, en même temps qu'une invention plus personnelle que celle des successeurs auxquels 1ls ouvrirent la voie et qui leur ont beaucoup emprunté. Mais, tout en admirant le grand caractère de ces œuvres, nous sommes particulièrement séduits par celles du xvr siècle, surtout de Îa première moitié, qui sont plus souples, plus vivantes, plus agréables, d’un coloris plus riche et plus vibrant. Ce fut alors un épanouissement artistique merveilleux. Il semble qu'il se produisit à cette époque une évolution analogue à celle qui fit passer l’art italien des Primitifs à celui de la Renaissance. Cette évolution, préparée par les maîtres de la période Timouride, est due pour la plus grande part au peintre Behzad, qui vécut du dernier tiers du xv° au premier tiers du xvi° siècle. Ce fut un artiste d'une très grande valeur, un maître qui domine incontestablement son époque, et dont l'influence sur les artistes de son temps dura longtemps encore après lui puisqu elle s'est prolongée jusqu'au xvif siècle.

Avec le xvr siècle paraissent les Séfévides'. Tous, sans exception, sont passionnés d'art. À tous les artistes, ils ouvrent leurs palais où sont installées des Écoles réunissant une foule de calligraphes et de peintres. Sans doute, ces derniers abusent-ils un peu trop des emprunts faits aux maîtres qui les ont précédés, mais leur travail est si souple, leur composition si aimable, leur décoration si somptueuse! Il faut reconnaître, aussi, que l'influence mongole et la tradition Timouride, qui, jusqu'au milieu du siècle, devaient prédominer au Nord et à l'Est, continuent à se faire sentir même dans la Perse centrale et méridionale, ainsi qu'on peut le constater à la physionomie des personnages, à la perspective et aux choix des paysages. Mais on en arrive au moment où le Persan, plus raffiné, et peut-être aussi plus encouragé par des souverains délicats, déploie librement

1. Chah Ismaïl, fondateur de la dynastie des Sofi (mystiques) — du grec Sofos, sage, — monta sur le trône en 1400.

son charme et sa grâce parfois un peu maniérée, dans ces belles pages de manuscrits, ces portraits et ces dessins exquis, dont l'Exposition offrait de nombreux et remarquables spécimens.

Parmi les causes qui ont contribué à ce résultat, on peut compter la paix et la prospérité qui régnèrent pendant cette période et qui, facilitant les déplacements des peintres, des calligraphes, et certainement aussi des : autres artisans, amena entre eux des rapports profitables pour l'Art.

Les collections parisiennes sont riches en œuvres de cette époque, qui fut d’ailleurs féconde, et dont nous allons citer quelques manuscrits importants : Le Divan’ de Ali Chir Nevaï (premier volume des œuvres du Vizir et Poète Ali Chir Nevaï). Ce livre, exécuté à Hérat, porte la date de 1527; 1l contient deux

miniatures de style Mongolo-Timouride et quatre d’Art Séfévide (Bibl. Nat*). Khamseh Nezami (poème de Nezami), le 1° livre seulement, dont le titre est : Makhzen el Azrar ou Trésor des Mystères, copié en 1437 par Mir Ali et enluminé par Mahmoud pour le Sultan de la Transoxiane, Aboul Ghazi Abd el Aziz Béhadour Khan, de la dynastie Sheïbanide. La peinture qui représente un personnage (Mir Ali ou Mahmoud?) faisant hommage de l’exemplaire au Sultan, est vraisemblablement postérieure aux autres, et d’une main très différente (Bibl. Nat°).

L'Apocalypse de Mahomet, par Bokhari (Bibl. du Caire).

Le Divan Djami de Cheïkh Ibrahim Ibn-Mohammed-el-Goutchani* (Bibl. du Caire}, xv° siècle. |

Le Bostan de Saädi, de Djahanghir (Bibl. du Caire).

Le Divan Hafiz (Bibl. du Caire).

Tarikhi i alem Araï Abbassi (chronique de Chah Abbas 1°). Dans cet ouvrage, se trouve l'indication que les grands peintres de l’époque venaient de Samarkand et de Bokhara. | |

Un Chah Nameh daté de 1,66. Livre considérable contenant 2,8 miniatures; il a été calligraphié par Khacem Esriri pour Chah Thamasp I* (1524-1576) pins tion du Baron E. de Rothschild).

Un livre illustré, calligraphié par Chah Mahmoud Nichapouri pour le même souverain (Collection Charles Read).

Nous avons cité ces livres parce que nous les considérons comme des types classiques, mais au cours de notre analyse de l'Exposition, nous aurons le plaisir de leur adjoindre nombre de pièces peu ou point connues jusqu'ici, qui sont tout à fait dignes de leur être comparées.

Jusqu'au milieu du xvi siècle, les Écoles Persanes conservent dans leurs

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