‹ Miniatures persanesChapitre 24 sur 86 · HISTORIQUE. IS · texte numérisé non relu

HISTORIQUE. IS

productions la tradition du siècle précédent et fournissent encore quelques belles pages peintes; mais la décadence ne tarde pas à se manifester, pour s’accentuer, puis se consommer au xvin° : la lumière intérieure est éteinte. Il n’y a plus que des artisans qui copient, ou interprètent, en les dénaturant, les belles œuvres de leurs devanciers et, les yeux tournés vers l’Europe, produisent ces livres et objets dénués de tout intérêt artistique si communs sur le marché.

Il semble, au contraire, que pendant le même temps, c'est-à-dire de la fin du au xvur° siècle, l’art véritable ait émigré dans l’Hindoustan, à la Cour des Grands Mogols de Dehli. Ces souverains, de Baber à Aureng Zeb, en passant par le glorieux empereur Akbar, tous passionnés d'art et très éclectiques, avaient

attiré à leur cour des artistes originaires des contrées les plus diverses, dont le concours donna naïssance à un art très particulier, moins stylisé et plus près de la nature que le précédent et souvent aussi très apparenté à l’art européen, ainsi que nous pouvons le constater par l'étude des recueils de miniatures.

Ces considérations générales sur l'Histoire de la miniature nous ont amenés à adopter le classement suivant, qui ne saurait évidemment être d’une rigueur absolue, mais qui nous aidera, croyons-nous, à mettre dans notre étude un peu plus d'ordre et de clarté.

Nous répartirons donc l'histoire de la miniature persane proprement dite en trois périodes, avec, en marge de la dernière, une période spéciale pour l’art Indo-Persan.

Première période : Du xn° siècle aux Timourides, 1100 à 1360.

Deuxième période : Timouride — 1300-1400.

Troisième période : Séfévide — 1499-1736.

Quatrième période : Indo-Persane ou Indo-Musulmane (de Baber au

xvi° siècle) : 100-1700.

Comme les écoles timourides ont continué à fleurir dans le Khorassan, la Transoxiane et Hérat, tant que les Timourides et les Sheïbanides possédèrent ces contrées, c'est-à-dire jusqu'en 1556, on ne sera pas surpris si nous qualifions de Timourides beaucoup de pièces de la première et même de la seconde moitié du xvrT siècle. oi

Notons aussi que, dans notre étude, les dates dont nous faisons suivre le nom des artistes ne sont qu'une indication de l’époque à laquelle ils travaillaient et ne se rapportent pas à leur naissance ou à leur mort. |

Il s'agit là d’un classement conventionnel qui correspond à des dates politiques plutôt qu à des périodes artistiques dans le vrai sens du mot. Cependant les manifestations d’art de ces périodes sont assez distinctes. Il eût été plus logique, peut-être, de chercher à répartir ces œuvres par Écoles, en les groupant sous le nom des Maîtres qui en furent les chefs, plutôt que sous celui des Souve-

rains ou des dynasties qui régnaient au moment où elles furent exécutées’. Mais les précisions manquent encore pour un travail de cette nature et nous appelons de tous nos vœux le livre qui apportera un peu plus de lumière sur la question.

1. Comme, à notre connaissance, il n'existe pas de documents d’art pictural antérieurs aux xn° ou xin° siècles, le classement pourrait aussi se faire de la manière suivante: Première période. — Gengis-Khanide. xu° siècle. Deuxième période. — Timouride — de la fin du xiv° au premier quart du xv°. Notons en passant que lés documents certains du xiv® sont de la plus grande rareté. Troisième période. — Behzad — de 1480 à la fin du xvr siècle. L'étude de cette dernière période

pourrait se subdiviser en : | a) Miniatures pré-behzadiennes. — Il existe en effet, datant de 1480 à 1490 environ, toute une série

de pièces qui sont extrêmement voisines de celles de la jeunesse du maître.

b) Œuvres personnelles de Behzad.

c) École de Behzad, son atelier, ses élèves, son influence, qui s’est propagée jusqu’au début du

xvir® siècle.

Page 1